jeudi 8 mars 2012

Montpellier : Journée internationale de la femme

La journée internationale de la femme - vue par les hommes : Micro-trottoir

Journée de la femme à Montpellier"Cette journée ne devrait plus exister depuis longtemps", constate un jeune homme qui fait partie du mouvement des indignés. "Mais tant qu'il y a des injustices, elle doit rester. On parle d'égalité et tout ça - en vérité, l'égalité n'existe pas. Ni entre homme et femme, ni entre les humains."

Un autre Monsieur, de quelques années plus âgé que le premier, n'est pas du même avis. "Les femmes aiment se voir comme victimes. Regardez autour de vous : elles sont partout. Elles dirigent des entreprises, elles ont tout genre de postes, mêmes ceux qui à l'origine étaient réservés aux hommes. Elles ont du pouvoir dans tous les domaines de la vie, et quand ils font un enfant, on leur donne des congés éternels."

"Il a raison", s'en mêle un Monsieur d'une cinquantaine d'année qui a écouté la conversation, "les femmes ont tous les avantages. Je suis en train de divorcer, et je veux la garde de notre fille. Mais pensez-vous que ma requête serait prise en compte ? On me traite comme un pédophile. Comme si un homme n'était pas capable de développer des sentiments paternels. Ce n'est que les femmes qui comptent, même une traînée comme mon ex. Mais ce n'est pas étonnant - le juge est une femme, son avocat est une femme..."

Un étudiant, interrogé par l'équipe de Montpellier Presse Online, ne voit pas non plus l'inégalité dans la vie des femmes. "Je fais des études à l'école de commerce", raconte-t-il. "Si on regarde les statistiques concernant les personnes qui sont embauchées immédiatement après leur diplôme, on se rend compte que les filles ont l'avantage sur les garçons."

Femmes à MontpellierUn Monsieur dans la soixantaine parle lui aussi de la réussite professionnelle des femmes. "Ma petite-fille n'a pas trouvé de travail. Elle a donc créé sa propre entreprise, et elle a réussi à se faire une clientèle. Elle est très courageuse, et je peux vous dire qu'elle travaille trois fois plus qu'un employé. J'ai lu qu'il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes qui créent leur entreprise. Peut-être ont-elles plus de courage que les hommes."

Un autre Monsieur, de quelques dix ans le cadet du précédent, a une autre opinion sur la situation professionnelle des femmes. Il dit qu'il serait engagé dans le travail de la CGT où il aurait "vu des choses incroyables", mais que le problème serait flagrant aussi dans l'entreprise pour laquelle il travaille. "Sur une masse salariale d'à peu près mille personne, on compte environ 80 pour cent de femmes. Mais côté management, on compte à peine 30 pour cent de femmes. Sans commentaire..."

Un Monsieur dans la quarantaine parle des mauvaises expériences de sa femme. "Un homme ne peut pas imaginer ce que ça signifie d'être harcelé au travail. Ma femme n'a pas osé en parler pendant des mois, de peur de perdre son poste. À la fin, elle était au bout des nerfs."

Journée internationale de la femme"J'ai une femme comme responsable", explique un Monsieur d'à peu près le même âge. "Et je peux vous dire que je la respecte énormément. Tout le monde la respecte. Pour une femme, c'est beaucoup plus difficile de s'imposer. Le travail est un monde d'homme. Si une femme veut réussir, elle doit prouver qu'elle est deux fois plus compétente que les hommes."

"Tout le monde sait qu'il est interdit de donner à une femme un salaire inférieur à celui d'un homme qui fait le même travail", constate un Monsieur dans la cinquantaine. "C'est la loi. Mais il n'y a pas de loi plus facile à contourner. On invente tout simplement une autre dénomination de poste, et on peut payer moins. Le problème ne vient pas du côté loi - il vient de la mentalité des chefs d'entreprise. Pour eux, une femme est toujours un objet qu'on peut exploiter. Mieux qu'un homme."

"Dans les années soixante-dix, on était persuadé qu'on réussirait à faire disparaître toutes les inégalités", se rappelle un autre Monsieur dans la cinquantaine. "Aujourd'hui, je me demande pour quoi nous nous sommes battus. Si on nous avait dit, à l'époque, que quarante ans plus tard, les femmes auraient toujours besoin d'une Journée de femme, qu'elles seraient toujours moins payées, qu'elles n'auraient que des 'pseudo-droits', qu'il serait toujours difficile pour elles de décrocher un job à responsabilités, qu'elles seraient toujours bousculées dans les transports publics... on ne l'aurait pas cru."

"On ne devrait pas célébrer une journée de la femme, mais 365 par an", déclare un Monsieur dans la soixantaine. "Et il faudrait enfin amorcer la libération de l'homme, engoncé dans ses stéréotypes, ses fausses certitudes et son énorme ego. Curieusement, les femmes sont considérées comme une minorité - tandis qu'en vérité, elles sont la majorité..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mardi 6 mars 2012

Montpellier Sports - la tête et la jambe

Enfants ou adultes : être sportif à Montpellier

Montpellier sportifOn peut dire ce qu'on veut sur les bienfaits ou les dangers du sport. Toujours est-il que le sport est une occupation qui fait plaisir - et qui est à la portée de tout le monde. C'est au moins ce que proclame la ville de Montpellier qui, pour toutes les vacances scolaires en 2012, lance un programme de sport costaud... costaud et gratuit pour tout le monde.

Les Montpelliérains jeunes et moins jeunes peuvent exercer tout genre de sport - du tennis au taekwondo, le tir à l'arc, le judo, le football - masculin et féminin - la boxe, l'escalade, le baseball, le basket,... Seule condition de la gratuité qui concerne toutes les offres sportives sauf l'équitation et la pêche : le participant doit vivre à Montpellier et être en possession de la carte "Montpellier Sports" qui coûte cinq euros. On peut se la procurer au Service municipal des sports et à certaines Maisons pour tous.

Montpellier Presse Online a voulu savoir, si les Montpelliérains sont au courant de cette mesure de la ville et, surtout, ce qu'ils en pensent. La mère d'un garçon de neuf ans n'en est évidemment pas informée : "Oui", explique-t-elle, "il a envie de faire du sport. Mais il veut autre chose tous les jours. Un jour il veut jouer au foot, puis c'est le judo... J'ai trois enfants, je ne peux pas payer pour tout ça." Montpellier Presse Online lui parle donc des mesures prises par la ville de Montpellier. "Je ne sais pas", répond-elle, "je n'ai pas le temps de m'en occuper."

Vélo ç MontpellierUne autre mère - elle a une fille de douze et un garçon de once ans - est plus ouverte aux possibilités proposées à ses enfants. "Les profs en ont parlé à l'école. Je trouve ça formidable. Bien sûr, tous les deux vont participer. Ça les occupe et c'est bien pour la santé."

Toutefois, pas toutes les offres rencontrent l'enthousiasme des enfants - la plupart des jeunes rêvent des sports qui se donnent la réputation d'être des sports "extrêmes". Ils préfèrent les sports de combats aux sports classiques au ballon, et la gymnastique est souvent considérée comme quelque chose "pour les vieux". "C'est pas intéressant", proclame un garçon de douze ans quand on lui parle de la gymnastique, "ça sert à rien." Et interrogé sur son sport préféré, il répond spontanément : "Aïkido - et le Breakdance."

Mais la trouvaille sans doute la plus intéressante - au moins aux yeux des parents mais aussi pour beaucoup d'enfants - est le système des stages "la tête et la jambe". L'idée : éduquer l'esprit et le corps en même temps. Ainsi, les diverses associations avec qui la ville a décidé de travailler proposent aux amateurs des langues d'exercer l'anglais et la "Tap Dance" en même temps. Ou de jouer au foot américain et d'apprendre le jargon sportif en anglais. Ceux qui, comme le jeune homme interrogé par Montpellier Presse Online, aiment l'Aïkido, peuvent parallèlement plonger dans la culture japonaise : la calligraphie, l'histoire, les légendes... Une autre possibilité de passer une partie de ses vacances consiste dans des jeux sportifs qui ont le but d'apprendre l'orientation. La sécurité routière est liée à la pratique du Triathlon, et ceux qui ont envie de s'initier aux beaux arts peuvent en même temps jouer au volley...

"À première vue, l'idée me semble très bien", déclare un Monsieur dans la soixantaine dont les trois petits-fils sont des sportifs acharnés. "Donner aux enfants une éducation sportive et, en même temps, une culture générale est une bonne initiative. Mais apprendre l'anglais et jouer au foot n'est peut-être pas si utile. Mes petits-enfants aiment jouer au foot, mais quand ils jouent, ils n'ont rien à faire avec l'anglais. En plus, les enfants de certains quartiers - comme par exemple la Mosson, mais aussi bien d'autres - feraient mieux apprendre le français avant d'attaquer l'anglais."

Montpellier et le sport"Le foot et l'anglais ?", répète une dame dans la quarantaine, mère d'un garçon et d'une fille de 10 et 14 ans qui aiment bien le sport. "Oui, je trouve ça bien. Ça leur donne peut-être un peu de motivation pour l'anglais."

Un Monsieur d'à peu près le même âge - père d'un garçon "très sportif" - est principalement d'accord, mais il trouve que les mesures de la ville de Montpellier ne sont pas suffisantes. "Pour les motiver, il faut plus. Pourquoi pas inviter des clubs anglais pour que les enfants puissent exercer leur anglais avec des copains, au lieu de juste apprendre quelques vocables sportifs ?"

Et une dame dans la cinquantaine, grand-mère d'une fille de cinq ans, commente : "Tant qu'ils ne font pas de bêtises, tout est utile. Qu'ils fassent du sport ou apprennent l'anglais... Le principal est qu'on leur donne un but dans la vie." Et sa fille, mère de la petite, ajoute : "C'est ce que je souhaite pour ma fille : un but dans la vie, une perspective. Quelque chose qui lui donne un avenir."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

dimanche 4 mars 2012

Montpellier menacé par la sécheresse

Les restrictions d'eau prévues à Montpellier et le désespoir des agriculteurs

L'eau à MontpellierCertes, lorsqu'on est en ville, la vie est moins amusante quand il pleut. Toutefois, la ville n'est pas isolée de ses environs, et ces environs ont besoin d'eau. L'équipe de Montpellier Presse Online a voulu savoir si les Montpelliérains, grands amateurs du soleil, sont conscients du manque d'eau en ce début d'année.

"Si je trouve qu'il devrait pleuvoir un peu plus ?" La dame sourit. "Bien sûr que non. Je suis ici pour le soleil - de la pluie, j'en avait assez chez moi." La jeune femme raconte qu'elle vient de la Normandie. "C'est fantastique", s'extasie-t-elle et embrasse la Comédie d'un grand geste de bras, "on est toujours en hiver et tout le monde se prélasse sur les terrasses."

De son point de vue, la "nouvelle Montpelliéraine" a certainement raison. Mais pas tout le monde partage son opinion. Les agriculteurs autour de Montpellier et même les amateurs des jardins commencent à désespérer. "Ça fait déjà quatre ans qu'on n'a pas assez d'eau", se plaint un Monsieur qui aime passer son temps dans son jardin dans le quartier Croix d'Argent. Il ajoute que le problème ne le concerne pas vraiment, vu qu'il n'a "que de jolies fleurs" dans son jardin. "Mais ceux qui cultivent des légumes et les agriculteurs ont de plus en plus des problèmes."

Les agriculteurs s'inquiètent effectivement, et les responsables commencent à réfléchir sur des restrictions d'eau pour tout le monde. La préfecture parle de très faibles cumuls pluviométriques pour cet hiver - juste 10 mm entre décembre et février, contre 170 mm dans les années "moyennes" et au moins 30 mm dans les hivers qualifiés comme "très secs" - un phénomène qui n'a plus eu lieu depuis 139 ans.

Montpellier et ses plagesTandis que les fleuves et rivières de l'Hérault montrent des débits extrêmement bas pour la saison, on craint pour le niveau des eaux souterraines. Déjà, Montpellier n'a pas été construit dans une zone qui, même les années les plus abondantes, déborde de l'eau - c'est pourquoi, au 18e siècle, le viaduc entre Montpellier et Saint-Clément-de-Rivière a été construit.

Ce qui, à l'époque, frôlait le prodige et suffisait à résoudre plus ou moins tous les problèmes d'eau n'a plus rien à voir avec les besoins d'aujourd'hui. "Si j'étais d'accord de restreindre la quantité d'eau que j'utilise ?" répète une dame dans la quarantaine la question de l'équipe de Montpellier Presse Online. "Certainement pas. Car ça signifierait que je n'aurais plus le droit de prendre mes douches. Ou de faire la vaisselle, ou de laver mon linge. Je pense que ces choses font partie des droits de base, aujourd'hui, n'est-ce pas ?"

Un Monsieur dans la cinquantaine pense qu'il ne vaut pas la peine de parler de l'eau utilisée à titre personnel. "Les quantités d'eau dont les gens ont besoin pour leur consommation sont ridicules comparées à la consommation de l'industrie. Où dans le secteur public. Avez-vous une idée combien d'eau est utilisée par les jardiniers de la ville de Montpellier ? Juste pour arroser les espaces verts, les petits jardins de quartier, les carrefours ? Il n'y a même pas assez d'eau pour le Jardin des Plantes - vous l'avez déjà vu en été ? Souvent, il est tout sec..."

Une Montpelliéraine un peu plus jeune que le Monsieur lui donne raison. "On gaspille trop d'eau", constate-t-elle. "En Espagne, par exemple, il est interdit de laver sa voiture en été. À quoi ça rime, laver sa voiture tandis que les agriculteurs ne savent pas comment sauver leur récolte ?"

Montpellier et la sécheresseJardin ou agriculture, tout ce qui vit de l'eau sera en danger cette année. La préfecture conseille aux particuliers qui aiment les plantes ainsi qu'aux jardins publics ou aux agriculteurs de se préparer à une année de sécheresse extrême. Certains problèmes pourraient être résolus par le choix d'essences qui ont besoin de moins d'eau... Toutefois : "Bonne idée", commente un jeune agriculteur, "pour l'ornement, on peut privilégier les plantes grasses. Elles sont chez elles ici dans la Méditerranée et le manque d'eau ne les dérange pas. Mais pour les agriculteurs, c'est déjà plus difficile : il n'y a pas de légumes qui n'auraient pas besoin d'eau. Pareil pour les fruitiers qui, dans un certain stade, dépendent de l'eau. Et même s'il y avait des essences moins gourmandes en eau - on ne peut pas tout arracher et replanter du jour au lendemain. La gestion de l'eau, c'est une affaire à très long terme."

Serait-il temps de s'avouer vaincu par la nature ? "Les gens n'arrivent pas à comprendre", déclare un Monsieur dans la quarantaine, "que la vie proche de la Méditerranée n'est pas une vie en Normandie. Il faudrait vivre différemment. On accepte la différence quand il est question de se faire bronzer à la plage en plein mois de février. Mais notre climat n'a pas que des avantages. Il faut accepter qu'en été, la nature soit sèche. Et il faut accepter que nous ne puissions pas avoir une flore du Midi et du Nord en même temps. Celui qui veut des pelouses vertes dans son jardin se trompe du paysage."

L'angoisse des agriculteurs ne se restreint pas à l'arrosage des plantes : "Les bêtes ont besoin de l'eau", constate un agriculteur. "L'état aurait peut-être dû interdire l'élevage des bêtes dans le Midi il y a longtemps, ça aurait été plus intelligent. Mais maintenant, il est trop tard, les bêtes sont là et elles réclament leur eau..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

lundi 27 février 2012

Nouveaux trams à Montpellier : les Montpelliérains, les bus et les trams

L'inauguration des nouveaux trams à Montpellier

Encore plus d'un mois à attendre, mais tout le monde en parle comme si l'événement avait déjà eu lieu : l'inauguration du tram ligne 3 à Montpellier le 7 avril 2012. Il y en a qui se réjouissent comme, par exemple, cette jeune femme qui habite Pérols : "Je vais pouvoir prendre le tram jusqu'à Montpellier. Je pense que cette possibilité m'incitera à y aller plus souvent." - Plus de soucis d'embouteillage entre Pérols et Montpellier et, surtout, plus de "chasse au parking". - Toutefois : "Dommage qu'à Pérols, le tram ne va pas jusqu'à centre ville. Comme ça, je dois marcher assez longtemps pour l'attraper. Ou prendre la voiture et la laisser à la station...."

Le nouveau tram à MontpellierRien n'est parfait. Et il est clair que le trajet de la nouvelle ligne 3 laisse pleins de jaloux et de malcontents. Par exemple parmi ceux qui avaient pris l'habitude du bus 15. "C'était si facile : on le prenait à la gare et il nous déposait plus ou moins devant la maison", raconte un habitant de Figuerolles. "En plus, le 15 roulait jusqu'à tard la nuit." Or, à partir du 7 avril, Montpellier n'aura plus de bus 15. "On sera obligé de faire un trajet d'une dizaine de minutes à pied..."

"Le trajet du nouveau tram ? Ça ne m'intéresse pas", déclare par contre un Monsieur dans la cinquantaine qui habite Saint-Jean-de-Védas. "Pour moi, la catastrophe est déjà arrivée avec le tram 2 : à l'époque, ils ont supprimé le bus que prenait mon fils pour aller à l'école. On a dit que, soi-disant, il serait remplacé par le tram. Mais ils ont oublié que le tram ne part qu'au centre ville - et nous on habite à vingt minutes à pied du centre."

Montpellier et ses trams et busLe sentiment que partagent la plupart des Montpelliérains ? La confusion. "Rien n'est clair", déclare une dame dans la trentaine qui, depuis "toujours", a l'habitude de se servir des transports en commun. "Depuis des années, on a pris l'habitude que rien ne va plus avec les bus. Quand ils avaient du retard, c'était toujours la faute aux travaux - même dans les coins où il n'y avait jamais des travaux. Les stations changeaient tout le temps, et si, une semaine, un bus partait à tel endroit, la semaine après on pouvait pas être sûr de l'y retrouver. Mais tout le temps, on se disait que tout ira mieux une fois le tram terminé. Et maintenant..."

Et maintenant, la confusion est plus grande que jamais. La ligne 15 disparaîtra, la ligne 7 prendra une partie de l'ancien trajet de la ligne 15, la ligne 6 fusionna partiellement avec la ligne 16, le nouveau trajet des lignes 8 et 12 est encore inconnu, ... "Il y a juste une chose que j'ai compris", lance un jeune homme, "il n'y aura pas plus de bus qui roulent le soir. Là, rien ne change : si on n'habite pas dans le réseau des trams, on est 'prisonnier' chez soi, après vingt heures. Sauf si on peut se payer une voiture."

D'autres Montpelliérains craignent pour leur sécurité. "Depuis que les travaux ont commencé, j'ai peur de traverser la rue de la République. Et ça va être pire maintenant", se plaint une dame dans la soixantaine. Pendant des années, les feux rouges par exemple autour des halles de Laissac avait été éliminés - de la manière que les piétons étaient obligés de courir entre les voitures ou, par un geste courageux de la main, de les arrêter, toujours en espérant qu'il n'aurait pas un conducteur qui ne l'accepterait pas.

Les nouveaux trams à MontpellierLe problème des feux rouges est résolu - plus ou moins. Par contre : "Dans ce coin, on ne sait plus qui arrive de quel côté : les bus, les voitures. Bientôt, le nouveau tram va s'y joindre. Les piétons ne sauront plus où aller."

Toutefois, cela ne signifie pas que le nouveau tram ne présenterait pas des avantages. "Cela valait bien la peine de vivre un chaos pendant quelques années. Maintenant, on n'aura presque plus besoin de la voiture pour se déplacer à Montpellier. Le nouveau tram va presque partout", explique une dame dans la quarantaine et un jeune homme ajoute : "Les jeunes ne peuvent pas se payer des voitures. On a besoin du tram. Oui, c'est très bien, le nouveau tram, ça aide énormément."

Tout le monde parle de la ligne 3 - et très peu de Montpelliérains savent qu'en même temps, la ligne 4 sera inaugurée. "Non, je n'ai aucune idée du trajet d'une ligne 4", déclare une dame dans la trentaine. "J'avais pensé que la ligne 4 ne serait ouverte qu'en 2016."

Ceux, par contre, qui ont entendu parlé de la ligne 4 ne sont pas très enthousiastes. "Elle servira à quoi ?", s'interroge une autre dame, d'à peu près le même âge. "Elle dessert presque exclusivement des stations où il y a déjà un tram. Rien de nouveau." - "Si," s'en mêle un Monsieur un peu plus âgé. "Montpellier peut dire qu'on a quatre lignes ou lieu de trois."

Ensuite, il explique que la ligne 4 servirait à lier les stations du centre ville un peu différemment. "On peut dire qu'elle 'contourne' le centre de Montpellier - les Beaux-Arts, les Aubes, l'Antigone, le boutonnet, Albert Ier etc." De cette manière, on voyagera d'un point extrême du centre ville vers un autre en beaucoup moins de temps.

"Les Montpelliérains ne sont jamais contents", dit avec un grand sourire une femme dans la cinquantaine. "D'abord, ils veulent un tram, mais ils râlent pendant les travaux, et quand le tram est prêt, ils râlent toujours. Ils sont comme ça, les Montpelliérains. Mais ce n'est pas grave. Dans leur for intérieur, ils sont heureux..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller


vendredi 16 décembre 2011

Montpellier créatif : vêtements, photos et la nature au bureau

Ouverture d'un atelier et point de vente pour des créateurs montpelliérains

Marielle Lopez, Aline BrunelIls sont cinq, et ils ont une chose en commun : l'amour de la création, de tout ce qui est "original" - et de l'écologie et du commerce équitable.

Tout a commencé lorsque Marielle Lopez a trouvé un local dans la rue de Pila Saint Gély au cœur de Montpellier. Elle avait envie de le louer, toutefois, elle hésitait. Ouvrir une boutique est un risque - et les Montpelliérains allaient-ils apprécier ce qu'elle avait à leur proposer ? - Mais surtout, elle ne voulait pas être seule. Elle voulait travailler avec d'autres gens qui partagent son enthousiasme et son envie de "faire" quelque chose, d'utiliser leur talents et d'entamer de nouvelles voies... bref, créer un atelier et un espace de vente pour d'autres créateurs et créatrices.

C'est ainsi qu'elle avait l'idée de "tester". En collaboration avec ses collègues créatrices et créateurs, elle a ouvert la boutique qui, peut-être, sera la sienne un jour - même un jour très proche - pour un week-end afin de montrer leurs créations et de faire la fête.

Véronique RibeuroOu, peut-être, tout a-t-il déjà commencé beaucoup plus tôt, le jour où, lors d'un voyage en Mexique, Marielle Lopez a eu un "coup de cœur", comme elle dit, pour les vêtements de Carla Fernández. La couturière "recycle" des rebozos, ces grandes écharpes des indigènes dans lesquelles, par exemple, elles portent des bébés, pour en faire des tuniques originales.

Mais ce n'était pas seulement ses vêtements qui plaisaient à Marielle Lopez, mais aussi sa manière de travailler. Carla Fernández avait vite compris, quel talent, quel savoir-faire et quelle potentielle de travail efficace elle trouvait chez les Indiens de Mexique. Toutefois, au lieu de les exploiter et les faire travailler pour "trois fois rien" comme beaucoup d'autres chefs d'entreprise, elle a décidé de les rémunérer correctement. Ainsi, peu importe la couleur de peau ou l'origine des employés, tout le monde reçoit un salaire juste.

"On peut dire que Carla Fernández a monté une sorte de 'commerce équitable'", raconte Marielle Lopez. Les femmes coupent les vêtements, elle font les broderies et, toujours suivant les idées de Carla Fernández, elles créent ce qu'on pourrait appeler une "nouvelle ligne".

Julien PignolVéronique Ribeiro et son entreprise "Dur à cuir" misent elles aussi sur le recyclage. La créatrice se sert des chutes de cuir, des chambres à air, elle coupe, nettoie, cire... et en fait des merveilles. Une chambre à air de vélo, par exemple, peut se transformer en une ceinture élégante et de bonne qualité. De petites trousses qui, pour une fois, se distinguent de celles qu'on trouve dans chaque boutique "classique", sont faites de pneu de camion. Lorsqu'elle travaille avec des chutes de cuir, elle "utilise tout au maximum", rien n'est jeté.

Tout comme Marielle Lopez, elle a trouvé son idée au cours d'un voyage. Pour elle, c'était l'Afrique : c'est là où elle a récupéré ses premières chutes de cuir et en a fabriqué des boucles d'oreille. Plus tard, revenue en France, elle a passé son CAP de maroquinerie pour ajouter le savoir-faire à son talent et sa richesse d'idées.

Aline Brunel utilise elle aussi toutes les matières qui se laissent transformer, parfois recycler et , surtout, mélanger. Pour elle, ce n'était pas un voyage qui lui a donné son idée, mais un job... dans une usine de chaussures. Ici, elle a vu combien de cuir ne sert à rien - on n'en utilise qu'une partie et le reste est jeté.

La future propriétaire de l'entreprise "Luma'aro" a donc commencé à récupérer les chutes de cuir et de les recycler. Mais, comme sa collègue créatrice Véronique Ribeuro, elle non plus n'a pas seulement misé sur le talent et les idées : déjà avant de travailler dans l'usine de chaussures, elle a acquis un savoir-faire de couturière à une école de couture.

Ce qu'elle aime le plus, pourtant, ce sont les couleurs. Et les mélanges : le "mariage" entre le cuir et les différents tissus, dans toutes les couleurs, agréable à porter et beau à voir.

Simon Julien n'est pas créateur de vêtements, mais créateur de "vues". Il est photographe, et sa spécialité est la vie. Ce jour dans la boutique de Marielle Lopez, il expose pour la première fois - des photos panoramiques qui représentent une sélection des meilleures photos, comme il explique, prises au cours des dernières années.

D'abord, Simon Julien a du mal a décrire son travail - ses photos s'expriment par elles-mêmes. Mais ensuite, il parle de sa recherche de l'immersion dans une scène, un endroit, un temps donné. Il fixe sur l'image des scènes, des gens, des choses qu'il ne connaît pas mais qu'il a envie de découvrir. Il travaille beaucoup sur la cuisine, la gastronomie et les scènes de restaurant. "Je veux que le spectateur entre dans l'image", explique-t-il.

Julien Pignol, paysagiste depuis quinze ans, est le cinquième des créateurs et créatrices réunis chez Marielle Lopez. Ce qu'il crée, c'est "l'ambiance verte". Il s'est spécialisé aux végétaux en entreprise - porter la nature dans les bureaux. Il a créé une sorte de "mur végétal mobile" qui peut être monté partout, dans un minimum de temps. "Il est autoportant, on n'a donc pas besoin de le fixer au mur." Il utilise surtout des plantes tropicales qui ne sont pas seulement belles, mais aussi dépolluantes et agissent comme un filtre contre la pollution de l'air.

La qualité de son travail et son impact sur l'environnement sont importants pour Julien Pignol. Car il n'est pas seulement paysagiste, il est aussi père de famille, et il n'a pas envie "de polluer la terre pour nos enfants"...
Photos et texte : copyright Doris Kneller


dimanche 4 décembre 2011

Jumelage Pérols : le Marché de l'Avent

Spécialités culinaires, Jumelage et marchés de Noël


Le Marché de l'Avent à PérolsÇa y est, la saison des marchés de Noël est revenue. Pas une ville dans l'Hérault qui ne consacre pas au moins une journée, voire un week-end, à un marché de Noël, pour ne pas parler de la grande fête des Hivernales à Montpellier.

Toutefois, l'enthousiasme des gens à Montpellier et ailleurs dans le département s'éteint un peu plus d'année en année. "Il n'y a plus rien à découvrir sur les marchés de Noël", critique une dame d'une quarantaine d'années. "On a l'impression de voir toujours les mêmes marchands, sur les marchés de Noël comme sur les marchés d'été." Et une autre dame ajoute : "On a l'impression que ce ne sont plus que des revendeurs. Qu'est devenu l'ancienne idée d'un vrai Marché de Noël, avec ses artisans et artistes et des produits qu'on ne trouvait nulle part ailleurs ?

Ce fut à peu près la même réflexion qui, il y a onze ans, a amené Ina Holzhauer, traductrice à Pérols, à créer un marché de Noël "différent". "J'avais envie de présenter de bons produits allemands aux Péroliens et à nos visiteurs de Montpellier."

Noël à PérolsÀ cette époque, Ina Holzhauer était secrétaire adjointe - plus tard, elle est devenue secrétaire - de l'association "Pérols Jumelages" qui gère et anime des relations amicales avec Flörsheim am Main, une petite ville en Allemagne, pas loin de Francfort. L'idée de renforcer encore cette amitié entre les deux communes et, pour aller plus loin, entre les Français et les Allemands en général, n'était donc pas absurde. "Pour s'entendre, il faut d'abord se connaître", réfléchit Ina Holzhauer. "Et une bonne partie de la connaissance et de la reconnaissance passe par la connaissance des produits d'un pays - et surtout par les bonnes spécialités culinaires..."

Pourquoi pas organiser alors un Marché de Noël un peu "différent" des autres ? - C'est-à-dire qu'en cette première année 2000, ce qui est devenu le Marché de Noël de Pérols ne consistait que dans un seul stand. "On n'avait pas les moyens de faire beaucoup de publicité", se souvient Ina Holzhauer. Ainsi, elle a dessiné une affiche que présentait un père Noël avec un point d'interrogation sur la tête. Ensuite, elle l'a photocopiée et collée dans les vitrines des commerces à Pérols...

... et c'était suffisant pour, spontanément, attirer une centaine de visiteurs enthousiastes de découvrir les produits allemands. "La demande était si grande qu'à midi, on n'avait pratiquement plus rien à vendre."

Pérols Jumelage et le Marché de l'AventL'idée d'un Marché de Noël un peu original était bonne, mais les circonstances l'étaient aussi : "Les Péroliens avaient envie de découvrir les produits de leur ville jumelle, et côté Flörsheim am Main, les gens sont très ouverts à tout genre d'idée nouvelle." Ils étaient immédiatement d'accord d'envoyer des représentants de leur ville avec leurs meilleurs produits - comme ce pâtissier de Flörsheim am Main qui a promptement réagi lorsque Ina Holzhauer lui a soumis son idée : "Je t'aide, bien sûr, je vais te faire de bons gâteaux..."

Entre-temps, le Marché de Noël de Pérols est devenu un "Marché de l'Avent", et il n'y est plus question de se restreindre à un seul stand. "Il y a un Marché de Noël à Flörsheim qui commence le week-end du premier avent", explique Ina Holzhauer. "Les gens de Flörsheim ne peuvent donc venir qu'avant cette date." De cette manière, le Marché de l'Avent à Pérols est devenu une sorte de "précurseur" - il couvre le dernier week-end de novembre ce qui fait de lui un des premiers marchés de Noël.

Déjà en 2001, deuxième année d'existence du marché qui, à l'époque, était encore un "Marché de Noël", trois associations péroliennes se sont jointes à "Pérols Jumelages" pour présenter des produits artisanaux et artistiques. La troisième année, le marché comptait déjà six stands, et lorsque la municipalité commençait sérieusement à s'intéresser à cette création d'Ina Holzhauer et de ses amis de "Pérols Jumelages", elle mettait à sa disposition la salle Yves Abric - la salle la plus grande de Pérols - et le nombre des stands a littéralement "explosé".

Cette année-ci, quelque trente stands ont rempli la salle. "Un peu moins que l'année dernière", constate Ina Holzhauer un peu déçue. Le "cœur" du Marché de l'Avent est toujours le stand de "Pérols Jumelages" et celui des amis de Flörsheim, Bruno Lehmann et Brigitte et Udo Pins qui ont pris l'habitude de revoir "leur Pérols" chaque fin de novembre.

Cependant, pas tout le monde est content. Ayant découvert cette source de produits allemands - la bière, la charcuterie, les sucreries de Noël,... - les amateurs viennent de loin, le samedi matin, et achètent tout ce qui leur plaît. Quelques-uns ont même pris l'habitude de passer des commandes d'une année à l'autre. "De cette manière, il ne reste plus rien pour ceux qui ne viennent que le dimanche", dit Ina Holzhauer, désolée de voir la déception des gens. Bruno Lehmann, de son côté, a promis de réfléchir à ce problème. "Je verrai ce que je peux faire", dit-il dans son français qui, à force de rejoindre Pérols régulièrement, s'améliore de plus en plus...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

dimanche 20 novembre 2011

ZAT à Montpellier : inauguration de l'hôtel de ville

Le Monstre du Loch Lez, l'hôtel de ville à Montpellier et la Zone Artistique Temporaire aux bords du Lez

Hôtel de Ville à MontpellierC'est fois-ci, les Montpelliérains et leurs amis avaient droit à assister à une ZAT - Zone Artistique Temporaire - encore plus spéciale que ses deux prédécesseurs : elle ne consistait pas seulement dans de diverses performances artistiques comme toujours très originales, mais aussi dans l'inauguration du nouveau hôtel de ville. Et le comble : le jour de l'apparition du Monstre du Loch Lez, prédit par Nostradamus, l'illustre étudiant à la faculté de Montpellier, était venu.

Selon la prédiction, le Monstre du Loch Lez - dont personne ne sait si ses intentions envers les Montpelliérains sont pacifiques ou méchantes - aurait dû faire son apparition au moment qui réunissait onze fois le chiffre 1 : le 11 novembre 2011, à 11 heures, 11 minutes et 1 seconde.

Les Montpelliérains étaient au rendez-vous, le spectacle aussi. Le Monstre, par contre, hésite toujours... "Serait-il trop timide pour confronter la prédiction et les habitants de Montpellier ?", commente une dame interrogée par l'équipe de Montpellier Presse Online. "J'ai assisté à la plupart des spectacles", ajoute-t-elle avec humour, "Il y en avait qui étaient monstrueux. Mais je ne sais pas s'ils ont plu au Monstre de Loch Lez."


Zone Artistique Temporaire : Zat à MontpellierCe qui, par contre, a plu aux Montpelliérains était la cellule d'enquête instaurée par la mairie de Montpellier et l'intervention de divers spécialistes de monstruosité. Ainsi, Olaf Nitche, monstrologue de Düsseldorf en Allemagne, perché sur une île de livres, a expliqué au public ce qui distingue les monstres des êtres "normaux". Les différences, selon lui, ne sont pas énormes - il y a juste la question de la taille. Il faudrait s'imaginer l'effet d'une mouche haute de trente mètres... et déjà, on saurait ce qu'on ressent face à un monstre. Bref, un monstre est un être d'un aspect dont nous n'avons pas l'habitude...

Il y avait même un témoin qui a vu le monstre - ou presque. En effet, ce n'était pas Mehdi Demmoua, un étudiant de Saint-Clément-de-Rivière, qui a rencontré le Monstre du Loch Lez, mais son père. Saïd Demmoua, le père de Mehdi, a disparu en 1991 pour réapparaître 111 jours plus tard - et il a vu le Monstre. Personne ne l'a cru, sauf son fils... qui a saisi l'occasion de la ZAT pour raconter l'histoire de son père et, surtout, solliciter le Monstre de se montrer pour que les gens croient enfin le récit de celui qui a vu le Monstre de Montpellier.

L'équipe de Montpellier Presse Online a souhaité savoir ce qui était le plus important pour les Montpelliérains : cette troisième édition de la Zone Artistique Temporaire, l'apparition - ou non-apparition - du Monstre du Loch Lez ou l'inauguration de la nouvelle mairie.

"J'adore les ZATs", confie une dame d'une cinquantaine d'années à Montpellier Presse Online. "J'ai profité de toutes les ZATs, jusqu'à maintenant, j'y suis allé tous les jours. Et j'ai l'intention d'aller voir aussi les ZATs des dix ans prochains."

Une dame d'une trentaine d'années préfère le Monstre de Loch Lez. "Le monstre, bien sûr", assure-t-elle, "c'est lui qui m'intéresse. Il faut connaître les habitants de notre ville, même du souterrain, même s'ils ne se montrent pas tous les jours."

Un Monsieur un peu plus âgé qu'elle n'aime pas ce genre d'humour. "Tout ce spectacle pour attirer le regard des Montpelliérains sur la nouvelle mairie. Elle a déjà coûté une fortune au contribuable, est-ce vraiment nécessaire de faire toute cette mise en scène pour l'inauguration ?"

Montpellier : le monstre de loch lezUne étudiante récemment arrivée de la région parisienne est impressionnée. "J'imagine que, pour les Montpelliérains, c'est l'inauguration de l'hôtel de ville qui est le plus important. Je ne suis pas experte dans la matière, mais je crois qu'il est unique dans son genre, écologique est tout."

"Elle vous plaît ?" - L'étudiante sourit. "Franchement, non."

Que le goût est une chose qui se discute est aussi l'avis d'un Monsieur d'une soixantaine d'années. "Je sais qu'à Montpellier, on n'a pas le droit de le dire. Mais personnellement, la nouvelle mairie ne me plaît pas. On se sent perdu dans la halle d'entrée, elle semble froide. On se sent mal accueilli. Elle a l'air sombre, presque sinistre."

Une dame d'une trentaine d'années ne mâche pas ses mots : "Que les Montpelliérains ont-ils fait pour mériter une mairie aussi moche ?" et un jeune homme, plus prudent dans le choix de ses mots, déclare : "Le concept du bâtiment est très méritoire et servira d'exemple pour d'autres villes. Montpellier sera encore cité comme ville écologique. Mais l'aspect ne satisfera pas tout le monde."

Toutefois, il y a certains points où toutes les personnes interrogées était d'accord : "À Montpellier, il se passe toujours quelque chose. On ne s'y ennuie jamais." Et : "On ne peut pas dire qu'on vit dans une ville inconnue. Tout le monde a déjà entendu parlé de Montpellier. C'est sans doute une ville de superlatives." Et finalement : "La troisième ZAT était fabuleuse. Si, maintenant, la nouvelle mairie est aussi fabuleuse, on verra..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller