jeudi 30 juin 2011

Stéphane Taponier et Hervé Ghesquiere sont libres : Montpellier en fête

Le Club de la Presse de Montpellier invite les Montpelliérains à fêter la libération des otages d'Afghanistan : micro-trottoir

La libération de Stéphane Taponier et Hervé GhesquiereLundi à 9 heures, le grand moment sera arrivé : la banderole qui, depuis 18 mois - exactement 547 jours -, est accrochée à la façade de l'opéra-comédie sera enfin enlevée. Sur le fronton de l'hôtel de ville de Montpellier, on peut déjà lire : Hervé et Stéphane, Enfin libres !

"Vous voulez savoir qui est Hervé Ghesquiere ?" réagit une dame dans la cinquantième qui attend le tram sur la place de la Comédie à la question de l'équipe de Montpellier Presse Online. "Mais tout le monde les connaît. Regardez là, sur l'opéra", et elle indique la banderole, toujours accrochée, qui exige la libération des deux journalistes. Une dame un peu plus jeune est prête à donner des détails. "C'est les deux journalistes français qui ont été retenus comme otages en Afghanistan. Je crois", ajoute-t-elle, "qu'ils ont récemment été libérés, n'est-ce pas ?"

Pas tout le monde est déjà informé de la libération des journalistes. Quelques-unes des personnes interrogées au centre de Montpellier ne connaissent même pas les noms de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquiere - "ça me dit quelque chose", explique une dame d'une vingtaine d'années, "mais je ne me rappelle plus. Des chanteurs des années 60, peut-être ?" - et plusieurs de ceux qui savent que les deux journalistes ont été victimes d'un enlèvement en Afghanistan ne sont pas encore au courant de leur libération.

Un concert pour Stéphane Taponier et Hervé Ghesquier"Pensez vous que la libération de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquiere est en relation avec la mort de Ben Laden ?" est la prochaine question posée par l'équipe de Montpellier Presse Online. Un Monsieur dans la cinquantaine hausse les épaules. "Je ne crois pas qu'un terroriste s'intéresse à ce que devient l'autre", répond-il finalement. "Ils ont tous leurs propres idées farfelues."

"C'est fort possible", répond au contraire une dame dans la trentaine. "Mais on ne peut pas le savoir. Peut-être Ben Laden était dans le coup et maintenant, il n'y a plus personne qui a intérêt à garder les journalistes français. Ou sa mort aurait fait peur aux autres..."

Un Monsieur dans la quarantaine y a déjà réfléchi. "Peut-être, oui, il y a certainement une relation", soutient-il. "Mais n'oublions pas la situation politique dans les pays arabes. En ce moment, ils ont d'autres soucis que s'occuper des otages français."

Une dame également dans la quarantaine évoque l'annonce du retrait des troupes françaises d'Afghanistan. "C'est ce que j'ai entendu à la radio", raconte-t-elle. "Ils ont dit, grosso modo, que les terroristes ont exigé le retrait des Français. Et maintenant, ils ont eu ce qu'ils voulaient."

Des ballons pour Stéphane Taponier et Hervé GhesquiereUn Monsieur d'une trentaine d'années déclare qu'il était toujours contre les troupes françaises en Afghanistan. "Nous avons d'autres problèmes que jouer à la guerre dans d'autres pays. Les sommes que ces troupes nous ont coûtées auraient mieux été investies dans la création d'emplois. En plus", poursuit-il, "personne n'a le droit de se mêler des affaires des autres. Et le militaire encore moins que les autres."

Un Monsieur dans la soixantaine est également bien informé. "J'ai entendu que le gouvernement d'Afghanistan aurait libéré des terroristes. À la demande de notre président." Et il ajoute : "Un de mes collègues a lu que la France aurait payé la rançon exigée par les terroristes."

"Il est vrai que plusieurs organes de presse ont rapporté que Stéphane Taponier et Hervé Ghesquiere se sont considérés comme des 'tirelires'", se rappelle aussi une dame dans la quarantaine. "Mais je ne crois pas que notre gouvernement ait payé une rançon. Réfléchissez un peu - si on commence à payer ce que veulent les Talibans, ils vont prendre d'autres otages et exiger encore plus de sous. Les citoyens français deviendraient alors une source sûre d'argent pour eux."

"Oui, dans un tel cas, il faut payer", déclare une autre dame d'à peu près le même âge. "Ce n'est pas l'argent qui compte, mais les vies humaines. Imaginez que vos frères ou vos fils seraient dans une telle situation. Penseriez-vous à l'argent ?"

Une dame d'une soixantaine d'années ne s'intéresse pas aux réflexions sur les raisons de la libération. "Le principal est qu'ils sont libres, n'est-ce pas ?", dit-elle. Mais le jeune homme qui l'accompagne n'est pas de son avis. "Si on n'analyse pas la situation, on sera confronté au même problème, toujours de nouveau. Il est nécessaire de comprendre. Et", ajoute-t-il, "non seulement les hommes au pouvoir doivent comprendre mais aussi - et surtout - nous."

"Si je viens à la fête le lundi ? Je ne sais pas, je ne savais pas qu'il y aura une fête. Peut-être, si j'ai le temps", décide une dame dans la quarantaine. Et un Monsieur un peu plus âgé qui, lui non plus, n'a pas encore entendu parler de la "fête de décrochage" de la banderole : "Quelle bonne idée. J'espère que les deux journalistes seront présents."

Une dame d'une vingtaine d'années aime bien l'idée de faire la fête. "Fêter la libération des journalistes, oui", explique-t-elle. "Mais je ne trouve pas juste de parler exclusivement des deux Français. J'ai entendu que leurs trois accompagnateurs ont été libérés eux aussi. Pourquoi ne pas fêter leur libération en même temps ?

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Photos et texte : copyright Doris Kneller

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