jeudi 16 février 2017

10ème Journées de Cinéma Suisse

Christine Bolliger : Un week-end de films à Montpellier


« Savez-vous qui est Jean-Luc Godard ? » Le couple d’une cinquantaine d’années se regarde comme si on lui jouait un tour. « Vous êtes la caméra invisible ou quoi ? » le monsieur essaie-t-il de blaguer. Et la dame : « Avez-vous déjà vu un cinéma de l’intérieur pour poser une question aussi bête ? »

Bien sûr qu’ils connaissent Jean-Luc Godard, comme chacun qui aime le cinéma. Mais quand on leur demande sa nationalité, les gens de Montpellier sont déjà beaucoup moins sûrs d’eux.

« Français », déclare le monsieur, persuadé. Sa femme, par contre, hésite. « Je ne crois pas. Québec ? »

Les idées vont de français, passent par belge, canadien, vont jusqu’à américain… Juste une vingtaine pour cent des personnes interrogées par Les Gens de Montpellier savent qu’il était d’origine suisse.

Malgré tout, le cinéma suisse souffre de la même méconnaissance que son fils le plus réputé : peu de gens sont informés de son existence : de ses formes, ses contenus, ses sujets.

Malgré tout, parce qu’il y a des grands noms comme Alain Tanner ou Claude Goretta, icônes de la fin du dernier siècle. Malgré tout, parce que le cinéma suisse a reçu de nombreux prix à Berlin ou Vénice, et parce qu’il est bien connu parmi les distributeurs des Oscars et Césars. Malgré tout, parce que, avec ses trois langues principales, il fait partie des cinémas les plus riches et diversifiés du monde.

Et malgré tout, à Montpellier, parce que, depuis dix ans, Christine Bolliger et son équipe présentent, chaque février, les « Journées de Cinéma Suisse ». Et une chose est sûre : après avoir assisté à un de ces longs week-ends, aucun cinéphile n’oublie plus la richesse, diversité et, en même temps, ce style clair et honnête du cinéma made chez nos voisins.

Toutefois, on pourrait presque dire que Christine Bolliger et les autres responsables du choix des films « trichent » un petit peu. Car le Cinéma Suisse est certainement de grande qualité. Mais y a-t-il au monde un cinéma qui ne consiste que de films excellents ? Quel pays ne dispose pas de quelques films « ratés » ?

Christine Bolliger et les « Journées de Cinéma Suisse » nous donnent l’impression que, dans la patrie des films choisis, tous les films sont fantastiques : les long-métrages profonds et/ou amusants, les documentaires bien recherchés, tous bien filmés, les dialogués de qualité…

Autrement dit, le choix des films présentés aux « Journées de Cinéma Suisse » à Montpellier ont toujours été fait par de vrais cinéphiles qui savent ce qui est important. « Dans toutes ces années, je n’ai jamais vu un film qui ne m’aurait pas plu », rapporte une Montpelliéraine dans la quarantaine, fidèle au festival depuis six ans. « Entre-temps », continue-t-elle, je ne regarde même plus le programme. J’y vais aveuglement, me laisse surprendre. Et je ne l’ai jamais regretté. »

Cette année, où, ce week-end, ce dérouleront les 10ème Journées du Cinéma Suisse, la dame ne sera pas non plus déçue par la programmation. Entre « La Vanité de Lionel Baier », un film tragi-comique sur des personnes qui se rencontrent par leur envie de mettre fin à leurs jours, le « Grand Été » de 2015, en Suisse presque déjà un classique, « L’amère patrie » réalisé par un collectif de jeunes auteurs qui prouvent que, même dans le cinéma, on peut encore rénover sans négliger les anciennes valeurs, la séance des courts-métrages devenue partie classique du Festival et le dernier documentaire de Stéphane Goël traitant la question éternelle de la vie après la mort - on n’a qu’à choisir. Et le choix, ceci est certain, n’est pas facile.

En quoi cette 10ème édition se distingue-t-elle des autres années de festival à Montpellier ? - L’équipe, sans doute, est maintenant plus sûre d’elle. Ses membres savent que, bien qu’il y ait encore des gens prétendant ne pas avoir entendu parler d’un cinéma suisse, ils ont attribué, au cours des années, à le faire connaître et apprécier par le grand public montpelliérain. La programmation, en trois langues, mais toujours sous-titrée français, a la même qualité que les autres années… comment améliorer ce qui est déjà au top ? Les invités, acteurs et réalisateurs, qui assistent aux films pour, ensuite, affronter le public, sont nombreux et intéressants, comme chaque année…

Bref, pour ceux qui aiment le film, ce long week-end sera de nouveau un régal. Pour le bonheur des plus amoureux du cinéma, il durera jusqu’à lundi soir. Rendez-vous à la Salle Rabelais à partir de vendredi soir.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

vendredi 8 mai 2015

Vivre à Montpellier - la différence ?

Aimer Montpellier ou non : connaissez-vous la différence entre Montpellier et une ville du Nord ?

"Je ne pourrais jamais vivre dans une autre ville", s'extasie la dame dans la cinquantaine. Puis, elle raconte le cours de sa vie. Née près de Lyon, elle a déménagé à Paris pour son premier emploi, plus tard elle s'y est mariée et a eu des enfants. "Paris est devenu ma patrie..." ... jusqu'à ce que le divorce ait tout changé. "Je voulais vivre autre chose et me suis approchée d'une nièce vivant à Montpellier." D'abord, c'était par hasard qu'elle a choisi Montpellier. "Puis, je suis tombé amoureuse de la ville."

L'étudiante n’est pas d'accord avec la dame. "Je déteste Montpellier." Originaire de la Bretagne, cela fait six mois qu'elle a commencé ses études à Montpellier. "Je suis obligée de terminer l'année. Mais après l'été, je ne reviendrai pas."

Quelles sont les raisons qui font adorer ou détester la vie à Montpellier ? - L'équipe de Montpellier Presse Online s’est adressé une cinquantaine de Montpelliérains pour connaître leurs relations affectives avec la ville. Fait intéressant : parmi les interrogées il n'y en avait que deux qui étaient "neutres", c'est-à-dire qu'ils "aimaient bien" Montpellier, sans faire preuve d’émotions. Mais tous les autres étaient plutôt dans l’extrême : ils "adoraient" ou ils "détestaient" la ville.

"Pourquoi je n'aime pas Montpellier ?" répète par exemple une dame dans la trentaine la question de Montpellier Presse Online. "Parce que les gens sont trop superficiels. Tout le monde veut être votre ami, mais si vous avez besoin de quelqu'un, il n'y a plus personne."

Un Monsieur dans la soixantaine qui a passé "presque toute ma vie" à Montpellier a une réponse à ce reproche : "Ce n'est pas la première fois que je l'entends", explique-t-il. "Il reflète une des différences principales entre la vie dans le Sud et le Nord. Ici à Montpellier, la vie se déroule dehors, sur les terrasses des cafés ou des maisons. C'est donc facile de s'inviter sans qu'on soit obligé d'introduire l'autre dans sa sphère intime. On invite plus facilement, même les gens qu'on connaît à peine. Dans le Nord, par contre", continue-t-il, "il fait froid la plupart du temps. Si on invite, on invite chez soi, à l'intérieur de la maison. On hésite alors avant d'inviter quelqu'un qu'on connaît à peine - au contraire d'ici. Beaucoup des gens du Nord confondent ça avec être superficiel. Mais en vérité, ça témoigne d'un esprit très ouvert."

Une dame un peu plus jeune qui, elle aussi, aime beaucoup Montpellier a une explication plus simple : "Les gens ici ne sont pas superficiels, mais curieux. Ils aiment faire connaissance. Mais ce n'est pas toujours la grande amitié, tout de suite."

"Ce que je n'aime pas à Montpellier", critique une dame dans la quarantaine, "c'est que les gens font n'importe quoi dans la rue. Par exemple, quand les jeunes se bagarrent. Personne n’intervient, ils peuvent faire ce qu'ils veulent. - À Paris", ajoute-t-elle après une courte réflexion, "les gens ne s'occupent pas non plus des jeunes qui se bagarrent. Mais là, ils ont peur. Ici, ils n'ont pas peur, ça ne les intéresse pas, tout simplement. Ils s'arrêtent, regardent, rigolent, mais ils ne font rien. C’est la différence."

"Montpellier est une ville très bruyante", se plaint un Monsieur d’une cinquantaine d’années. "Les gens au Nord sont plus calmes. Ici, les enfants braillent toute la journée dans la rue ou dans les cours des résidences, on ne peut même pas ouvrir une fenêtre. La nuit, c'est la fête. Les gens boivent de l'alcool, et après c'est les cris et la musique forte jusqu'au petit matin. Aucun respect pour ceux qui doivent travailler."

Une dame dans la quarantaine parle du même phénomène, mais elle le considère d'un angle différent. "Dans le nord de la France, les gens se cachent dans leurs appartements, les fenêtres fermées. Chacun pour soi. Ici, la vie se passe dans les rues. Les voisins vivent l'un avec l'autre. On entend l'autre, on participe à sa vie, on n'est pas seul."

La solitude est un sujet dont parlent beaucoup de Montpelliérains. "Si vous vous sentez seul", raconte par exemple une dame dans la soixantaine, "vous allez dans un café et vous parler avec les gens des tables voisines. Avec un peu de chance, vous vous faites même des copines. À Paris, ça serait impensable."

"À Montpellier, il y a toujours quelque chose à faire", dit une dame dans la trentaine. Un vernissage, un concert, une discussion, une conférence et des centaines d'associations. Et il ne faut même pas être riche : beaucoup de manifestations sont gratuites. Ceux qui s'embêtent ici", ajoute-t-elle, "le font exprès."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 1 avril 2015

Montpellier : tram gratuit pour tout le monde

Après les grèves : la TaM offre aux Montpelliérains la gratuité des trams et bus une fois par mois

Nous ne sommes peut-être pas au bout des grèves qui perturbent le trafic des trams à Montpellier, mais l’usager peut maintenant compter sur une petite récompense. La direction de la TaM a enfin cédé à la pression de la CGT, selon laquelle les utilisateurs des trams, victimes innocentes des querelles entre les employés et les employeurs dans le transport public, devraient être « un peu consolés ».

Le jour choisi par la direction de la TaM est le premier dimanche de chaque mois - « comme le musée Fabre », remarque une dame dans la cinquantaine interrogée par l’équipe de Montpellier Presse Online. D’abord, il n’était question que de désactiver les machines à composter les tickets pour une journée. Toutefois, ce geste aurait défavorisé les usagers réguliers avec un titre de transport mensuel ou annuel. C’est pourquoi, finalement, il a été décidé que chaque utilisateur d’un titre de transport à long terme sera remboursé lors du renouvellement de sa carte, au niveau de deux euros par mois, correspondant à deux voyages le dimanche désormais libre.

Ce qui est étonnant : la nouvelle n’est pas encore très répandue. Jusqu’à maintenant, les journaux locaux se contentent d’une petite notice à l’intérieur de leurs éditions, la télé n’en a même pas parlé. « C’est un scandale », critique une dame dans la quarantaine. « Je veux dire, la mesure est louable, mais les gens doivent en être informés. Le manque d’information donne l’impression que la TaM ne voudrait pas qu’on le sache. Pour que peu de personnes en profitent. »

L’équipe de Montpellier Presse Online voulait surtout savoir, si les usagers des trams et bus sont déjà informés de la nouvelle mesure - qui, pour la première fois, entrera en vigueur le dimanche de Pâques - et ce qu’ils en pensent. « Oui, mon voisin m’en a parlé », commente un Monsieur dans la quarantaine. « Et lui, je crois, l’a lu quelques part, sans doute dans un journal. Mais l’idée de commencer un dimanche de Pâques me semble bizarre : comme si on voulait surtout faire profiter les touristes et donner une bonne réputation à Montpellier. »

Toutefois, un assez grand nombre des Montpelliérains interrogés n’était pas au courant de la nouvelle mesure. « Ce dimanche ? », demande par exemple un Monsieur dans la trentaine. « Non, je ne savais pas. Dommage, je ne serai pas à Montpellier pendant Pâques, je ne pourrai donc pas profiter. »

Une dame dans la cinquantaine n’est pas très enchantée. « Les dimanches, les trams sont déjà pleins à craquer », se plaint-elle. « Parce qu’il y en a pas beaucoup. Si, maintenant, il y a en plus un dimanche où les gens ne doivent pas payer, il y aura tant de monde qu’on ne pourra plus respirer. »

La dame n’est pas la seule à critiquer le choix du dimanche. Beaucoup pensent spontanément au fait que, ce jour-là, il y a relativement peu de trams et de bus qui circulent. « A première vue », constate par exemple un Monsieur dans la quarantaine, « ce geste semble généreux. Mais, de toute manière, il ne concerne pas beaucoup de rames ou, plus précisément, moins de rames qu’un jour ouvrier quelconque. Ainsi, l’action est moins chère qu’elle n’a pas l’air. »

Une dame un peu plus âgée que le Monsieur se met à rire. «  Non, je n’étais pas informée, mais ce n’est pas étonnant, je ne lis pas souvent les journaux d’ici. Mais », rigole-t-elle, « c’est si typique pour notre TaM que de choisir un dimanche : ce jour-là, les contrôleurs sont plus chers - j’imagine qu’on leur paie le tarif de week-end - et il y a beaucoup plus de ‘fraudeurs’, comme on appelle maintenant les gens qui ne compostent pas leurs tickets. C’est donc une bonne idée de se montrer ‘généreux’ et de permettre à tout le monde de ne pas payer. »

Toutefois, la plupart des interrogés sont contents de la mesure. « Nous avons assez morflé avec tous les grèves », souligne une dame dans la trentaine. « Mais, quand même, ils n’auraient pas eu besoin de nous récompenser - c’est donc un geste positif. Bravo, la TaM. »

Un Monsieur dans la cinquantaine est d’accord avec elle. « On ne peut rien dire », constate-t-il, « c’est un geste digne d’une société qui est proche de l’usager. Dommage, seulement, que ce soit un dimanche. Un jour de la semaine aurait été plus utile, un mardi ou mercredi, par exemple. Ces jours-là, ma femme prend souvent le tram pour aller faire des cours - elle aurait donc pu épargner un ticket. » Une étudiante de quelques vingt ans est plus ou moins du même avis : « Je ne peux pas le croire », s’étonne-t-elle. « C’est presque trop beau pour être vrai. Il est rare de voir de tels gestes commerciaux. J’en suis éblouie. Mais, bien sûr, je trouve ça formidable. »
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mardi 31 mars 2015

Montpellier : Journée internationale des forêts

Montpellier, l'Hérault, les arbres et les forêts

Pour la troisième fois, Montpellier participe activement à la « Journée internationale des forêts » proclamée par l’ONU. De diverses manifestations ont été programmées, étalées entre le 21 mars - la journée officielle - et le 28 mars 2015. Certainement une « démonstration de la bonne volonté du côté de la municipalité », comme l’exprime un Monsieur dans la trentaine - mais qui, selon la critique de plusieurs Montpelliérains, n’aurait « rien à voir avec l’écologie et l’amour des arbres et de la nature. »

L’équipe de Montpellier Presse Online a voulu savoir, si les Montpelliérains sont au courant de la nouvelle institution d’une « Journée internationale des forêts » et ce qu’ils en pensent. Une des premières réponses qu’elle a reçue - et, en même temps, une des plus fréquentes - cible les « journées internationales » en général : « Journée de la femme, journée de l’artisanat, journée de l’enfant, journée de l’arbre… et quoi encore ? », se fâche par exemple une dame dans la quarantaine. « Ils nous bombardent avec des ‘journée de…’, mais ça ne donne pas de sens. »

Une dame dans la cinquantaine est encore plus amère : « Ils ont inventé la journée de la femme pour avoir une raison de ne pas penser aux droits des femmes qu’une seule fois par année. Pareil pour la journée mondiale de la paix ou celle de la terre. Maintenant, ils cherchent un alibi pour ne plus penser aux arbres, 364 jours par an. » Et un Monsieur d’à peu près le même âge ironise : « Saviez-vous qu’il y a déjà une ‘Journée mondiale sans Facebook’ ? Oui, oui, je ne blague pas, c’est le 28 février… »

Il y a peu de Montpelliérains qui sont prêts à prendre au sérieux les Journées nationales, internationales ou mondiales. « Le 27 mars, on a fêté la ‘Journée nationale du Sommeil’. J’imagine que beaucoup de gens l’ont prolongé jusqu’au 29 - ça expliquerait le nombre des Français qui n’ont pas voté », rigole un Monsieur dans la trentaine en faisant allusion au taux élevé des abstention pendant les élections départementales 2015, tandis qu’une dame d’à peu près le même âge rappelle : « N’oubliez surtout pas que, demain, le premier avril, on a la journée de la blague. » Une dame dans la quarantaine, par contre, montre un humour particulier : « Oui, bien sûr, mon chien participe toujours à la journée des forêts. Il s’arrête à chaque arbre. »

Mais blague de bon ou mauvais goût, il y a aussi beaucoup de Montpelliérains qui trouvent que l’arbre est essentiel pour la vie. « Ici, en ville, » dit par exemple une dame « née à Montpellier » il y a une soixantaine d’années, « on oublie facilement l’impact de la nature sur notre vie et notre santé. On pense qu’on peut tout régler avec les machines. Mais quand on tombe malade, on se rend vite compte que l’environnement joue un rôle existentiel. »

Une étudiante de quelque 25 ans est assez bien informée. « Oui, j’ai entendu parler de la journée de la forêt ou de l’arbre, je ne me rappelle plus bien du titre. Je crois que les médiathèques de Montpellier ont fait une exposition sur le sujet. Et quelques villages organisent des activités pour les enfants. »

Une autre Montpelliéraine, plus âgée de quelques 10 ans et mère de deux enfants n’est pas contente des activités qu’on a proposées à sa fille : « Avec l’école, ils sont allés dans la nature pour jouer. Ils ont ramassé des feuilles et des brins d’herbe pour les coller dans leurs cahiers. Ensuite, ils avaient le droit de jouer, et ils ont mangé dehors. Pour moi, ce n’est pas une manière d’expliquer la forêt aux enfants. Ils n’ont rien appris sur les arbres et leur signification pour l’écologie. »

« Oui, je suis au courant », répond aussi une dame dans la cinquantaine. « J’ai étudié la liste entière des manifestations qui ont été organisées à Montpellier et aux environs. Mais je n’appelle pas cela une Journée de la Forêt ou, de toute manière, pas dans mon sens. Parce que pour moi, la forêt est un endroit de paix et de santé mentale et physique. Mais les organisateurs des manifestations pensent à son exploitation, l’utilité du bois pour ce qu’ils appellent la ‘civilisation’ et la façon la moins chère de détruire les quelques forêts qui nous restent. »

La plupart des Montpelliérains interrogés n’était cependant pas au courant de l’existence d’une Journée internationale de la Forêt. « La presse est pleine d’histoires sur les catastrophes et de politique. Mais on est beaucoup moins informé sur les événements culturels ou, dans ce cas, écologiques », se plainte un Monsieur dans la cinquantaine. Et une dame un peu plus jeune que lui va dans le même sens : « Qui s’intéresse à une journée de la forêt au milieu des élections ? »

Toutefois, en général, les habitants de Montpellier sont pour le maintien de la journée, bien que certains pensent qu’il faudrait plus en parler pour que les gens sachent qu’elle existe. « Nos enfants ne savent plus rien de la nature », commente une dame dans la quarantaine. « Il est temps que nous recommençons à leur montrer sa beauté. Chaque enfant devrait avoir le droit de grandir sous de vrais arbres, je veux dire des arbres dans leur milieu naturel. Ou, pour ceux qui sont obligés de grandir en ville, y passer le plus de week-ends et de vacances possibles. »

« J’ai visité l’exposition à la médiathèque Federico Garcia Lorca, et je sais qu’il y a des clubs photo qui ont également travaillé sur ce sujet », se rappelle une dame dans la trentaine. « Mais, franchement, je préfère me promener dans la nature que visiter des expos sur la nature. » Un Monsieur d’à peu près le même âge est d’accord avec elle : « Les arbres ne se contemplent pas sur des photos. Pour les connaître, il faut les toucher, sentir leur écorce, se délasser dans leur ombre. Observer les animaux qui y habitent. » Et une dame dans la cinquantaine : « J’ai vu un groupe d’enfants dans la médiathèque. Les photos des arbres ne les ont pas fascinés du tout. J’avais envie de les prendre par leurs mains et partir avec eux - dans une véritable forêt. »  
Photos et texte : copyright Doris Kneller