mardi 2 décembre 2014

La météo à Montpellier

Ce que font les Montpelliérains lorsqu'il pleut à Montpellier


Il est vrai que la pluie est une invitée rare à Montpellier. Mais parfois, elle passe. Et quand elle passe, elle se prend le temps pour rester… trois jours, quatre jours et plus. L’équipe de Montpellier Presse Online voulait savoir, comment ses concitoyens accueillent la pluie.

D’abord, ils râlent. « Quel mauvais temps », « quel temps affreux » et même « quel temps de merde » sont des expressions qu’on entend partout dans les bus et trams. Mais le « phénomène pluie » attire aussi un autre phénomène : « Grâce à la pluie, les gens réapprennent à communiquer », remarque une dame d’environ 55 ans. « Regardez les gens dans les trams : ils s’occupent de leur téléphone ou fixent leurs genoux. Les autres n’existent pas pour eux. C’est comme si on était entouré de gens qui n’ont rien en commun. »

« Quand il pleut », continue la dame, « tout change. Les gens entrent dans le tram, trempés. Ils soupirent et ils râlent. Les autres ont les mêmes soucis et réagissent. On se sourit, et on commence à échanger de petits mots. D’abord sur la météo, après sur autre chose. »

Par exemple sur la situation dans les rues. « Il ne devrait jamais pleuvoir à Montpellier », explique une autre dame, plus âgée que la première. « Les rues sont tout de suite inondées, on patauge dans l’eau. Les flaques sont si grandes qu’on peut pas les éviter. Le résultat : des pieds mouillés et tout le monde est enrhumé. »

Une autre dame, à peu près du même âge, s’inquiète sur l’état de la Comédie. « C’est très beau, ce marbre sur la Comédie. Mais ceux qui l’ont posé ont oublié la pluie. Dès que le marbre est mouillé, on glisse. C’est peut-être pas grave pour les jeunes, mais personnes ne pense aux vieux et aux handicapés. »

Toutefois, il y a des jeunes qui sont du même avis : « Montpellier n’est pas une ville qui est faite pour la pluie. Ici, il doit toujours faire beau. Personne ne sait quoi faire, quand la météo prévoit du mauvais temps. »

Pourquoi ? « Parce que tout ce qui fait plaisir à Montpellier se passe dehors. Se promener dans les rues, faire la fête sur l’Esplanade - qui peut imaginer des Hivernales sous la pluie ? - les parcs, aller à la plage. Bien sûr, il y a quelques musées. Mais on n’a peut-être pas envie d’y aller, chaque fois qu’il pleut. Non, Montpellier est une ville fait pour le soleil. »

Que font-ils, alors, les Montpelliérains, lorsqu’il pleut ? « Si on peut, on reste à la maison », explique un jeune homme. « Rendre visite à des amis », propose une dame un peu plus âgée, mais elle ajoute : «  Ou, mieux, rester à la maison et faire venir des amis qui ont le courage de sortir. »

Côté professionnel, la pluie change-t-elle quelque chose ? Pour le représentant d’une grande assurance, la météo est décisive : « Quand il pleut, j’essaie d’annuler mes rendez-vous - heureusement qu’il ne pleut pas souvent. Déjà, parce que je n’ai pas trop envie de me déplacer sous la pluie. Puis, les gens sont de mauvaise humeur et les affaires ne marchent pas. Les Montpelliérains ont besoin du beau temps pour prendre les bonnes décisions. »

Peut-être, les Montpelliérains sont-ils comme leur ville : ils sont faits pour le soleil.

Photos et texte : copyright Doris Kneller

lundi 1 décembre 2014

Location de salle à Montpellier

Louer une salle à Montpellier : trop cher pour une petite association ?


« Si on peut sortir à Montpellier ? » La femme d’une trentaine d’années sourit lorsqu’elle répond à la question posée par l’équipe de Montpellier Presse Online. « Quelle question ! Il n’y a aucune autre ville en France où on a tant de possibilités. Entre des spectacles, des discos, des cafés à thème, des conférences, des offres du sport comme la gymnastique, vous n’avez qu’à choisir. Tous les jours. »

Les vingt-huit personnes interrogées par Montpellier Presse Online étaient toutes du même avis : si, à Montpellier, on a envie de sortir, on dispose d’un nombre immense d’offres pour tout âge. Ou, comme l’exprime un Monsieur dans la cinquantaine : « Si vous divisez le nombre des habitants de Montpellier par  les offres culturelles, le résultat est même meilleur qu’à Paris : il y a plus de culture à Montpellier, par tête d’habitant, que dans notre chère capital… »

Sans doute, il y a de quoi meubler les soirées à Montpellier. Toutefois, qui dit manifestation culturelle, politique ou sportive dit aussi salle pour l’héberger. Et une nouvelle question se pose : si l’on souhaite organiser un événement - trouve-t-on de quoi le loger à Montpellier ?

Pour trouver la réponse à ce problème, Montpellier Presse Online a lancé un autre « micro-trottoir ». Et le résultat n’était pas satisfaisant dans tous les points.

« Si vous cherchez une salle », a répondu, par exemple, un Monsieur d’une quarantaine d’années, « vous n’avez qu’à vous adresser aux grands hôtels. Ils ont tous des salles à louer. Puis, il y a le Corum, la Salle Rabelais, toutes les salles qui appartiennent à la mairie. »

« Oui, il est vrai qu’il y a beaucoup de salles à Montpellier que vous pouvez louer », réagit, par contre, une étudiante qui a déjà organisé des manifestations culturelles - et qui connaît bien le problème des salles, « mais la plupart coutent énormément cher. Quand on n’est pas riche ou dispose d’une grosse subvention, il n’y a rien à faire. »

Le problème de l’argent est évoqué plusieurs fois. « J’ai essayé de trouver une salle pour une conférence, mais les prix étaient trop élevés, j’ai dû renoncer », est une plainte qui revient souvent. Mais un Monsieur d’une cinquantaine d’années a un autre tuyau : « Il y a les bars », explique-t-il. « Comme le Café de la Comédie, le Riche, le Dôme, ils ont tous des salles qu’ils offrent gratuitement aux associations. Ils demandent juste que les gens qui participent à l’événement prennent tous une consommation. »

Un excellent tuyau - or, il est déjà bien connu. « Notre association », explique une jeune femme, « organise souvent des rencontres. On le fait souvent au Dôme - ils sont gentils et la salle est gratuite. Mais il faut le planifier à très long terme, parce que la salle est prise presque tout le temps. »

Entre les salles chères, les salles de la mairie qui sont laissées aux associations en tant que subventions et les salles gratuites des bars - payées par des consommations -, il y a une troisième solution. « Il y a des associations », informe une dame dans la soixantaine, « qui disposent de salles et les louent très bon marché. Contre une petite contribution. Je pense, par exemple, à la salle de l’Espace Forme que j’ai déjà louée une fois. On est tranquille dans ce genre de salle et si on fait du bruit, on ne dérange personne. Et on peut tout y faire : danser, de la gymnastique, des conférences, des soirées de contes… Souvent, on peut même les avoir du jour au lendemain, parce qu’elles ne sont pas très connues… »

Sans doute, un véritable tuyau pour les associations qui créent des événements à court ou moyen terme. Une dame d’une quarantaine d’année a d’autres expériences : « Mais les Maisons pour Tous, bien entendu. Là, tout le monde peut avoir une salle. Parfois gratuitement, parfois pour pas grand-chose. »

Une autre dame, un peu plus âgée, parle également des Maisons pour Tous. « C’est une institution formidable », explique-t-elle. « Et tout le monde peut y donner des cours ou organiser d’autres manifestations. Les salles servent à tout : rassemblements, conférences, sports, yoga, tai-chi, gymnastique, cours d’anglais,… Mais », admet-elle, « ces salles sont très demandées. Pour en avoir, il faut s’y mettre longtemps avant. »
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 24 septembre 2014

Gymnastique à Montpellier

Que, à Montpellier, pense-t-on des bienfaits de la gymnastique ?


Tout le monde le sait, mais beaucoup ne veulent pas le savoir : la gymnastique est utile pour le corps et l'esprit. Et cela compte pour tous les âges. Effectivement, la gymnastique adaptée à l'âge et à la santé et exercée régulièrement aide plus à garder la forme qu'un sport plus exigeant et violent. Tout d'abord, elle crée de nouvelles relations avec le corps et redonne la confiance dans ses mouvement et sa force. Il n'est même plus nécessaire de parler de son impact sur l'appareil cardio-vasculaire. La gymnastique régularise la pression artérielle, elle entretien la souplesse articulaire - bref, elle nous tient en forme et améliore la qualité de vie en général.

Autrement dit, la gymnastique offre tant d'avantages que tout le monde devrait s'y livrer régulièrement... c'est au moins ce que pensent beaucoup de Montpelliérains ou, plus encore, des Montpelliéraines. Toutefois, la différence entre celles et ceux qui estiment qu'ils "devraient" faire la gymnastique et le vrai nombre de visiteurs des salles de gym à Montpellier est énorme - surtout à partir d'un certain âge. Ainsi, à partir de 65 ans, juste une personne sur quatre fait encore du sport. L'équipe de Montpellier Presse Online a interrogé les Montpelliérains sur ce phénomène.

Malgré tout, les salles de sport, pour la plupart associatives comme celle de l'association Atout Forme qui mise plutôt sur le maintien en forme et la gymnastique douce, de toute manière, sont bien fréquentées par des gens de tous les âges. Toutefois, comme presque partout à Montpellier, le groupe des adultes - entre 30 et 50 ans - et plus représenté que celui des jeunes ou des seniors.

 
La dame dans la soixantaine qui se promène sur la Comédie ne semble pas aimer le sujet. "Je suis trop vieille pour faire de la gymnastique", proclame-t-elle un peu contrariée. "Ça c'est quelque chose pour les jeunes. Ils ont besoin de se dépenser.
 
La gymnastique est-elle vraiment "quelque chose" pour les jeunes ? En ce qui concerne Montpellier, du moins, la dame n'a pas forcément raison. "Si je fais de la gymnastique ?" répète une autre dame, légèrement plus âgée que la première. "Mais bien sûr, chaque semaine. Depuis la retraite. Et je vous garantis, je rajeunie tous les jours, grâce à ça." D'après elle, son cours pour seniors est très fréquenté. "La gymnastique est idéale pour mon âge. Puis on va souvent boire un café, après le cours." Elle ricane. "C'est agréable. Je me suis déjà faite des copines."
 
La gymnastique comme facteur de vie sociale ? Pourquoi pas. Cependant, la gymnastique à Montpellier ne semble pas être réservée aux retraités. "Oui, j'y vais souvent", explique une étudiante. "Mais rarement seule. Je préfère que ma copine vienne avec moi. Ou mon copain. Mais lui, ça le tente rarement. Il préfère du 'vrai' sport comme courir ou le foot."
 
Le cas de la jeune femme paraît "typique" pour la fréquentation des salles de gym à Montpellier. Les femmes y sont plus représentées que les hommes, et beaucoup d'amatrices de la gymnastique viennent à deux ou en petit groupe. "C'est pour se motiver l'une l'autre", sourit une dame d'une quarantaine d'années qui, depuis quelques mois, fait régulièrement sa gymnastique. "Je ne sais pas si j'aurais le courage toute seule, mais j'en ai tellement besoin." Son sourire est un peu triste. "Y a trop de kilos qui se sont accumulés."
 
"Pour moi, la gym est idéale, et je connais beaucoup de femmes qui sont du même avis." La dame dans la trentaine aime évidemment bouger. "Après une journée au bureau, je me sens malade si je ne fais pas quelques exercices. Je n'aurais pas le temps pour autre chose comme, par exemple, faire du vélo. Le vélo est pour le weekend, la gym pour tous les jours."
 
Un homme d'à peu près le même âge n'est pas de son avis. "Le sport", dit-il avec un mélange de regret et de honte dans la voix, "ne m'intéresse pas. J'ai pas le temps. Mais si j'étais sportif", ajouta-t-il, "j'irais plutôt nager, comme mon frère."
 
Un homme dans la cinquantaine fait le point. "Quand je serai en retraite, j'irai probablement faire de la gymnastique avec ma femme. D'ici là, je préfère mes soirées devant la télé ou, de temps en temps, dans un bon restaurant. Oui, oui, je sais..." Il s'interrompt en rigolant. "Ma femme me dit toujours que j'aurai des problèmes plus tard, quand j'aurai soixante-dix ans. Elle a raison, j'en suis certain. Je risque d'avoir les articulations rouillées et des troubles de cœur. Mais qui me dit que je ne serais pas mort longtemps avant d'avoir atteint cet âge ? Et que voulais-vous faire contre la paresse ? C'est plus fort que moi, c'est comme ça."

Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 20 avril 2013

Chaises en fer forgé - une invention destinée aux pauvres

L'artisanat du Maroc à Montpellier : les meubles en métal et verre

C'était au 14ème siècle que le style de l'artisanat au Maroc a subi des influences qui, jusqu'à nos jours, ont laissé leur empreinte sur les produits du pays. Les immigrations des peuples du Nord n'apportaient pas seulement des nouveaux styles de vie et de nouvelles sciences, mais aussi l'art de travailler le métal.
 
Bientôt, l'art du fer forgé a commencé à faire partie du - nouveau - patrimoine maroc. Des artistes et des artisans se sont spécialisé à la fabrication des grilles, des portails, des fenêtres et des portes en fer forgé. Ces produits qui, jusqu'à nos jours, se trouvent dans les hôtels particuliers au Maroc et, après la conquête culturelle de l'Espagne, aussi en Andalousie, étaient plutôt destinés aux riches. Les artistes vivaient des princes et des dignitaires qui régnaient sur l'économie du pays.
 
À cette époque, l'idée de créer des meubles - des armoires, des tables ou des chaises en métal - n'était pas encore très répandue. On se servait plutôt des meubles en bois qui, de nos jours, sont considérés comme classiques. Toutefois, le bois était une matière rare et, par conséquent, chère au Maroc. Ainsi, disposer des meubles était considéré comme un luxe dont les pauvres ne pouvaient que rêver.
 
L'artiste qui, le premier, a eu l'idée d'utiliser le fer forgé pour construire des chaises et des tables est toujours resté anonyme. Toujours est-il que, peu après que l'artisanat en fer forgé a surgi en Maroc, on découvre les premiers meubles en métal - destinés aux pauvres.
 
Comme si souvent dans les pays orientaux, la nécessité économique a vaincu la mode. Aujourd'hui, l'art de fabriquer des meubles en fer forgé - souvent avec du métal brossé - associé au verre n'a plus rien de "pauvre". Il s'est développé au cours des siècles et, petit à petit, a conquis la Méditerranée et le Sud de la France. Entre-temps, Montpellier fait partie des villes ou la fabrication des tables et chaises en fer forgé est devenue un art reconnu.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

vendredi 19 avril 2013

Tables en verre craquelé et métal brossé - un concept social

Alain Hajji et Eileen Gray : les meubles en verre et métal... deux époques, un concept

Si les meubles en verre et métal qu'on trouve aujourd'hui à Montpellier sont considérés comme absolument modernes symbolisant la rupture avec le traditionnel, on trouve le même concept - ou, au moins, la base du même concept - déjà au début du 20ème siècle, où il faisait partie des styles que l'histoire de l'art appelle les "classiques du design moderne."
 
Comparons, par exemple, la fameuse "Table à Cocktail" dessinée par Eileen Gray dans les années 20, avec une des tables en verre et métal d'Alain Hajji à Montpellier. La table d'Eileen Gray est réalisée en acier inoxydable chromé et son plateau est en verre de cristal. La création nommé "Table haute Jupiter" d'Alain Hajji suit la même idée - une table ronde avec plateau en verre et pieds en métal. Mais la table du Montpelliérain présente des attributs qui, plus que celle d'Eileen Gray, s'adaptent à notre époque : des pieds en fer forgé et métal brossé, et le plateau en verre craquelé. Et, petit clin d'œil au confort des utilisateurs - des reposes pieds également en métal brossé.
 
De nos jours, nous pouvons considérer le Montpelliérain Alain Hajji comme représentant d'une époque moderne où beaucoup des gens ont envie de renoncer aux matières classiques et de découvrir d'autres styles - un phénomène qui, toutefois, était déjà actuel à l'époque d'Eileen Gray. Il est remarquable que, bien qu'elle ait travaillé en France pendant la plus grande partie de sa vie, cette pionnière des meubles en verre et en métal soit originaire de l'Irlande - d'un pays qui ne connaissait pas la tradition des chaises ou tables en métal. Alain Hajji, par contre, un homme de la Méditerranée, est né dans cette tradition qui, déjà au 14ème siècle, a conquis une partie de la population des pays du Sud - d'abord les pauvres qui ne pouvaient pas se payer le bois, plus tard les riches qui, comme aujourd'hui, avaient envie de styles "alternatifs".
 
C'est en effet dans la région méditerranéenne qu'Eileen Gray a eu l'idée de fabriquer des meubles en verre et métal. Jusqu'à 1924 où une commande la mène dans le Sud de la France, elle se servaient plutôt du bois et misait sur la technique du bois laqué, dans le style de l'Art Déco. Bien que même les copies de ses œuvres en verre et métal soient vendues aujourd'hui à des prix bien élevés, elle était fascinée de l'idée des meubles en métal pour les pauvres qui était en vogue 600 ans avant son époque. C'est dans le même esprit que, un peu plus tard, elle a créé le concept de l'architecture sociale.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 18 avril 2013

Chaises en fer forgé et métal brossé : art et artistes à Montpellier

Tables et chaises en fer forgé et métal brossé à Montpellier - une tradition méditerranéenne

Que Montpellier est une ville où l'art trouve un "chez lui", ceci est connu. Mais il est toujours étonnant de découvrir que les artistes et artisans avec des idées nouvelles ont des prédécesseurs qui ont déjà influencé l'histoire et l'histoire de l'art.
 
Ainsi, l'art bien établi à Montpellier de créer des meubles dans des matières alternatives au bois classique - par exemple des chaises en fer forgé et métal brossé - est déjà apparu au XIVème siècle. À cette époque-là, c'était le Maroc qui brillait dans la technique de travailler le fer.
 
Si, en général, on parle du fer, on pense en vérité au "fer forgé". Il s'agit d'une forme de fer très pure qui a l'avantage d'être facile à travailler et se lie à d'autres métaux. Ces vertus sont dues à un taux très faible de carbone. La malléabilité qui caractérise le fer forgé a pour avantage qu'on peut lui donner plus ou moins toutes les formes voulues - en fabriquer des grilles, des portes, des fenêtres, des tables ou des chaises en fer forgé. Elle présente, par contre, le désavantage d'être inapte à la fabrication des lames ou des épées.
 
La technique du métal brossé a été développée encore plus tôt. Là aussi, on se sert des métaux très purs qui ont l'avantage de pouvoir être travaillé facilement. L'idée du métal brossé cible évidemment un style plus décoratif que le métal non travaillé, mais il a aussi pour avantage d'être plus protégé contre les influences de l'environnement.
 
Toutefois, au XIVème siècle, il était encore rare qu'on fabrique des meubles en fer forgé ou, plus généralement, en métal brossé. Cette technique était plutôt réservée aux grilles, portes ou fenêtres. C'étaient les pauvres qui utilisaient des chaises en fer forgé - ceux qui ne pouvaient pas se payer le bois, matière assez chère dans le Maroc de l'époque.
 
Quatre siècles plus tard, par contre, l'idée d'appliquer les techniques du fer forgé ou du métal brossé sur des meubles avait gagné l'Europe - et elle n'avait plus rien de "pauvre". Elle fascinait un public qui pouvait bien se payer le bois mais qui, justement, voulait échapper à tout ce qui était renommé et classique. Vers la fin du XIXème siècle, un mouvement de créateurs s'était formé, menés par des architectes à la mode tels que Jean Dunand ou Eileen Gray, qui s'opposait au gâchis du bois pour la fabrication des meubles et s'engageait pour la fabrication des tables et chaises en fer.
 
Bien qu'au XIXème siècle et au début du XXème siècle, les meubles en fer forgé et métal brossé étaient populaires chez ceux qui avaient les moyens de se payer des meubles à la mode et, en même temps, de s'opposer à tout ce qui était toujours considéré comme classique, le "véritable" mouvement des tables ou chaises en fer forgé et métal brossé était toujours restreint à la Méditerranée - au climat, où des meubles plutôt "froids" sont agréables. Ainsi, les artistes montpelliérains de nos jours, bien qu'ils renouvellent des techniques plus ou moins oubliées depuis cent ans, s'inscrivent dans une tradition qui a marqué l'histoire de l'art et des mœurs.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mardi 16 avril 2013

Des tables en triangle, métal brossé et verre craquelé...

Création à Montpellier : Alain Hajji, l'homme qui réinvente les meubles en verre craquelé et métal brossé... et les tables en triangle

Ce qui est importante pour Alain Hajji et son fils Mehdi, c'est la création. Et la communication. Créer et communiquer, c'est la vie pour ce Monsieur qu'on rencontre aujourd'hui aux foires et à sa boutique à côté de la place de la Comédie à Montpellier, toujours prêt à discuter avec les Montpelliérains qui regardent ses meubles en métal brossé et verre craquelé, à écouter les critiques et les opinions - bien que, s'il avait envie, il puisse se "payer le luxe" de passer son temps à son bureau, tranquille...
 
Lorsqu'on écoute l'histoire de la "petite entreprise" d'Alain Hajji, on ne peut que croire de nouveau à l'ancien rêve du "tout est possible" - un rêve qui, à cause ou, plutôt, grâce à la crise, est réalisé aussi par d'autres Montpelliérains. Mais il est sûr que, pour ce "tout est possible", il faut l'énergie de cet homme qui est toujours prêt à bondir sur une nouvelle idée, toujours en mouvement, toujours actif. Son fils, Mehdi, donne à première vue l'impression d'être un peu plus "posé", mais dès qu'on le connaît un peu mieux, on voit en lui la même énergie que dans son père - une énergie de création.
 
Au début, comme si souvent, il n'y avait qu'une idée. Alain Hajji avait envie de donner "autre chose" aux gens qui en avait marre de leurs meubles classiques. Renonçant au bois, il s'est lancé dans un concept de meubles en métal et verre... et il inventait les chaises et les tables en verre craquelé et métal brossé. Mais il est allé encore plus loin : il a laissé tombé les formes classiques - et tout à coup, rien n'était plus comme avant. Une fois libérées des formes classiques, les tables en triangle, par exemple, n'avaient plus rien d'étonnant.
 
Toutefois, il est clair que les idées et l'esprit de création ne suffisent pas pour monter une entreprise. Alain Hajji n'est pas seulement un artiste qui fait l'ébauche d'une nouvelle table en quelques minutes et qui n'a même pas besoin de réfléchir pour lui trouver un nom approprié et originel, il a aussi l'esprit d'un homme d'affaires. Il sait, comment faire produire ses tables en métal brossé et verre craquelé pour un prix modeste - sans pour autant renoncer à la qualité - et il sait, comment attirer les yeux des clients. Il n'a pas peur des médias, ni des gens qu'il accueille toujours avec un de ses sourires transmettant l'idée directrice de son "tout est possible".
Photos et texte : copyright Doris Kneller