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dimanche 13 décembre 2009

Rassemblement sur la Comédie : Montpellier manifeste pour le climat

Dernier défilé des écologistes à Montpellier avant la fin du sommet à Copenhague

Rappeler encore une fois aux dirigeants ce que les peuples attendent d'eux - ceci était l'objectif du dernier défilement des associations et partis écologistes à Montpellier avant la fin du sommet de Copenhague. La date de ce défilé n'était pas choisi par hasard : elle tomba juste la veille du "grand jour de la forêt" de dimanche.

La discussion eut lieu dans l'hôtel de congrès le plus grand de Copenhague - mais l'intérêt des écologistes et curieux qui voulait y assister était si immense que l'entrée fut refusée à beaucoup de gens. Ceux qui, avant tout, attiraient tout ce monde étaient Ellinor Ostrom, la première femme à recevoir le prix Nobel en économie, et Rajendra Pachauri, prix Nobel de la paix et directeur de l' Institut de l'énergie et des ressources indiennes.

Montpellier-CopenhagueL'importance de la forêt dans le cadre d'un sommet sur le climat mondial est évidente - même l'ancien président des États-Unis, Bill Clinton, aurait dit que ce qu'ils feraient "serait important" et qu'il faudrait "continuer le travail"... - Toutefois, selon les écologistes de Montpellier, il ne suffit pas de "continuer", mais il faut être concret - et cela très rapidement. Mais ils ne pensent pas seulement au "monde", c'est-à-dire aux endroits un peu vagues, loin d'ici. "C'est dans la région même qu'il faut commencer, à Montpellier."

écologistes à MontpellierPlus ou moins tout le monde est d'accord que Montpellier est privilégié par rapport à ses transports publics. "Mais cela ne suffit pas", se fâche un membre du public "sans parti, mais particulier", "à quoi bon d'avoir deux ou trois trams à Montpellier si, ailleurs, il n'y a rien ?" Et un autre confirme : "Même à Montpellier, le tram n'est pas là pour tout le monde. Ceux qui habitent en dehors du trajet doivent toujours prendre leur voiture, surtout le soir."

Autre exigence : arrêter l'utilisation des autoroutes en faveur du développement du ferroutage. Puis, il faudrait stopper le financement des compagnies aériennes "low cost" par les collectivités. Et, bien sûr, développer les énergies renouvelables. Il fut évidemment aussi question de l'implantation de l'Agrexco dans le port de Sète : "L'Agrexco", commente une jeune femme, "c'est un crime contre l'écologie et contre la justice entre les peuples"…

Comme toujours, la manifestation partit de la place de la Comédie pour, ensuite, faire le tour du centre de Montpellier, passer par le marché de Noël et, finalement, revenir sur la place de la Comédie. On portait des masques blancs, amenait des planètes symboliques en papier et un ours en peluche qui, gentiment, demandait aux humains de lui rendre sa banquise. Lorsque, à la fin de la manifestation, on brûlait symboliquement une "planète" en papier et, en même temps, allumait des bougies, la bonne humeur se transforma en ambiance pensive. "Ouais", l'exprima un homme âgé qui se joignit au public au dernier acte de la manifestation, "encore, vous rigolez. Mais dans vingt ans, ça sera peut-être trop tard pour attendre les résultats des sommets politiques…"
Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 5 décembre 2009

Flash Mob pour Copenhague : Montpellier fait du bruit pour la planète


Trois minutes de vacarme à Montpellier pour réveiller nos dirigeants

Ils sont tous venus au "Flash Mob" : des représentants des Verts, les membres de Greenpeace avec sa horde de "pingouins mutins, réfugiés climatiques", et ceux des autres neuf associations qui ont organisé cette manifestation "haute et forte" pour l'ultimatum climatique - et, bien sûr, plein de gens qui, tout simplement, plaident pour la santé de notre planète. Les un ont crié, les autres tapé sur tout ce qu'il ont trouvé, de l'instrument de musique jusqu'à la casserole pour, comme disent les Verts "réveiller nos dirigeants et éviter de se diriger vers un accord sans substance".

Les dirigeants devraient prendre les décisions qui s'imposent pour sauver le climat et l'avenir de l'humanité, a expliqué le président de Greenpeace Montpellier lors qu'il a ouvert la manifestation. L'équipe de la mairie de Montpellier, également présente pour montrer son amour pour la planète, lui a donné raison.

Et, sans doute, il est temps de prendre les bonnes décisions. Le réchauffement climatique n'est pas une légende. Si les nations ne signent - et respectent - pas un engagement pour le stabiliser à un maximum de deux degrés, la survie des espèces, et donc de l'humain, ne sera plus assurée. Comme l'a expliqué Thierry Salomon, expert des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, lors du dernier Café vert à Montpellier, il est nécessaire de réduire les émissions CO2 de 80 pour cent - alternativement, l'effet de serre entraînerait des changements climatiques irréversibles d'ici 2050.

Déjà maintenant, 300 000 personnes meurent chaque année : des victimes de la sécheresse, des inondations ou des épidémies, c'est-à-dire des phénomènes qui sont dus au réchauffement climatique. Bien sûr, les nations de notre hémisphère peuvent être "tranquilles" car, jusqu'à maintenant, les grandes catastrophes ne se jouent que dans les pays du Sud. Or, ce calme est trompeur. Déjà, de grosses tempêtes ont dévasté des parties de la France et d'autres pays de notre zone, il pleut plus qu'avant dans les régions du Nord, et l'eau est devenue encore plus rare dans les pays de la Méditerranée.

Selon les diagnostics des scientifiques, cette tendance vers un climat extrême s'intensifiera de plus en plus. Chaque année, elle se fera un peu plus remarquer, à l'hémisphère Sud, mais aussi au Nord… si l'humanité ne fait rien. Le sommet de Copenhague donne une chance sérieuse de stopper la course contre la santé de la planète. Et c'est pourquoi Montpellier a fait du bruit...

Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 18 novembre 2009

Montpellier : un café sur les enjeux climatiques

Le climat et le sommet à Copenhague

Jean-Louis Roumégas
Le changement climatique et la question de ce que nous pouvons attendre du sommet de Copenhague‎ était le sujet d'un café de thème organisé par les Verts de la région de Montpellier. Le symbole de la manifestation : la fameuse Sirène de Copenhague qui transmet le message "Dépêchons-nous, ça chauffe". Jean-Louis Roumégas, candidat aux prochaines élections régionales, a rappelé que les urgences climatiques représenteraient les enjeux de Copenhague.


Thierry SalomonThierry Salomon, expert des énergies renouvelables ainsi que de l’efficacité énergétique, a parlé des impacts du changement climatique sur la vie quotidienne. Il faudrait prendre l'habitude de forts changements climatiques et, notamment dans des zones plutôt chaudes telles que la Méditerranée, des longues périodes de canicule. Dans son exposé très clair et compréhensible, Thierry Salomon a fait comprendre qu'il serait nécessaire de réduire les émissions CO2 de 80 pour cent - alternativement, l'effet de serre entraînerait des changements climatiques irréversibles d'ici 2050. Tout, a-t-il souligné, se jouerait dans les cinq ou six années à venir.

Christian DuprazChristian Dupraz, chercheur à l’INRA spécialisé en agroforesterie, a exposé les conséquences du réchauffement climatique sur l’agriculture locale. Comme les humains, les plantes auraient certains besoins en chaleur et froid. S'il ne ferait pas assez froid, certaines plantes comme, par exemple, le blé, ne démarreraient pas. Au-delà d'une certaine température, par contre, les plantes seraient exposées à un stress thermique. Pour d'autres plantes, telles que la vigne, les amplitudes diurnes joueraient un rôle très important.

Mais les incertitudes du réchauffement ne représenteraient pas le seul facteur qui bouleverserait les rendements agricoles. L'effet de la variation des pluies aurait également un impact sur notre vie quotidienne en général et, notamment, sur l'agriculture. Au sud, la sécheresse dominerait plus qu'auparavant tandis qu'au nord, la quantité de la pluie augmenterait - deux phénomènes qui ne seraient certainement pas favorables aux plantes.

Reste la question si le sommet de Copenhague arrivera à une régulation mondiale.
Photos et texte : copyright Doris Kneller