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dimanche 4 mars 2012

Montpellier menacé par la sécheresse

Les restrictions d'eau prévues à Montpellier et le désespoir des agriculteurs

L'eau à MontpellierCertes, lorsqu'on est en ville, la vie est moins amusante quand il pleut. Toutefois, la ville n'est pas isolée de ses environs, et ces environs ont besoin d'eau. L'équipe de Montpellier Presse Online a voulu savoir si les Montpelliérains, grands amateurs du soleil, sont conscients du manque d'eau en ce début d'année.

"Si je trouve qu'il devrait pleuvoir un peu plus ?" La dame sourit. "Bien sûr que non. Je suis ici pour le soleil - de la pluie, j'en avait assez chez moi." La jeune femme raconte qu'elle vient de la Normandie. "C'est fantastique", s'extasie-t-elle et embrasse la Comédie d'un grand geste de bras, "on est toujours en hiver et tout le monde se prélasse sur les terrasses."

De son point de vue, la "nouvelle Montpelliéraine" a certainement raison. Mais pas tout le monde partage son opinion. Les agriculteurs autour de Montpellier et même les amateurs des jardins commencent à désespérer. "Ça fait déjà quatre ans qu'on n'a pas assez d'eau", se plaint un Monsieur qui aime passer son temps dans son jardin dans le quartier Croix d'Argent. Il ajoute que le problème ne le concerne pas vraiment, vu qu'il n'a "que de jolies fleurs" dans son jardin. "Mais ceux qui cultivent des légumes et les agriculteurs ont de plus en plus des problèmes."

Les agriculteurs s'inquiètent effectivement, et les responsables commencent à réfléchir sur des restrictions d'eau pour tout le monde. La préfecture parle de très faibles cumuls pluviométriques pour cet hiver - juste 10 mm entre décembre et février, contre 170 mm dans les années "moyennes" et au moins 30 mm dans les hivers qualifiés comme "très secs" - un phénomène qui n'a plus eu lieu depuis 139 ans.

Montpellier et ses plagesTandis que les fleuves et rivières de l'Hérault montrent des débits extrêmement bas pour la saison, on craint pour le niveau des eaux souterraines. Déjà, Montpellier n'a pas été construit dans une zone qui, même les années les plus abondantes, déborde de l'eau - c'est pourquoi, au 18e siècle, le viaduc entre Montpellier et Saint-Clément-de-Rivière a été construit.

Ce qui, à l'époque, frôlait le prodige et suffisait à résoudre plus ou moins tous les problèmes d'eau n'a plus rien à voir avec les besoins d'aujourd'hui. "Si j'étais d'accord de restreindre la quantité d'eau que j'utilise ?" répète une dame dans la quarantaine la question de l'équipe de Montpellier Presse Online. "Certainement pas. Car ça signifierait que je n'aurais plus le droit de prendre mes douches. Ou de faire la vaisselle, ou de laver mon linge. Je pense que ces choses font partie des droits de base, aujourd'hui, n'est-ce pas ?"

Un Monsieur dans la cinquantaine pense qu'il ne vaut pas la peine de parler de l'eau utilisée à titre personnel. "Les quantités d'eau dont les gens ont besoin pour leur consommation sont ridicules comparées à la consommation de l'industrie. Où dans le secteur public. Avez-vous une idée combien d'eau est utilisée par les jardiniers de la ville de Montpellier ? Juste pour arroser les espaces verts, les petits jardins de quartier, les carrefours ? Il n'y a même pas assez d'eau pour le Jardin des Plantes - vous l'avez déjà vu en été ? Souvent, il est tout sec..."

Une Montpelliéraine un peu plus jeune que le Monsieur lui donne raison. "On gaspille trop d'eau", constate-t-elle. "En Espagne, par exemple, il est interdit de laver sa voiture en été. À quoi ça rime, laver sa voiture tandis que les agriculteurs ne savent pas comment sauver leur récolte ?"

Montpellier et la sécheresseJardin ou agriculture, tout ce qui vit de l'eau sera en danger cette année. La préfecture conseille aux particuliers qui aiment les plantes ainsi qu'aux jardins publics ou aux agriculteurs de se préparer à une année de sécheresse extrême. Certains problèmes pourraient être résolus par le choix d'essences qui ont besoin de moins d'eau... Toutefois : "Bonne idée", commente un jeune agriculteur, "pour l'ornement, on peut privilégier les plantes grasses. Elles sont chez elles ici dans la Méditerranée et le manque d'eau ne les dérange pas. Mais pour les agriculteurs, c'est déjà plus difficile : il n'y a pas de légumes qui n'auraient pas besoin d'eau. Pareil pour les fruitiers qui, dans un certain stade, dépendent de l'eau. Et même s'il y avait des essences moins gourmandes en eau - on ne peut pas tout arracher et replanter du jour au lendemain. La gestion de l'eau, c'est une affaire à très long terme."

Serait-il temps de s'avouer vaincu par la nature ? "Les gens n'arrivent pas à comprendre", déclare un Monsieur dans la quarantaine, "que la vie proche de la Méditerranée n'est pas une vie en Normandie. Il faudrait vivre différemment. On accepte la différence quand il est question de se faire bronzer à la plage en plein mois de février. Mais notre climat n'a pas que des avantages. Il faut accepter qu'en été, la nature soit sèche. Et il faut accepter que nous ne puissions pas avoir une flore du Midi et du Nord en même temps. Celui qui veut des pelouses vertes dans son jardin se trompe du paysage."

L'angoisse des agriculteurs ne se restreint pas à l'arrosage des plantes : "Les bêtes ont besoin de l'eau", constate un agriculteur. "L'état aurait peut-être dû interdire l'élevage des bêtes dans le Midi il y a longtemps, ça aurait été plus intelligent. Mais maintenant, il est trop tard, les bêtes sont là et elles réclament leur eau..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mardi 8 décembre 2009

Étudier à Montpellier : l'université dans le
Midi de la France

Le troisième rang dans le palmarès des villes étudiantes : Montpellier et son université

études à MontpellierCe n'est pas un secret : Montpellier est fier de sa tradition étudiante. C'est avec plaisir que les Montpelliérains citent les noms de ces hommes qui ont fait leurs études dans leur ville et dont, aujourd'hui, on se rappelle toujours : Auguste Comte, Joseph Blayac, François de la Peyronie, Paul Valéry...

Or, cet enthousiasme des "anciens" étudiants ne révèle évidemment rien sur ce que Montpellier offre à ses étudiants d'aujourd'hui. Ce plaisir de faire des études dans notre ville, persiste-t-il ?

Montpellier, quartier étudiantSi l'on fait un petit sondage auprès les étudiants, les réponses sont satisfaisantes. "Pour moi, Montpellier est la capitale de la culture. Il y a tout - théâtre, opéra, des conférences, des fêtes..." Et le plus important : "Même si on n'a pas beaucoup d'argent, on trouve toujours des occupations sympas." Selon les étudiants, personne ne reste seul à Montpellier : "Cela fait deux mois que je suis ici, mais j'ai déjà plein d'amis. Il est facile de se faire des connaissances ici, dans le Midi."

Ceci compte pour les étudiants que l'on rencontre dans les rues de la ville... Mais les autres ? Sont-ils aussi contents ? - Une étude récemment publiée par le magazine "L'étudiant" nous donne la réponse : pour les étudiants, Montpellier est troisième dans l'éventail des villes universitaires de France. Il n'y a que Toulouse et Grenoble qui la devancent.

centre de MontpellierL'étude a appliqué 38 critères différents, dont la culture, le logement, la qualité des études etc. En ce qui concerne la culture, Montpellier est clairement la première des villes de taille moyenne : aucune ville française comparable ne propose un choix culturel aussi large que Montpellier. Les étudiants interrogés parlent du quartier Saint Anne, avec ses petites rues agréables et son grand choix de restaurants et bars dont beaucoup qui sont accessibles même aux budgets restreints. Mais ils citent aussi les films - par exemple le Festival international du cinéma méditerranéen -, le festival ANIMaSUD ou les discothèques et d'autres Mecques de la musique.

Côté logement, par contre, Montpellier laisse à souhaiter. Les chambres et appartements sont rares et généralement trop chers. Ceux qui sont moins chers offrent souvent une qualité inacceptable. Si Montpellier n'est que troisième sur la liste des villes préférées des étudiants, la situation du logement y joue certainement un rôle essentiel. Il est vrai qu'il y a des appartements en dehors de la ville - mais comment y accéder si l'on n'a pas de voiture...?

Les étudiants à MontpellierMais le "rayonnement international", comme l'appelle l'étude, est excellent à Montpellier qui, dans ce point, est devenu huitième. "C'est fabuleux", s'exclame une étudiante. "Quand on se promène dans les rues, on a l'impression d'être dans un véritable Babel : on entend toutes les langues du monde..."

Toutefois, les qualités "environnement" de Montpellier n'arrivent pas à persuader les étudiants. Sous l'aspect "écolo", la ville n'atteint que le douzième rang. Lorsque, dans les rues, on pose la question si Montpellier est une ville écologique, on ne reçoit que des haussements d'épaules ou des "Je ne crois pas".

Et pourtant, Montpellier a son tram, un moyen de transport écologique et pratique en même temps. C'est la raison pour laquelle la ville est troisième en France pour les transports. C'est uniquement le comportement des conducteurs des bus qui est souvent critiqué : "Quand on traverse une rue et un bus tourne le coin, on doit courir pour sauver sa vie. Un chauffeur de bus à Montpellier ne s'arrête jamais pour si peu qu'un homme qui traverse une rue..." Et quand on court pour attraper un bus ? "Il y a des chauffeurs qui sont gentils. Mais d'autres se font un plaisir d'attendre jusqu'à ce qu'on arrive devant la porte pour la fermer à la dernière seconde."

Il est certainement vrai que les grandes industries ne sont pas situées à Montpellier - ce qui, d'ailleurs, ajoute certainement à sa qualité de vie. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas des jobs en ville : sur la liste des villes avec les meilleures possibilités de travail, Montpellier figure à la sixième place.
Photos et texte : copyright Doris Kneller