Saint-Côme, Lapeyronie et le premier centre de congrès à Montpellier

François Gigot de Lapeyronie, la "vedette" parmi les étudiants de médecine à Montpellier, voulait absolument que ses étudiants aient un amphithéâtre d'anatomie digne de ce nom. Il décida alors de léguer 100.000 livres à la ville pour qu'elle puisse construire cet amphithéâtre dont les étudiants montpelliérains avaient tant besoin : c'est donc grâce à Lapeyronie que le Collège Saint-Côme fut construit.
Celui de Lapeyronie est un des premiers noms qui se présentent à un Montpelliérain réfléchissant sur les grands hommes sa ville. Lapeyronie est né à Montpellier, il y fit ses études de médecine, et bien que, à la fin de ses études, il passe quelque temps à l'université de Paris, il revint deux ans plus tard pour entrer à l'hôpital de Saint-Éloi sur la Place d'Armes, situé sur la Place de la Comédie, là où, aujourd'hui, se trouve le "Monoprix".

Ce fut cette fin de noble bien établi à Paris qui lui coûtait quelques sympathies à Montpellier. Sa carrière assurée, ce fils du Midi avait-il oublié sa ville ? - Mais non, il n'avait oublié ni Montpellier ni ses étudiants. À la toute dernière minute, enfin, au moment où il fit son testament, il ne pensait pas seulement à sa ville adorée, mais il lui offrit aussi un cadeau très important : 100.000 livres.
La somme de 100.000 livres était beaucoup d'argent à cette époque. En plus, pour arrondir la somme, Lapeyronie y ajouta les deux maisons qu'il possédait à Montpellier. Car comme tous les Montpelliérains qui s'occupèrent jamais de la construction d'édifices importants, Lapeyronie ne voulait pas que l'on érige "n'importe quoi" - il rêvait d'une copie du Collège Saint-Côme à Paris. La nouvelle annexe de l'université de Montpellier devrait être aussi magnifique que l'original à Paris ou, mieux, encore "plus parfait" que celui-ci, comme Lapeyronie spécifia dans son testament.

Passons sur le fait qu'un autre médecin de roi, François Moostet - sa tâche était de s'occuper de l'armée - ajouta au don de Lapeyronie une rente d'exactement 1505 livres qui permit aux Montpelliérains d'agrandir le Collège Saint-Côme par la construction d'une école d'opération où les étudiants pouvaient transformer leurs connaissances théoriques en exercices pratiques.
Finalement, comme dans toute histoire d'un édifice montpelliérain, la révolution arrive et, avec elle, les grands changements. Or, le Collège Saint-Côme eut plus de chance que d'autres bâtiments : il n'est pas détruit mais juste vendu "au profit de la nation". Ainsi, dès 1801, l'ancien amphithéâtre de médecine se transforme en "Bourse de Commerce de la Commune de Montpellier" et, 19 ans plus tard, en Chambre de Commerce et d'Industrie...
Photos et texte : copyright Doris Kneller
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