Affichage des articles dont le libellé est culture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est culture. Afficher tous les articles

mercredi 5 mai 2010

Manifestation à Montpellier : les infirmières anesthésistes sur la Comédie

Les infirmières anesthésistes de Montpellier demandent la solidarite

Infirmiers à Montpellier"On fait comme si notre travail ne valait rien", a déclaré une des infirmières anesthésistes qui, hier, ont organisé une manifestation sur la Place de la Comédie à Montpellier. "Il est vrai que notre gouvernement ne juge pas le travail des infirmières à sa véritable valeur. Mais pour nous, c'est encore plus grave", explique une de ses collègues.

En fait, selon les infirmières anesthésistes de Montpellier, ils sont dans leur filière la profession la plus négligée par la reconnaissance salariale et "morale". "Nous nous sentons méprisés par le Ministère", proclame leur tract. Et des manifestants ajoutent : "Madame Bachelot, la députée qui veut dévaloriser notre travail, n'a probablement jamais eu besoin des services d'une infirmière anesthésiste. Sinon, elle n'aurait pas eu cette idée."

Comme si souvent, il est question de salaire, mais aussi de la "valorisation morale", comme l'exprime une des infirmières montpelliéraines sur la Place de la Comédie. On parle de la réputation de la profession. "Il est vrai que le gouvernement réfléchit sur une réévaluation salariale des infirmières", continue-t-elle, "mais les infirmières anesthésistes seront clairement défavorisées."

Manifestation des infirmiersLes représentantes de la profession des infirmières anesthésistes basent leurs revendications - être reconnus au niveau salarial ainsi que "moral" - surtout sur leur professionnalisme et leur haut degré de responsabilité. "C'est nous qui surveillons le malade quand il revient à lui, après une anesthésie. Si, en ce moment critique, nous nous montrons incompétentes ou faisons une erreur, la vie du patient est en danger. Quelqu'un qui travaille dans un bureau peut 'relâcher' de temps en temps - nous jamais. Les conséquences seraient trop dures."

Un collègue se montre plutôt sarcastique : "Madame Bachelot peut faire tant de fautes qu'elle veut - ce n'est pas grave. Il y a peut-être un groupe de professionnels qui en souffre, mais cela ne fait mal à personne - sauf aux professionnels eux-mêmes. Et à la limite, elle peut toujours corriger ses fautes. Nous, par contre, on ne peut jamais rien corriger. Nous travaillons auprès des hommes et non des papiers. - Autrement dit, nos responsabilités sont beaucoup plus élevées que celles d'un ministre..."

Infirmières, camionneurs, conducteurs de tram, enseignants, représentants de la culture... Plus tôt ou tard, toutes les professions manifestent ou déclarent la grève. Et ils ont tous un point en commun : ils revendiquent la solidarité. "Il y a des interventions qui ne peuvent pas avoir lieu à des journées d'action, comme celle-ci. Mais nous manifestons aussi dans l'intérêt des patients. Ils devraient donc être solidaires avec nous."

Peut-on être solidaire quand on est malade es obligé d'attendre encore plus longtemps avant d'obtenir une intervention ? - "Tout le monde nous demande d'être solidaires", répond un jeune homme. "Et qui est solidaires avec ma profession ?" - Quelle est donc sa profession ? - "Chômeur", rigole-t-il. "Mais sérieusement," reprend-il ensuite, "tous ces gens qui font la grève ont un privilège : ils ont un travail. Moi non. Je serais déjà content de gagner le SMIG."

Les infirmiers de Montpellier"Je ne sais pas pour les infirmières", dit une dame dans la quarantaine. "Je connais trop mal leur profession. Mais je me rappelle très bien les grèves des camionneurs. Sur l'autoroute, ils ne connaissent pas de solidarité, avec personne. Quand ils veulent doubler, ils le font, même s'ils bloquent tout le monde. Mais quand ils ont un problème, ils forcent tout le monde à la solidarité. Je n'oublierai jamais cette 'solidarité forcée' : avec mon mari, on était 'prisonniers' de cette solidarité pendant des heures."

"Nous savons bien qu'il y a des gens qui souffrent et qui ont besoin de nous. Pour eux, on devrait plutôt travailler, en ce moment, au lieu de manifester", reconnaît une autre infirmière. "Mais justement - presque tout le monde a besoin de nous, plus tôt ou plus tard. Pourquoi ils permettent donc au ministre de nous traiter comme si nous étions des employés sans la moindre responsabilité ?"

Un Monsieur dans la soixantaine observe la manifestation. "Ils ont raison," commente-t-il, "les grosses têtes pensent toujours qu'ils seraient les seuls qui comptent. Si, un jour, ils étaient obligés de faire le travail de tous ces braves gens", - avec un geste, il inclut les infirmiers et tout le monde sur la Comédie - "ils sauraient ce que signifie 'travailler pour vivre'. Mais c'est notre propre faute... on les paie trop bien. Un ministre devrait être payé selon l'importance de son travail - comme nous tous."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mardi 8 décembre 2009

Étudier à Montpellier : l'université dans le
Midi de la France

Le troisième rang dans le palmarès des villes étudiantes : Montpellier et son université

études à MontpellierCe n'est pas un secret : Montpellier est fier de sa tradition étudiante. C'est avec plaisir que les Montpelliérains citent les noms de ces hommes qui ont fait leurs études dans leur ville et dont, aujourd'hui, on se rappelle toujours : Auguste Comte, Joseph Blayac, François de la Peyronie, Paul Valéry...

Or, cet enthousiasme des "anciens" étudiants ne révèle évidemment rien sur ce que Montpellier offre à ses étudiants d'aujourd'hui. Ce plaisir de faire des études dans notre ville, persiste-t-il ?

Montpellier, quartier étudiantSi l'on fait un petit sondage auprès les étudiants, les réponses sont satisfaisantes. "Pour moi, Montpellier est la capitale de la culture. Il y a tout - théâtre, opéra, des conférences, des fêtes..." Et le plus important : "Même si on n'a pas beaucoup d'argent, on trouve toujours des occupations sympas." Selon les étudiants, personne ne reste seul à Montpellier : "Cela fait deux mois que je suis ici, mais j'ai déjà plein d'amis. Il est facile de se faire des connaissances ici, dans le Midi."

Ceci compte pour les étudiants que l'on rencontre dans les rues de la ville... Mais les autres ? Sont-ils aussi contents ? - Une étude récemment publiée par le magazine "L'étudiant" nous donne la réponse : pour les étudiants, Montpellier est troisième dans l'éventail des villes universitaires de France. Il n'y a que Toulouse et Grenoble qui la devancent.

centre de MontpellierL'étude a appliqué 38 critères différents, dont la culture, le logement, la qualité des études etc. En ce qui concerne la culture, Montpellier est clairement la première des villes de taille moyenne : aucune ville française comparable ne propose un choix culturel aussi large que Montpellier. Les étudiants interrogés parlent du quartier Saint Anne, avec ses petites rues agréables et son grand choix de restaurants et bars dont beaucoup qui sont accessibles même aux budgets restreints. Mais ils citent aussi les films - par exemple le Festival international du cinéma méditerranéen -, le festival ANIMaSUD ou les discothèques et d'autres Mecques de la musique.

Côté logement, par contre, Montpellier laisse à souhaiter. Les chambres et appartements sont rares et généralement trop chers. Ceux qui sont moins chers offrent souvent une qualité inacceptable. Si Montpellier n'est que troisième sur la liste des villes préférées des étudiants, la situation du logement y joue certainement un rôle essentiel. Il est vrai qu'il y a des appartements en dehors de la ville - mais comment y accéder si l'on n'a pas de voiture...?

Les étudiants à MontpellierMais le "rayonnement international", comme l'appelle l'étude, est excellent à Montpellier qui, dans ce point, est devenu huitième. "C'est fabuleux", s'exclame une étudiante. "Quand on se promène dans les rues, on a l'impression d'être dans un véritable Babel : on entend toutes les langues du monde..."

Toutefois, les qualités "environnement" de Montpellier n'arrivent pas à persuader les étudiants. Sous l'aspect "écolo", la ville n'atteint que le douzième rang. Lorsque, dans les rues, on pose la question si Montpellier est une ville écologique, on ne reçoit que des haussements d'épaules ou des "Je ne crois pas".

Et pourtant, Montpellier a son tram, un moyen de transport écologique et pratique en même temps. C'est la raison pour laquelle la ville est troisième en France pour les transports. C'est uniquement le comportement des conducteurs des bus qui est souvent critiqué : "Quand on traverse une rue et un bus tourne le coin, on doit courir pour sauver sa vie. Un chauffeur de bus à Montpellier ne s'arrête jamais pour si peu qu'un homme qui traverse une rue..." Et quand on court pour attraper un bus ? "Il y a des chauffeurs qui sont gentils. Mais d'autres se font un plaisir d'attendre jusqu'à ce qu'on arrive devant la porte pour la fermer à la dernière seconde."

Il est certainement vrai que les grandes industries ne sont pas situées à Montpellier - ce qui, d'ailleurs, ajoute certainement à sa qualité de vie. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas des jobs en ville : sur la liste des villes avec les meilleures possibilités de travail, Montpellier figure à la sixième place.
Photos et texte : copyright Doris Kneller