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jeudi 29 septembre 2011

Montpellier, le ZAT et le Monstre du Loch Lez

Zone Artistique Temporaire et inauguration du nouvel Hôtel de Ville : le Monstre du Loch Lez hante les Montpelliérains

Zone Artistique Temporaire à MontpellierNostradamus, étudiant à la faculté de médecine de Montpellier, l'avait prévu - le 11 novembre 2011 à 11 heures 11 et 1 seconde, le Monstre du Loch Lez se réveillerait de son sommeil qui aurait duré plusieurs siècles. Toutefois, on ne sait pas si le monstre souffre d'insomnie ou s'il a juste eu un cauchemar : mais il semble qu'on l'aurait déjà aperçu en septembre... enfin, peut-être pas lui-même, mais ses traces sur les bords du Lez, près du nouvel Hôtel de Ville.

La mairie de Montpellier, toujours occupée et préoccupée du bien des Montpelliérains, a vite réagi. La nouvelle sur l'apparition d'un monstre marin - ou plutôt fluvial - en plein Montpellier avait à peine percée, elle a déjà créé une cellule de crise - avec un monstrologue, un mythologue et un psychanalyste urbain - et, qui plus est, organisé une conférence de presse qui, évidemment a eu lieu à 11 heures 11.

En ce moment, la situation est peut-être sérieuse, mais loin d'être désespérée. Bien que personne ne connaisse les vraies intentions de ce monstre des profondeurs du Lez, il y a forte chance qu'il soit paisible et ne se nourrisse pas des Montpelliérains. Toutefois, retournera-t-il à son lit ? Ou cherchera-t-il la compagnie des étudiants de Montpellier ? Ferait-il la fête sur la place Jean Jaurès ou participera-t-il aux cours ? Assistera-t-il aux conseils municipaux ou en demandera-t-il la présidence ? Suspens...

Pour le moment, une cellule d'enquête a été mise en place par la mairie qui renforce la cellule de crise. Et les Montpelliérains ne seront pas seuls avec leurs angoisses - cette semaine-ci, certainement à 11 heures 11, deux représentants de l'ANPU, de l'Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine, arriveront dans la ville depuis peu tenue en haleine par le monstre.

Le Monstre du Loch Lez à MontpellierMais cela n'est pas tout. À cette époque, où seule la solidarité entre les Montpelliérains peut donner de l'espoir, la mairie de Montpellier demande de l'aide à tous les habitants de la ville - appel auquel se joint, cela va de soi, l'équipe de Montpellier Presse Online : si vous apercevez la moindre trace, si vous avez des connaissances en matière du comportement des monstres fluviaux comme celui du Loch Lez, faites le savoir. Prenez des photos, réalisez des vidéos, dessinez, composez des haïkus, des bandes dessinées, des mangas ou, tout simplement, témoignez...

Pour servir au mieux sa ville, l'équipe de Montpellier Presse Online a entamé une première enquête auprès des gens qui s'aventurent entre le Polygone et la place Jean Jaurès. Toutefois, pas tous les Montpelliérains ne sont au courant de la situation. À la question si elle avait vu des traces du monstre de Montpellier, une dame dans la trentaine a répondu : "Oui, bien sûr, pas plus tard qu'hier soir. Je suis mariée avec lui."

D'autres personnes, refusant la menace de l'inconnu, ont rigolé. Ils sont allés jusqu'à ne pas croire aux traces aperçues et confirmées, tout de même, par les autorités municipales. D'autres, par contre, sont informés et prennent au sérieux l'appel au secours de la mairie de Montpellier. "Personne ne connaît les profondeurs de la vie", constate un Monsieur dans la cinquantaine, "et encore moins celles du Lez." Une dame d'une quarantaine d'années, mise au courant de la situation par Montpellier Presse Online, a promis d'être vigilante. "Le petit copain de ma fille a une caméra vidéo. Je lui dirai de la tenir prête pour filmer les traces du monstre." Une bande d'étudiants, par contre, est sans pitié. "Nous nous ferons un devoir de chasser le Monstre du Loch Lez et de l'éliminer. Nous sauverons notre ville."

Le ZAT à MontpellierCe qui, probablement, plaît moins au Monsieur dans la trentaine, un biologiste d'Oxford en Angleterre qui restera à Montpellier pendant une année pour étudier la faune de la Méditerranée. "Aucun scientifique", répond-il spontanément à la question de l'équipe de Montpellier Presse Online, "ne peut se vanter de connaître toutes les espèces. Chaque année, des espèces disparaissent de la terre, mais d'autres sont découverts. Pour la science et notre respect de l'humanité, de la nature et de Dieu, nous devons donner une chance à tout être vivant."

Les Montpelliérains, cela va de soi, seront tenus au courant de l'enquête des cellules mises en place par la mairie de Montpellier et des résultats apportés par les habitants de la ville. La mairie promet de les publier le vendredi 11 novembre, lors de la nouvelle édition de la ZAT - Zone Artistique Temporaire - dans le quartier Port Marianne, au moment de l'inauguration du nouveau Hôtel de Ville.
Photos et texte : copyright Doris Kneller


lundi 13 septembre 2010

Étudiant à l'université de Montpellier : rentrée à la fac

Début de l'année scolaire, début d'une nouvelle vie pour les étudiants de l'université de Montpellier

Etudier à MontpellierIls sont jeunes, l'aventure vient juste de commencer : les nouveaux étudiants arrivent à Montpellier. Encore, le moment n'est pas venu pour faire la fête ou se plonger dans les études - "On a l'impression que la vie étudiante ne consiste que des démarches administratives", soupire une jeune étudiante

Ce sont surtout les "queues" qui les dérangent. "J'ai attendu presque deux heures pour avoir ma carte abonnement du tram", se plaint un étudiant, et sa collègue ajoute : "Tous les ans la même galère. Ils pourraient s'organiser différemment. Je sais pas... vendre les premiers abonnements déjà en juin, par exemple, pour les anciens. Comme ça, ce ne serait que les nouveaux étudiants qui feraient la queue en septembre."

Faire ses études à l'université de Montpellier"Ça rendrait la vie plus facile non seulement aux étudiants, mais aussi aux employés de la Tam", fait remarquer un autre étudiant. "Tu as raison", poursuit-il à l'adresse de l'étudiante à côté de lui, "tout est une question d'organisation. Mais", il sourit, "l'organisation n'est pas le point fort des Montpelliérains."

Les "Montpelliérains" sont un sujet beaucoup discuté chez les étudiants, ces jours-ci. "Ils sont comment ?", demandent les récemment arrivés. "Géniaux", répondent les anciens ou "très conviviaux" ou "Montpellier est une ville très ouverte". Mais on entend aussi le contraire : "superficiels", "ils ne jugent que sur les apparences" ou "ils sont incapables d'une véritable amitié".

C'est aussi l'avis d'une étudiante qui, sans souci de discrétion, fait profiter une autre queue de sa conversation téléphonique : "Je retourne à Paris", explique-elle à son interlocuteur invisible devant les clients d'un bureau de poste plein de monde, "le plus rapidement possible. Je déteste Montpellier. Les gens ici ne soignent que les apparences." Lorsque, finalement, elle raccroche, une dame un peu plus âgée s'adresse à elle : "Êtes vous sûre de connaître bien les Montpelliérains ?" demande-t-elle d'une voix douce. "Je veux dire, obligée d'écouter votre conversation, je ne pouvais pas croire que vous tenez 'tous' les Montpelliérains pour des gens superficiels."

Si cette intervention était un essai d'améliorer l'image des Montpelliérains dans les yeux de l'étudiante, elle fut un échec. L'étudiante devient rouge de colère et crie, de nouveau au "profit" de tous les clients de la poste, que cela ne regarderait qu'elle et que la dame n'aurait pas eu le droit d'écouter sa conversation...

En attendant, les "queues" - et avec elles le stress et la tension - sont partout. "Je ne sais pas, comment je vais me débrouiller", angoisse une débutante d'université la veille de sa première journée de cours. Elle connaît à peine Montpellier, tout lui semble "étrange", elle a du mal à s'orienter. "Mon premier cours commence à dix heures, mon deuxième à 14 heures. Il faut que j'y aille, sinon je risque de rater des choses importantes de le début", s'inquiète-t-elle. "Mais en même temps, c'est-à-dire à 14 heures, je dois récupérer ma clé de chambre à la cité U et me procurer ma carte de transport, puis je dois m'occuper de mon assurance, de la CAF..."

Toutefois, la vie des débutants de l'université ne consiste pas seulement en stress. Dans la rue de la Loge, trois étudiantes discutent de l'offre culturelle de Montpellier. L'une parle des Estivales sur l'Esplanade Charles de Gaulle. Elle explique aux autres, apparemment des "nouvelles" qui ne connaissent pas encore la ville, qu'à Montpellier, "on peut faire la fête tous les jours. Les gens ici aiment rire. Et ils sont très ouverts, c'est très facile de trouver de la compagnie."

Les étudiants de MontpellierElles ne sont pas loin de la Place Jean Jaurès, lieu préféré des étudiants depuis que la faculté de médecine à Montpellier fut créée. "Je n'ai pas le temps", réagit une autre étudiante, également dans la rue de la Loge, aux question de l'équipe des Gens de Montpellier, et son sourire est radieux. "Il y a des copains qui m'attendent à la Place Jean Jaurès." - Est-ce sa première année à Montpellier ? - Son sourire devient encore plus radieux. "Oui." - Connaissait-elle déjà la ville ? - "Non, je découvre." - Et savait-elle que la Place Jean Jaurès est la place des étudiants depuis deux siècles ? - "Non, mais ça ne m'étonne pas..." Elle aime Montpellier et la nouvelle vie qui l'attend.

L'idée de la "nouvelle vie" tient une place importante dans l'esprit des étudiants débutants. "J'aime bien mes parents", déclare un étudiant qui, lui aussi, fait la queue dans les locaux de la Tam. "Mais il fait du bien de les savoir loin pour un bout de temps." Et : "C'est maintenant que la vie commence", sourit un autre étudiant. Son sourire paraît heureux, mais aussi un peu anxieux. "On verra", ajoute-t-il, "ce que Montpellier aura à nous proposer..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 29 avril 2010

Montpellier et sa Place de la Comédie

Place de la Comédie, "coeur vivant" de Montpellier : les Estivales, la Comédie du Livre, "l'âme" des Montpelliérains

La place de la Comédie à Montpellier et ses manifestations"Quand je retourne à Montpellier, après un voyage, ma première promenade me mène à la Place de la Comédie. Pour me donner le sentiment d'être vraiment à Montpellier." La dame dans la cinquantaine sourit. Cela ne fait que quatre ans qu'elle habite Montpellier. Mais elle a "adopté" la ville, "...et les Montpelliérains m'ont adoptée. Montpellier est devenu ma 'patrie'."

"La Place de la Comédie, c'est...", le jeune homme réfléchit. "...je dirais que, pour moi, c'est un peu le coeur de la ville, n'est-ce pas ?" - Et un autre jeune homme, plus romantique, ajoute : "C'est ici où bat le coeur des Montpelliérains."

Les deux ne sont pas les seuls à avoir de telles idées. Pour beaucoup de Montpelliérains, la Place de la Comédie forme le "véritable" centre de leur ville. "Peu importe la direction qu'on prend - plus tôt ou tard, on aboutit toujours à la Place de la Comédie", constate aussi une jeune femme qui, comme elle dit, "découvre Montpellier comme si j'étais touriste".

"Où se passent des choses à Montpellier ?" résume un Monsieur d'une quarantaine d'années la question de l'équipe des Gens de Montpellier. "Un peu partout, je dirais." Il réfléchit. "Mais la plupart des manifestations ont lieu sur la Place de la Comédie. Souvent, elles commencent là-bas et elles finissent aussi là-bas. Et quand les Montpelliérains se donnent rendez-vous, c'est souvent sur la Place de la Comédie, devant la Fontaine des trois Grâces."

Une dame d'à peu près le même âge est du même avis. "Le week-end, quand vous vous sentez seul, vous n'avez qu'à aller à la Place de la Comédie. Vous pouvez être sûr qu'il y a quelque chose, une foire, un marché, une manifestation, un concert... et s'il n'y a rien, par hasard, vous y rencontrez une foule de personnes intéressantes."

Montpellier, la Comédie"Comment je trouve la Place de la Comédie ?" demande une autre dame du même âge. "Belle, tout simplement belle, avec tous ses magnifiques bâtiments."

Toutefois, cela n'est pas l'idée de tout le monde. Une dame dans la soixantaine, avec un accent assez fort, assure que la Comédie serait une des places les plus moches qu'elle connaît. "Et je dois le savoir", assure-t-elle, "je voyage beaucoup." - Et quel est l'élément qui, selon elle, rendrait la Comédie si "moche" ? - "Les anciennes maisons autour de la place, ça va, bien que, chez nous, vous en trouviez des plus belles. Mais ses grandes constructions modernes à côté de la place", avec un signe de tête, elle indique la direction du Polygone, "sont affreuses." - Quel est donc ce "chez elle" où les maisons sont si belles ? - "À Vienne, en Autriche. C'est la plus belle ville du monde."

Heureusement, elle semble être la seule à avoir cette opinion : "Magnifique", assure un Monsieur avec un accent anglais, "une place d'une grande beauté. Et l'opéra, elle aussi est très belle. Dommage, seulement, qu'on ne voit pas très bien la statue au milieu", il parle de la Fontaine des trois Grâces, "à cause des travaux. Mais ça me donne une raison de revenir."

Place de la Comédie, MontpellierEt une dame qui parle un mélange entre le hollandais et le français : "Je viens souvent à Montpellier, J'aime cette ville. Mon fils fait ses études à Montpellier, c'est grâce à lui que j'ai découvert votre ville. Et j'aime beaucoup votre Place de la Comédie. Elle est très ensoleillée et il y a toujours quelque chose à voir."

"Quelle est ma première pensée quand on évoque le nom de la Place de la Comédie ?" répète une dame dans la cinquantaine qui a passé presque toute sa vie à Montpellier et, comme elle dit, n'a pas envie de bouger. "Voyons. Aux cafés, bien sûr. Et aux soirées d'été. Aux amis avec qui j'ai passé beaucoup des heures dans les cafés de la Comédie." Elle hésite. "Oui, à la Comédie du Livre, aussi. J'y vais tous les ans. Et bientôt, on y est de nouveau..."

"La Comédie du Livre", répond aussi un Monsieur dans la soixantaine. "Des foires de livres, vous en trouvez partout dans le monde. Mais la Comédie du Livre, ça n'existe qu'à Montpellier."

"Faire la fête", avance un jeune homme qui affirme être étudiant à la fac des lettres. "En été, les vendredis, comment ça s'appelle ?" Une jeune femme de son groupe d'amis l'aide : "Les Estivales." "Ah oui", reprend le jeune homme, "bien sûr, les Estivales. C'est génial. On peut y aller avec des copains. Ou tout seul, parce qu'on y rencontre toujours l'un ou l'autre jeune qu'on connaît."

Une dame dans la trentaine pense d'abord à l'écologie. "Il y a pas mal de manifestations écologistes, sur la Comédie", raconte-t-elle. "Et au niveau des manifestations culturelles ? La Comédie du Livre. Fin mai."

Pour une autre dame, la Place de la Comédie n'évoque pas vraiment l'image de manifestations. "La Comédie", dit-elle, "c'est... la Comédie. Je veux dire que cette place ne peut être comparée à aucune autre. Elle appartient aux Montpelliérains, elle exprime leur mode de vie - leur joie de vivre. La Place de la Comédie, c'est Montpellier. Son âme ou, plutôt, l'image de son âme..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

lundi 12 avril 2010

Montpellier, la ville où les Français aiment vivre

Nouveau sondage sur la qualité de vie dans les villes françaises : Montpellier emporte le palmarès

Arc de triomphe à MontpellierLorsqu'il est question des sondages sur les villes de France, on tombe forcément sur Montpellier - et généralement dans les premières places. Ainsi, en décembre dernier, Montpellier a gagné la troisième place dans le palmarès des villes étudiants. Aujourd'hui, dans un sondage organisé par France Soir et Ipsos, Montpellier atteint même la première place : celui de la ville française "où il fait bon vivre".

Qui sera étonné d'apprendre que non seulement la première place, mais aussi les trois places suivantes sont occupées par des villes de la moitié sud de la France... ? Tandis que Montpellier a gagné avec 43 pour cent des interrogés qui déclarent que notre ville serait leur préférée pour y vivre, Toulouse n'est pas loin avec 42 pour cent. Bordeaux et Nice sont un peu moins appréciés - ils ont gagné respectivement 34 et 33 pour cent des voix. Le palmarès des villes du nord est emporté par Nantes qui, avec 26 pour cent des voix, est déclaré cinquième parmi les places bien aimées par les Français.

Selon le sondage de France Soir et Ipsos, peu de Français aiment vraiment les villes du nord et, surtout, les grandes villes. Ainsi, Paris n'a reçu que 25 pour cent, Lyon 22 pour cent et Marseille, bien que ville du sud, n'a emporté que 17 pour cent. Il y a donc trois fois plus de Français qui souhaiteraient vivre à Montpellier qu'à Marseille...

Montpellier : OdysseumMais vivre à Montpellier n'est pas seulement un rêve pour ceux qui, pour une raison ou une autre, ne le font pas : les Montpelliérains eux-mêmes et les habitants de leur région sont également de l'avis qu'aucune autre ville ne vaut Montpellier - selon Ipsos, 60 pour cent des résidants du Languedoc-Roussillon ont voté pour Montpellier. On dirait donc que les Montpelliérains ne sont pas trop mécontents de leur ville.

Toutefois, si on regarde le sondage d'un peu plus près, on se rend compte que Montpellier a gagné "par points", mais que la ville près de la Méditerranée n'est première dans aucun des dix critères sur lesquels base le calcul. Il y a, par exemple, le climat : Montpellier a une place excellente dans la question qui tourne autour de son climat - aux yeux de beaucoup de gens, notamment des Parisiens, il ne pleut "jamais" à Montpellier... ou presque. Toutefois, le palmarès du climat est accordé à Nice. 57 pour cent des Français sont persuadés que nulle part il ne ferait si beau qu'à Nice. Marseille obtient la troisième place dans le concours autour du meilleur climat - mais ce classement ne lui sert pas à grand-chose dans le calcul général.

Reste la question si les personnes interrogées ont répondu suivant leurs expériences ou leurs préjugés. François Doridot, le directeur général d’Ipsos, a plutôt l'impression que certaines personnes auraient répondu sans même connaître leur "ville préférée". Et cela, selon lui, aurait surtout nui à Marseille, c'est-à-dire empêché un meilleur classement général. Il pense que Marseille aurait toujours la réputation d'une ville "sale" - ce qui prouverait que les gens parlent sur une ville sans même avoir mis le pied dans ses rues.

Les autres points forts de Montpellier seraient la qualité de son environnement - donc moins de pollution qu'ailleurs - et sa convivialité. Sans doute, le mode de vie des gens de Montpellier a toujours bonne réputation.

Montpellier et ses arceauxUn point étonnant : les Français pensent qu'on vit bien à Montpellier - mais l'idée du tourisme ne les tente pas beaucoup. Ici, c'est Paris qui emporte le premier rang - Montpellier n'atterrit que sur la sixième place. Un autre "point faible" de Montpellier est sa culture. Tandis que la plupart des Montpelliérains semblent persuadés que "plus de culture n'est pas possible" - comme l'exprime une étudiante de la fac des lettres -, les Français n'ont pas encore découvert ce côté de la ville. Pour eux, Montpellier ne mérite que le septième place dans l'échelle des villes culturelles.

Et, autre point qui choque les Montpelliérains, les Français n'apprécient pas entièrement l'architecture de leur ville. Le palmarès de l'esthétisme de l'architecture est offert à Toulouse. Les efforts d'un Marius Ramus, Édouard André, Roberto Bofill, Claude Vasconi et des autres grands architectes qui ont construit Montpellier au fil des années et des siècles n'étaient donc pas suffisants pour séduire les Français.

Cependant, rien ne paraît plus beau qu'être étudiant à Montpellier. Les prix des loyers sont dans la moyenne - bien que les Montpelliérains ne sont pas toujours de cet avis -, tout est sur place pour faire la fête, et la bière ou le vin sont moins chers que dans les grandes villes. Celui qui lie "étudiant" à "faire la fête" trouve son compte à Montpellier, au moins selon les sondages. Vu que la vie étudiante ne consiste pas seulement en "faire la fête" - même à Montpellier, les étudiants sont tenus à étudier - il se pose la question si la ville sous le soleil "éternel" est aussi bien placé pour travailler les cours de la fac. Or, comme l'université montpelliéraine a toujours bonne réputation, la fête et les études y font bon menage...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 1 avril 2010

François Lapeyronie et Saint-Côme de Montpellier

Saint-Côme, Lapeyronie et le premier centre de congrès à Montpellier

La chambre de commerce, Saint-Côme, à MontpellierÀ l'origine, on ne pensait pas encore à des institutions comme la chambre de commerce. Pour les Montpelliérains - ou au moins pour ceux qui avait quelque chose à dire et l'argent pour réaliser leurs idées - tout ce qui comptait, au milieu du 18ème siècle, c'était l'université ou, plus précisément, la fac de médecine.

François Gigot de Lapeyronie, la "vedette" parmi les étudiants de médecine à Montpellier, voulait absolument que ses étudiants aient un amphithéâtre d'anatomie digne de ce nom. Il décida alors de léguer 100.000 livres à la ville pour qu'elle puisse construire cet amphithéâtre dont les étudiants montpelliérains avaient tant besoin : c'est donc grâce à Lapeyronie que le Collège Saint-Côme fut construit.

Celui de Lapeyronie est un des premiers noms qui se présentent à un Montpelliérain réfléchissant sur les grands hommes sa ville. Lapeyronie est né à Montpellier, il y fit ses études de médecine, et bien que, à la fin de ses études, il passe quelque temps à l'université de Paris, il revint deux ans plus tard pour entrer à l'hôpital de Saint-Éloi sur la Place d'Armes, situé sur la Place de la Comédie, là où, aujourd'hui, se trouve le "Monoprix".

Montpellier : Saint-CômeMais ce ne fut pas tout. Déjà un peu plus tard, il enseigna la médecine à la faculté de Montpellier, fut déclaré médecin et chirurgien personnel de Louis XV, fonda l'Académie Royal de Chirurgie, devint ce qui peut être considéré comme un pionnier de la médecine moderne - et finit ses jours dans un appartement luxurieux à Paris, dans les Tuileries, un cadeau du roi qui, la générosité déclenchée, en profita pour aussi l'anoblir.

Ce fut cette fin de noble bien établi à Paris qui lui coûtait quelques sympathies à Montpellier. Sa carrière assurée, ce fils du Midi avait-il oublié sa ville ? - Mais non, il n'avait oublié ni Montpellier ni ses étudiants. À la toute dernière minute, enfin, au moment où il fit son testament, il ne pensait pas seulement à sa ville adorée, mais il lui offrit aussi un cadeau très important : 100.000 livres.

La somme de 100.000 livres était beaucoup d'argent à cette époque. En plus, pour arrondir la somme, Lapeyronie y ajouta les deux maisons qu'il possédait à Montpellier. Car comme tous les Montpelliérains qui s'occupèrent jamais de la construction d'édifices importants, Lapeyronie ne voulait pas que l'on érige "n'importe quoi" - il rêvait d'une copie du Collège Saint-Côme à Paris. La nouvelle annexe de l'université de Montpellier devrait être aussi magnifique que l'original à Paris ou, mieux, encore "plus parfait" que celui-ci, comme Lapeyronie spécifia dans son testament.

La CCI de Montpellier, Saint-CômeAinsi, vers la fin du 18ème siècle, les étudiants de médecine pouvaient se rendre à Saint-Côme pour les démonstrations anatomiques. Mais cette idée ne suffisait pas à Lapeyronie lorsqu'il planifia le cadeau destiné à ses étudiants : Georges Frêche, lorsqu'il fit construire le Corum, n'était pas le premier à voir pour Montpellier un avenir glorieux comme ville de congrès internationaux - déjà Lapeyronie prévit que des maîtres-chirurgiens de tous les coins de la France et, peut-être, de plus loin pourraient se donner rendez-vous dans sa ville préférée. Ainsi, le Collège Saint-Côme fut doté de salles de conférence et de logements pour les invités lors de leurs assemblées à Montpellier.

Passons sur le fait qu'un autre médecin de roi, François Moostet - sa tâche était de s'occuper de l'armée - ajouta au don de Lapeyronie une rente d'exactement 1505 livres qui permit aux Montpelliérains d'agrandir le Collège Saint-Côme par la construction d'une école d'opération où les étudiants pouvaient transformer leurs connaissances théoriques en exercices pratiques.

Finalement, comme dans toute histoire d'un édifice montpelliérain, la révolution arrive et, avec elle, les grands changements. Or, le Collège Saint-Côme eut plus de chance que d'autres bâtiments : il n'est pas détruit mais juste vendu "au profit de la nation". Ainsi, dès 1801, l'ancien amphithéâtre de médecine se transforme en "Bourse de Commerce de la Commune de Montpellier" et, 19 ans plus tard, en Chambre de Commerce et d'Industrie...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 13 mars 2010

Montpellier : Salon la Création au féminin - l'artisanat et les femmes

Des étudiantes de l'IUT, "de fil en filles" et la Ligue contre le cancer : ensemble pour la création au féminin à Montpellier

Montpellier, salle Pétrarque
D'abord, il y avait cinq jeunes dames, étudiantes en technique de commercialisation à l'IUT à Montpellier, qui avaient besoin d'un projet de valorisation de leurs études. Puis, ou, plutôt, en même temps, il y avait la Ligue contre le Cancer. Et les deux ensemble, cela donne le premier salon de La création au féminin à la salle Pétrarque à Montpellier.

Lorsque elle est ses collègues avaient besoin d'un projet pour valoriser leurs études, raconte Julie Dalvigot, une des cinq étudiantes de l'IUT, elles auraient eu envie de consacrer ce projet à "la femme". À la femme en général, et à la femme de Montpellier en particulier. Mais ce n'était pas tout.

"On voulait aider les artisans à mettre en valeur leurs créations, à se faire connaître." Souvent, ces artisans n'ont pas de point de vente proprement dit et dépendent des foires et des salons. Mais cela ne veut pas dire que la qualité de leurs produits ne serait pas comparable à celle des offres des boutiques "officielles" - souvent, le talent de ces jeunes créatrices et créateurs est remarquable et mérite d'être découvert. "Nous espérons que le salon les aide. Pour qu'ils puissent continuer à produire."

La femme à MontpellierLe salon organisé par les cinq jeunes Montpelliéraines, soutenues par l'association "de fil en filles" est entièrement consacré aux besoins et aux plaisirs de la femme. Des bijoux, des sacs, des vêtements,… tout ce que les artisans et créateurs peuvent faire pour que la femme se sente bien.

"C'est le féminin qui nous intéresse", commente Julie. Comme ses collègues, elle se sent attirée par la mode, mais non par la mode qui se restreint à une petite tranche d'âge : "Ici, vous trouvez la mode pour les femmes entre 16 et 65, enfin, sans limite d'âge." Mais il est clair qu'il n'y a pas seulement les femmes qui créent pour les femmes. Bien qu'il ait un peu plus de femmes créatrices au salon de la création au féminin, il y a aussi un certain nombre de créateurs. Toutefois, "on a vraiment voulu viser la création féminine."

Il n'y a pas mal de Montpelliérains qui ont aidé les cinq étudiantes à organiser leur "Création au féminin". D'abord, il y a la mairie qui a mis la salle Pétrarque à leur disposition, avec des tables et des chaises. Pas mal de commerçants de Montpellier ont aidé eux aussi : ils ont donné des lots pour la tombola dont le profit, bien sûr, ira à la Ligue contre le cancer. "Nous avons vécu un véritable élan de solidarité", remarque une des organisatrices.

La création au féminin, MontpellierEt voilà un homme qui, avec sa copine, est créateur de bijoux. Il sait ce qui plaît aux femmes - et aux hommes. Il voit parfois des hommes qui ont envie d'acheter un bijou, mais leurs femmes sont plus économes. "Mais normalement, les filles sont plus acheteuse que les hommes...", rit-il. Ensuite, il devient sérieux. "Il y a un bon public ici, beaucoup de femmes, aussi beaucoup de couples."

Sa collègue est également contente de sa présence au salon de la création au féminin. "Pour une première manifestation de ce genre, c'est très bien fréquenté. L'organisation est impeccable. Et l'ambiance est bonne. Si ça se refait, je reviens."

Mais les artisans ne sont pas seulement venus pour se faire connaître : "À cette époque-ci, je fais très peu de salons", explique une des créatrices. "Mais comme c'est une manifestation pour aider la Ligue contre le cancer, je suis venue." - Et l'a-t-elle regretté ? - "Non, certainement pas."

Pour d'autres artisans, le salon au féminin est une des premières expériences de foire. "La salle est agréable, le public est intéressé. Je trouve que c'est vraiment sympa d'être au cœur de Montpellier, à l'intérieur, sous les voûtes de la salle Pétrarque."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 6 janvier 2010

La préfecture et Jean Moulin le "Montpelliérain" : ces hommes qui ont étudié à Montpellier

Jean Moulin - étudiant et employé de préfecture à Montpellier

Préfecture de MontpellierIl est présent dans la Grand rue Jean Moulin, il est présent dans la préfecture, il est présent à la faculté de droit, on a l'impression de le voir apparaître sur la place de la Comédie, il est présent partout à Montpellier, dans la mémoire et dans les esprits de ceux qui connaissent l'histoire de la ville et qui l'estime - Jean Moulin, un de ces hommes qui ont fait leurs études à Montpellier pour, ensuite, devenir célèbres partout en France et même à l'extérieur du pays... Tout le monde le connaît, tout le monde est fier de lui, de ce préfet le plus jeune de la France, de ce résistant, confident de Général de Gaulle - mais qui se rappelle de ce qu'à Montpellier, il n'était rien qu'un petit étudiant ?

En effet, Jean Moulin quitte son Béziers natal uniquement pour s'inscrire à l'université de Montpellier. Nous ne savons pas si, dès le début, il avait envie d'entamer une carrière administrative, mais il est sûr que, sans les guerres, il aurait sagement poursuivi le chemin commencé à Montpellier. Selon le peu que les biographes relatent de cette jeunesse à la fac de Montpellier, il était un étudiant sans problème. Il faisait ses études sans se faire remarquer.

La seule passion qu'il connaît dans cette phase de la vie, c'est le dessin. Mais il n'y a pas question d'en faire une profession. Son père, professeur d'histoire et de géographie à Béziers, était un républicaine et socialiste engagé, et il attendait de son fils de le suivre.

Jean Moulin et la préfectureMais d'abord, c'est la Première Guerre mondiale qui s'en mêle. Encore avant qu'il puisse finir ses études, il est obligé de joindre un régiment à Montpellier. Mais d'abord, c'est la formation et, heureusement pour le jeune Jean Moulin, la guerre est finie plus rapidement que la formation. De cette manière, son rôle dans cette Grande Guerre n'aurait été que manuel : le militaire l'a employé comme terrassier, menuisier ou téléphoniste, mais il n'a pas été confronté à une véritable bataille.

Jean Moulin retourne alors auprès de ses études de droit et, de nouveau, il est un étudiant sans histoires. Ensuite, il décroche un job à la préfecture de Montpellier, en tant qu'attaché du préfet et, comme il sait se rendre utile, il occupera bientôt la place du chef du cabinet.

Et voilà, sa carrière est lancée - et il quitte Montpellier. Une longue série de postes commence - il est nommé le plus jeune sous-préfet de France, plus tard il devient le plus jeune préfet... Si le dessin et le bon travail pour les diverses préfectures étaient restés ses seules passions, il aurait vécu et serait mort comme employé ou patron de préfectures, dans le service d'abord des Montpelliérains, plus tard d'autres Français.

Jean Moulin, MontpellierMais la deuxième Guerre mondiale arrive et change tout. En 1939, quand la guerre éclate, il est déjà préfet, en ce moment en service à Chartres. Et c'est là où celui qui, jeune étudiant ou employé de préfecture à Montpellier, ne visait jamais plus haut qu'à être agréable à ses supérieurs et aimable envers ses administrés, montre pour la première fois son caractère têtu. Les idées socialistes que son père de Béziers avait plantées dans sa tête prennent le dessus.

Le ministère souhaite qu'il garde sa place comme préfet, mais Jean Moulin n'est pas d'accord : il pose sa candidature à l'école des mitrailleurs. Il veut participer à la guerre. - Toutefois, le ministère est le plus fort, et le jeune préfet est obligé de rester sur place. Mais là, tout à coup, il est confronté à un nouveau phénomène : les réfugiés. Des centaines de réfugiés arrivent à Chartres, et Jean Moulin a trouvé son nouvel objectif... il devient le défenseur des réfugiés.

Mais cela ne plaît évidemment pas à l'occupant allemand. On essaie de le soumettre à la pression politique, à "apprivoiser" ce préfet qui avait entamé sa carrière comme homme discipliné et obéissant. Toutefois, ce trait de caractère appartient définitivement au passé : Jean Moulin s'oppose. Il s'oppose au ministère, il s'oppose à l'occupant allemand, il a ses convictions, et il leur reste fidèle. Et c'est le "déshonneur". Le plus jeune préfet de la France se transforme en personne indésirable.

Le déshonneur ne cadre évidemment pas avec sa nouvelle passion, et Jean Moulin, tout simplement, préfère se suicider. Ou, plutôt, il essaie de se trancher la gorge, mais tout ce qui en sorte est une cicatrice - la raison pour laquelle il porte une écharpe sur toutes les photos qui, à partir de ce jour-là, seront prise de lui.

Et Jean Moulin devient "résistant". Il joint le Général de Gaulle à son poste en Angleterre qui le renvoie en France. Pour le gouvernement auprès duquel il est toujours personne indésirable, il devient artiste. Ses talents de dessinateur serviront enfin à quelque chose : sous le couvert d'un artiste un peu marginal, il organise la résistance en France, toujours en collaboration étroite avec Charles de Gaulle.

Ici, l'histoire de l'étudiant montpelliérain s'éloigne de la ville qui, selon lui, était toujours sa patrie. Il rendra de grands services à la France, sera pris et tué par l'ennemi. Selon ce que l'on sait de cette phase de sa vie, il n'est jamais retourné à Montpellier. Ce qu'il aurait fait s'il avait survécu la guerre, personne ne le sait. Peut-être aurait-il changé la vie à Montpellier. De toute manière, les Montpelliérains n'ont jamais oublié ce jeune étudiant sans histoires qui, un jour, devrait devenir si célèbre...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

lundi 4 janvier 2010

Place Jean Jaurès à Montpellier : Notre-Dame-des-Tables, les étudiants et les changeurs

Destructions et reconstructions au fil de l'histoire - la place Jean Jaurès à Montpellier

Place Jean Jaurès, Montpellier
Comme tous les étudiants, aussi ceux des premières facultés de droit et de médecine de Montpellier avaient leurs endroits préférés. Aujourd'hui, ces endroits préférés des jeunes coïncident souvent avec un bar, tandis qu'à l'époque, le point de rencontre fut plutôt une église. Ce qui ne peut arriver qu'à Montpellier : des siècles plus tard, les étudiants de la ville ont toujours le même point de rencontre que leurs anciens collègues, pionniers des universitaires à Montpellier…

Mais faut-il se décider si ce point de rencontre correspond plutôt à une église - exigence de l'époque - ou à un bar, une idée beaucoup plus actuelle? Non, pas à Montpellier. Parce que là où, jadis, se tenait l'église la plus "à la mode" de Montpellier on trouve aujourd'hui des bars aussi à la mode que l'église de l'époque.

Jean Jaurès à MontpellierAu fil des ans, la place Jean Jaurès de Montpellier était toujours en mesure de rendre les étudiants heureux. À l'époque, au moment où Montpellier avait gagné ses premiers galons en tant que cité universitaire, cette place au cœur de la ville abritait l'église la plus importante des environs : Notre-Dame-des-Tables. Ce fut ici où on célébrait les nouveaux docteurs après soutenance de leur thèse, ce fut ici qu'on rencontrait les consuls, membres du premier gouvernement "démocratique" de Montpellier, et ce fut ici où on pouvait flâner, boire un coup et discuter à côté des changeurs de monnaie qui guettaient les pèlerins sur leur chemin à Saint Jacques de Compostelle.

Et aujourd'hui ? Il y a longtemps, les changeurs de monnaie n'attendent plus les pèlerins vers l'Espagne. De nos jours, ils échangent la monnaie plutôt contre un bon moment au soleil. Toujours, les étudiants viennent ici pour fêter leur thèse, mais entre-temps, on n'a plus besoin d'attendre avoir passé son doctorat : toute raison est bonne pour faire la fête sur la place Jean Jaurès.

Si l'on pouvait interroger tous les étudiants qui, jamais, prirent le soleil sur la place Jean Jaurès, on entendrait une histoire bien colorée. Une chose est sûre : ce deuxième point culminant de la ville - le premier est le terrain du Peyrou qui, avec ses 52 mètres, constitue le point le plus haut de Montpellier - a toujours attiré du monde.

Montpellier et les étudiantsTout commença - autant que nous le savons - au XIIIe siècle avec une église consacrée à la Sainte Marie. Un estime qu'elle se trouvait au centre d'une agglomération qui, plus tard, devrait devenir Montpellier. Les historiens n'ont pas beaucoup d'informations sur ce qui se passa autour de l'église Sainte-Marie, mais sa crypte resta intacte en dessous de la place Jean Jaurès. Aujourd'hui, elle abrite le Musée de l'histoire de Montpellier, un des témoins les plus expressifs du passé de la ville.

On estime que cette église fut détruite, peut-être au cours d'une des révoltes si fréquente dans l'histoire de Montpellier, peut-être par le feu ou peut-être tout simplement par les responsables de l'agglomération qui avaient envie d'avoir une nouvelle église. Peu importe la raison, l'église Sainte-Marie ne devint pas très âgée. Déjà un siècle plus tard, s'y élèva une nouvelle église, toujours consacrée à la mère de Dieu, qu'on baptisa "Notre-Dame". Vers le XIIIe siècle, lorsque les étudiants avaient déjà fait leur apparence à Montpellier, elle reçut le nom "Notre-Dame-des-Tables", en honneur des tables des changeurs de monnaie établies autour d'elle.

Tout était pour le mieux. Les nouveaux docteurs faisaient leur fête, les gouvernements changeaient, les consuls commençaient à fréquenter l'église, les changeurs trouvaient leur compte - jusqu'à ce que les guerres de religions arrivent et, avec elles, les grandes destructions à Montpellier. Mais d'abord, Notre-Dame-des-Tables échappa à la destruction et fut juste transformée en temple appartenant à "l'autre" religion, aux protestants. C'était en 1561. Malheureusement, le groupe catholique n'était pas d'accord et, sept ans plus tard, il préférait détruire l'église au lieu de la voir "détournée".

Celui que regarde l'histoire de Montpellier se rend rapidement compte qu'elle correspond à un jeu éternel de destruction et de reconstruction. L'église Notre-Dame-des-Tables n'en faisait pas exception. Elle fut immédiatement reconstruite, pour, en 1581, être de nouveau victime d'une attaque du côté des protestants.

Comme pour le château de Guilhem, l'histoire de sa nouvelle destruction tourna autour d'une tour. Mais cette fois-ci, ce ne fut pas sa taille qui ne plut pas aux gens au pouvoir. Les protestants eurent tout simplement l'idée de le faire s'écrouler et, avec elle, l'église.

Place Jean Jaurès Et le jeu continua. On n'hésita pas à construire une nouvelle "Notre-Dame-de-Tables", juste pour la voir détruite encore une fois, en 1622, cette fois-ci par Louis XIII lui-même. Nous nous en doutons : l'église fut reconstruite - et détruite de nouveau en 1793. En ce moment-là, ce fut la Révolution et, comme tant d'églises, celle du centre de Montpellier faisait partie de l'image ennemie…

Il fallait attendre 1806 pour que les reconstructions recommencent. Mais maintenant, personne n'avait plus envie d'une église. On préféra profiter de la place centrale pour y planter un marché, les halles aux Colonnes. Et ces halles survécurent pendant cent ans. Ce ne fut qu'au début du 20e siècle, en 1911, que le coût changea et on préféra une place ouverte. Entre-temps, un commerce actif s'était établi autour de la place Jean Jaurès, et on se rendit compte qu'elle était tellement bien située qu'il facilita le passage de la population au point d'épargner la destruction d'autres bâtiments pour permettre le trafic de circuler. La place qui, pendant des siècles, était la scène de destructions se transforma, finalement, en espace ouvert, libre, sauveur d'autres bâtiments qui, sans lui, aurait été condamnés à faire partie de la longue liste des demeures du passé, perdues dans l'histoire de Montpellier.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

vendredi 1 janvier 2010

Montpellier entre Comédie et Antigone, Écusson et Peyrou - et au-delà...

Sous les toits de Montpellier : logements, étudiants, soleil et vélos

Montpellier, vue du Corum
Sur les toits de Montpellier : vue du Corum

Nouvel an à Montpellier, 10 heures du matin. Sur la place de la Comédie, tout a changé. Là où, le dernier matin de l'année passée, une foule confuse et bruyante s'est pressée, où ça criait et riait et se bousculait, il n'y a que silence. Quelques gens seuls, l'air fatigués ou tristes, prennent leur premier café 2010. Mais sans conviction. Pour une fois, Montpellier dort.

234.816 personnes (statistiques de 2004) qui, plus ou moins, dorment en ce moment en centre ville. 510.000 si on compte le territoire urbain entier. De quoi rêvent-ils ? Quels sont leurs espoirs pour l'année qui, bientôt, se réveillera…

Peu importe de quoi rêvent tous ces Montpelliérains, mais s'il y a des rêves "féminins", il y a 54 pour cent sur les 510.000 qui les font. Et les 52 pour cent de célibataires, huit pour cent de divorcés et six pour cent de veufs, rêvent-ils des autres célibataires ou divorcés ou veufs qu'ils sont susceptibles de rencontrer à chaque seconde, sur la Comédie, à l'Antigone, devant les boutiques de l'Écusson, sur une banque au Peyrou, allongés dans l'herbe à côté de l'étang du Jardin des Plantes, les yeux à moitié fermés, rêvassant du printemps…

Imaginons un célibataire debout devant la Fontaine des trois Grâces qui regarde les gens qui se promènent à la Place de la Comédie : statistiquement, il y a une personne mariée, une personne libre, une personne libre, une autre personne mariée, de nouveau deux personnes libres... Mais si l'on cherche les divorcés, Montpellier n'est pas la ville la plus fournie du Hérault : elle n'est qu'en 33e position. La commune la plus forte est Sorbs, avec 14,7 pour cent de divorcés et juste 44,1 pour cent de mariés.

Vue du Peyrou sur Montpellier
Réservoir d'eau du Peyrou : vue sur Montpellier

Mais restons à Montpellier, entre le Jardin des Plantes et l'Antigone, le Peyrou et le Corum : au centre ville. Qui dit marié (ou non), dit appartement. Et là, un grand soupir traverse les rêves des dormeurs du nouvel an. Cela fait neuf ans que le Montpelliérain "moyen" n'a plus déménagé. Et il sait très bien, pourquoi. Et ce n'est pas pour rien non plus que les étudiants en France déclarent Montpellier une des villes les moins agréables en ce qui concerne la recherche d'un logement. Celui qui veut louer un appartement, doit compter sur un prix moyen de 12,72 euros par mètre carré, c'est-à-dire sur 50 cents de plus que la moyenne française...

...et cela pour une population où 62 pour cent des gens n'ont pas encore 40 ans : un jeune, un autre jeune, un moins jeune, deux jeunes - Montpellier la jeune aux prix forts des appartements…

Mais rien n'est si grave qu'il ne semble à première vue. Finalement, Montpellier a 139.013 logements dont la moyenne dispose de trois pièces où, vive les "moyennes", n'habitent que 1,9 personnes. Et juste 64 pour cent des Montpelliérains sont des locataires.

Montpellier, vue du Peyrou
Le Peyrou : vue sur Montpellier

En plus, selon les statistiques, les gens ne s'étouffent pas à Montpellier - sauf en mois d'août, mais le nombre des clims par rue n'a pas encore été établi - vu qu'il n'y en a que 3963 qui vivent sur le même kilomètre carré. Sur un mètre carré, on ne devrait donc découvrir que 0,004 personnes en même temps, en moyenne, bien sûr (chiffre correspondant à la situation un premier janvier, dix heures, à la place de la Comédie). Et toutes ces 0,004 personnes par mètre carré réparties sur la ville entière ont 662 hectares d'espace vert pour se promener après leur réveil - sous condition qu'ils ne parcourent pas les dix kilomètres qui les séparent de la mer.

À propos mer : qui a envie de réfléchir du prix d'un mètre carré un matin de nouvel an, quand il fait si beau ? Et qui à Montpellier a envie de se plaindre, avec 2618 heures d'ensoleillement par an, 7 heures et 22 minutes par jour - comparées à une moyenne nationale d'uniquement 1973 heures par an ou 4 heures 46 minutes par jour ? Et pour ceux qui, après leur promenade à la mer veulent se montrer courageux et prendre le vélo : la ville de Montpellier est située sur une altitude "considérable" de deux mètres. - D'ailleurs, pour ceux qui ont envie de louer un vélo - il y a 1000 vélos dans l'Agglo, repartis sur 50 vélostations...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 9 décembre 2009

Place de la Comédie, Montpellier : les Montpelliérains et leur cœur de ville

Trois Grâces, cyclistes, tram et petit train - elle vit, la Comédie à Montpellier

Montpellier, les trois grâcesLa place piétonne la plus grande d'Europe, la place la plus belle de la France ou, peut-être, même du monde - les superlatifs ne manquent pas pour décrire la place de la Comédie à Montpellier. Qu'est-ce qu'elle a de si spécial, cette place au cœur de Montpellier, au point que, même à Paris ou Barcelone, les gens font son éloge ?

Fontaine Place de la Comédie"Elle n'a rien de spécial", dit une jeune femme qui traverse la place, "mais elle est très belle." Et un homme un peu plus âgé qui, selon ses explications, a passé presque toute sa vie à Montpellier, ajoute : "Quand je rentre d'un voyage, ma première sortie me mène à la place de la Comédie. Et c'est le moment où je sais que je suis chez moi." Un étudiant répond plus logiquement : "C'est une place comme une autre. Mais elle marque le centre vivant d'une ville vivante."

Et elle vit, cette Comédie. À n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit, les hommes et les femmes se tiennent debout autour de la fontaine des Trois Grâces, en attente de leurs amis, de leurs partenaires d'affaire, de leurs fils, leurs filles, leurs parents… bref, les Trois Grâces sont devenues le point de rencontre principal de Montpellier. Une femme âgée qui attend sa fille se souvient : "C'est ici que j'ai fait connaissance de mon mari. J'avais rendez-vous avec une copine qui a amené son frère…" Et elle indique un jeune homme qui, debout devant la fontaine, observe nerveusement sa montre : "Mais je ne veux même pas savoir, combien d'amoureux déçus la place a déjà vus…"

Hélène Mandroux, maire de MontpellierIl n'y a rien qui ne se passe pas dans l'ombre de l'Opéra-Comédie, ce bâtiment dont les prédécesseurs ont tous disparus dans des flammes, et de cette fameuse statue, les Trois Grâces. Il est vrai que la statue des Trois Grâces qu'on voit sur la Comédie n'est qu'une copie - l'originale a été mise en sécurité en 1989 dans le musée Fabre. Lorsque, plus tard, le musée a été rénové, la statue a emménagé dans le hall de l'Opéra-Comédie où elle attend toujours son prochain déménagement.

Mais originale ou non, ce qui compte, c'est la magie qui émane de cette statue au milieu de la partie de la place qui, il n'y a pas longtemps, a été appelé "l'œuf". C'était l'époque qui, par beaucoup de Montpelliérains, est appelé "l'ère avant le tram". La statue était placée sur une espèce d'île dans la mer d'une circulation dense de centre ville qui - comme dit son nom - avait la forme d'un œuf. Les traces de cet œuf sont toujours visible : on les a conservées sur le sol par une ceinture de pavés en marbre.

Fête à MontpellierAujourd'hui, il n'y a plus de circulation qui entoure les Trois Grâces - la place appartient aux piétons. Mais ce ne veut pas dire que personne ne roule sur cette place. D'abord, les cyclistes - on les voit partout. Et cela non seulement les jours où l'un ou l'autre association ou parti écologiste proclame le jour du vélo, mais toujours. Montpellier, la ville des étudiants, adore se déplacer sans polluer.

Non polluant était aussi le fameux "petit train" de Montpellier, vénéré par le dessinateur Albert Dubout, qui liait la Comédie à Palavas-les-Flots. Ou le prédécesseur du tram actuel, celui qui, à partir de 1897, menait les Montpelliérains à Castelnau-le-Lez.

Toutefois, bien qu'on dise que les piétons, le tram et les cyclistes ne font pas beaucoup de vacarme, il y a toujours de bruit sur la Comédie - non seulement au moment des ses Flash Mobs. Ça crie quand les matchs importants sont diffusés sur grand écran, ça chante quand il y a des festivals, des concerts ou, tout simplement, les musiciens de rue, ça bavarde les jours de marché, c'est plein de monde les jours où les Montpelliérains fêtent le printemps avec leur "Comédie des livres" ou l'hiver avec les "Hivernales" et le marché de Noël...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mardi 8 décembre 2009

Étudier à Montpellier : l'université dans le
Midi de la France

Le troisième rang dans le palmarès des villes étudiantes : Montpellier et son université

études à MontpellierCe n'est pas un secret : Montpellier est fier de sa tradition étudiante. C'est avec plaisir que les Montpelliérains citent les noms de ces hommes qui ont fait leurs études dans leur ville et dont, aujourd'hui, on se rappelle toujours : Auguste Comte, Joseph Blayac, François de la Peyronie, Paul Valéry...

Or, cet enthousiasme des "anciens" étudiants ne révèle évidemment rien sur ce que Montpellier offre à ses étudiants d'aujourd'hui. Ce plaisir de faire des études dans notre ville, persiste-t-il ?

Montpellier, quartier étudiantSi l'on fait un petit sondage auprès les étudiants, les réponses sont satisfaisantes. "Pour moi, Montpellier est la capitale de la culture. Il y a tout - théâtre, opéra, des conférences, des fêtes..." Et le plus important : "Même si on n'a pas beaucoup d'argent, on trouve toujours des occupations sympas." Selon les étudiants, personne ne reste seul à Montpellier : "Cela fait deux mois que je suis ici, mais j'ai déjà plein d'amis. Il est facile de se faire des connaissances ici, dans le Midi."

Ceci compte pour les étudiants que l'on rencontre dans les rues de la ville... Mais les autres ? Sont-ils aussi contents ? - Une étude récemment publiée par le magazine "L'étudiant" nous donne la réponse : pour les étudiants, Montpellier est troisième dans l'éventail des villes universitaires de France. Il n'y a que Toulouse et Grenoble qui la devancent.

centre de MontpellierL'étude a appliqué 38 critères différents, dont la culture, le logement, la qualité des études etc. En ce qui concerne la culture, Montpellier est clairement la première des villes de taille moyenne : aucune ville française comparable ne propose un choix culturel aussi large que Montpellier. Les étudiants interrogés parlent du quartier Saint Anne, avec ses petites rues agréables et son grand choix de restaurants et bars dont beaucoup qui sont accessibles même aux budgets restreints. Mais ils citent aussi les films - par exemple le Festival international du cinéma méditerranéen -, le festival ANIMaSUD ou les discothèques et d'autres Mecques de la musique.

Côté logement, par contre, Montpellier laisse à souhaiter. Les chambres et appartements sont rares et généralement trop chers. Ceux qui sont moins chers offrent souvent une qualité inacceptable. Si Montpellier n'est que troisième sur la liste des villes préférées des étudiants, la situation du logement y joue certainement un rôle essentiel. Il est vrai qu'il y a des appartements en dehors de la ville - mais comment y accéder si l'on n'a pas de voiture...?

Les étudiants à MontpellierMais le "rayonnement international", comme l'appelle l'étude, est excellent à Montpellier qui, dans ce point, est devenu huitième. "C'est fabuleux", s'exclame une étudiante. "Quand on se promène dans les rues, on a l'impression d'être dans un véritable Babel : on entend toutes les langues du monde..."

Toutefois, les qualités "environnement" de Montpellier n'arrivent pas à persuader les étudiants. Sous l'aspect "écolo", la ville n'atteint que le douzième rang. Lorsque, dans les rues, on pose la question si Montpellier est une ville écologique, on ne reçoit que des haussements d'épaules ou des "Je ne crois pas".

Et pourtant, Montpellier a son tram, un moyen de transport écologique et pratique en même temps. C'est la raison pour laquelle la ville est troisième en France pour les transports. C'est uniquement le comportement des conducteurs des bus qui est souvent critiqué : "Quand on traverse une rue et un bus tourne le coin, on doit courir pour sauver sa vie. Un chauffeur de bus à Montpellier ne s'arrête jamais pour si peu qu'un homme qui traverse une rue..." Et quand on court pour attraper un bus ? "Il y a des chauffeurs qui sont gentils. Mais d'autres se font un plaisir d'attendre jusqu'à ce qu'on arrive devant la porte pour la fermer à la dernière seconde."

Il est certainement vrai que les grandes industries ne sont pas situées à Montpellier - ce qui, d'ailleurs, ajoute certainement à sa qualité de vie. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas des jobs en ville : sur la liste des villes avec les meilleures possibilités de travail, Montpellier figure à la sixième place.
Photos et texte : copyright Doris Kneller