Sport et culture - les activités associatives à Clapiers
Sans doute, ça bouge à Clapiers - un fait qui est garanti par les nombreuses associations locales qui se sont présentées lors de l'édition 2011 de la foire aux associations. Pour les visiteurs du village, déjà la découverte du site de la foire était enchantant : la manifestation s'est déroulée dans le parc municipal, dans l'ombre de chênes centenaires. Pour ceux qui ne venaient pas la première fois, la foire permettait, certes, de s'informer sur les activités culturelles et sportives de la ville, mais aussi de passer un dimanche après-midi agréable, de retrouver des amis et de discuter les exploits de l'été.Autrement dit, à Clapiers, la nouvelle saison a commencé. Pour les Clapiérois ou les Montpelliérains qui connaissent bien la petite ville située à quelque quinze minutes au nord de Montpellier, le nombre et la diversité des associations qui proposaient leurs activités n'ont peut-être pas été étonnants. "Je viens souvent à Clapiers", explique une dame qui, il y a des années, a habité dans cette ville, avant de déménager à Montpellier. "J'aime cette petite commune. Il y a toujours quelque chose qui se passe. Si j'avais pas eu besoin d'être à Montpellier pour mon travail, j'aurais pas bougé d'ici."
L'équipe de Montpellier Presse Online voulait savoir qui venait à la foire des associations de Clapiers, et avec quelles attentes. La plupart des gens interrogés étaient évidemment des Clapiérois qui étaient venus pour fêter le début d'une nouvelle saison d'activités locales. Mais il y avait aussi des habitants des villes et villages autour de Clapiers : "Je viens ici", explique par exemple une dame de Castelnau-le-Lez, "parce que l'ambiance est plus sympa ici. Et il y a des associations que j'aime bien." Sa découverte préférée : une association de Jazz. "Je ne suis pas tout à fait d'accord avec le goût du président. Son amour exclusif pour les classiques ne me convient pas. J'aimerais qu'il soit un peu plus ouvert au jazz plus moderne." Mais cela ne l'empêche pas d'être contente que l'association existe. "Ça fait plaisir de discuter Jazz avec quelqu'un qui s'y connaît."Un jeune couple hollandais était venu pour découvrir le monde d'une petite ville. "Pour le moment, on est en vacances", a confié l'homme à Montpellier Presse Online. "Mais on veut s'installer dans la région. Pas à Montpellier, plutôt dans une petite ville. Une ville où se passent des choses, où les gens communiquent."
La communication ne pose pas de problème à Clapiers. Il suffit d'avoir "une envie quelconque", comme l'exprime une Clapiéroise d'une cinquantaine d'années, "et vous trouvez pleins de gens qui partagent cette envie avec vous." Par exemple l'envie d'échanger des astuces avec des photographes. Ou de jardiner. Ou de faire des sports aussi divers que le foot, le Karaté, le Zen Shiatsuou, le Ki Do ou le Capoeira. On peut même danser le "Country", avec chapeau et costume de cowboy ou cowgirl. "Chez nous, on s'amuse", explique une dame en veste et chapeau de cowgirl, encore un peu hors haleine après une démonstration de danse. Et elle le dit d'une manière qu'on comprend qu'il vaut mieux s'abstenir, si on n'a pas vraiment envie de s'amuser...
Ceux qui veulent consacrer leur temps à d'autres peuvent s'engager pour l'Atelier Petites Mains au Crès, un atelier de loisirs créatifs pour les enfants, ou devenir un des bénévoles de Clapiers qui aident les jeunes à trouver le goût de la lecture. On peut apprendre l'occitan ou participer à un concours de cuisine, et les hommes ont même le droit de chanter dans un choral occitan. "Pour le moment, il n'y a que les hommes qui chantent chez nous", constate un membre de l'association Cocut avec un sourire un rien moqueur, "mais si les femmes veulent absolument chanter elles aussi, on va réfléchir..."Ceux qui s'intéressent à la musique plus sérieuse ont certainement récupéré le programme 2011-2012 de l'école de musique de Clapiers. Utile aussi pour la détente : le stage de la gestion du stress et des émotions de "Ter' Happy"... "Mon offre préférée ? répète une dame dans la trentaine la question de l'équipe de Montpellier Presse Online. "Je ne peux pas vous dire. Ou, plutôt, je ne peux pas toutes les nommer, il y en a trop. Y a tant de choses intéressantes."
Une autre dame, un peu plus âgée que la précédente, raconte qu'elle habite Montpellier, mais qu'elle participe souvent à des manifestations culturelles à Clapiers. "C'est ma copine d'ici qui m'a fait découvert cet endroit. Il y a des manifestations à Montpellier, bien sûr, mais il y a une différence. Comment vous expliquer ? À Montpellier, vous y allez, et si vous ne connaissez personne, vous restez seule dans votre coin. Ici, tout le monde parle avec tout le monde. Tout est plus 'personnel'." - "Peut-être c'est pareil dans toutes les petites communes", ajoute son amie. - Un Monsieur qui a entendu la conversation n'est pas d'accord. "Je ne crois pas", dit-il, "mais chez nous, c'est comme ça."
Photos et texte : copyright Doris Kneller
Début septembre, 9.30 heures, au centre de Montpellier. Trois piétons s'arrêtent au coin de la rue Pagezy et de la rue de la République. Ils se regardent, ils hochent la tête. Normalement, ils ne se seraient même pas remarqués, mais la situation les unit. "C'est toujours pareil", dit l'un et "On en a assez", remarque l'autre.
Entre-temps, la révolte des habitants de la rue Durand s'est étendue aux deux rues parallèles, la rue Levat et la rue de la République. Sur les portes et vitrines de la rue de la République, un tract appelle au rassemblement. "... groupons-nous", peut-on y lire, "constituons un comité de quartier et opposons-nous pour que la rue de la République ne devienne pas la Rue de tous les bus que personne ne veut."
Quelle ville ne rêverait pas d'un centre sans voitures ? Toutefois, Montpellier n'y est pas encore. Pour le moment, c'est juste les habitants du quartier de la gare qui ne savent plus où garer les leurs. Ainsi, la rue Durand a reçu un joli trottoir très large - "pour faire taire les voix qui disent que les piétons ne peuvent plus y passer" - et un couloir étroit pour les bus et les voitures. Voilà tout. Si un habitant de la rue a besoin de s'arrêter près de sa maison pour, par exemple, décharger ses bagages des vacances, il provoque immédiatement un embouteillage et la colère des conducteurs des bus. "La rue Durand est condamnée à mourir", explique une habitante, "car personne ne peut plus emménager. Les camions de déménagement n'ont plus de place." - Le déménagement, pourtant, n'est plus possible non plus.
Rien n'est définitif, alors, et rien n'est terminé. En attendant, le bruit, la pollution et la peur des accidents continuent à hanter les habitants du quartier de la gare. "Et même nos chiens n'ont plus de place", ajoute une dame en indiquant la fermeture du petit parc de la rue de la République qui, officieusement, était devenu le "terrain des chiens". Le parc existe toujours, mais ses arbres se cachent derrière un mur. Et là où, auparavant, se trouvait l'entrée, on peut lire maintenant que "Nos équipes aménagent votre cadre de vie"...
Juillet 2009, mardi, vers 11 heures, dans un quartier calme de Montpellier. Le soleil brille, il fait chaud - une journée de rêve pour ceux qui vont à la mer. Mais pas tout le monde a des vacances. L'équipe d'un camion de nettoyage, de toute manière, ne fait pas partie des vacanciers...
Ridiculisée par, comme elle dit, "des sexistes", en colère à cause d'une occasion de poste perdue, la dame a rédigé une plainte et l'a envoyée à la mairie. "J'étais nouvelle à Montpellier, je ne savais pas à qui m'adresser. Mais je me suis dit que la mairie la ferait passer."
Des cas isolés ? Bien sûr. "Je suis sûre que la plupart des équipes de nettoyage sont des hommes polis et gentils", admet la dame à la robe mouillée. "Et si je n'avais pas eu ce rendez-vous, j'aurais oublié l'histoire depuis longtemps. Mais ce qui me fâche encore aujourd'hui, c'est que ma plainte a été ignorée. Pourquoi, dans un tel cas, ils ne font pas de recherches internes pour éliminer des éléments comme ça ? Je suis certainement pas la seule qu'ils ont importunée. Mais avoir aucune réponse, ça fait mal. C'est comme si la mairie était d'accord avec eux. Ou, au moins, qu'elle ne s'intéresserait pas aux problèmes des gens qui vivent ici."
"J'aime Béziers", dit le Monsieur d'environ quarante ans qui habite la ville depuis son enfance. "C'est une ville où on peut travailler et avoir des amis. Mais", ajoute-t-il, "pour faire la fête, elle n'est pas idéale - à part la Féria, il n'y a strictement rien. C'est pourquoi, pour faire la fête, on va à Montpellier."
Mais les Montpelliérains et leurs visiteurs ne consomment pas seulement les verres : en moyenne, 7000 bouteilles de vin sont vidées au cours d'une soirée d'Estivales. Cela signifie-t-il qu'à Montpellier, quand on fait la fête, on boit beaucoup ? - Les chiffres se relativisent quand on les compare avec le nombre de visiteurs : 30.000 fêtards peuplent l'Esplanade les vendredis soirs... et les chiffres records du mois d'août ne sont même pas encore atteints. 30.000 personnes qui se partagent 7000 bouteilles, cela fait moins de deux verres par personne.
"J'aime les Estivales", déclare une touriste anglaise d'à peu près le même âge. "Dans le Sud de la France, on sait faire la fête. Les gens ont tous des mines heureuses. Tout le monde sourit. La musique est bonne. Et", elle lance un petit rire, "le vin aussi."
Montpellier ville internationale, Montpellier ville qui prend l'écologie au sérieux, Montpellier ville étudiante, Montpellier ville près de la Méditerranée... Les Montpelliérains, demandés de donner un attribut à leur ville, n'hésitent pas à nommer des traits "typiques". Une valeur, par contre, quoique connue dans certains cercles de Hong Kong, Shanghai ou Berlin, n'effleure même pas l'esprit de la plupart des Montpelliérains : Montpellier ville de la lutherie.
Cependant, au début des années 1970, la situation a changé. De plus en plus de jeunes luthiers avaient envie de construire de nouveaux instruments, et de plus en plus de jeunes violonistes ne voyaient plus de sens dans cette contrainte de se servir d'anciens violons - qui, logiquement, devenaient de plus en plus chers et, par conséquent, hors de portée d'un artiste débutant. D'un autre côté, la qualité des instruments fabriqués en usine n'était pas suffisante pour eux. Ainsi, l'idée de leurs amis luthiers leur plaisait bien : disposer de nouveaux violons d'une qualité comparable avec celle des anciens.
C'était en 1973 qu'il s'est adressé à un maître luthier pour avoir quelques conseils concernant la construction d'un instrument de musique. Mais le maître l'a vite persuadé d'entamer un véritable apprentissage. Après quelques années de fabrications d'instruments, il s'est tourné vers la théorie et a passé une maîtrise en histoire. Toutefois, le travail manuel lui manquait et il cherchait un nouveau défi. Ainsi, à 50 ans, il pouvait s'appeler "jeune archetier", comme il dit avec un sourire.
Samedi après-midi, rue Levat, une petite rue près de la gare de Montpellier. Comme partout, les habitants du coin passent le samedi au repos, d'autres discutent ou regardent la télé. Le niveau sonore est "normal" - les fenêtres grand ouvertes dans l'espoir qu'un brin d'air courant entre dans les appartements font entendre les bus qui peinent dans les rues étroites du centre, les travaux, les enfants qui jouent et les mères qui crient sur leurs enfants...
Le respect - ou, plutôt, le manque de respect - tracasse aussi une autre Montpelliéraine qui vit au centre ville. "Ça fait plus de dix ans que j'habite ici", raconte-t-elle. "Et avant, c'était assez sympa. Mais maintenant, il y a deux choses qui gâchent tout : les travaux et les gens qui ont de moins en moins de respect."
"Je vais profiter de la pause", remarque Constant Aubry, "pour jouer seul à la guitare." Et il ajoute avec un sourire un peu timide : "J'ai envie de jouer."
Constant Aubry, Jimmy Espinas - "Jimmy el Gitano Poéta" - Jango, Pepito el Mundo, Titi el Carmelito ou, parfois, aussi Patchai Reyes Gipsy King et leur bande d'amis et de cousins fadas du flamenco qui se donnent rendez-vous au "Al-Ándaluz" ne présentent pas de spectacle. Ils font de la musique parce qu'ils en ont envie. Et les gens qui se sont arrêtés au petit bar pour prendre un verre - ou parce qu'ils connaissent Constant Aubry et ses amis et aiment le bon flamenco - ont le droit d'écouter.
Toutefois, jouer le flamenco n'est pas un art qui tombe du ciel, même si on a tant de talent et si on est si sensible que Constant Aubry. "J'ai beaucoup travaillé ", confie-t-il à ses amis. "Et parfois, j'ai souffert. Jouer à la guitare, c'est une passion, mais une passion qui n'est pas toujours facile."
Une guitare flamenca n'est pas un "instrument quelconque" - un tel instrument est un compagnon, un ami, un bijou. Ce n'est pas étonnant, alors, qu'un amateur de la musique au "Al-Ándaluz" est un peu troublé de voir Constant Aubry prêter sa guitare à un ami qui arrive juste de Barcelone. "Quand je prête ma guitare", répond le musicien, "je sais que ça marche."