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lundi 27 février 2012

Nouveaux trams à Montpellier : les Montpelliérains, les bus et les trams

L'inauguration des nouveaux trams à Montpellier

Encore plus d'un mois à attendre, mais tout le monde en parle comme si l'événement avait déjà eu lieu : l'inauguration du tram ligne 3 à Montpellier le 7 avril 2012. Il y en a qui se réjouissent comme, par exemple, cette jeune femme qui habite Pérols : "Je vais pouvoir prendre le tram jusqu'à Montpellier. Je pense que cette possibilité m'incitera à y aller plus souvent." - Plus de soucis d'embouteillage entre Pérols et Montpellier et, surtout, plus de "chasse au parking". - Toutefois : "Dommage qu'à Pérols, le tram ne va pas jusqu'à centre ville. Comme ça, je dois marcher assez longtemps pour l'attraper. Ou prendre la voiture et la laisser à la station...."

Le nouveau tram à MontpellierRien n'est parfait. Et il est clair que le trajet de la nouvelle ligne 3 laisse pleins de jaloux et de malcontents. Par exemple parmi ceux qui avaient pris l'habitude du bus 15. "C'était si facile : on le prenait à la gare et il nous déposait plus ou moins devant la maison", raconte un habitant de Figuerolles. "En plus, le 15 roulait jusqu'à tard la nuit." Or, à partir du 7 avril, Montpellier n'aura plus de bus 15. "On sera obligé de faire un trajet d'une dizaine de minutes à pied..."

"Le trajet du nouveau tram ? Ça ne m'intéresse pas", déclare par contre un Monsieur dans la cinquantaine qui habite Saint-Jean-de-Védas. "Pour moi, la catastrophe est déjà arrivée avec le tram 2 : à l'époque, ils ont supprimé le bus que prenait mon fils pour aller à l'école. On a dit que, soi-disant, il serait remplacé par le tram. Mais ils ont oublié que le tram ne part qu'au centre ville - et nous on habite à vingt minutes à pied du centre."

Montpellier et ses trams et busLe sentiment que partagent la plupart des Montpelliérains ? La confusion. "Rien n'est clair", déclare une dame dans la trentaine qui, depuis "toujours", a l'habitude de se servir des transports en commun. "Depuis des années, on a pris l'habitude que rien ne va plus avec les bus. Quand ils avaient du retard, c'était toujours la faute aux travaux - même dans les coins où il n'y avait jamais des travaux. Les stations changeaient tout le temps, et si, une semaine, un bus partait à tel endroit, la semaine après on pouvait pas être sûr de l'y retrouver. Mais tout le temps, on se disait que tout ira mieux une fois le tram terminé. Et maintenant..."

Et maintenant, la confusion est plus grande que jamais. La ligne 15 disparaîtra, la ligne 7 prendra une partie de l'ancien trajet de la ligne 15, la ligne 6 fusionna partiellement avec la ligne 16, le nouveau trajet des lignes 8 et 12 est encore inconnu, ... "Il y a juste une chose que j'ai compris", lance un jeune homme, "il n'y aura pas plus de bus qui roulent le soir. Là, rien ne change : si on n'habite pas dans le réseau des trams, on est 'prisonnier' chez soi, après vingt heures. Sauf si on peut se payer une voiture."

D'autres Montpelliérains craignent pour leur sécurité. "Depuis que les travaux ont commencé, j'ai peur de traverser la rue de la République. Et ça va être pire maintenant", se plaint une dame dans la soixantaine. Pendant des années, les feux rouges par exemple autour des halles de Laissac avait été éliminés - de la manière que les piétons étaient obligés de courir entre les voitures ou, par un geste courageux de la main, de les arrêter, toujours en espérant qu'il n'aurait pas un conducteur qui ne l'accepterait pas.

Les nouveaux trams à MontpellierLe problème des feux rouges est résolu - plus ou moins. Par contre : "Dans ce coin, on ne sait plus qui arrive de quel côté : les bus, les voitures. Bientôt, le nouveau tram va s'y joindre. Les piétons ne sauront plus où aller."

Toutefois, cela ne signifie pas que le nouveau tram ne présenterait pas des avantages. "Cela valait bien la peine de vivre un chaos pendant quelques années. Maintenant, on n'aura presque plus besoin de la voiture pour se déplacer à Montpellier. Le nouveau tram va presque partout", explique une dame dans la quarantaine et un jeune homme ajoute : "Les jeunes ne peuvent pas se payer des voitures. On a besoin du tram. Oui, c'est très bien, le nouveau tram, ça aide énormément."

Tout le monde parle de la ligne 3 - et très peu de Montpelliérains savent qu'en même temps, la ligne 4 sera inaugurée. "Non, je n'ai aucune idée du trajet d'une ligne 4", déclare une dame dans la trentaine. "J'avais pensé que la ligne 4 ne serait ouverte qu'en 2016."

Ceux, par contre, qui ont entendu parlé de la ligne 4 ne sont pas très enthousiastes. "Elle servira à quoi ?", s'interroge une autre dame, d'à peu près le même âge. "Elle dessert presque exclusivement des stations où il y a déjà un tram. Rien de nouveau." - "Si," s'en mêle un Monsieur un peu plus âgé. "Montpellier peut dire qu'on a quatre lignes ou lieu de trois."

Ensuite, il explique que la ligne 4 servirait à lier les stations du centre ville un peu différemment. "On peut dire qu'elle 'contourne' le centre de Montpellier - les Beaux-Arts, les Aubes, l'Antigone, le boutonnet, Albert Ier etc." De cette manière, on voyagera d'un point extrême du centre ville vers un autre en beaucoup moins de temps.

"Les Montpelliérains ne sont jamais contents", dit avec un grand sourire une femme dans la cinquantaine. "D'abord, ils veulent un tram, mais ils râlent pendant les travaux, et quand le tram est prêt, ils râlent toujours. Ils sont comme ça, les Montpelliérains. Mais ce n'est pas grave. Dans leur for intérieur, ils sont heureux..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller


mardi 24 août 2010

Montpellier : le trajet du tram ligne 3

Pérols à Juvignac : Celleneuve, Près d'Arènes et Lattes seront accessibles par le tram

Montpellier, la comédie et le tram"Si je me suis rendu compte des travaux en ville ?", demande l'étudiante, et elle continue : "Bien sûr. J'imagine que personne ne peut passer plus d'une seule journée à Montpellier sans remarquer le chaos." Cela fait deux semaines que la jeune Espagnole est à Montpellier, mais les problèmes causés par les "travaux sur la ligne 3" lui sont déjà familiers comme à tout Montpelliérain.

Or, les Montpelliérains essaient de rester patients et de ne pas se fâcher. "Une fois la ligne terminée", explique un Monsieur dans la quarantaine, "tout le monde sera content. Pas la peine de râler maintenant."

Mais ce que beaucoup de Montpelliérains ou visiteurs de notre ville ne savent pas, c'est ce que la fameuse ligne 3 du tram leur apportera concrètement. Où commencera-t-elle ? Où aboutira-t-elle ? Amènera-t-elle les Montpelliérains jusqu'à la plage ?

La bonne nouvelle : oui, la ligne 3 nous amènera à proximité de la mer. La mauvaise nouvelle : presque. Ainsi, les responsables de la Tam - en coopération avec l'Agglo - ont décidé de l'arrêter à l'Étang de l'Or à Pérols. Avant de se mettre au soleil, il faut alors marcher un peu...

Montpellier : le tram bientôt aux ArceauxÀ l'autre bout de la nouvelle ligne de tram, les habitants de Juvignac ne dépendront enfin plus exclusivement du bus : la ligne 3 desservira le futur quartier de Caunelle qui, d'ici 2020, disposera de 1446 logements - Juvignac et son tram pourront donc compter sur 12.000 à 13.000 nouveaux habitants. Et, Agglo oblige, il n'est pas seulement prévus que ces nouveaux habitants n'auront que trente minutes de trajet pour être au centre de Montpellier, ils profiteront aussi pleinement des règles écologiques que Montpellier et son Agglomération se sont fixées récemment et qui, pour la première fois, ont été appliquées avec la construction de la nouvelle mairie de Montpellier.

On peut alors imaginer qu'après la réalisation du quartier de Caunelle, la ligne 3 sera déjà bien rempli quand il arrivera au Mosson, où il croisera la ligne 1, les "Hirondelles", le tram le plus ancien de Montpellier. Ensuite, la ligne 3 suivra l'avenue de Lodève jusqu'à Celleneuve pour, avant de reprendre son trajet direct vers Montpellier, tourner à gauche pour desservir le quartier de la rue de Pilory et atterrir à l'Hôtel de Département. D'ici, elle continuera vers la rue Alco pour rendre la vie plus facile aux gens qui habitent les quartiers de la Pergola et du petit Bard.

Travaux à Montpellier : le tramEt de nouveau, on reviendra sur la route de Lodève, passera aux Arceaux, au Plan de Cabane et arrivera au cours Gambetta pour, enfin rejoindre la ligne "fleurie" et, à la gare, de nouveau la ligne 1 du tram.

Mais cela ne sera évidemment pas tout. À la suite, on pourra enfin joindre les Près d'Arènes par tram. Plus tard, la nouvelle ligne nous amènera au quartier de la nouvelle mairie, Port Marianne, Pablo Picasso, et, par le pont Trinquat, on arrive à l'autre côté du Lez.

Lattes sera le prochain village à être desservi - Lattes centre, carrément. Mais déjà avant Lattes, le tram se divisera en deux branches - l'autre, celle qui ne se dirige pas vers Lattes, va au Parc des Expositions - fini le long trajet en bus -, à Pérols et, enfin, presque à la mer...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 19 août 2010

Montpellier et tram ligne 3 : les Montpelliérains ont-ils peur de la rentrée ?

La construction du tram ligne 3 avance à Montpellier - avec elle, les embouteillages...

Traffic à Montpellier"Se déplacer en bus est devenu si compliqué qu'on est déjà fatigué avant le travail", soupire la dame âgée d'environ quarante ans, après avoir attendu son bus pendant une cinquantaine de minutes. Maintenant, elle est debout entre beaucoup d'autres utilisateurs du Tam, pressés l'un contre l'autre. Il fait chaud dans le bus, et il est coincé dans un embouteillage.

Cette scène avait lieu début juin. Pendant l'été, l'image des rues autour de la gare de Montpellier avait changé : avec un grand nombre de Montpelliérains partis en vacances, le trafic est devenu moins lourd, et les bouchons sont devenus de plus en plus rares. "Mais ils n'ont jamais entièrement disparus", constate un Monsieur d'une trentaine d'années qui, comme il explique, n'a pas le temps de partir en vacances. "Une fois", raconte-t-il, ", fin juillet, j'avais à faire près de la gare, et ma voiture était garée dans une des rues qui, depuis la construction de la ligne 3 du tram, sont envahis par les bus. Quand je voulais repartir, il y avait six bus qui bloquaient la rue. J'ai dû attendre quatre phases de feu rouge avant que je puisse quitter mon parking."

Mais en général, les Montpelliérains restés chez eux ne se plaignent pas beaucoup du trafic pendant les mois d'été. Or, septembre approche et, avec lui, plus de trafic et encore plus de chaos.

Bus et tram à Montpellier"À partir de septembre", déclare une dame d'une vingtaine d'années, "je circulerai exclusivement en vélo. Je pense que ça sera la seule possibilité de faire face à la situation des rues à Montpellier. Et en plus", elle rit, "c'est bien pour la santé."

Un homme dans la trentaine préfère une autre solution : "Je vais à pied", dit-il, "c'est moins cher et je n'ai pas de soucis avec les bouchons."

Cependant, pas tout le monde voit des solutions si efficaces. "Cet hiver sera le pire que j'aurai jamais vécu à Montpellier", craint une autre dame, âgée d'une quarantaine d'années. "Cela va faire dix ans, maintenant, que je suis ici, mais là, ça sera du jamais vu." Qu'est-ce qu'elle craint ? "Ils ont déjà annoncé qu'il y aura plein de changements, des rues qui seront fermées ou d'autres qui auront changé de direction. Comme la Gambetta, par exemple. Les gens reviendront des vacances et ils découvriront qu'ils ne connaissent plus leur ville. Vous verrez, on aura le chaos total."

Un Monsieur d'à peu près du même âge n'est pas du même avis. "Les gens s'adapteront", dit-il. "Il est vrai qu'il y a des rues bloquées, mais tout est resté logique. Bientôt, tout le monde aura pris l'habitude. Et nous seront largement récompensés, le jour où nous aurons la troisième ligne du tram."

Une dame un peu plus jeune partage son opinion. "Les gens râlent toujours. Des embouteillages, vous les trouvez dans toutes les villes. Montpellier n'est pas une exception, tout simplement."

Une autre dame, également dans la trentaine, se fâche contre les gens qui pensent que "la situation ne serait pas si grave. Ce sont ceux", explique-t-elle, "qui n'habitent ni travaillent en ville et qui n'ont pas besoin de vivre ces embouteillages tous les jours. Si je suis en retard au travail, mon chef ne me demande pas, comment est la situation à Montpellier : il m'engueule, voilà tout. Et je risque de perdre mon poste, parce que c'est toujours moi la responsable. Et personne ne demande si c'est juste ou non. Personne ne ferait la grève pour moi."

Les grèves sont un sujet qui revient souvent. C'est à cause d'eux que pas mal de Montpelliérains sont déçus par la Tam. "À quoi bon construire une autre ligne du tram ?", demande un Monsieur d'une cinquantaine d'années, et son rire sonne amère. "Je ne veux pas dire qu'ils sont tout le temps en grève, mais on ne sait jamais quand ça les prend. Parfois, ils déclarent la grève juste le jour où on a le plus besoin d'eux. La Tam est devenue une société sur laquelle on ne peut plus compter. - Et, si vous voulez parler de septembre, ça sera encore pire."

Une dame un peu plus jeune est du même avis. "Si vous avez besoin d'aller quelque part, prenez la voiture. Parce que vous risquez d'attendre le tram et il ne vient pas à cause d'une grève ou de nouveaux travaux. Ils nous 'informent', c'est correct, ou ce qu'ils appellent 'informer' - mais personne ne peut surveiller les journaux tout le temps juste de peur de rater l'annonce d'une grève ou d'une nouvelle tranche des travaux sur la ligne 3."

Traffic en septembre à Montpellier"Si vous voulez savoir", déclare une autre dame, d'une soixantaine d'années, "les chauffeurs des bus profitent de la situation. S'ils n'ont pas envie de travailler, ils affichent "bus hors service", et ils se réjouissent du désespoir des gens. Parce que personne ne peut prouver qu'il n'y a pas un problème dû au travaux. Ils se sentent en pouvoir, ils peuvent faire ce qu'ils veulent. Les gens qui ont besoin des bus dépendent de leur bonne volonté."

"Si j'ai peur de la rentrée, concernant la situation du trafic à Montpellier ?", résume un Monsieur d'une trentaine d'années. "Je ne parlerais pas de peur, c'est exagéré, mais ce ne sera pas facile. Et on aura plus d'accidents : les gens seront de plus en plus nerveux et ils feront moins attention. Et concernant les bus", continue-t-il, "ma femme a toujours pris le bus pour aller travailler. Mais elle a déjà décidé de prendre la voiture à partir de la rentrée. Elle est professeur, et elle a besoin d'arriver à l'heure. Ce qui", ajoute-t-il, "n'est plus garanti à Montpellier, même avec la voiture."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mardi 23 mars 2010

Transport public à Montpellier : les trams et les bus vus par les Montpelliérains

Le Tam de Montpellier, un système inhumain ?

Tam de MontpellierLes Montpelliérains aiment-ils leurs trams et bus ? - Grèves ainsi qu'incompétence, manque d'amabilité et même grossièreté de la part des conducteurs des bus rendent en colère de plus en plus de voyageurs. "Le système de transport public à Montpellier est formidable", disent toujours la plupart des gens, Montpelliérains et visiteurs. Or, il y a de plus en plus de "mais" qui s'en mêlent.

Il y a, par exemple, beaucoup de gens qui se plaignent de l'incompétence des conducteurs des bus. Un d'eux est un homme d'une cinquantaine d'années : "L'autre jour, j'ai pris à la gare un bus numéro six. J'ai demandé au conducteur si c'est bien la bonne direction pour la rue George Brassens - avec tous ces travaux et changements d'arrêts, je m'y connais plus. Et j'ai constaté que le chauffeur ne connaissais même pas les stations de sa propre ligne."

Malheureusement, le récit de ce Monsieur ne constitue pas d'exception. Mais il y a pire - une dame, âgée d'une trentaine d'années qui, elle aussi, se plaint du manque d'information du côté d'un chauffeur de bus, ajoute : "Si, encore, il avait dit 'je suis désolée, Madame' ou quelque chose dans ce style. Mais non, il a rigolé. Ma confusion l'a amusé. J'étais obligée de m'adresser à d'autres passagers, plus gentils que lui, qui m'ont finalement aidée."

Un groupe où le Tam est plutôt mal vu : les jeunes. "Ouais, c'est vrai", dit un jeune homme, "les transports à Montpellier sont très bien, vous avez raison. Y a des bus de nuit, les trams roulent assez tard. Rien à dire. En théorie. En pratique, ça marche jamais."

Montpellier et son tramEt sa copine continue : "Jamais, c'est exagéré. Mais déjà, les samedis. Quand on veut sortir, on peut pas être sûrs qu'il y a un tram. Ils font la grève, tout le temps. Parce qu'ils veulent plus de sous. Et nous ? Qui pense à nous ?"

Le jeune homme reprend : "Elle a raison. J'ai un travail, mais c'est la galère. Je peux pas faire ce que je veux. Et beaucoup de copains sont au chômage. Pourquoi ils ne font pas la grève pour nous, pour une fois ? Ils ne pensent qu'à eux-mêmes, plus de sous, toujours plus de sous. Et ils exigent de nous qu'on soit 'solidaires'. Mais si on leur demande d'être un peu solidaires avec nous… plus rien."

Pire que les grèves régulières du samedi sont les grèves spontanées, comme celle de vendredi dernier. "Si j'avais su que c'est la grève, j'aurais pu demander à une collègue qu'elle me prenne en voiture", explique une dame d'une trentaine d'années. "Mais comme on nous avait pas informés, je pouvais pas aller travailler. Et qui me paie maintenant l'argent perdu ? Je gagne pas assez pour pouvoir me permettre un jour non payé. Mais mon chef ne veut pas le payer non plus. Eux ils font la grève", elle commence à se fâcher sérieusement, "et nous, on en paie le prix."

Une autre dame d'à peu près le même âge se montre plus compréhensive. "Un des leurs a été agressé, je comprends leur colère. Mais il faudrait peut-être réfléchir, pourquoi cette agression a eu lieu. Toutes ces grèves rendent les gens nerveux, et puis, beaucoup de conducteurs sont si peu aimables. Ils pourraient être un peu plus aimables, n'est-ce pas ?"

"Ils ne veulent pas être agressés, c'est compréhensible", commente une dame plus âgée. "Mais nous non plus. Et qui nous protège de ces jeunes qui font le tapage dans le tram ? On n'ose plus sortir le soir, de peur d'être agressés en tram."

Il semble vrai que les grèves rendent les gens nerveux. Mais non seulement les grèves : "Un jour, j'ai fait des cours et, avec tous mes sacs, je voulais rentrer en tram. Tout le monde a attendu pendant 40 minutes - pas un seul tram. Finalement, je suis rentré à pied, mais ce n'était pas facile. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais, de toute manière, on ne peut pas compter sur le tram."

Transport public à MontpellierUne jeune dame se met carrément en colère : "Les bus passent maintenant par de très petites rues. Un jour, j'avais besoin de me pencher sur ma voiture, du côté rue - je ne pouvais pas faire autrement. Mais j'ai fait bien attention de ne pas me mettre en danger ou d'empêcher les bus de passer. Un bus arrive, il s'arrête à ma hauteur et le conducteur crie fortement : 'Attention à vos fesses, Madame'. Tant de vulgarité, est-ce nécessaire ?"

Le changement des trajets de bus à cause des travaux pour la ligne 3 du tram pose vraisemblablement des problèmes à plusieurs gens. "Je sais qu'ils ne peuvent pas faire autrement", dit une dame d'une quarantaine d'années qui habite une de ces rues, "mais je pense que tout le monde pourrait faire un peu attention. Mais pas les conducteurs de bus : c'est devenu tellement dangereux, ici, que je ne peux plus laisser sortir seuls les enfants. J'ai trop peur qu'un de ces bus fonce dans la rue sans qu'ils le voient. Si, encore, ils roulaient à une vitesse raisonnable. Mais non, ils roulent comme si ils étaient seuls dans la rue."

C'est un Monsieur d'une cinquantaine d'années qui résume le mieux l'ambiance générale. "Montpellier dispose sans doute d'un des meilleurs systèmes de transport public en France, peut-être même du meilleur. Mais c'est un 'système', une entité technique. Sa structuration est excellente, mais elle ne prend pas un compte le facteur humain. Et je pense qu'à ce nivaux, le niveaux humain, les responsables du Tam ont encore beaucoup de travail devant eux."

Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 10 février 2010

Circulation à Montpellier, Jeu de Paume, périphérique et ligne 3...

Un plan pour repenser les transports à Montpellier

Bus et tram à MontpellierBonne nouvelle pour beaucoup de Montpelliérains : le boulevard du Jeu de Paume restera ouvert à la circulation pendant la construction de la ligne 3 du tram. Il est vrai qu'il sera réduit à une voie, mais personne ne sera obligé de tourner en rond dans les petites rues pour trouver son chemin.

Actuellement, il n'est pas possible d'entrer ou de sortir de Montpellier sans tomber sur un chantier qui promet que "le tramway avance". Tout le monde parle donc de la future ligne 3 dont l'inauguration sera un des grands événements de l'année 2012. Or, ce n'est pas seulement le réseau de tram qui, actuellement avec la ligne 3, plus tard avec la ligne 4, sera modifié. La ville de Montpellier veut aller beaucoup plus loin : tout le système de circulation, les routes, les transport en commun, les rues piétonnes, les parkings - tout ce qui est en relation avec le transport doit être revu.

Avec son plan qui, selon la mairie, doit régler la question de la circulation pour les vingt ans à venir, la municipalité poursuit deux objectifs : devenir ville "modèle", c'est-à-dire organiser un système de circulation qui frotte l'idéal, en est le premier. L'autre est une question d'écologie.

Le tram, Place de la ComédieLe premier objectif part du principe que tous les usagers doivent être satisfaits du système de circulation, peu importe s'ils se servent d'un moyen de transport en commun ou individuel, au point que d'autres villes aient envie de l'imiter et de profiter du savoir-faire montpelliérain - comme déjà Brasilia qui se fait conseiller par des experts de la TaM pour l'élargissement de leur réseau de tramway.

Mais Montpellier n'a pas seulement l'ambition de devenir une ville modèle pour le trafic à l'intérieur et à l'extérieur du centre et de la périphérie : Hélène Mandroux et son équipe sont aussi décidés de transformer Montpellier en une "ville écologique".

Ainsi, la mairie prévoit de se tenir aux indications données aux communes européennes : dans dix ans, les émissions de gaz carbonique, du fameux "gaz de serre", seraient réduites de 20 pour cent. Il n'est alors pas seulement question de rendre contents les Montpelliérains et les visiteurs de la ville, mais aussi de diminuer la circulation en voiture et celle d'autres moyens de transport polluant. Il faut faire en sorte d'être à la hauteur des deux priorités à la fois.

Comment affronter ce défi ? - D'abord, évidemment, il y a le tram. Le tramway de Montpellier doit devenir si attractif que même les fans les plus assidus du volant aient envie de laisser leur voiture chez eux ou sur un des parkings situés aux arrêts à l'extérieur du centre. La mairie prévoit évidemment d'augmenter le nombre de ces parkings. Avec la ligne 3 et, encore plus, avec la ligne 4, augmente aussi le nombre des quartiers de Montpellier et des villages de l'agglomération qui seront desservis. La question de la sécurité - ou, plutôt, la peur de beaucoup d'usagers des groupes plus ou moins ivres et bruyants qui, la nuit, fréquentent le tram - ainsi que le problème des grèves ne sont, jusqu'à maintenant, pas résolus.

Tram ligne 3, MontpellierMais il va de soi que les Montpelliérains et leurs visiteurs doivent aussi être en mesure de joindre par voiture les quartiers de la ville et, bien sûr, le centre. Il y a peu de villes en France où tant d'automobilistes se plaignent que le réseau des routes ne serait pas clair et qu'on se perdrait facilement. Le nouveau plan prévoit alors une sorte de périphérique autour de la vieille ville, d'où des routes partent, en forme "d'étoile", dans toutes les directions. Ce système améliorerait la liaison avec les villes et villages autour de Montpellier, mais aussi le trafic entre les quartiers. En plus, la municipalité promet la construction de plus de parkings proches des habitations - une mesure qui sera certainement bien accueillie, surtout en ce moment, où un nombre important des parkings du centre ville a été éliminé pour faire place à la construction de la ligne 3 du tram.

Parallèlement, les zones piétonnes seraient élargies pour garantir une circulation sécurisée à ceux qui pratiquent ce que le plan appelle les "modes de transport doux", alors aux piétons et vélos. Toutefois, ici, il y a également deux questions qui restent ouvertes : le problème des voitures, pour la plupart en service de la ville, qui circulent dans les rues piétonnes sans faire attention aux gens qui ne sont pas capables de se sauver "en sautant" quand ils arrivent, et celui de l'agressivité de quelques cyclistes qui considèrent les rues piétonnes comme terrain de course.

Selon la mairie, les premières mesures de ce nouveau plan seraient appliquées dès cet été. Mais auparavant, on cherche encore de bonnes idées supplémentaires en donnant la parole aux Montpelliérains. Le printemps de la démocratie, avril prochain, sera une bonne occasion pour récolter les commentaires des usagers des transports à Montpellier.

Photos et texte : copyright Doris Kneller