lundi 21 mars 2011

La Comédie du Livre 2011 à Montpellier

La littérature allemande et ses écrivains : Paul Nizon, Andreas Eschbach, Volker Kutscher, Katharina Hagena

Comédie du Livre à MontpellierEncore, la saison hivernale à Montpellier est en pleine "boum" : tous les jours, les Montpelliérains peuvent choisir entre des conférences, cafés à thème, clubs et festivals de film, ... Toutefois, le printemps arrive et avec lui, la fin de la saison. Et avec la fin de la saison, arrive la Comédie du Livre de Montpellier.

Comme chaque année, les écrivains d'un pays "élu" sont à l'honneur. Les organisateurs de la Comédie du Livre 2011 ont voté pour l'Allemagne - un bon choix, comme constatent les visiteurs et fidèles de la Maison de Heidelberg, du centre culturel allemand à Montpellier. "En France", explique une dame qui vit depuis plus de 20 ans dans la région méditerranéenne, "on ne sait pas beaucoup sur les auteurs allemands. Au cours des dernières années, la littérature allemande s'est beaucoup développée, de nouveaux écrivains et de nouveaux styles ont surgi."

Certes, quelques-uns de ces "nouveaux écrivains" seront présents à la Comédie du Livre. Mais comme toujours, les organisateurs ont préféré d'inviter surtout les "gros calibres", du style du Suisse Paul Nizon qui s'est déclaré "autofictionnaire" déjà avant que le genre apparaisse dans les pages "officielles" de la littérature et dont la première œuvre - sa thèse - était consacrée au peintre Vincent Van Gogh. Lorsqu'il écrit ses livres de fiction, Paul Nizon se considère comme son propre personnage principal. Ses sujets sont souvent dominés par la question de la solitude et des considérations du point de vue d'un "étranger".

Littérature et écrivains à MontpellierMais qui dit fiction dit aussi science-fiction. Et là, tout Allemand qui aime le genre pense automatiquement à Andreas Eschbach qui, lui aussi, sera présent à la Comédie du Livre de Montpellier. Il n'y a pas beaucoup d'auteurs allemands de science-fiction qui ont été traduit. Mais Andreas Eschbach, né à Bade-Wurtemberg, n'a des fans non seulement en Allemagne - on peut acheter ses livres en 15 langues. Pour les amateurs allemands de la science-fiction, ce n'est peut-être pas seulement le nom de l'auteur qui provoque un déclic dans leur tête, mais un héro, le fameux Perry Rhodan, à qui Andreas Eschbach - en collaboration avec beaucoup d'autres écrivains de son calibre - a offert des traits de caractère "typique" et, bien sûr, des aventures. Perry Rhodan devrait être le héro le plus connu parmi les garçons (et les filles) allemands des années 1960 : plus de 2500 volumes ont été écrites sur ses aventures, avec plus d'un milliards d'exemplaires vendus en Allemagne.

Mais Andreas Eschbach ne vit pas seulement dans le monde de la science-fiction. Dans son blog, il parle des sujets bien actuels, comme du danger du nucléaire ou du rôle des ordinateurs dans les élections...

Le Colonais Volker Kutscher est un autre écrivain allemand que les Montpelliérains amateurs de la littérature germanique attendent avec impatience. Il écrit des policiers - mais des policiers qui intriguent. Son "héro" et commissaire, un certain Gereon Rath, vit dans le Berlin des années 1929/30, une métropole d'un côté totalement américanisée, mais d'un autre côté sous le joug du nazisme naissant.

Katharina Hagena fait partie de ces écrivains allemands qui ont eu un grand succès non seulement dans leur propre pays, mais aussi en France. Déjà son premier roman était ce que Le Nouvel Obs appelle un "étonnant best-seller". Ce qu'elle écrit est un mélange entre une comédie et le genre "secret de famille". Et elle aussi, comme Volker Kutscher, fait partie de cette génération d'écrivains allemands qui éprouvent le besoin de réfléchir sur un passé qui, entre-temps, n'est plus que celui des ancêtres. Mais chez Katharina Hagena, au contraire de chez Volker Kutscher, ce passé est déjà du passé - bien qu'il surgisse de nouveau, comme il surgit dans les têtes des Allemands d'après-guerre, sur le poulailler, en forme du mot "nazi" en lettres rouges, prêt à détruire la vie d'une génération innocente...

Montpellier et la Comédie du LivreLe sujet du soi-disant "troisième Reich, de Hitler et de la Shoah est un thème qui apparaît d'une fréquence frappante dans la littérature moderne de l'Allemagne. L'équipe des Gens de Montpellier a interrogé des Montpelliérains français et allemands sur la question, si on devrait toujours parler de cette époque.

"Non." La réponse d'une dame dans la cinquantaine est catégorique. "Je trouve qu'il faut enfin ouvrir un autre chapitre. Les relations entre la France et l'Allemagne sont amicales, personne ici n'a quelque chose contre les jeunes Allemands. Et non plus contre les vieux."

Un Monsieur d'à peu près le même âge, français lui aussi, va encore plus loin. "On parle des Allemands et de ce qu'ils ont fait pendant la deuxième guerre mondiale. Mais nous, les Français, on ne parle pas souvent du rôle que notre gouvernement a joué dans la Shoah."

Une Allemande de quelque trente ans parle elle aussi du "gouvernement". Elle raconte une expérience "anti-allemand" douloureuse qu'elle a vécu en plein Montpellier et conclut : "Beaucoup de Français confondent les Allemands d'aujourd'hui avec un gouvernement qui a semé la terreur non seulement à l'étranger, mais aussi chez les Allemands. S'ils ne veulent pas comprendre que tout cela est du passé, ils devraient au moins s'informer sur ce qui s'est passé. Ce n'était pas "les Allemands" qui ont fait la guerre, mais un gouvernement."

Toutefois, pas tout le monde est de cet avis. "Une Comédie du Livre avec des bouquins allemands ?", demande un homme âgé d'une vingtaine d'années. "On a tout vu. Comme s'ils n'avaient pas fait assez de mal à notre pays. Je ne veux pas d'eux à Montpellier."

C'est peut-être un Monsieur d'une quarantaine d'années, de nationalité allemande, qui fait la remarque la plus véridique : "La prochaine Comédie du Livre risque d'être intéressante..."

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Photos et texte : copyright Doris Kneller

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