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vendredi 8 avril 2011

André Leclerc, artiste peintre à Montpellier

Trompe-l'œil et papiers peints panoramiques : l'artiste peintre qui décore les murs et les maisons

André Leclerc, artiste-peintre à MontpellierÀ première vue, André Leclerc est un artiste peintre absolument "ordinaire" - sous condition que l'on part du principe que tout peintre "ordinaire" a un talent extraordinaire. "Avec André Leclerc", a dit une dame en contemplant une des peintures en trompe-l'œil réalisées par le Montpelliérain, "on a l'impression d'apprendre à voir." Et elle n'a pas tort.

Car lorsque André Leclerc regarde un paysage, un groupe de maisons ou tout autre motif, il enregistre chaque détail, comme si ses yeux fonctionnaient comme un appareil photo. En fait, il ne travaille jamais d'après photo - il veut voir la réalité avant qu'il la peigne. Ensuite, il fixe sur la toile tout ce qu'il a vu, et il arrive qu'un spectateur découvre un détail sur le tableau qu'il n'a pas remarqué lorsqu'il contemplait le modèle réel. Mais si, plus tard, il cherche ce détail dans la réalité, il peut être sûr de le trouver.

Les trompe-l'oeil d'André Leclerc, Montpellier
Toutefois, André Leclerc ne peint pas seulement sur toile. Ses œuvres se trouvent aussi sur des murs à l'intérieur et à l'extérieur des maisons. Et c'est cela qui le distingue de la plupart des artistes peintres non seulement à Montpellier : il est maître des trompe-l'œil.

Déjà, pour réussir un trompe-l'œil, il ne faut pas seulement avoir la vue du détail, mais aussi de l'ensemble. Pendant son travail, le peintre, petit devant le mur qu'il décore, ne voit jamais qu'une partie infime de son œuvre. Même quand il peint les grandes structures, il n'en aperçoit que le détail sur lequel il se penche en ce moment.

Ainsi, quand André Leclerc peint un de ses trompe-l'œil, il se sert de "deux" pairs d'yeux : ses yeux "physiques", avec qui il regarde travailler ses mains, et son esprit qui, comme un "deuxième" pair d'yeux, garde en vue l'image de l'ensemble.

Il est clair que, pour un amateur, cette technique paraît énormément difficile. Mais pour l'artiste peintre de Montpellier, elle est si "normale" qu'il a du mal à comprendre que pas tout le monde peut peindre des trompe-l'œil. Toutefois, pour ceux qui connaissent un peu André Leclerc, cette attitude n'est pas étonnante. Malgré son talent, le Montpelliérain est un homme très simple. "On dirait qu'il n'est même pas conscient de son grand talent", a commenté une dame qui, lors d'un vernissage, a fait sa connaissance. "Lorsqu'on lui dit qu'on admire son œuvre, il sourit, et on sent qu'il est content. Mais on a l'impression qu'il n'est pas prêt à nous croire."

Artiste peintre à Montpellier : André Leclerc et les trompe-l'oeilPour que ses trompe-l'œil reste conservés le plus longtemps possible, André Leclerc s'est aussi penché sur les techniques de peinture applicables à de telles œuvres. Il a constaté qu'il ne peut pas utiliser la peinture à l'huile : "La peinture à l'huile sèche trop lentement", explique-t-il, "et, par conséquent, le risque que des intempéries gâchent tout est trop grand." Il a alors décidé de se servir de l'acrylique et, après la finition du trompe-l'œil, d'y ajouter un vernis brillant, satiné ou mat. "La nature du vernis dépend du motif et du support, mais aussi du goût du client", soutient André Leclerc, et il ajoute avec un sourire modeste : "Je veux tout simplement que son trompe-l'œil lui plaise."

Mais l'artiste peintre de Montpellier a encore une autre "spécialité" : les papiers peints panoramiques. Il n'aime pas trop les papiers peints industriels - car, pour lui, un papier peint doit être "peint". Ainsi, il a eu un jour l'idée de faire revivre les techniques traditionnelles du 18e siècle. D'abord, toutefois, il a dû se procurer les moyens pratiques pour entamer son œuvre. Il utilise donc un support qui est spécialement conçu pour la peinture à l'eau qu'il traite selon des processus développés par lui-même. Ensuite, il réalise le papier peint panoramique - parfois des scènes inspirées par les anciennes décorations murales des maisons nobles ou, souvent, des imitations des fresques. Le papier peint panoramique devient donc une sorte de trompe-l'œil suggérant des fresques.

Peindre, pour André Leclerc, c'est la vie. Il ne peut pas s'imaginer de passer ses jours sans sa peinture. Lorsqu'il ne réalise pas un trompe-l'œil ou un papier peint panoramique pour un de ses clients à Montpellier ou ailleurs, il consacre son temps à ses tableaux. Parfois, il copie aussi les anciennes maîtres de la peinture. L'artiste peintre est conscient que beaucoup de ses collègues pensent que copier les œuvres des autres contredirait à leur honneur. Or, André Leclerc n'est pas de cet avis. Selon lui, la création personnelle d'un peintre est souvent entravée par un manque de technique. La liberté de la peinture, quelque soit le style, ne pourrait se développer qu'au moment où un artiste maîtriserait les techniques. "Et pour apprendre la technique", dit-il, "il n'y a pas de meilleur professeur que les grands peintres qui ont 'écrit' l'histoire de la peinture."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

dimanche 10 janvier 2010

Le Corum des Peintres : Montpellier et ses artistes

Une chance aux peintres montpelliérains : une expo sans contraintes

Corum des peintres"Cette exposition est une chance sérieuse pour les artistes jeunes et inconnus d'être découverts", commente une visiteuse du "Corum des Peintres" à Montpellier. Et, en effet, c'est déjà la 15ème fois que 120 peintres montpelliérains et de l'Agglo ont la possibilité d'exposer leurs œuvres au Corum. Personne ne trie, personne ne les juges, les peintres sont seuls à décider, si leurs tableaux sont dignes d'être exposés - ou, comme l'exprime le site de la ville de Montpellier : "Aucune sélection n'est effectuée." Le plus rapide aurait gagné : "Seules les 120 premières inscriptions sont prises en compte."

Ainsi, les tableaux n'ont pas tous la même qualité - mais la qualité se discute : les visiteurs ne sont pas tous du même avis. "Je ne sais pas", répond un Monsieur à la question, si l'exposition lui plaît, "je ne me sens pas capable de décider, si les tableaux sont bien faits ou non." Une dame, par contre, se fâche un peu : "Je trouve que c'est trop amateur. Certains tableaux ne sont pas mal, mais d'autres sont pure provocation." Elle indique un tableau de Mauricio Oliveira où un X noir est peint sur un texte qui commence par "Mais c'est ça la jeunesse qui veut prendre le pouvoir…" et finit par "Quant à vous… le jury est bien sympathique mais il est incompétent." Et : "Dieu est libre".

Maricio OliveiraEntre les visiteurs, une discussion s'enflamme sur les fautes de français dans le texte du tableau de Mauricio Oliveira. Les uns pensent qu'elles font partie de la "provocation" - tandis que les autres constatent qu'il n'y a pas beaucoup de fautes : "S'il avait voulu provoquer par des fautes", explique une dame, "il en aurait fait plus. Je crois plutôt qu'il ne sait pas, comment écrire certains mots."

On peut estimer l'œuvre de Mauricio Oliveira ou non, mais une chose est sûre : on en parle. Toutefois, il y a aussi d'autres tableaux qui déclenchent des discussions. Les tableaux qui montrent des paysages au ciel bleu sont généralement appréciés, mais : "Le peintre aurait pu prendre une photo, ça aurait été pareil et plus naturel..."

Peinture à MontpellierDe toute manière, les peintres de Montpellier et de l'Agglo ne peuvent pas se plaindre - les Montpelliérains s'intéressent à l'art : 648 visiteurs le samedi et quelque 200 dimanche matin. L'exposition est donc un succès. - Et le succès des peintres ? "J'ai acheté deux tableaux", témoigne un Monsieur, "je ne pouvais pas résister." Achète-t-il souvent des tableaux ? "Non, vraiment pas. Je suis pas riche, je ne peux pas me le permettre. Mais ici, j'ai carrément craqué."

Art et culture à MontpellierEt il n'y a aucun visiteur qui n'aime pas au moins l'un ou l'autre tableau. Comme la participation à l'exposition ne dépend ni d'un sujet ni d'une technique, la diversité est extrêmement large. Toutes les techniques courantes sont représentées : l'huile, l'acrylique, l'aquarelle et même le collage. Et les sujets sont aussi diverses que les techniques - on fête la beauté de la région, on fixe des scènes de la vie quotidienne, on rêve des voyages, on se délaisse dans la spiritualité. Le figuratif est accroché à côté de l'abstrait, le "pinceau classique" se tient à côté de la peinture "révolutionnaire", du provocateur, de l'imaginaire.

"Si l'expo me plaît ?" réfléchit un autre Monsieur. "C'est très dur à dire. Déjà, ils sont tous des amateurs, on ne peut alors pas appliquer les mêmes critères qu'à un peintre professionnel. Puis, les tableaux sont si différents. Il est impossible de les comparer." Et une dame : "Je me sens un peu perdu. Je crois qu'il y a des tableaux que j'aime. Mais je ne suis pas artistes…"

Peintres montpelliérainsL'idée d'une telle exposition est-elle bonne ? La ville devrait-elle continuer à aider ses peintres à se présenter au public ? - "Oh oui," s'extasie une dame, "oh oui. Sûr. Je trouve ça formidable. Enfin une possibilité de voir des tableaux que, normalement, on ne voit nulle part. Les musées ne prennent pas des artistes inconnus, et une galerie est obligée de penser à son chiffre d'affaires. Ici, pour une fois, personne ne pense à l'argent. Il n'y a pas de préjugé, pas de critère, pas de règle, pas de contrainte - on vient juste pour contempler ce qui est beau…"

Art et artistes à Montpellier
Montpellier et son Agglo face à la culture
Photos et texte : copyright Doris Kneller

lundi 23 novembre 2009

Art et artistes à Montpellier

Montpellier : Portes ouvertes à l'art

Danièle SanchezMontpellier est une ville qui tient les portes ouvertes à l'art et aux artistes - ceci est bien connu. Pas une semaine où il n'y a pas au moins un vernissage (parfois deux ou trois), pas un mois sans festival ou manifestation importante de l'art.
Danièle Sanchez, peintre
Montpellier est une ville où l'on écoute des concerts de tous les coins du monde, où l'on rencontre des artistes de tout genre, où, tout à coup, une femme se met à chanter au milieu de la place de la Comédie et on se rend compte... que c'est une chanteuse professionnelle, à la voix merveilleuse. Et où même celui qui n'a pas des sous peut se régaler et "baigner" dans l'art et la culture.

Jean-Paul BocajMais ce n'est pas seulement Montpellier qui tient les portes ouvertes à ses artistes : ce week-end, c'était les artistes qui ont tenu les portes ouvertes aux Montpelliérains.
Jean-Paul Bocaj, artiste pop, peintre
Quarante peintres, dessinateurs et sculpteurs contemporains ont participé au 6ème parcours d'ateliers d'artistes de Montpellier, organisé par l'Association les Briscarts. Ils ont invité le public à visiter leurs ateliers - et le public est venu en force. Des centaines de personnes ont envahi les ateliers.

François BouëtToutefois, les Montpelliérains ne se sont pas contentés de regarder et admirer - et, parfois, acheter - les œuvres, ils ont aussi discuté avec les artistes.
François Bouët, illustrateur
Pas tout le monde était toujours content de ce qu'il y avait à voir : "Il y a des artistes médiocres à Montpellier, c'est vrai", a été l'avis d'un jeune couple qui avait déjà vu une vingtaine d'ateliers et exprimait l'intention de continuer son périple à travers l'art, "mais on découvre aussi des merveilles." Ils se regardent, se mettent d'accord. "Oui, finalement, on a vu plus de belles choses que des médiocres."

Les artistes sont content de ces critiques : "Normalement, nous sommes dans notre atelier, tout seul avec notre travail. Peindre, c'est un travail qui vous isole. Des week-ends comme celui-ci, par contre, nous approchent du public qui nous fait comprendre ce qu'il aime ou non. Les gens nous disent ce qu'ils pensent, ce qui est parfois agréable, parfois non. Mais il est utile d'écouter les critiques, de savoir ce qui sentent les autres..."

Et comme toujours, l'éternelle question reste ouverte : un artistes crée-t-il pour lui-même ou pour son public ? Qui serait étonné que le public jugeait plus facile à répondre à celles-là : "Vaut-il la peine de vivre dans une ville sans artistes ?" - "Non !" - "Vaut-il la peine de vivre à Montpellier ?" - "Il semble que..., oui, certes."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 12 novembre 2009

La Revue online des Gens de Montpellier

La première revue online de Montpellier parle... des gens de Montpellier - ce qui est bien logique, car quel autre sujet serait si intéressant que les gens qui vivent dans une ville ? La revue présente des gens qui ont envie de "faire" quelque chose, des créateurs, des artistes, des gens qui ont des idées, envie de "s'en tirer", qui bougent.

Mais qui dit artiste ne dit pas forcement "artistes connus", les "riches et beaux" qui attirent dix mille spectateurs. Non, la plus grande richesse de ces gens de Montpellier est leur talent et l'enthousiasme pour leur travail et pour la vie - la vie à Montpellier, et la vie toute courte.

La revue présente les portraits des écrivains, des gens du théâtre, de la danse, ceux qui créent pour et avec des enfants, qui connaissent d'autres cultures et les ajoutent à la diversité culturelle déjà immense de la ville. Encore, elle ne contient que peu de portraits - il y a un début pour tout. Mais, déjà maintenant, elle reflète la diversité, la richesse, l'ouverture qui marquent cette ville à côté de la Méditerranée.

La Revue online des Gens de Montpellier