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lundi 29 décembre 2014

Montpellier : Location de salle - association ou petite entreprise

Une association ou petite entreprise qui a besoin d'une salle pour fonctionner - peut-elle survivre à Montpellier ?

Bien sûr, il suffit de se brancher sur Internet pour trouver un grand choix de locations de salles à Montpellier. En général, les hôtels et autres lieux professionnels demandent à partir de 2500 euros par jour. « Cela veut dire que toute réunion est exclue », explique la représentante d’une association culturelle. « Nous pouvons pas nous réunir dans la rue - même s’il fait beau à Montpellier », ajoute-t-elle avec un sourire triste. « Sans salle, pas de réunion, pas de travail associatif. »

Toutefois, il y a un assez grand nombre d’associations qui disposent de leurs propres salles - financées en tant que subvention par la ville de Montpellier. Mais les membres de ces associations sont-ils contents ?

« Nous avons vraiment de la chance », dit par exemple le membre d’une association qui travaille pour l’amitié entre les peuples. « La mairie nous a donné une salle dans L’Espace Jacques 1er d’Aragon : plus belle subvention n’est pas possible. La salle est magnifique. »

Un membre d’une association de théâtre n’est pas aussi content. Il trouve que son association n’aurait pas la reconnaissance qu’elle mérite. « Pendant une année, la municipalité nous a offert une très jolie salle où on pouvait se rencontrer une fois par semaine. Elle était bien située, aussi pour ceux qui viennent en tram, elle était grande et agréable. Mais l’année suivante, sans argument, on nous a retiré la salle, c’est-à-dire échangé contre une autre. Cette autre salle nous a coûté beaucoup de membres : elle est petite, mal placée et désagréable. On pourrait penser que la municipalité aurait quelque chose contre notre association. »

Le président d’une association humanitaire n’est pas trop content non plus. Mais il comprend. « Nous disposons d’une petite salle au rez-de-chaussée d’une vieille maison. Quand on en sort, on est directement dans la rue, et il faut faire attention à ne pas se faire écraser par une voiture. Les réunions sont souvent dérangées par des gens qui entrent - par curiosité ou parce qu’ils veulent parler ou juste déranger. Puis, la salle est largement trop petite. On essaie de se serrer, mais c’est limite… D’un autre côté, je comprends la mairie. On n’est pas une association importante, on n’ajoute rien à la beauté ou à la richesse de la ville. On est juste là pour aider certaines personnes - et ce ne sont pas des personnes bien vues dans la société. Comme ça, on se considère heureux d’avoir le droit à utiliser cette salle. »

Est-ce la chance qui offre à certaines associations de « salles magnifiques » et à d’autres des salles moins agréables ou, même, pas de salle du tout ? Montpellier Presse Online a interrogé des membres de diverses associations.

« Cela dépend certainement des activités de l’association », réfléchit un membre d’une association écologique. « Nous, par exemple, on dérange. Donc on n’a ni salle ni subvention. » - « Je pense », le membre d’une association qui incite les enfants à lire prend la parole, « que le nombre des manifestations compte aussi. Une association qui organise régulièrement des manifestations a probablement plus de chances qu’une autre. » - « Et n’oublions pas », fait remarquer la représentante d'une association qui défend les droits des femmes, « le nombre de membres. Je pense que la municipalité préfère offre une salle aux associations avec plusieurs centaines de membres qu’à celles qui ne comptent que dix ou quinze personnes. »

Toujours est-il qu’une association peut se considérer comme chanceuse lorsqu’elle n’a pas besoin de payer pour une salle. Un jeune entrepreneur qui organise des stages se plaint du prix des locaux municipaux. « Je ne parle évidemment pas de salles si prestigieuses comme la salle des rencontres de l’ancien Hôtel de Ville qui coûte 2700 euros. Ou du centre Rabelais - que, personnellement, je trouve encore plus beau que la salle des rencontres - pour qui la Mairie demande 1300 euros. Il y a des salles qui sont moins chères : par exemple la salle Pétrarque avec ‘seulement’ 600 euros de location, la jolie petite salle de Belvédère avec 300 euros ou la salle Guillaume de Nogaret avec 310 euros. Mais pour gagner 300 euros, il me faut beaucoup de clients. Je ne suis que débutant. Et avec ses prix », finit-il avec une voix presque désespérée, « je resterai débutant pour toujours. »

La municipalité devrait-elle offrir des salles non seulement à des associations, mais aussi aux jeunes entrepreneurs qui en ont besoin pour se bâtir une existence ? - Un Monsieur dans la cinquantaine, membre d’une association linguistique reconnue depuis longtemps, ne connaît pas non plus la réponse : « Dans les temps qui courent, les institutions de l’état - mairies, préfectures etc. - devraient aider tout le monde qui a le courage d’entreprendre quelque chose. Association ou entreprise, pour moi c’est pareil. Mais comment décider qui ‘vaut’ d’être aidé ou non ? Comment définir les critères ? Qui se sentirait capable de trancher ? Si j’étais maire, j’aiderais tout le monde. Mais comme le maire actuel - et tous les maires - je n’aurais pas les moyens suffisants. Je ne connais donc pas de solution. Il y a toujours des gens valables qui pourraient monter une association ou une entreprise qui ferait du bien à la ville, mais qui ne peuvent pas le faire parce que les décideurs ne comprennent pas leur valeur. C’est la vie. »

Photos et texte : copyright Doris Kneller

lundi 1 décembre 2014

Location de salle à Montpellier

Louer une salle à Montpellier : trop cher pour une petite association ?


« Si on peut sortir à Montpellier ? » La femme d’une trentaine d’années sourit lorsqu’elle répond à la question posée par l’équipe de Montpellier Presse Online. « Quelle question ! Il n’y a aucune autre ville en France où on a tant de possibilités. Entre des spectacles, des discos, des cafés à thème, des conférences, des offres du sport comme la gymnastique, vous n’avez qu’à choisir. Tous les jours. »

Les vingt-huit personnes interrogées par Montpellier Presse Online étaient toutes du même avis : si, à Montpellier, on a envie de sortir, on dispose d’un nombre immense d’offres pour tout âge. Ou, comme l’exprime un Monsieur dans la cinquantaine : « Si vous divisez le nombre des habitants de Montpellier par  les offres culturelles, le résultat est même meilleur qu’à Paris : il y a plus de culture à Montpellier, par tête d’habitant, que dans notre chère capital… »

Sans doute, il y a de quoi meubler les soirées à Montpellier. Toutefois, qui dit manifestation culturelle, politique ou sportive dit aussi salle pour l’héberger. Et une nouvelle question se pose : si l’on souhaite organiser un événement - trouve-t-on de quoi le loger à Montpellier ?

Pour trouver la réponse à ce problème, Montpellier Presse Online a lancé un autre « micro-trottoir ». Et le résultat n’était pas satisfaisant dans tous les points.

« Si vous cherchez une salle », a répondu, par exemple, un Monsieur d’une quarantaine d’années, « vous n’avez qu’à vous adresser aux grands hôtels. Ils ont tous des salles à louer. Puis, il y a le Corum, la Salle Rabelais, toutes les salles qui appartiennent à la mairie. »

« Oui, il est vrai qu’il y a beaucoup de salles à Montpellier que vous pouvez louer », réagit, par contre, une étudiante qui a déjà organisé des manifestations culturelles - et qui connaît bien le problème des salles, « mais la plupart coutent énormément cher. Quand on n’est pas riche ou dispose d’une grosse subvention, il n’y a rien à faire. »

Le problème de l’argent est évoqué plusieurs fois. « J’ai essayé de trouver une salle pour une conférence, mais les prix étaient trop élevés, j’ai dû renoncer », est une plainte qui revient souvent. Mais un Monsieur d’une cinquantaine d’années a un autre tuyau : « Il y a les bars », explique-t-il. « Comme le Café de la Comédie, le Riche, le Dôme, ils ont tous des salles qu’ils offrent gratuitement aux associations. Ils demandent juste que les gens qui participent à l’événement prennent tous une consommation. »

Un excellent tuyau - or, il est déjà bien connu. « Notre association », explique une jeune femme, « organise souvent des rencontres. On le fait souvent au Dôme - ils sont gentils et la salle est gratuite. Mais il faut le planifier à très long terme, parce que la salle est prise presque tout le temps. »

Entre les salles chères, les salles de la mairie qui sont laissées aux associations en tant que subventions et les salles gratuites des bars - payées par des consommations -, il y a une troisième solution. « Il y a des associations », informe une dame dans la soixantaine, « qui disposent de salles et les louent très bon marché. Contre une petite contribution. Je pense, par exemple, à la salle de l’Espace Forme que j’ai déjà louée une fois. On est tranquille dans ce genre de salle et si on fait du bruit, on ne dérange personne. Et on peut tout y faire : danser, de la gymnastique, des conférences, des soirées de contes… Souvent, on peut même les avoir du jour au lendemain, parce qu’elles ne sont pas très connues… »

Sans doute, un véritable tuyau pour les associations qui créent des événements à court ou moyen terme. Une dame d’une quarantaine d’année a d’autres expériences : « Mais les Maisons pour Tous, bien entendu. Là, tout le monde peut avoir une salle. Parfois gratuitement, parfois pour pas grand-chose. »

Une autre dame, un peu plus âgée, parle également des Maisons pour Tous. « C’est une institution formidable », explique-t-elle. « Et tout le monde peut y donner des cours ou organiser d’autres manifestations. Les salles servent à tout : rassemblements, conférences, sports, yoga, tai-chi, gymnastique, cours d’anglais,… Mais », admet-elle, « ces salles sont très demandées. Pour en avoir, il faut s’y mettre longtemps avant. »
Photos et texte : copyright Doris Kneller