General Alert, la petite société qui a révolutionné la surveillance des données de l'agriculture
"Pourquoi j'aime la vie à Montpellier ?" La dame d'une cinquantaine d'années ne réfléchit pas longtemps. "Il y a beaucoup de raisons, bien sûr. L'offre culturelle, le climat. Et aussi", elle sourit, "la campagne. Si vous sortez de Montpellier, vous êtes immédiatement à la campagne."Ce qui fait le bonheur des Montpelliérains évoque plutôt l'idée de "travail" chez ceux qui habitent la campagne et exercent encore la profession d'agriculteur qui, dans le Sud de la France, est toujours bien présente : 43 800 exploitations agricoles couvrent 981.500 ha des terres du Languedoc-Roussillon. Les territoires de plusieurs villages de l'Hérault sont à 80 pour cent consacrés à l'agriculture, d'autres à 40 à 60 pour cent. Bref, la campagne autour de Montpellier est loin de n'appartenir qu'au tourisme de week-end.
Il est clair - soleil oblige - que la plupart des terres agricoles sont destinées à la vigne et au maraîchage. Mais beaucoup de fermes en France sont toujours vouées à l'économie du bétail, notamment des cochons et de la volaille. En principe, le climat du Languedoc-Roussillon convient très bien au bétail - il ne fait jamais trop froid, l'élevage en plein air est donc possible toute l'année. Le seul désavantage : le risque de sécheresse. L'agriculteur est obligé d'observer de près le flux d'eau.
Pour épargner l'eau qui est si précieuse au Sud de la France, il doit d'abord connaître exactement la quantité dont il a besoin pour calculer le flux d'eau nécessaire. L'agriculteur mesure donc, par exemple, la quantité d'eau qui est consommée par ses animaux. Parallèlement, il surveille en permanence sa tuyauterie pour découvrir une éventuelle fuite qui le ferait perdre de l'eau. Souvent, le flux d'eau dépend de la quantité qui reste dans le réservoir qui, logiquement, doit aussi être surveillée - bref, la surveillance est permanente dans l'agriculture.Or, il est impossible que le fermier surveille jour et nuit tout ce qui est en relation avec le flux d'eau. Il peut tester sa tuyauterie de temps en temps, il peut observer la quantité d'eau consommée par ses animaux, il peut vérifier le réservoir - mais son travail ne lui permet pas de s'en occuper régulièrement. Ainsi, il risque de ne découvrir que tardivement une perte d'eau ou, pire, un manque dans l'alimentation en eau des animaux.
Une petite société, General Alert, - créée par trois "accros" anglais de l'agriculture et, en même temps, de l'informatique - a trouvé un moyen de décharger l'agriculteur de la tâche de la surveillance permanente. Le boîtier que David Welch, Reg Smith et Chris Dodge ont développé, une petite merveille de la technologie de la surveillance des données de l'agriculture, est capable d'observer le flux d'eau et de transmettre à l'agriculteur toute sorte d'information en relation avec ce flux d'eau.
Déjà, il suffit de brancher une des sondes du boîtier au flux d'eau qui alimente les animaux pour connaître la quantité dont ils ont quotidiennement besoin. Si la quantité d'eau diminue, l'agriculteur sait qu'il y a une fuite dans sa tuyauterie ou que, alternativement, les animaux boivent moins ce qui peut être un premier symptôme de maladie. Au besoin, le boîtier constate d'autres fuites, par exemple au niveau de la sortie où les animaux peuvent casser des éléments réglant l'arrivée du flux d'eau. Mais il ne mesure pas seulement le flux d'eau entrant, il peut aussi avertir l'agriculteur au cas où une sortie est bouchée.Le boîtier de General Alert qui est capable de travailler avec 48 sondes différentes ne prend pas seulement en compte les flux d'eau. En même temps, il peut servir à la surveillance de la température - et en tirer des informations - par exemple de l'intérieur de l'étable, de la nourriture ou d'une couveuse. La surveillance de la température et celle du flux d'eau se font en même temps, et l'invention de General Alert s'occupe de l'exploitation des données mesurées. Une "conséquence" très importante qu'elle tire des données qu'elle rassemble est l'information qu'une situation n'est pas comme elle devrait l'être : un flux d'eau trop faible ou trop fort ou une augmentation ou baisse constatée par une sonde de surveillance de température déclenche immédiatement un alarme qui arrive au téléphone portable de l'agriculteur - où qu'il soit en ce moment.
Et ce qui est si "révolutionnaire" dans le fonctionnement du boîtier de General Alert : souvent, l'agriculteur n'a même pas besoin de se déplacer. Il peut changer le règlement du flux d'eau - par exemple à l'intérieur d'un réservoir - ou modifier le niveau de surveillance de température avec juste quelques manipulations sur son téléphone portable...
La surveillance de la température et du flux d'eau ne sert évidemment pas seulement aux fermiers qui élèvent du bétail. Elle peut aussi concerner le maraîchage, les cultures, par exemple, de melons ou de salades, qui ont besoin d'être irriguées régulièrement. Une panne dans le flux d'eau qui n'est pas découverte immédiatement peut mettre en danger la récolte d'une année entière.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

David Welch, Reg Smith et Chris Dodge, sous le nom de "General Alert", construisirent donc une unité centrale spécialisée à la surveillance des données de l'agriculture. D'abord, cet équipement de surveillance automatique fut testé en Angleterre - et les agriculteurs étaient enchantés. Puis, ce fut le tour aux professionnels de la Bretagne de faire des tests. Et maintenant, après les corrections, améliorations et l'ajout de toutes ces nouvelles idées suggérées par les expériences pratiques, General Alert lance son équipement de surveillance à Montpellier et dans ses environs. - "Pourquoi nous établissons notre base à Montpellier?" réagit David Welch à la question de l'équipe de Montpellier Presse Online. "Parce que je connais la ville depuis des années. Et je la trouve énormément sympa. Mais le Languedoc est aussi une région avec beaucoup de producteurs de melons, de pommes ou de salades qui peuvent profiter de notre équipement."
Il est vrai que, au moment où son téléphone sonne et sa serre "appelle à l'aide", il peut être loin - trop loin. Mais une fois le portable dans la main, ses possibilités sont multiples. Le système de chauffage branché à l'équipement de surveillance peut, par exemple, commander la température et résoudre le problème à distance. Ainsi, grâce à la réactivité de l'équipement de surveillance automatique, les chances que la production de l'agriculteur soit sauvée augmentent considérablement.
Le paradis commence juste quelques mètres à l'extérieur du village. Et ce ne sont pas seulement les "prades" - les "prairies" en occitan - de Prades-le-Lez qui attirent l'œil du promeneur, mais aussi la forêt et le Lez qui, imperturbable, amène son eau aux paysages baignés par le soleil du Midi.
Toutefois, les temps ont changé. Et tandis que les environs de Prades-le-Lez restent un paradis naturel, il n'y a plus beaucoup d'enfants à la recherche d'une pomme ou d'une pêche. Ils ont, tout simplement, perdu l'habitude de manger des fruits. Quelques enfants, comme souligne une enseignante pradéenne, ne savent même plus d'où viennent les fruits - ils ont tendance à les confondre avec un yaourt ou un bonbon de goût fruité.
Pourtant, si l'on dit "fruit", on ne parle pas de "fruits quelconques". Il n'est pas seulement question d'une nourriture équilibrée, mais aussi d'une agriculture adaptée aux idées de la vie saine. Ainsi, le projet s'inscrit dans le plan d'alimentation nationale qui met en valeur les produits de la saison et, tant que possible, ceux de proximité. "Tous les fruits sont acceptés. Toutefois, les enfants n'ont pas besoin de manger des fraises en décembre ou des cerises en octobre. Dans notre région, chaque saison porte assez de fruits et de légumes."
Thierry Salomon, expert des énergies renouvelables ainsi que de l’efficacité énergétique, a parlé des impacts du changement climatique sur la vie quotidienne. Il faudrait prendre l'habitude de forts changements climatiques et, notamment dans des zones plutôt chaudes telles que la Méditerranée, des longues périodes de canicule. Dans son exposé très clair et compréhensible, Thierry Salomon a fait comprendre qu'il serait nécessaire de réduire les émissions CO2 de 80 pour cent - alternativement, l'effet de serre entraînerait des changements climatiques irréversibles d'ici 2050. Tout, a-t-il souligné, se jouerait dans les cinq ou six années à venir.
Christian Dupraz, chercheur à l’INRA spécialisé en agroforesterie, a exposé les conséquences du réchauffement climatique sur l’agriculture locale. Comme les humains, les plantes auraient certains besoins en chaleur et froid. S'il ne ferait pas assez froid, certaines plantes comme, par exemple, le blé, ne démarreraient pas. Au-delà d'une certaine température, par contre, les plantes seraient exposées à un stress thermique. Pour d'autres plantes, telles que la vigne, les amplitudes diurnes joueraient un rôle très important.