L'inauguration des nouveaux trams à Montpellier
Encore plus d'un mois à attendre, mais tout le monde en parle comme si l'événement avait déjà eu lieu : l'inauguration du tram ligne 3 à Montpellier le 7 avril 2012. Il y en a qui se réjouissent comme, par exemple, cette jeune femme qui habite Pérols : "Je vais pouvoir prendre le tram jusqu'à Montpellier. Je pense que cette possibilité m'incitera à y aller plus souvent." - Plus de soucis d'embouteillage entre Pérols et Montpellier et, surtout, plus de "chasse au parking". - Toutefois : "Dommage qu'à Pérols, le tram ne va pas jusqu'à centre ville. Comme ça, je dois marcher assez longtemps pour l'attraper. Ou prendre la voiture et la laisser à la station...."
Rien n'est parfait. Et il est clair que le trajet de la nouvelle ligne 3 laisse pleins de jaloux et de malcontents. Par exemple parmi ceux qui avaient pris l'habitude du bus 15. "C'était si facile : on le prenait à la gare et il nous déposait plus ou moins devant la maison", raconte un habitant de Figuerolles. "En plus, le 15 roulait jusqu'à tard la nuit." Or, à partir du 7 avril, Montpellier n'aura plus de bus 15. "On sera obligé de faire un trajet d'une dizaine de minutes à pied..."
"Le trajet du nouveau tram ? Ça ne m'intéresse pas", déclare par contre un Monsieur dans la cinquantaine qui habite Saint-Jean-de-Védas. "Pour moi, la catastrophe est déjà arrivée avec le tram 2 : à l'époque, ils ont supprimé le bus que prenait mon fils pour aller à l'école. On a dit que, soi-disant, il serait remplacé par le tram. Mais ils ont oublié que le tram ne part qu'au centre ville - et nous on habite à vingt minutes à pied du centre."
Le sentiment que partagent la plupart des Montpelliérains ? La confusion. "Rien n'est clair", déclare une dame dans la trentaine qui, depuis "toujours", a l'habitude de se servir des transports en commun. "Depuis des années, on a pris l'habitude que rien ne va plus avec les bus. Quand ils avaient du retard, c'était toujours la faute aux travaux - même dans les coins où il n'y avait jamais des travaux. Les stations changeaient tout le temps, et si, une semaine, un bus partait à tel endroit, la semaine après on pouvait pas être sûr de l'y retrouver. Mais tout le temps, on se disait que tout ira mieux une fois le tram terminé. Et maintenant..."
Et maintenant, la confusion est plus grande que jamais. La ligne 15 disparaîtra, la ligne 7 prendra une partie de l'ancien trajet de la ligne 15, la ligne 6 fusionna partiellement avec la ligne 16, le nouveau trajet des lignes 8 et 12 est encore inconnu, ... "Il y a juste une chose que j'ai compris", lance un jeune homme, "il n'y aura pas plus de bus qui roulent le soir. Là, rien ne change : si on n'habite pas dans le réseau des trams, on est 'prisonnier' chez soi, après vingt heures. Sauf si on peut se payer une voiture."
D'autres Montpelliérains craignent pour leur sécurité. "Depuis que les travaux ont commencé, j'ai peur de traverser la rue de la République. Et ça va être pire maintenant", se plaint une dame dans la soixantaine. Pendant des années, les feux rouges par exemple autour des halles de Laissac avait été éliminés - de la manière que les piétons étaient obligés de courir entre les voitures ou, par un geste courageux de la main, de les arrêter, toujours en espérant qu'il n'aurait pas un conducteur qui ne l'accepterait pas.
Le problème des feux rouges est résolu - plus ou moins. Par contre : "Dans ce coin, on ne sait plus qui arrive de quel côté : les bus, les voitures. Bientôt, le nouveau tram va s'y joindre. Les piétons ne sauront plus où aller."
Toutefois, cela ne signifie pas que le nouveau tram ne présenterait pas des avantages. "Cela valait bien la peine de vivre un chaos pendant quelques années. Maintenant, on n'aura presque plus besoin de la voiture pour se déplacer à Montpellier. Le nouveau tram va presque partout", explique une dame dans la quarantaine et un jeune homme ajoute : "Les jeunes ne peuvent pas se payer des voitures. On a besoin du tram. Oui, c'est très bien, le nouveau tram, ça aide énormément."
Tout le monde parle de la ligne 3 - et très peu de Montpelliérains savent qu'en même temps, la ligne 4 sera inaugurée. "Non, je n'ai aucune idée du trajet d'une ligne 4", déclare une dame dans la trentaine. "J'avais pensé que la ligne 4 ne serait ouverte qu'en 2016."
Ceux, par contre, qui ont entendu parlé de la ligne 4 ne sont pas très enthousiastes. "Elle servira à quoi ?", s'interroge une autre dame, d'à peu près le même âge. "Elle dessert presque exclusivement des stations où il y a déjà un tram. Rien de nouveau." - "Si," s'en mêle un Monsieur un peu plus âgé. "Montpellier peut dire qu'on a quatre lignes ou lieu de trois."
Ensuite, il explique que la ligne 4 servirait à lier les stations du centre ville un peu différemment. "On peut dire qu'elle 'contourne' le centre de Montpellier - les Beaux-Arts, les Aubes, l'Antigone, le boutonnet, Albert Ier etc." De cette manière, on voyagera d'un point extrême du centre ville vers un autre en beaucoup moins de temps.
"Les Montpelliérains ne sont jamais contents", dit avec un grand sourire une femme dans la cinquantaine. "D'abord, ils veulent un tram, mais ils râlent pendant les travaux, et quand le tram est prêt, ils râlent toujours. Ils sont comme ça, les Montpelliérains. Mais ce n'est pas grave. Dans leur for intérieur, ils sont heureux..."
Rien n'est parfait. Et il est clair que le trajet de la nouvelle ligne 3 laisse pleins de jaloux et de malcontents. Par exemple parmi ceux qui avaient pris l'habitude du bus 15. "C'était si facile : on le prenait à la gare et il nous déposait plus ou moins devant la maison", raconte un habitant de Figuerolles. "En plus, le 15 roulait jusqu'à tard la nuit." Or, à partir du 7 avril, Montpellier n'aura plus de bus 15. "On sera obligé de faire un trajet d'une dizaine de minutes à pied...""Le trajet du nouveau tram ? Ça ne m'intéresse pas", déclare par contre un Monsieur dans la cinquantaine qui habite Saint-Jean-de-Védas. "Pour moi, la catastrophe est déjà arrivée avec le tram 2 : à l'époque, ils ont supprimé le bus que prenait mon fils pour aller à l'école. On a dit que, soi-disant, il serait remplacé par le tram. Mais ils ont oublié que le tram ne part qu'au centre ville - et nous on habite à vingt minutes à pied du centre."
Le sentiment que partagent la plupart des Montpelliérains ? La confusion. "Rien n'est clair", déclare une dame dans la trentaine qui, depuis "toujours", a l'habitude de se servir des transports en commun. "Depuis des années, on a pris l'habitude que rien ne va plus avec les bus. Quand ils avaient du retard, c'était toujours la faute aux travaux - même dans les coins où il n'y avait jamais des travaux. Les stations changeaient tout le temps, et si, une semaine, un bus partait à tel endroit, la semaine après on pouvait pas être sûr de l'y retrouver. Mais tout le temps, on se disait que tout ira mieux une fois le tram terminé. Et maintenant..."Et maintenant, la confusion est plus grande que jamais. La ligne 15 disparaîtra, la ligne 7 prendra une partie de l'ancien trajet de la ligne 15, la ligne 6 fusionna partiellement avec la ligne 16, le nouveau trajet des lignes 8 et 12 est encore inconnu, ... "Il y a juste une chose que j'ai compris", lance un jeune homme, "il n'y aura pas plus de bus qui roulent le soir. Là, rien ne change : si on n'habite pas dans le réseau des trams, on est 'prisonnier' chez soi, après vingt heures. Sauf si on peut se payer une voiture."
D'autres Montpelliérains craignent pour leur sécurité. "Depuis que les travaux ont commencé, j'ai peur de traverser la rue de la République. Et ça va être pire maintenant", se plaint une dame dans la soixantaine. Pendant des années, les feux rouges par exemple autour des halles de Laissac avait été éliminés - de la manière que les piétons étaient obligés de courir entre les voitures ou, par un geste courageux de la main, de les arrêter, toujours en espérant qu'il n'aurait pas un conducteur qui ne l'accepterait pas.
Le problème des feux rouges est résolu - plus ou moins. Par contre : "Dans ce coin, on ne sait plus qui arrive de quel côté : les bus, les voitures. Bientôt, le nouveau tram va s'y joindre. Les piétons ne sauront plus où aller."Toutefois, cela ne signifie pas que le nouveau tram ne présenterait pas des avantages. "Cela valait bien la peine de vivre un chaos pendant quelques années. Maintenant, on n'aura presque plus besoin de la voiture pour se déplacer à Montpellier. Le nouveau tram va presque partout", explique une dame dans la quarantaine et un jeune homme ajoute : "Les jeunes ne peuvent pas se payer des voitures. On a besoin du tram. Oui, c'est très bien, le nouveau tram, ça aide énormément."
Tout le monde parle de la ligne 3 - et très peu de Montpelliérains savent qu'en même temps, la ligne 4 sera inaugurée. "Non, je n'ai aucune idée du trajet d'une ligne 4", déclare une dame dans la trentaine. "J'avais pensé que la ligne 4 ne serait ouverte qu'en 2016."
Ceux, par contre, qui ont entendu parlé de la ligne 4 ne sont pas très enthousiastes. "Elle servira à quoi ?", s'interroge une autre dame, d'à peu près le même âge. "Elle dessert presque exclusivement des stations où il y a déjà un tram. Rien de nouveau." - "Si," s'en mêle un Monsieur un peu plus âgé. "Montpellier peut dire qu'on a quatre lignes ou lieu de trois."
Ensuite, il explique que la ligne 4 servirait à lier les stations du centre ville un peu différemment. "On peut dire qu'elle 'contourne' le centre de Montpellier - les Beaux-Arts, les Aubes, l'Antigone, le boutonnet, Albert Ier etc." De cette manière, on voyagera d'un point extrême du centre ville vers un autre en beaucoup moins de temps.
"Les Montpelliérains ne sont jamais contents", dit avec un grand sourire une femme dans la cinquantaine. "D'abord, ils veulent un tram, mais ils râlent pendant les travaux, et quand le tram est prêt, ils râlent toujours. Ils sont comme ça, les Montpelliérains. Mais ce n'est pas grave. Dans leur for intérieur, ils sont heureux..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller
Ils sont cinq, et ils ont une chose en commun : l'amour de la création, de tout ce qui est "original" - et de l'écologie et du commerce équitable.
Ou, peut-être, tout a-t-il déjà commencé beaucoup plus tôt, le jour où, lors d'un voyage en Mexique, Marielle Lopez a eu un "coup de cœur", comme elle dit, pour les vêtements de Carla Fernández. La couturière "recycle" des rebozos, ces grandes écharpes des indigènes dans lesquelles, par exemple, elles portent des bébés, pour en faire des tuniques originales.
Véronique Ribeiro et son entreprise "Dur à cuir" misent elles aussi sur le recyclage. La créatrice se sert des chutes de cuir, des chambres à air, elle coupe, nettoie, cire... et en fait des merveilles. Une chambre à air de vélo, par exemple, peut se transformer en une ceinture élégante et de bonne qualité. De petites trousses qui, pour une fois, se distinguent de celles qu'on trouve dans chaque boutique "classique", sont faites de pneu de camion. Lorsqu'elle travaille avec des chutes de cuir, elle "utilise tout au maximum", rien n'est jeté.
Ça y est, la saison des marchés de Noël est revenue. Pas une ville dans l'Hérault qui ne consacre pas au moins une journée, voire un week-end, à un marché de Noël, pour ne pas parler de la grande fête des Hivernales à Montpellier.
À cette époque, Ina Holzhauer était secrétaire adjointe - plus tard, elle est devenue secrétaire - de l'association "Pérols Jumelages" qui gère et anime des relations amicales avec Flörsheim am Main, une petite ville en Allemagne, pas loin de Francfort. L'idée de renforcer encore cette amitié entre les deux communes et, pour aller plus loin, entre les Français et les Allemands en général, n'était donc pas absurde. "Pour s'entendre, il faut d'abord se connaître", réfléchit Ina Holzhauer. "Et une bonne partie de la connaissance et de la reconnaissance passe par la connaissance des produits d'un pays - et surtout par les bonnes spécialités culinaires..."
L'idée d'un Marché de Noël un peu original était bonne, mais les circonstances l'étaient aussi : "Les Péroliens avaient envie de découvrir les produits de leur ville jumelle, et côté Flörsheim am Main, les gens sont très ouverts à tout genre d'idée nouvelle." Ils étaient immédiatement d'accord d'envoyer des représentants de leur ville avec leurs meilleurs produits - comme ce pâtissier de Flörsheim am Main qui a promptement réagi lorsque Ina Holzhauer lui a soumis son idée : "Je t'aide, bien sûr, je vais te faire de bons gâteaux..."
C'est fois-ci, les Montpelliérains et leurs amis avaient droit à assister à une ZAT - Zone Artistique Temporaire - encore plus spéciale que ses deux prédécesseurs : elle ne consistait pas seulement dans de diverses performances artistiques comme toujours très originales, mais aussi dans l'inauguration du nouveau hôtel de ville. Et le comble : le jour de l'apparition du Monstre du Loch Lez, prédit par Nostradamus, l'illustre étudiant à la faculté de Montpellier, était venu.
Ce qui, par contre, a plu aux Montpelliérains était la cellule d'enquête instaurée par la mairie de Montpellier et l'intervention de divers spécialistes de monstruosité. Ainsi, Olaf Nitche, monstrologue de Düsseldorf en Allemagne, perché sur une île de livres, a expliqué au public ce qui distingue les monstres des êtres "normaux". Les différences, selon lui, ne sont pas énormes - il y a juste la question de la taille. Il faudrait s'imaginer l'effet d'une mouche haute de trente mètres... et déjà, on saurait ce qu'on ressent face à un monstre. Bref, un monstre est un être d'un aspect dont nous n'avons pas l'habitude...
Une étudiante récemment arrivée de la région parisienne est impressionnée. "J'imagine que, pour les Montpelliérains, c'est l'inauguration de l'hôtel de ville qui est le plus important. Je ne suis pas experte dans la matière, mais je crois qu'il est unique dans son genre, écologique est tout."
Un mardi à Montpellier, trois heures le matin, quartier entre la gare SNCF, l'ancienne gare routière et la Comédie. Un groupe de jeunes traîne dans les rues. Quelques filles éclatent de rire - d'un rire fort et sonore - et des garçons poussent des hurlements de loups, d'autres aboient ou crient, tout simplement, comme si la vie leur faisait mal. À première vue, ils ont l'air ivres, mais quand on les observent de près, on remarque qu'ils n'ont rien bu ou très peu.
"Ses jeunes", termine le Monsieur le récit qu'il adressé à l'équipe de "Montpellier Presse Online", "ne sont pas méchants. Ils ne veulent pas nuire aux gens, mais ils sont énormément frustrés. Ils ne savent pas quoi faire de leur vie, et ils n'ont aucun espoir. Ils ont l'impression que personne ne les respecte - et ils ont appris à respecter personne, de leur côté."
"Nous ne pouvons pas être derrière chaque client", confirme le patron d'un bar dans lÉcusson. "Ce n'est pas nous qui avons fait les lois contre les fumeurs. Les gens veulent fumer, alors ils sortent. En général, ils sortent à plusieurs et continuent leur conversation dehors. C'est normal qu'ils ne pensent pas toujours à baisser la voix, n'est-ce pas ? Quand ils quittent le bar", ajoute-t-il, "ils font ce qu'ils veulent, de toute manière. S'ils ne rentrent pas tout de suite, ce n'est pas sous notre responsabilité."
"Si vous voulez connaître la différence entre la France et les autres pays... les gens se laissent faire, partout", explique un jeune homme qui, avec beaucoup d'autres, est sorti sur la Comédie le 15 octobre. "On s'incline devant l'autorité, on fait se qu'elle attend de nous. Mais à un certain degré, on en a assez. Et là, au contraire d'autres peuples en Europe, on va dans la rue. On se laisse plus faire."
L'austérité était aussi le sujet d'un sketch présenté dans les rues de Montpellier par un groupe de la jeunesse communiste. Avec beaucoup d'humour - et de cynisme - les jeunes hommes et femmes faisaient l'éloge de l'ingéniosité de "certains" de s'enrichir et des banques dont les dettes sont transférées au peuple : "Ils font tout pour sauver les banques", commente un des acteurs, "et ils savent, comment faire."
Contre les gaz de schiste, anti-nucléaire, austérité et appauvrissement,... tous les sujets de la "grande journée nationale d'action" aboutissaient dans un seul qui dominait toutes les pensées : le racisme en général et, notamment, le "racisme d'état". "Paris, le 17 octobre 1961 - il y en a peut-être qui l'ont oublié", admet un homme dans la quarantaine, "ou c'est ce que les médias souhaitent de nous faire croire. Mais non. Ceux qui croient à la justice et l'égalité n'ont pas oublié." Le 17 octobre 1961, c'est le jour où la France a été secouée. Que 30.000 Algériens manifestent calmement à Paris contre les couvre-feux auxquels la loi les avait condamnés n'a étonné personne. Que 12.000 manifestants ont été arrêtés est grave. Que, après la manifestation, on a parlé de trois morts est encore plus grave. Mais que, comme il s'est avéré plus tard, des centaines d'Algériens ont été tués dans les rues de Paris, ceci est l'horreur pure.
À Montpellier, beaucoup des choses vont changer. Surtout au niveau de la circulation...
Les