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dimanche 9 octobre 2011

Hélène Mandroux et les nouveaux Montpelliérains

Conseil municipal, tram, la Paillade et George Frêche : la ville accueille 3000 nouveaux habitants

Hélène Mandroux, maire de MontpellierDe nouveau, la mairie de Montpellier a pu accueillir environ 3000 "nouveaux Montpelliérains" : des gens arrivés à Montpellier au cours des derniers douze mois, avec de nouvelles idées et de nouveaux espoirs. La réception, présidée par le maire de Montpellier Hélène Mandroux, avait pour objectif de donner aux "nouveaux" l'impression d'être les bienvenus. Mais ils ont aussi pris connaissance des réalisations urbaines de la ville et, bien sûr, de son esprit de biodiversité.

Hélène Mandroux insistait à présenter elle-même la plupart des conseillers municipaux - tant que, quelques exceptions à part, ils ne faisaient pas partie de l'opposition -, de mentionner l'origine de ceux qui ne sont pas nés en France et de parler de leurs commissions et délégations.

Le conseil municipal de MontpellierAu cours de son discours, le maire de Montpellier a également évoqué la question souvent posée, pour quelle raison elle change assez souvent les responsables des commissions. Pour se faire comprendre, elle a comparé le travail des conseillers municipaux à sa propre carrière de médecin : anesthésiste-réanimateur à la clinique du Parc à Castelnau-le-Lez, elle était souvent appelée aux urgences - ce qui, comme elle a expliqué aux nouveaux Montpelliérains, était de plus en plus difficile à gérer vu qu'elle avait "quatre hommes à la maison". Elle a donc changé de carrière et est devenue médecin généraliste à la Paillade de Montpellier.

Cette expérience l'a fait comprendre que les généralistes sont souvent plus proches de la réalité que les spécialistes. C'est pourquoi elle préfère avoir une équipe composée de "généralistes", de personnes qui ne sont pas spécialisées dans une seule matière mais qui connaissent toutes les activités gérées par un conseil municipal - être responsable du sport n'empêche personne d'être plus tard à la culture...

En mentionnant la Paillade, Hélène Mandroux s'est référée à François Delmas qui, dans les années 60, a créé le quartier pour faire face à l'arrivée massive des "pieds noirs" et à George Frêche qui, jugeant le nom de la Paillade trop chargé de mauvaise réputation, l'a rebaptisée le quartier de la Mosson.

Ce n'était évidemment pas la seule occasion où le maire de Montpellier a parlé de George Frêche, son prédécesseur avec les propos beaucoup discutés, qui a été adoré ou détesté, mais qui, de toute manière, a incendié les esprits à Montpellier, à la région et largement en-dehors de ses frontières. Pendant la présentation des conseillers municipaux, Hélène Mandroux se souvenait souvent de l'époque à laquelle elle faisait équipe avec George Frêche.

Un autre sujet "très important" pour le maire de Montpellier a été le tram. Elle a avoué d'avoir mal à supporter les travaux sur la ligne 3, mais comme les Montpelliérains profiteraient finalement des aménagements, elle garderait la patience - et elle remerciait tous les Montpelliérains qui, comme elle, souffriraient sans perdre l'espoir...

Montpellier et les nouveaux MontpelliérainsLe buffet servi avec une heure de retard a été pris en assaut par les nouveaux Montpelliérains entre-temps affamés. "Maintenant, j'ai vécu le pire de Montpellier", rigole une étudiante arrivée il y a deux semaines, "se bagarrer au buffet pour avoir quelque chose à manger, pire n'est plus possible..."

Toutefois, elle est contente d'être venue à Montpellier. Ses cours lui plaisent, et : "Au début, j'ai eu peur de me sentir seule. Je ne connaissais personne ici, et j'avais peur que ma famille me manque." Heureusement, la peur était vaine. "J'ai me suis déjà fait plein d'amis."

Un couple âgé évoque surtout la qualité des soins médicaux à Montpellier. "On habitait pas loin de Montpellier. Mais c'était la campagne. Et quand vous tombez malade à la campagne, c'est l'horreur. À Montpellier, on a tout ce qu'il nous faut - les médecins, les infirmières, les pharmacies, les cliniques..."

Deux dames de quelques 70 ans étaient du même avis. "Je suis toute seule dans la vie", raconte l'une, "j'ai besoin de la proximité des médecins." Et son amie ajoute : "En plus, je connais déjà un peu Montpellier, car j'ai de la famille ici."

Un Monsieur d'à peu près le même âge n'a pas de famille à Montpellier, mais il y a passé des vacances dont il aime se souvenir. "Quand ma femme est morte", raconte-t-il, "j'avais besoin de changer." Et il conclut : "J'ai choisi Montpellier, parce que je l'aimais bien, et ma femme aussi."

Une dame d'une trentaine d'années qui, après quelques expériences professionnelles, a décidé de reprendre des études est venue à Montpellier parce que c'était ici que son dossier a été accepté. "Je suis arrivé en août", confie-t-elle à l'équipe de Montpellier Presse Online, "et je ne sais encore rien de Montpellier. Je crois qu'il est assez difficile de trouver des amis ici. Mais je continue à chercher."

Un étudiant fraîchement arrivé du Cameroun est amoureux des espaces verts à Montpellier et des efforts que la ville consacre à la biodiversité. "Chez nous, c'est le contraire. On détruit tous les espaces verts dans les villes pour faire place aux immeubles." Il restera deux ans en France pour finir ses études, mais ensuite, "je retournerai immédiatement au Cameroun. J'ai hâte d'y retourner. Pas que je n'aime pas être ici, j'aime beaucoup la vie montpelliéraine. Mais je veux que mes compatriotes puissent profiter de ce que j'aurai appris. Je m'investirai dans la création d'espaces verts dans nos villes."

En attendant, sa famille lui manque. "J'aimerais bien rentrer pour les vacances de Noël, mais je n'ai pas les moyens. Je dois attendre l'été prochain." Toutefois, il se console : "Ce qui est bien : j'aurai l'occasion de vivre un vrai Noël européen. Je pense que ça sera merveilleux."
Photos et texte : copyright Doris Kneller


vendredi 11 décembre 2009

Le Polygone de Montpellier : la croissance époustouflante d'une ville au Midi de la France

Un centre commercial qui fait histoire : Montpellier et son Polygone

Montpellier, PolygoneQui dit Noël dit aussi commerce. Et qui dit commerce, à Montpellier, pense, entre autres, au Polygone. Mais combien de Montpelliérains savent que le nom de leur Polygone actuel n'est pas une invention des maires récents qui, comme tout le monde le sait, ont toujours adoré l'ambiance grecque ? Si le nom du Polygone a donné à George Frêche l'idée de créer un "Antigone" et si, à Montpellier, on a maintenant un parking "Circé" (qui ne connaîtrait pas la fameuse magicienne de la mythologie grecque ?), il est, malgré tout, plus ancien que le centre commercial lui-même.

Il n'y a que quelque mois, on l'aurait certainement encore traité en "plus grand centre commercial de la région". Or, avec l'ouverture de l'Odysseum, il a perdu une partie de sa magie. Mais les commerçants ne baissent pas les bras. "Je suis sûr que le Polygone restera le centre commercial le plus important de Montpellier", prévoit un visiteur. "Odysseum ou non - les gens ne changent pas leurs habitudes."

Noël à MontpellierPour le moment, personne ne sait si ses prédictions se réaliseront. François Delmas, prédécesseur de George Frêche à la mairie de Montpellier, de toute manière, ne pensait certainement pas que "son" centre commercial aurait jamais de concurrence.

Lorsque, en 1977, François Delmas décida d'élargir le centre ville en construisant à la place du stade du Parc-à-Ballons ce qui, à l'époque, était un des plus grands centres commerciaux en France, il voyait disparaître les dernières traces d'un ancien champ militaire qui, il n'y a pas si longtemps, occupait encore l'espace du Polygone actuel. Toutefois, bien que les restes d'un champ militaire n'avaient plus la place dans sa ville moderne, il en garda le souvenir - car ce champ se nommait… le Polygone.

Mais, comme George Frêche plus tard qui continuait l'œuvre que son prédécesseur avait entamée, François Delmas voyait plus grand. En même temps que le Polygone, il a fait construire les premiers parkings souterrains de Montpellier. L'Esplanade s'est transformée en espace vert, prêt à accueillir les fêtes d'été, les marchés et les canards qui, toujours, se prélassent sur le petit point d'eau du Jardin du Champ de Mars (un autre souvenir de l'ancien champ militaire). La Paillade est devenue zone à urbaniser et, avec IBM, les premières sociétés internationales se sont installées à Montpellier.

Le Polygone ne fut donc qu'un début dont l'inauguration annonça une croissance qui s'est poursuivie avec une vitesse époustouflante - au point que, aujourd'hui, Anne, artiste-peintre à Londres, ne reconnaît plus sa ville natale : "Lorsque j'ai quitté Montpellier il y a 30 ans, c'était encore une petite ville où tout le monde connaissait tout le monde. On était entre nous, le monde restait dehors. Maintenant, les nations se réunissent à Montpellier, et je me perds dans ma propre ville. Tout est devenu si grand..."

Centre commercial à MontpellierDe toute manière, "Odysseum ou non", comme l'exprime ce visiteur du Polygone, le plus grand espace commercial du centre ville n'a pas encore dit son dernier mot. Face à la modernité de l'Odysseum, il fait peut-être déjà partie de l'histoire de Montpellier, mais il est toujours bien vivant. Dans ces jours avant Noël, il attire les clients avec des offres spéciales à tous les niveaux. Le niveau de base est rénové, la porte d'entrée modernisée. Les nouvelles couleurs sont censées plaire aux femmes - car, n'oublions pas, comme suggère la publicité, quelque 70 pour cent des boutiques sont consacrées à la mode. Tout, comme promet le gérant des lieux, sera plus "aéré" - surtout au moment où la mairie déménagera à Port Marianne et le Polygone pourra occuper son espace.

Mais la modernisation, l'espace plus aéré, les couleurs qui plaisent aux femmes - cela n'est pas tout. Le Polygone misera aussi sur une nouvelle clientèle, la "grande", les riches de la ville : déjà un parking VIP de 2000 places est aménagé, plus proche des boutiques et, évidemment, plus cher que le parking "normal". Son but ? La sécurité des beaux véhicules qui, surtout, ne doivent subir aucun dommage pendant que leurs propriétaires font leurs cours dans le centre.

"Ce que je pense du parking VIP ?" répète un homme qui, selon son explication, ne possède pas "de voiture digne à être accueillie sur le parking VIP", mais qui "bien que je sois peut-être pas la clientèle dont rêvent les responsable du Polygone", y fait ses cours. "Ce que j'en pense ? Je vais vous le dire. Je pense que, tout gentiment, ils veulent nous suggérer que les voitures des petits gens comme nous ne seront plus en sécurité. Et qu'on prenne sa voiture pour se faire voler ailleurs…"

Sans doute, l'idée du parking VIP n'est pas bien accueillie par tout le monde. Toutefois, si elle aide à faire survivre l'œuvre de François Delmas et à conserver les commerces du centre ville, les Montpelliérains seront contents.
Photos et texte : copyright Doris Kneller