mardi 14 juin 2011

Montpellier TangOSud, Festival de Tango argentin

Tango à Montpellier : Montpellier Tango Club

Montpellier TangOSud, Festival de Tango argentin"On poussera les chaises et on dansera." - Danser, c'est l'objectif du dixième Festival de Tango argentin, Montpellier TangOSud. Danser, c'est l'objectif de tous les Tangueras et Tangueros, de ces accros du Tango qui, comme peu d'autres danses, exprime l'histoire de l'humanité, les sentiments, la passion.

"Avec le Tango, tu n'as qu'à deux possibilités", explique un des danseurs qui profite des Apéros Tango du festival "Montpellier TangOSud" pour faire ce qu'il aime le plus : danser le Tango. "Ça te dit rien, alors tu t'arrêtes très vite. Ou ça te prend et tu ne peux plus t'en passer. Pour moi, c'est devenu une passion."

"Ce qui est le Tango ?" répète un autre danseur la question de l'équipe de Montpellier Presse Online. "Le Tango, c'est l'histoire de l'amour et de la haine. C'est le bonheur et la tristesse. C'est la joie et les larmes." Et un autre Tanguero ajoute : "Le Tango n'est pas une danse, mais une manière de faire l'amour."

Pendant le Festival "Montpellier TangOSud", le Tango se danse un peu partout à Montpellier - au Triangle, sur L'Esplanade, au parvis du Musée Fabre... "Le Tango n'est pas une danse qui a besoin de se cacher dans les salons", commente une Tanguera qui a "rencontré" le Tango il y a quatre ans et, entre-temps, est devenue passionnée. "C'est une danse du Sud dansée, au début, par les esclaves et les pauvres. Chacun peut participer, peu importe s'il est débutant ou avancé. Des notions comme 'honte' ou 'je ne danse pas assez bien' n'existent pas parmi les Tangueros."

Carlos Juan Caseres à TangOSud, MontpellierUne danse populaire, selon les accros, une expression de l'amour et de la joie de vivre, mais aussi de la tristesse et des épreuves douloureuses. Toutefois, pas tout le monde pense que le Tango serait une danse "démocratisée".

"Non, je ne peux pas imaginer de danser le Tango", répond une jeune femme assise sur les marches du Triangle, au-dessus des danseurs de Tango, à l'équipe de Montpellier Presse Online. "C'est trop compliqué pour moi." Elle fait allusion aux pivotes et fioritures, ces mouvements des jambes des Tangueras, et parfois aussi des Tangueros, qui expriment le doute, la révolte ou l'amour pour le partenaire qui, pour un "non initié", ont l'air si élégantes et compliquées. "Pour ce genre de danse, il faut avoir assez de l'argent", continue-t-elle, "pour payer des cours et des entrées aux balles."

Ce qu'elle observe en ce moment - un des Apéros Tango du festival TangOSud sur la terrasse du café "Bermudas Clafoutis" - contredit à ses mots. Des professeurs de danse donnent des initiations gratuites, assez pour pouvoir s'aventurer sur la piste du Tango, sentir son rythme et, peut-être, devenir accro. L'entrée est libre, et les serveurs du "Bermudas Clafoutis" demandent gentiment si les danseurs (et les observateurs qui "osent" s'approcher un peu plus) ont envie de prendre un verre. Ils acceptent un "non" sans perdre leur sourire, et personne n'est obligé de dépenser son argent.

"Pour danser le Tango", explique aussi Alejandro Figueroa, professeur du Tango qui a laissé son école réputée à Barcelone pour suivre son amour à Montpellier, "il ne faut que sentir le rythme. Une heure suffit pour comprendre les bases, et personne ne demande qu'on livre un grand spectacle sur la piste de danse. On danse le Tango pour avoir du plaisir." On ne devrait pas non plus se laisser tromper par les figures sophistiquées du Tango qu'on voit dans les films ou pendant les démonstrations. "Le Tango, c'est avant tout la marche." Homme et femme marchent ensemble, ils se tiennent embrassées et bougent en harmonie.

Montpellier TangOSud, Javier EstrellaPour la dixième fois, le festival "Montpellier TangOSud" a été organisé par Tang'Hérault Montpellier. Ghislaine Cossu-Séguret, la présidente de l'association, et son mari sont partout, les jours du festival, où on danse le Tango. Ils donnent des cours d'initialisation aux débutants, ils s'occupent du bon déroulement du Festival, et ils présentent les spectacles - par exemple celui de "Tango Negro... Su Historia" de Carlos Juan Caseres et Javier Estrella qui, sans doute, était le moment le plus fort d'un festival réussi.

Dans son spectacle, Carlos Juan Caseres donnait un aperçu de l'histoire du Tango - ses origines en Afrique, à l'époque où la musique et la danse étaient la seule expression possible du désir de liberté des esclaves, la rencontre des rythmes africains avec la Milonga, le Ragtime et le Jazz de New Orleans, la guerre dans la deuxième moitié du 19e siècle et la complainte des Gauchos, l'influence de la migration et du folklore italiens...

...et le public écoutait sans perdre un mot - et sans perdre un son. Car Carlos Juan Caseres ne parlait pas seulement de l'histoire du Tango, il l'illustrait aussi à l'aide de son piano, de sa voix et par les instruments de percussion de Javier Estrella. Lorsque Carlos Juan Caseres a touché son instrument, les auditeurs n'avaient pas l'impression qu'il "jouait au piano", mais que les deux, l'homme et l'instrument, ne faisait qu'un. "Carlos Juan Caseres ne fait pas de la musique", pouvait-on entendre dans le public, "mais il l'enchante. Un vrai magicien." et "Il danse pendant qu'il joue." Magique, aussi, la percussion de Javier Estrella. Pendant son solo, le public est littéralement resté figé - pour éclater dans un immense applaudissement au moment où le silence après le dernier son avait rompu le charme.

Mais la soirée n'était pas terminée après les bis que les deux musiciens donnaient à l'insistance du public. Le spectacle-conférence était suivi de ce que le programme appelait modestement une "démonstration" de Tango. Silvina Lerino et Jesus Pietropaulo dansaient une histoire de tristesse, d'amour et de joie. "Chacun de leurs pas et de leurs gestes inclut tout un chapitre d'un roman d'amour", a commenté une dame dans le public, et elle a ajouté : "Le Tango exprime tous les sentiments humains." Et une autre dame déclare : "Je veux apprendre le Tango."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

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