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dimanche 4 décembre 2011

Jumelage Pérols : le Marché de l'Avent

Spécialités culinaires, Jumelage et marchés de Noël


Le Marché de l'Avent à PérolsÇa y est, la saison des marchés de Noël est revenue. Pas une ville dans l'Hérault qui ne consacre pas au moins une journée, voire un week-end, à un marché de Noël, pour ne pas parler de la grande fête des Hivernales à Montpellier.

Toutefois, l'enthousiasme des gens à Montpellier et ailleurs dans le département s'éteint un peu plus d'année en année. "Il n'y a plus rien à découvrir sur les marchés de Noël", critique une dame d'une quarantaine d'années. "On a l'impression de voir toujours les mêmes marchands, sur les marchés de Noël comme sur les marchés d'été." Et une autre dame ajoute : "On a l'impression que ce ne sont plus que des revendeurs. Qu'est devenu l'ancienne idée d'un vrai Marché de Noël, avec ses artisans et artistes et des produits qu'on ne trouvait nulle part ailleurs ?

Ce fut à peu près la même réflexion qui, il y a onze ans, a amené Ina Holzhauer, traductrice à Pérols, à créer un marché de Noël "différent". "J'avais envie de présenter de bons produits allemands aux Péroliens et à nos visiteurs de Montpellier."

Noël à PérolsÀ cette époque, Ina Holzhauer était secrétaire adjointe - plus tard, elle est devenue secrétaire - de l'association "Pérols Jumelages" qui gère et anime des relations amicales avec Flörsheim am Main, une petite ville en Allemagne, pas loin de Francfort. L'idée de renforcer encore cette amitié entre les deux communes et, pour aller plus loin, entre les Français et les Allemands en général, n'était donc pas absurde. "Pour s'entendre, il faut d'abord se connaître", réfléchit Ina Holzhauer. "Et une bonne partie de la connaissance et de la reconnaissance passe par la connaissance des produits d'un pays - et surtout par les bonnes spécialités culinaires..."

Pourquoi pas organiser alors un Marché de Noël un peu "différent" des autres ? - C'est-à-dire qu'en cette première année 2000, ce qui est devenu le Marché de Noël de Pérols ne consistait que dans un seul stand. "On n'avait pas les moyens de faire beaucoup de publicité", se souvient Ina Holzhauer. Ainsi, elle a dessiné une affiche que présentait un père Noël avec un point d'interrogation sur la tête. Ensuite, elle l'a photocopiée et collée dans les vitrines des commerces à Pérols...

... et c'était suffisant pour, spontanément, attirer une centaine de visiteurs enthousiastes de découvrir les produits allemands. "La demande était si grande qu'à midi, on n'avait pratiquement plus rien à vendre."

Pérols Jumelage et le Marché de l'AventL'idée d'un Marché de Noël un peu original était bonne, mais les circonstances l'étaient aussi : "Les Péroliens avaient envie de découvrir les produits de leur ville jumelle, et côté Flörsheim am Main, les gens sont très ouverts à tout genre d'idée nouvelle." Ils étaient immédiatement d'accord d'envoyer des représentants de leur ville avec leurs meilleurs produits - comme ce pâtissier de Flörsheim am Main qui a promptement réagi lorsque Ina Holzhauer lui a soumis son idée : "Je t'aide, bien sûr, je vais te faire de bons gâteaux..."

Entre-temps, le Marché de Noël de Pérols est devenu un "Marché de l'Avent", et il n'y est plus question de se restreindre à un seul stand. "Il y a un Marché de Noël à Flörsheim qui commence le week-end du premier avent", explique Ina Holzhauer. "Les gens de Flörsheim ne peuvent donc venir qu'avant cette date." De cette manière, le Marché de l'Avent à Pérols est devenu une sorte de "précurseur" - il couvre le dernier week-end de novembre ce qui fait de lui un des premiers marchés de Noël.

Déjà en 2001, deuxième année d'existence du marché qui, à l'époque, était encore un "Marché de Noël", trois associations péroliennes se sont jointes à "Pérols Jumelages" pour présenter des produits artisanaux et artistiques. La troisième année, le marché comptait déjà six stands, et lorsque la municipalité commençait sérieusement à s'intéresser à cette création d'Ina Holzhauer et de ses amis de "Pérols Jumelages", elle mettait à sa disposition la salle Yves Abric - la salle la plus grande de Pérols - et le nombre des stands a littéralement "explosé".

Cette année-ci, quelque trente stands ont rempli la salle. "Un peu moins que l'année dernière", constate Ina Holzhauer un peu déçue. Le "cœur" du Marché de l'Avent est toujours le stand de "Pérols Jumelages" et celui des amis de Flörsheim, Bruno Lehmann et Brigitte et Udo Pins qui ont pris l'habitude de revoir "leur Pérols" chaque fin de novembre.

Cependant, pas tout le monde est content. Ayant découvert cette source de produits allemands - la bière, la charcuterie, les sucreries de Noël,... - les amateurs viennent de loin, le samedi matin, et achètent tout ce qui leur plaît. Quelques-uns ont même pris l'habitude de passer des commandes d'une année à l'autre. "De cette manière, il ne reste plus rien pour ceux qui ne viennent que le dimanche", dit Ina Holzhauer, désolée de voir la déception des gens. Bruno Lehmann, de son côté, a promis de réfléchir à ce problème. "Je verrai ce que je peux faire", dit-il dans son français qui, à force de rejoindre Pérols régulièrement, s'améliore de plus en plus...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 30 décembre 2010

Les Hivernales à Montpellier : le marché de Noël

Un peu plus de convivialité et de l'artisanat ? - Ambiance à Montpellier aux fêtes de Noël

Jour de Noël à MontpellierNoël à Montpellier. Le marché de Noël sur la Comédie et l'Esplanade, les Hivernales, n'est pas encore fini. Mais aujourd'hui, aucune boutique n'est ouverte. Aucune ? - Si, une seule boutique est ouverte... et sauve l'ambiance pour ceux qui sont venus pour boire leur petit verre de vin chaud des fêtes.

Et ce n'est pas seulement le vin et le chocolat chauds qu'on trouve à ce stand qui interrompt agréablement la monotonie d'un marché de Noël aux boutiques blanches, vides, fermées. Ceux qui ont le temps et l'envie y trouvent aussi un peu de culture. Ils apprennent, par exemple, la différence entre le chocolat chaud et le chocolat viennois, ils comprennent, pour quelle raison le chocolat viennois a été rebaptisé liégeois - c'était à la première guerre mondiale où on aimait toujours bien le chocolat viennois mais n'osait pas prononcer un nom évoquant l'Allemagne -, et un enfant réalise d'une manière douce et gentille que jeter son chewing-gum par terre n'est peut-être pas la meilleure solution...

Personne ne sait ce que font les autres commerçants ce jour de Noël. Et personne n'ose les critiquer : "Eux aussi ont des familles." Mais la déception se fait bien sentir. "Un marché de Noël fermé le Noël", blague un jeune homme, et un autre ajoute : "C'est parce que le père Noël est syndiqué."

Les Hivernales à MontpellierToutefois, le marché de Noël ne manque pas trop, ce jour de fête. "On a tout vu", explique une dame avec deux jeunes enfants. "Chaque fois qu'on a traversé la place de la Comédie, on a regardé un peu." Elle sourit. "Maintenant, on connaît tout, n'est-ce pas ?" s'adresse-t-elle à son fils aîné d'environ trois ans. Une autre dame, plus âgée, est même soulagée : "Pour une fois, il ne faut pas se frayer un chemin à travers des masses", explique-t-elle.

Effectivement, pendant les semaines avant Noël, les Hivernales voyaient presque toujours des masses de visiteurs. Mais visiteurs en masse, cela correspond-il à faire de bonnes affaires ? - "La plupart des gens passaient juste pour aller de l'Opéra vers le Polygone ou du Corum à la Comédie", se plaint un commerçant. "S'ils ont un peu de temps, ils s'arrêtent parfois, mais pas pour acheter. Juste par curiosité." Et un autre : "Les gens n'ont plus de sous."

Côté consommateur, on entend des voix différentes. "Je ne regarde même plus les stands", raconte une dame dans la cinquantaine. "Je les connais tous. Ce sont les mêmes qui viennent tous les ans, en hiver pour les Hivernales et en été pour les Estivales. Et entre les deux, on les voit sur les marchés." Une autre dame, un peu plus jeune, critique surtout la nature de la marchandise : "Ces choses-là, je peux les acheter n'importe où. Je ne sais pas si l'artisanat existe encore sur les autres marchés de Noël, mais aux Hivernales de Montpellier, je ne trouve que des revendeurs." Un Monsieur dans la soixantaine est d'accord. "J'ai bien aimé les marchés où on pouvait discuter avec les artistes et artisans. À cette époque, les marchés avaient encore le flair de 'l'unique'. Ce qu'on y voyait, on ne le voyait nulle part ailleurs."

Montpellier, les Hivernales 2010Une jeune commerçante comprend la retenue des Montpelliérains. "Cette année-ci", dit-elle d'une voix un peu triste, "le marché n'a rien de convivial. Quand il pleut, les gens sont de mauvaise humeur. Et les jours de soleil, il y a toujours tant de gens qu'on ne peut pas tchatcher tranquillement. Tout le monde est stressé."

Que faire, alors ? Si les gens n'aiment plus les Hivernales, la ville de Montpellier devrait-elle les supprimer ? "Mais non", s'écrie spontanément une dame d'une trentaine d'années. "Noël sans marché de Noël, c'est comme... c'est comme Pâques sans œufs." Et une dame plus jeune ajoute : "Comment entrer dans une ambiance de Noël s'il n'y a pas d'Hivernales ?"

"Non, surtout pas supprimer le marché de Noël", déclare aussi un homme dans la cinquantaine. "Mais peut-être améliorer deux trois choses. Il faudrait, par exemple, laisser une sorte de couloir sur la place de la Comédie pour que les gens puissent passer. La place de la Comédie est un lieu de passage, on ne peut pas demander à tout le monde de plonger dans la foule et dans la préparation de Noël uniquement parce qu'il traverse la place."

Une dame d'à peu près le même âge aime bien l'idée d'un "couloir". "Je passe par la Comédie chaque jour, deux fois même, pour aller travailler. Et le fait d'être obligée de passer toujours à côté des stands et de contourner des gens qui s'arrêtent au milieu du chemin pour regarder m'a tellement fatigué que je n'ai même plus envie de profiter du marché."

Puis, on a envie de voir des artisans. "Un marché de Noël avec plein d'artisans, ça serait trop cool", propose un jeune homme, et il ajoute, avec un peu de langueur dans la voix, comme s'il se rappelait les "bons vieux temps" : "Comme autrefois. Il y a vingt ans, les marchés de Noël étaient géniaux..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 13 mars 2010

Montpellier : Salon la Création au féminin - l'artisanat et les femmes

Des étudiantes de l'IUT, "de fil en filles" et la Ligue contre le cancer : ensemble pour la création au féminin à Montpellier

Montpellier, salle Pétrarque
D'abord, il y avait cinq jeunes dames, étudiantes en technique de commercialisation à l'IUT à Montpellier, qui avaient besoin d'un projet de valorisation de leurs études. Puis, ou, plutôt, en même temps, il y avait la Ligue contre le Cancer. Et les deux ensemble, cela donne le premier salon de La création au féminin à la salle Pétrarque à Montpellier.

Lorsque elle est ses collègues avaient besoin d'un projet pour valoriser leurs études, raconte Julie Dalvigot, une des cinq étudiantes de l'IUT, elles auraient eu envie de consacrer ce projet à "la femme". À la femme en général, et à la femme de Montpellier en particulier. Mais ce n'était pas tout.

"On voulait aider les artisans à mettre en valeur leurs créations, à se faire connaître." Souvent, ces artisans n'ont pas de point de vente proprement dit et dépendent des foires et des salons. Mais cela ne veut pas dire que la qualité de leurs produits ne serait pas comparable à celle des offres des boutiques "officielles" - souvent, le talent de ces jeunes créatrices et créateurs est remarquable et mérite d'être découvert. "Nous espérons que le salon les aide. Pour qu'ils puissent continuer à produire."

La femme à MontpellierLe salon organisé par les cinq jeunes Montpelliéraines, soutenues par l'association "de fil en filles" est entièrement consacré aux besoins et aux plaisirs de la femme. Des bijoux, des sacs, des vêtements,… tout ce que les artisans et créateurs peuvent faire pour que la femme se sente bien.

"C'est le féminin qui nous intéresse", commente Julie. Comme ses collègues, elle se sent attirée par la mode, mais non par la mode qui se restreint à une petite tranche d'âge : "Ici, vous trouvez la mode pour les femmes entre 16 et 65, enfin, sans limite d'âge." Mais il est clair qu'il n'y a pas seulement les femmes qui créent pour les femmes. Bien qu'il ait un peu plus de femmes créatrices au salon de la création au féminin, il y a aussi un certain nombre de créateurs. Toutefois, "on a vraiment voulu viser la création féminine."

Il n'y a pas mal de Montpelliérains qui ont aidé les cinq étudiantes à organiser leur "Création au féminin". D'abord, il y a la mairie qui a mis la salle Pétrarque à leur disposition, avec des tables et des chaises. Pas mal de commerçants de Montpellier ont aidé eux aussi : ils ont donné des lots pour la tombola dont le profit, bien sûr, ira à la Ligue contre le cancer. "Nous avons vécu un véritable élan de solidarité", remarque une des organisatrices.

La création au féminin, MontpellierEt voilà un homme qui, avec sa copine, est créateur de bijoux. Il sait ce qui plaît aux femmes - et aux hommes. Il voit parfois des hommes qui ont envie d'acheter un bijou, mais leurs femmes sont plus économes. "Mais normalement, les filles sont plus acheteuse que les hommes...", rit-il. Ensuite, il devient sérieux. "Il y a un bon public ici, beaucoup de femmes, aussi beaucoup de couples."

Sa collègue est également contente de sa présence au salon de la création au féminin. "Pour une première manifestation de ce genre, c'est très bien fréquenté. L'organisation est impeccable. Et l'ambiance est bonne. Si ça se refait, je reviens."

Mais les artisans ne sont pas seulement venus pour se faire connaître : "À cette époque-ci, je fais très peu de salons", explique une des créatrices. "Mais comme c'est une manifestation pour aider la Ligue contre le cancer, je suis venue." - Et l'a-t-elle regretté ? - "Non, certainement pas."

Pour d'autres artisans, le salon au féminin est une des premières expériences de foire. "La salle est agréable, le public est intéressé. Je trouve que c'est vraiment sympa d'être au cœur de Montpellier, à l'intérieur, sous les voûtes de la salle Pétrarque."
Photos et texte : copyright Doris Kneller