Début de l'année scolaire, début d'une nouvelle vie pour les étudiants de l'université de Montpellier

Ce sont surtout les "queues" qui les dérangent. "J'ai attendu presque deux heures pour avoir ma carte abonnement du tram", se plaint un étudiant, et sa collègue ajoute : "Tous les ans la même galère. Ils pourraient s'organiser différemment. Je sais pas... vendre les premiers abonnements déjà en juin, par exemple, pour les anciens. Comme ça, ce ne serait que les nouveaux étudiants qui feraient la queue en septembre."

Les "Montpelliérains" sont un sujet beaucoup discuté chez les étudiants, ces jours-ci. "Ils sont comment ?", demandent les récemment arrivés. "Géniaux", répondent les anciens ou "très conviviaux" ou "Montpellier est une ville très ouverte". Mais on entend aussi le contraire : "superficiels", "ils ne jugent que sur les apparences" ou "ils sont incapables d'une véritable amitié".
C'est aussi l'avis d'une étudiante qui, sans souci de discrétion, fait profiter une autre queue de sa conversation téléphonique : "Je retourne à Paris", explique-elle à son interlocuteur invisible devant les clients d'un bureau de poste plein de monde, "le plus rapidement possible. Je déteste Montpellier. Les gens ici ne soignent que les apparences." Lorsque, finalement, elle raccroche, une dame un peu plus âgée s'adresse à elle : "Êtes vous sûre de connaître bien les Montpelliérains ?" demande-t-elle d'une voix douce. "Je veux dire, obligée d'écouter votre conversation, je ne pouvais pas croire que vous tenez 'tous' les Montpelliérains pour des gens superficiels."
Si cette intervention était un essai d'améliorer l'image des Montpelliérains dans les yeux de l'étudiante, elle fut un échec. L'étudiante devient rouge de colère et crie, de nouveau au "profit" de tous les clients de la poste, que cela ne regarderait qu'elle et que la dame n'aurait pas eu le droit d'écouter sa conversation...
En attendant, les "queues" - et avec elles le stress et la tension - sont partout. "Je ne sais pas, comment je vais me débrouiller", angoisse une débutante d'université la veille de sa première journée de cours. Elle connaît à peine Montpellier, tout lui semble "étrange", elle a du mal à s'orienter. "Mon premier cours commence à dix heures, mon deuxième à 14 heures. Il faut que j'y aille, sinon je risque de rater des choses importantes de le début", s'inquiète-t-elle. "Mais en même temps, c'est-à-dire à 14 heures, je dois récupérer ma clé de chambre à la cité U et me procurer ma carte de transport, puis je dois m'occuper de mon assurance, de la CAF..."
Toutefois, la vie des débutants de l'université ne consiste pas seulement en stress. Dans la rue de la Loge, trois étudiantes discutent de l'offre culturelle de Montpellier. L'une parle des Estivales sur l'Esplanade Charles de Gaulle. Elle explique aux autres, apparemment des "nouvelles" qui ne connaissent pas encore la ville, qu'à Montpellier, "on peut faire la fête tous les jours. Les gens ici aiment rire. Et ils sont très ouverts, c'est très facile de trouver de la compagnie."

L'idée de la "nouvelle vie" tient une place importante dans l'esprit des étudiants débutants. "J'aime bien mes parents", déclare un étudiant qui, lui aussi, fait la queue dans les locaux de la Tam. "Mais il fait du bien de les savoir loin pour un bout de temps." Et : "C'est maintenant que la vie commence", sourit un autre étudiant. Son sourire paraît heureux, mais aussi un peu anxieux. "On verra", ajoute-t-il, "ce que Montpellier aura à nous proposer..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire