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mercredi 25 février 2015

Journée gymnastique Montpellier - une idée qui circule

Les Montpelliérains ne se sentent plus en forme : une journée de la gymnastique en vue ?

Personne ne l’a dit, mais tout le monde le répète : il faut une journée de la gymnastique à Montpellier. Ou même plusieurs. « Au moins pour une journée, on devrait oublier la voiture, les bus, les trams », rêve une dame dans la quarantaine, « et aller à pied. A chaque coin de Montpellier, on devrait trouver des animateurs qui, en passant, nous font faire un peu de gymnastique : quelques génuflexion, s’étirer,… »

Selon les sondages entamés par l’équipe de Montpellier Presse Online dans les rues de la ville, trois sur cinq Montpelliérains ne se sentent pas en forme. Les salles de gymnastique à Montpellier sont plus ou moins fréquentées, c'est-à-dire un peu plus que les dernières années, mais la plupart des interrogés, peu importe leur âge, avouent de ne pas bouger assez.

« A l’époque, j’ai habité derrière la gare », raconte par exemple une dame dans la cinquantaine. « J’étais donc très près du centre de Montpellier. La plupart du temps, pour aller quelque part, ça ne valait pas la peine de prendre le tram. J’ai donc beaucoup marché, d’un côté de la ville à l’autre. Mais maintenant, j’habite à l’extérieur, et je suis toujours obligée de prendre le tram qui, en général, me dépose devant les portes des endroits où je veux aller. Je ne marche alors presque plus. »

Une autre dame, un peu plus jeune que la précédente, parle elle aussi du tram. « Pour aller au centre de Montpellier, je n’utilise jamais la voiture, faute de parkings. Généralement, je prends le tram. Mais depuis qu’il est en grève tout le temps, je préfère marcher au lieu d’attendre une demi-heure et plus. Merci le tram, il me fait bouger, merci pour ma santé. »

Un Monsieur dans la quarantaine pense que le manque d’exercice serait un phénomène typique de notre société. Selon lui, nous sommes les victimes du manque de temps et de la perfection : « Il y a toujours un moyen de locomotion pour aller du point A au point B », explique-t-il. « Le plus souvent la voiture ou, si on ne peut pas prendre la voiture, un train, un bus ou un tram. On n’a même pas l’idée d’aller à pied, vu que les moyens de locomotion sont toujours plus rapides. La rapidité est importante, de nos jours. On n’a jamais assez de temps pour choisir une solution plus lente. En plus, se servir des moyens de locomotion est si simple et commode. Qui, de nos jours, voudrait encore faire des efforts, sauf en cas de besoin réel ? »

C’est une dame d’une trentaine d’années habitant, comme elle révèle à l’équipe de Montpellier Presse Online, le « quartier le plus actif » de Montpellier, Figuerolles, qui mentionne la première l’idée d’une journée gymnastique. Malheureusement, elle ne se rappelle plus de la personne qui lui en a parlé, « mais c’était certainement sur le marché de Figuerolles. Une des filles actives dans le comité du quartier. Je ne me souviens pas où est quand la journée doit être organisée - ou si ce n’est qu’une idée vague, à l’heure qu’il est. »

Projet en voie de réalisation ou idée vague - l’idée d’une journée de gymnastique à Montpellier plaît à tout le monde. Et beaucoup de Montpelliérains ont des idées à ajouter. « On pourrait se mettre d’accord avec les trams », propose une dame dans la quarantaine, un peu ironique. « On organisera une journée gymnastique le jour d’une grève. Comme ça, on peut être sûr que tout le monde participera - car tout le monde sera obligé d’aller à pied. »

« Un après-midi de gymnastique sur l’Esplanade », suggère, plus sérieusement, une autre dame du même âge. « De préférence un samedi, pour que tout le monde puisse participer. »

« Les gens pensent », réfléchit un Monsieur d’une trentaine d’années, « qu’on s’ennuie avec la gymnastique. C’est sur ce point qu’une journée gymnastique devrait travailler : proposer plein d’exercices qui font plaisir. Bouger, ce n’est pas seulement bien pour la santé, mais fait aussi plaisir. On peut s’exercer à plusieurs, s’encourager l’un l’autre et trouver des amis. »

Une autre dame dans la quarantaine a également entendu parler de l’organisation d’une journée gymnastique : « Des amis m’ont dit qu’un tel projet sera réalisé dès que les subventions nécessaires seront accordées. Mais, » ajoute-t-elle en réponse à la question de Montpellier Presse Online, « ils ne m’ont pas dit qui s’en occupe. Peut-être le ministère des sports ? »

Pour le moment, l’idée reste alors dans le vague. A suivre…
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 31 décembre 2014

Quartiers « précaires » de Montpellier : qui veut vivre où ?

La Mosson, Figuerolles, Mas Drévon, Le Petit Bard, les environs de la gare - vivre aux quartiers populaires de Montpellier


« Ma fille m’a raconté », rapporte la dame dans la quarantaine, « que toutes ses copines d’extérieur demandent d’abord, quels sont les quartiers à éviter. » La fille de la dame qui parle à l’équipe de Montpellier Presse Online a commencé ses études à Paul Valéry en septembre dernier. La plupart de ses nouvelles copines ne sont pas de Montpellier, mais ont passé leur bac aux quatre coins de France ou à l’étranger. « Curieusement », continue la dame, « leur premier souci n’est pas les études, mais le quartier dans lequel elles cherchent un logement. »

« Bon quartier, mauvais quartier… » Les paroles du Monsieur dans la cinquantaine pourraient servir comme réponse aux jeunes étudiantes. « A Montpellier, on n’a pas de mauvais quartiers. On a beaucoup de quartiers populaires - et c’est bien comme ça. C’est une ville qui vit. Et pour vivre, il faut un peu de tout… »

Un Monsieur d’une quarantaine d’années qui vit à la Mosson depuis onze ans n’est pas de cet avis. « Je déteste ce quartier », dit-il franchement. « Quand je rentre le soir, je suis agressé souvent, verbalement, je veux dire. Parfois, je crains que la frontière entre l’agression verbale et l’agression physique ne soit pas très large. Mais ça ne compte pas pour les femmes - les femmes sont en général respectées. C’est les hommes qui sont molestés dans ce quartier. »

Que les jeunes étudiantes comprennent-elles par mauvais quartier ? « Les entourages de la gare », répond spontanément une Anglaise qui a commencé ses études à Montpellier il y a deux ans. « J’évite ce quartier, mais parfois, je suis obligée d’y passer. Et souvent, il y a des hommes, des jeunes, surtout, qui m’abordent. Je trouve ça très agressif. J’aime pas ça. »

Une Canadienne qui passe son doctorat à Montpellier n’est pas d’accord avec l’Anglaise. « J’habite à Figuerolles, j’adore ce quartier. Je connais tous les marchands du marché, tout le monde est poli et gentil. Je n’ai pas peur des gens ici - au contraire, j’ai l’impression qu’ils me protègent. Il y a toujours des gens dans la rue, on se dit bonjour, on est comme une grande famille. »

Une dame dans la cinquantaine a fait de mauvaises expériences à Mas Drévon. « On n’est sûr de rien, là-bas. Ils volent tout ce qu’ils trouvent. Un jour, ma fille a laissé un siège d’enfant dans sa voiture, juste pour quelques heures - quand elle a récupéré la voiture, le siège avait disparu. Un autre jour, j’étais dans la pharmacie. J’avais un collier qui n’était pas très cher, mais très joli. Après, je ne l’avais plus. Quelqu’un me l’a arraché. »

Mais pas tout le monde a vécu de telles expériences. « J’habite à Mas Drévon depuis huit ans », raconte une autre dame un peu plus jeune que la précédente. « Et je ne peux me plaindre de rien. Je n’ai jamais l’impression d’être en danger, même quand je rentre tard. Les gens sont aimables et respectueux. »

Une autre dame, habitante du quartier du Petit Bard parle elle aussi du respect. « Dans mon quartier, il y a beaucoup de chômeurs. Quand il fait beau, ils trainent à l’extérieur, dans les rues, devant les maisons. Mais ils ne font mal à personne, de toute façon pas à moi, et ils ne me manquent jamais de respect. »

Un Monsieur d’une quarantaine d’années pense différemment. Il habite près de l’hôpital Saint Éloi. « Normalement, je prends la voiture pour me déplacer. Mais il y a des jours où je ne peux pas faire autrement, je dois prendre le tram. C’est la ligne 1, sa fréquentation est affreuse. Vous vous croyez quelque part dans l’orient. Des femmes avec des voiles, des hommes qui portent des vêtements arabes - on n’est plus en France. Le quartier où j’habite est très correct. Mais il est situé sur la ligne de tram qui va à la Mosson, au fief des Arabes. »

Heureusement, pas tout le monde à Montpellier n’est raciste. Un autre Monsieur, à peu près du même âge, qui prend le même tram à la station Malbosc aime le tram et son « public coloré » : « Il ne vaut pas la peine de prendre la voiture quand on a à faire en ville. Le tram circule fréquemment et jusqu’à tard dans la nuit. Personnellement, je suis content de prendre la ligne 1 : on y voit toute sorte de gens, toutes les nationalités, on entend un tas de langues. Cette ligne 1 est le miroir d’une ville ouverte et internationale : la cohabitation paisible des peuples. »

Photos et texte : copyright Doris Kneller

lundi 27 février 2012

Nouveaux trams à Montpellier : les Montpelliérains, les bus et les trams

L'inauguration des nouveaux trams à Montpellier

Encore plus d'un mois à attendre, mais tout le monde en parle comme si l'événement avait déjà eu lieu : l'inauguration du tram ligne 3 à Montpellier le 7 avril 2012. Il y en a qui se réjouissent comme, par exemple, cette jeune femme qui habite Pérols : "Je vais pouvoir prendre le tram jusqu'à Montpellier. Je pense que cette possibilité m'incitera à y aller plus souvent." - Plus de soucis d'embouteillage entre Pérols et Montpellier et, surtout, plus de "chasse au parking". - Toutefois : "Dommage qu'à Pérols, le tram ne va pas jusqu'à centre ville. Comme ça, je dois marcher assez longtemps pour l'attraper. Ou prendre la voiture et la laisser à la station...."

Le nouveau tram à MontpellierRien n'est parfait. Et il est clair que le trajet de la nouvelle ligne 3 laisse pleins de jaloux et de malcontents. Par exemple parmi ceux qui avaient pris l'habitude du bus 15. "C'était si facile : on le prenait à la gare et il nous déposait plus ou moins devant la maison", raconte un habitant de Figuerolles. "En plus, le 15 roulait jusqu'à tard la nuit." Or, à partir du 7 avril, Montpellier n'aura plus de bus 15. "On sera obligé de faire un trajet d'une dizaine de minutes à pied..."

"Le trajet du nouveau tram ? Ça ne m'intéresse pas", déclare par contre un Monsieur dans la cinquantaine qui habite Saint-Jean-de-Védas. "Pour moi, la catastrophe est déjà arrivée avec le tram 2 : à l'époque, ils ont supprimé le bus que prenait mon fils pour aller à l'école. On a dit que, soi-disant, il serait remplacé par le tram. Mais ils ont oublié que le tram ne part qu'au centre ville - et nous on habite à vingt minutes à pied du centre."

Montpellier et ses trams et busLe sentiment que partagent la plupart des Montpelliérains ? La confusion. "Rien n'est clair", déclare une dame dans la trentaine qui, depuis "toujours", a l'habitude de se servir des transports en commun. "Depuis des années, on a pris l'habitude que rien ne va plus avec les bus. Quand ils avaient du retard, c'était toujours la faute aux travaux - même dans les coins où il n'y avait jamais des travaux. Les stations changeaient tout le temps, et si, une semaine, un bus partait à tel endroit, la semaine après on pouvait pas être sûr de l'y retrouver. Mais tout le temps, on se disait que tout ira mieux une fois le tram terminé. Et maintenant..."

Et maintenant, la confusion est plus grande que jamais. La ligne 15 disparaîtra, la ligne 7 prendra une partie de l'ancien trajet de la ligne 15, la ligne 6 fusionna partiellement avec la ligne 16, le nouveau trajet des lignes 8 et 12 est encore inconnu, ... "Il y a juste une chose que j'ai compris", lance un jeune homme, "il n'y aura pas plus de bus qui roulent le soir. Là, rien ne change : si on n'habite pas dans le réseau des trams, on est 'prisonnier' chez soi, après vingt heures. Sauf si on peut se payer une voiture."

D'autres Montpelliérains craignent pour leur sécurité. "Depuis que les travaux ont commencé, j'ai peur de traverser la rue de la République. Et ça va être pire maintenant", se plaint une dame dans la soixantaine. Pendant des années, les feux rouges par exemple autour des halles de Laissac avait été éliminés - de la manière que les piétons étaient obligés de courir entre les voitures ou, par un geste courageux de la main, de les arrêter, toujours en espérant qu'il n'aurait pas un conducteur qui ne l'accepterait pas.

Les nouveaux trams à MontpellierLe problème des feux rouges est résolu - plus ou moins. Par contre : "Dans ce coin, on ne sait plus qui arrive de quel côté : les bus, les voitures. Bientôt, le nouveau tram va s'y joindre. Les piétons ne sauront plus où aller."

Toutefois, cela ne signifie pas que le nouveau tram ne présenterait pas des avantages. "Cela valait bien la peine de vivre un chaos pendant quelques années. Maintenant, on n'aura presque plus besoin de la voiture pour se déplacer à Montpellier. Le nouveau tram va presque partout", explique une dame dans la quarantaine et un jeune homme ajoute : "Les jeunes ne peuvent pas se payer des voitures. On a besoin du tram. Oui, c'est très bien, le nouveau tram, ça aide énormément."

Tout le monde parle de la ligne 3 - et très peu de Montpelliérains savent qu'en même temps, la ligne 4 sera inaugurée. "Non, je n'ai aucune idée du trajet d'une ligne 4", déclare une dame dans la trentaine. "J'avais pensé que la ligne 4 ne serait ouverte qu'en 2016."

Ceux, par contre, qui ont entendu parlé de la ligne 4 ne sont pas très enthousiastes. "Elle servira à quoi ?", s'interroge une autre dame, d'à peu près le même âge. "Elle dessert presque exclusivement des stations où il y a déjà un tram. Rien de nouveau." - "Si," s'en mêle un Monsieur un peu plus âgé. "Montpellier peut dire qu'on a quatre lignes ou lieu de trois."

Ensuite, il explique que la ligne 4 servirait à lier les stations du centre ville un peu différemment. "On peut dire qu'elle 'contourne' le centre de Montpellier - les Beaux-Arts, les Aubes, l'Antigone, le boutonnet, Albert Ier etc." De cette manière, on voyagera d'un point extrême du centre ville vers un autre en beaucoup moins de temps.

"Les Montpelliérains ne sont jamais contents", dit avec un grand sourire une femme dans la cinquantaine. "D'abord, ils veulent un tram, mais ils râlent pendant les travaux, et quand le tram est prêt, ils râlent toujours. Ils sont comme ça, les Montpelliérains. Mais ce n'est pas grave. Dans leur for intérieur, ils sont heureux..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller