lundi 7 novembre 2011

Montpellier et le bruit : travaux, bars nocturnes, voisins et télés...

Le bruit en ville - Montpellier, les jours et les nuits où le bruit ne s'arrête jamais

Montpellier, place de la ComédieUn mardi à Montpellier, trois heures le matin, quartier entre la gare SNCF, l'ancienne gare routière et la Comédie. Un groupe de jeunes traîne dans les rues. Quelques filles éclatent de rire - d'un rire fort et sonore - et des garçons poussent des hurlements de loups, d'autres aboient ou crient, tout simplement, comme si la vie leur faisait mal. À première vue, ils ont l'air ivres, mais quand on les observent de près, on remarque qu'ils n'ont rien bu ou très peu.

Un Monsieur d'une cinquantaine d'années passe, d'abord à un pas assez rapide - comme quelqu'un qui rentre tard à la maison et est pressé de gagner son lit -, puis il s'arrête et confronte les jeunes. "J'habite là-bas", explique-t-il d'une voix douce, sans colère, "et très souvent des gens comme vous me réveillent au milieu de la nuit. Pourquoi vous faites ça ? Vous ne pouvez pas respecter le sommeil des gens ? Il y en a qui travaille demain, ils ont besoin de dormir."

Le son calme de sa voix a d'abord étonné les jeunes et ils se sont arrêtés pour l'écouter. Mais à la fin de son petit discours, plusieurs filles et garçons éclatent de nouveau de rire. Un garçons recommence à crier, sans paroles, juste pour faire sonner sa voix - c'est évidemment le mot "travailler demain" qui a déclenché sa réaction.

Un autre, par contre, a visiblement envie de communiquer. "Ouais", dit-il d'un ton dédaigneux, "qu'ils dorment, les braves gens. Qu'ils aillent travailler tant qu'il y a encore du travail. Et qu'ils soient heureux. Pour nous, il n'y a plus de travail et plus de demain. Grâce à tous ces braves gens qui dorment sur leurs deux oreilles. Merci, les vieux, d'avoir préparé le monde des jeunes."

Son camarade a un discours moins engagé : "Qu'ils aillent se faire foutre, tes 'braves gens'." Et un autre commence à crier : "Réveillez-vous, on fait la fête..."

Les bus au centre-ville de Montpellier"Ses jeunes", termine le Monsieur le récit qu'il adressé à l'équipe de "Montpellier Presse Online", "ne sont pas méchants. Ils ne veulent pas nuire aux gens, mais ils sont énormément frustrés. Ils ne savent pas quoi faire de leur vie, et ils n'ont aucun espoir. Ils ont l'impression que personne ne les respecte - et ils ont appris à respecter personne, de leur côté."

Il est vrai qu'à Montpellier, on parle beaucoup du bruit des travaux et du trafic - qui, selon les statistiques, générerait 80 pour cent du bruit dérangeant la vie quotidienne. Mais les Montpelliérains du centre ville ont d'autres soucis sonores. "À Montpellier", rapporte une dame dans la quarantaine, "vous n'êtes jamais tranquille. Jusqu'à une heure, vous avez le bruit des bars. Quand ils ferment, ça ne veut pas dire que les gens rentrent - ils continuent leur nuit dans les rues. Et vous avez intérêt à rien leur dire, sinon, ils gueulent encore plus fort. Au petit matin, c'est les poubelles qui prennent le relais et, peu après, les livreurs. Finalement, les magasins ouvrent, les travaux reprennent, et tout commence de nouveau."

"La faute est à qui ?" s'interroge un Monsieur d'une soixantaine d'années. "À personne", répond-il lui-même à sa question. "La municipalité a tout essayé pour que les nuits en ville deviennent un peu plus calme. Ils ont restreint les heures d'ouverture et les surfaces des terrasses des bars et cafés. Ils ont interdit que les clients des bars fassent du bruit à l'extérieur. Mais tout cela ne sert à rien."

Les trams à Montpellier"Nous ne pouvons pas être derrière chaque client", confirme le patron d'un bar dans lÉcusson. "Ce n'est pas nous qui avons fait les lois contre les fumeurs. Les gens veulent fumer, alors ils sortent. En général, ils sortent à plusieurs et continuent leur conversation dehors. C'est normal qu'ils ne pensent pas toujours à baisser la voix, n'est-ce pas ? Quand ils quittent le bar", ajoute-t-il, "ils font ce qu'ils veulent, de toute manière. S'ils ne rentrent pas tout de suite, ce n'est pas sous notre responsabilité."

Quoi faire ? "Apprendre aux jeunes ce que veut dire 'respect'", propose une dame d'une cinquantaine d'années. - Juste aux jeunes ? - "Je n'ai pas besoin de me faire du souci pour le bruit de la ville", soupire une étudiante qui habite dans le quartier de Gambetta. "J'ai à la maison tout ce qu'il me faut... La famille en dessous de moi hurle tous les matins - les enfants, la mère, tout le monde - et pendant la journée et le soir c'est la musique ou la télé. Le soir, j'ai la télé en stéréo, du couple au-dessus de moi et d'en dessous. J'ai déjà essayé de leur demander de baisser le son. Ceux d'en haut s'excusent et m'assurent qu'ils feront attention. Mais ils ne changent rien. Et ceux d'en bas m'insultent dès que je leur dis quelque chose. Pour pouvoir étudier tranquillement, il faut que j'aille à la bibliothèque. Et le soir, si je ne veux pas être arrosée par les télés, je dois sortir. Pas question de travailler le soir, je dois attendre jusqu'à ce que tout le monde soit couché."

Le mot "respect" tombe aussi relativement aux travaux. "Quelque part là-haut", le Monsieur d'une trentaine d'années fait un geste vers le ciel, "ils ont juré de nous rendre sourds. D'abord, il est question des travaux du tram. Ensuite, ils ouvrent des rues, l'une après l'autre, sans le moindre rapport avec les trams. Ils travaillent la nuit, comme ils proclament, pour moins nous déranger. Et quand on n'entend pas les machines, on entend les ouvriers qui s'appellent, d'un bout de la rue à l'autre..."

"Avec tout le bruit dans Montpellier, qui pense encore aux voitures ? Comparées aux trams, aux trains, aux travaux, aux bars et aux jeunes dans les rues, on ne les entend presque plus", commente le Monsieur dans la cinquantaine qui a relaté l'histoire du groupe nocturne des jeunes au centre ville. Et il ajoute d'une voix sarcastique : "Allez, je vous laisse, parlons moins pour faire moins de bruit..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller


mercredi 26 octobre 2011

Montpellier : grande journée d'action

Les Montpelliérains contre les gaz de schiste, le nucléaire, l'austérité... et le massacre des Algériens en 1961 à Paris

Grande journée mondiale d'action"Si vous voulez connaître la différence entre la France et les autres pays... les gens se laissent faire, partout", explique un jeune homme qui, avec beaucoup d'autres, est sorti sur la Comédie le 15 octobre. "On s'incline devant l'autorité, on fait se qu'elle attend de nous. Mais à un certain degré, on en a assez. Et là, au contraire d'autres peuples en Europe, on va dans la rue. On se laisse plus faire."

Le samedi 15 octobre, beaucoup de Montpelliérains ont montré que, pour eux, le moment du "plus se laisser faire" est venu. Sous l'intitulé de "grande journée nationale d'action", tous les groupes qui avaient quelque chose à dire sont sortis dans les rues de Montpellier. La devise commune à tous était la révolte paisible. "On n'améliore pas une société par la violence", a commenté une dame d'une trentaine d'années qui se considère comme "indignée". Mais aussi l'information...

Informer, c'est effectivement un des objectifs principaux de ceux qui se battent contre l'exploitation des gaz de schiste en Languedoc-Roussillon par les compagnies pétrolières. Il est vrai, font-ils savoir, que trois permis ont été annulés après l'interdiction récente de la fracturation hydraulique, mais il y en a toujours 61 qui restent en vigueur. "Ce n'est pas le moment de crier victoire", déclare un des militantes contre les gaz de schiste, "et bientôt, il sera trop tard pour lutter contre la menace qui plane au-dessus de l'eau de la région."

Toutefois, protester contre l'exploitation des gaz de schiste ne veut pas dire qu'on oublie les menaces du nucléaire - les groupes anti-nucléaire faisaient aussi partie de la grande journée d'action. "Il y a quelques semaines", rappelle une jeune dame, "un four dans une centrale nucléaire pas plus de 300 kilomètres de Montpellier a explosé. Et déjà, personne n'en parle plus. Je comprends la presse - elle est obligée d'écrire ce que veut la politique et l'économie. Mais les gens... n'ont-ils pas peur pour leur vie ? Ne comprennent-ils pas ou ne veulent-ils pas comprendre le danger ? Faut-il qu'on attende cinq ou dix ans et voir, à quel point le cancer dans la région aura augmenté, pour que les gens se réveillent ?

"Non au nucléaire", "non aux gaz de schiste", mais aussi "non à l'austérité". "Le gouvernement parle du principe de supprimer les dépenses superflues", remarque un des révoltés. "Ça serait une bonne idée - si le gouvernement donnait à "superflu" le même sens que le peuple. Plus d'austérité, pour l'état, ça veut dire réduire les services publics, augmenter le nombre d'élèves dans les classes, baisser les ressources dans les hôpitaux, augmenter les taxes des gens qui déjà maintenant ne gagnent pas assez." - "Une amie à moi", ajoute une jeune dame, "est un cas qui ne devrait pas exister. Elle travaille, 35 heures par semaine, c'est-à-dire plein temps. Mais elle gagne si peu qu'elle dépend de la CAF pour compléter son mois. Et c'est absolument légal. Imaginez, quelqu'un qui a un travail en plein temps ne peut pas vivre de son salaire..."

Jeunesse communisteL'austérité était aussi le sujet d'un sketch présenté dans les rues de Montpellier par un groupe de la jeunesse communiste. Avec beaucoup d'humour - et de cynisme - les jeunes hommes et femmes faisaient l'éloge de l'ingéniosité de "certains" de s'enrichir et des banques dont les dettes sont transférées au peuple : "Ils font tout pour sauver les banques", commente un des acteurs, "et ils savent, comment faire."

Les indignés de Montpellier ont bien montré que leur mouvement existe toujours et qu'il grandit. L'après-midi, ils ont proposé un "atelier d'indignation créative" sur la place de la Comédie, où tout le monde avait l'occasion d'exprimer son indignation dans une forme artistique - ensemble, on a réalisé des dessins, des peintures, des poèmes et des textes en prose. Plus tard, un assemble général a eu lieu. "Les gens ont besoin d'exprimer leur indignation", dit un des indignés. "Mais c'est pas tout. Ce n'est que le début. Petit à petit, on va comprendre qu'une société meilleure est possible. On la construira tous ensemble, nous, les gens, qui vivent à l'intérieur de cette société."

Les indignés de MontpellierContre les gaz de schiste, anti-nucléaire, austérité et appauvrissement,... tous les sujets de la "grande journée nationale d'action" aboutissaient dans un seul qui dominait toutes les pensées : le racisme en général et, notamment, le "racisme d'état". "Paris, le 17 octobre 1961 - il y en a peut-être qui l'ont oublié", admet un homme dans la quarantaine, "ou c'est ce que les médias souhaitent de nous faire croire. Mais non. Ceux qui croient à la justice et l'égalité n'ont pas oublié." Le 17 octobre 1961, c'est le jour où la France a été secouée. Que 30.000 Algériens manifestent calmement à Paris contre les couvre-feux auxquels la loi les avait condamnés n'a étonné personne. Que 12.000 manifestants ont été arrêtés est grave. Que, après la manifestation, on a parlé de trois morts est encore plus grave. Mais que, comme il s'est avéré plus tard, des centaines d'Algériens ont été tués dans les rues de Paris, ceci est l'horreur pure.

"La 'loi', à cette époque-là, c'était Maurice Papon", explique un homme d'une cinquantaine d'années. "En 1997, on l'a condamné pour ses crimes de guerre. Mais en 1961, il était encore préfet de police. En 1942, il a fait partie de ceux qui tuaient les juifs au Vélodrome d'Hiver, en 1961, on lui a toujours laissé la possibilité de tuer."
Photos et texte : copyright Doris Kneller


lundi 17 octobre 2011

Chantiers à Montpellier : trams et dédoublement de l'autoroute A9

Micro-trottoir sur les nouvelles lignes de tram à Montpellier et le dédoublement de l'autoroute A9

Les trams à MontpellierÀ Montpellier, beaucoup des choses vont changer. Surtout au niveau de la circulation...

Bien que, en ce moment, les Montpelliérains souffrent encore des travaux pour les lignes 3 et 4 du tram, on leur promet un avenir beaucoup plus rose en ce qui concerne la circulation dans la ville. Déjà, au printemps 2012, ils seront enfin "dédommagés" des problèmes de trafic qu'ils ont dû subir pendant plusieurs années  les lignes 3 et 4, les deux en même temps, seront inaugurées. Ensuite, le trafic à l'intérieur de la ville sera soulagé par le dédoublement de l'autoroute A9 autour de Montpellier. Bref : fini les embouteillages...

...espèrent ceux qui peuvent encore y croire. Une dame d'une trentaine d'années qui, le lundi matin, traverse la place de la Comédie n'en fait pas partie. "Je ne crois plus aux promesses", déclare-t-elle à l'équipe de Montpellier Presse Online. "Monsieur Frêche voulait construire un tram après l'autre, dans un rythme de quatre ans. Je ne veux pas dire que la construction de la ligne 3 n'aurait pas mis le bordel dans les rues, mais ç'aurait été moins grave que les deux lignes en même temps. Mais Monsieur Frêche n'est plus là, donc on n'écoute plus ce qu'il a dit." Et elle ajoute : "Maintenant, ils disent que tout rentrerait dans l'ordre au printemps 2012. J'y crois pas. Ils vont avoir d'autres idées pour nous rendre la vie dure."

La dame est bien informée - mieux, de toute manière, qu'une autre Montpelliéraine un peu plus âgée que la première qui, par contre, n'a pas perdu confiance. "Je ne sais pas quand tous ces travaux seront terminés", dit-elle, "mais je pense pas que ça dure encore longtemps. Après, on aura un joli tram de plus, et tout le monde sera content. Il ne faut pas râler tout le temps."

Bus, trams et chantiers à MontpellierLes Montpelliérains sont-ils râleurs ? "Je trouve qu'ils ont le droit de râler", décide un Monsieur d'une soixantaine d'années qui, comme il explique, visite souvent Montpellier "en touriste" pour voir ses petits-enfants. "Je connais Montpellier depuis plus de vingt ans, et j'ai toujours aimé la ville. Mais ce qu'ils en ont fait maintenant est exaspérant. Je ne retrouve plus la ville calme que j'ai aimée. Partout des chantiers, partout de vacarme. Autant vivre à Paris."

Une dame d'à peu près le même âge se fâche surtout sur la situation à laquelle les piétons sont livrés. "On dirait qu'on n'a plus le droit d'aller à pied à Montpellier. Les soi-disant zones piétonnes sont pleines de voiture et de vélos. Il y a plusieurs grandes rues qu'on n'arrive plus à traverser sans se mettre en danger, parce qu'ils ont enlevé les feux. On est livré à la gentillesse des conducteurs. Et des conducteurs des bus - même là où il y a encore des feux. L'autre jour, à la rue de la République, j'étais obligée d'attendre trois phases de rouge avant que je puisse traverser. Parce que chaque fois, un bus s'est arrêté juste devant moi, et je n'avais pas la place de passer entre les travaux et le bus. Il fallait que j'attende le feu vert pour les bus - et les voitures passent et le feu rouge arrive de nouveau, et déjà, il y a un autre bus devant moi. J'ai fait signe aux conducteurs des bus de me laisser passer - mais non, ils n'ont pas besoin d'aider les piétons."

Une autre dame qui a expérimenté des problèmes comparables constate : "Quand on ne circule ni en voiture ni en tram ou bus, on a l'impression de ne pas exister dans la tête de ceux qui planifient le nouveau Montpellier. Ont-ils oublié que les piétons existent ?"

L'information du dédoublement de l'autoroute A9 n'a pas encore atteint beaucoup de monde. "Non, je ne savais pas", reconnaît un Monsieur d'une quarantaine d'années. "Autrement dit, les bouchons éternels de Montpellier vont aussi affecter l'autoroute." Et il ajoute : "Les politiciens ne peuvent-ils pas nous laisser vivre tranquillement ? Ce sont eux qui gagnent l'argent et nous qui souffrent de leurs mauvaises idées."

Un autre Monsieur, à peu près du même âge, n'est pas informé non plus. Il réfléchit avant de répondre, puis : "Quand l'autoroute sera dédoublée, le trafic roulera probablement mieux. Ça sera donc une bonne idée. Mais d'ici là il y aura des travaux. Et je vous dis, on en a assez des travaux à Montpellier. Personnellement, je préférerais qu'on laisse l'autoroute telle quelle et qu'on finisse avec tous ces travaux."

Une dame dans la cinquantaine est mieux informée. "Oui, je sais", réagit-elle, "et je trouve ça bien. Montpellier est une ville moderne qui a besoin d'un réseau de routes modernes. Dans quelques ans, on sera fiers de tout ce qu'on aura fait pour nous."
Photos et texte : copyright Doris Kneller


dimanche 9 octobre 2011

Hélène Mandroux et les nouveaux Montpelliérains

Conseil municipal, tram, la Paillade et George Frêche : la ville accueille 3000 nouveaux habitants

Hélène Mandroux, maire de MontpellierDe nouveau, la mairie de Montpellier a pu accueillir environ 3000 "nouveaux Montpelliérains" : des gens arrivés à Montpellier au cours des derniers douze mois, avec de nouvelles idées et de nouveaux espoirs. La réception, présidée par le maire de Montpellier Hélène Mandroux, avait pour objectif de donner aux "nouveaux" l'impression d'être les bienvenus. Mais ils ont aussi pris connaissance des réalisations urbaines de la ville et, bien sûr, de son esprit de biodiversité.

Hélène Mandroux insistait à présenter elle-même la plupart des conseillers municipaux - tant que, quelques exceptions à part, ils ne faisaient pas partie de l'opposition -, de mentionner l'origine de ceux qui ne sont pas nés en France et de parler de leurs commissions et délégations.

Le conseil municipal de MontpellierAu cours de son discours, le maire de Montpellier a également évoqué la question souvent posée, pour quelle raison elle change assez souvent les responsables des commissions. Pour se faire comprendre, elle a comparé le travail des conseillers municipaux à sa propre carrière de médecin : anesthésiste-réanimateur à la clinique du Parc à Castelnau-le-Lez, elle était souvent appelée aux urgences - ce qui, comme elle a expliqué aux nouveaux Montpelliérains, était de plus en plus difficile à gérer vu qu'elle avait "quatre hommes à la maison". Elle a donc changé de carrière et est devenue médecin généraliste à la Paillade de Montpellier.

Cette expérience l'a fait comprendre que les généralistes sont souvent plus proches de la réalité que les spécialistes. C'est pourquoi elle préfère avoir une équipe composée de "généralistes", de personnes qui ne sont pas spécialisées dans une seule matière mais qui connaissent toutes les activités gérées par un conseil municipal - être responsable du sport n'empêche personne d'être plus tard à la culture...

En mentionnant la Paillade, Hélène Mandroux s'est référée à François Delmas qui, dans les années 60, a créé le quartier pour faire face à l'arrivée massive des "pieds noirs" et à George Frêche qui, jugeant le nom de la Paillade trop chargé de mauvaise réputation, l'a rebaptisée le quartier de la Mosson.

Ce n'était évidemment pas la seule occasion où le maire de Montpellier a parlé de George Frêche, son prédécesseur avec les propos beaucoup discutés, qui a été adoré ou détesté, mais qui, de toute manière, a incendié les esprits à Montpellier, à la région et largement en-dehors de ses frontières. Pendant la présentation des conseillers municipaux, Hélène Mandroux se souvenait souvent de l'époque à laquelle elle faisait équipe avec George Frêche.

Un autre sujet "très important" pour le maire de Montpellier a été le tram. Elle a avoué d'avoir mal à supporter les travaux sur la ligne 3, mais comme les Montpelliérains profiteraient finalement des aménagements, elle garderait la patience - et elle remerciait tous les Montpelliérains qui, comme elle, souffriraient sans perdre l'espoir...

Montpellier et les nouveaux MontpelliérainsLe buffet servi avec une heure de retard a été pris en assaut par les nouveaux Montpelliérains entre-temps affamés. "Maintenant, j'ai vécu le pire de Montpellier", rigole une étudiante arrivée il y a deux semaines, "se bagarrer au buffet pour avoir quelque chose à manger, pire n'est plus possible..."

Toutefois, elle est contente d'être venue à Montpellier. Ses cours lui plaisent, et : "Au début, j'ai eu peur de me sentir seule. Je ne connaissais personne ici, et j'avais peur que ma famille me manque." Heureusement, la peur était vaine. "J'ai me suis déjà fait plein d'amis."

Un couple âgé évoque surtout la qualité des soins médicaux à Montpellier. "On habitait pas loin de Montpellier. Mais c'était la campagne. Et quand vous tombez malade à la campagne, c'est l'horreur. À Montpellier, on a tout ce qu'il nous faut - les médecins, les infirmières, les pharmacies, les cliniques..."

Deux dames de quelques 70 ans étaient du même avis. "Je suis toute seule dans la vie", raconte l'une, "j'ai besoin de la proximité des médecins." Et son amie ajoute : "En plus, je connais déjà un peu Montpellier, car j'ai de la famille ici."

Un Monsieur d'à peu près le même âge n'a pas de famille à Montpellier, mais il y a passé des vacances dont il aime se souvenir. "Quand ma femme est morte", raconte-t-il, "j'avais besoin de changer." Et il conclut : "J'ai choisi Montpellier, parce que je l'aimais bien, et ma femme aussi."

Une dame d'une trentaine d'années qui, après quelques expériences professionnelles, a décidé de reprendre des études est venue à Montpellier parce que c'était ici que son dossier a été accepté. "Je suis arrivé en août", confie-t-elle à l'équipe de Montpellier Presse Online, "et je ne sais encore rien de Montpellier. Je crois qu'il est assez difficile de trouver des amis ici. Mais je continue à chercher."

Un étudiant fraîchement arrivé du Cameroun est amoureux des espaces verts à Montpellier et des efforts que la ville consacre à la biodiversité. "Chez nous, c'est le contraire. On détruit tous les espaces verts dans les villes pour faire place aux immeubles." Il restera deux ans en France pour finir ses études, mais ensuite, "je retournerai immédiatement au Cameroun. J'ai hâte d'y retourner. Pas que je n'aime pas être ici, j'aime beaucoup la vie montpelliéraine. Mais je veux que mes compatriotes puissent profiter de ce que j'aurai appris. Je m'investirai dans la création d'espaces verts dans nos villes."

En attendant, sa famille lui manque. "J'aimerais bien rentrer pour les vacances de Noël, mais je n'ai pas les moyens. Je dois attendre l'été prochain." Toutefois, il se console : "Ce qui est bien : j'aurai l'occasion de vivre un vrai Noël européen. Je pense que ça sera merveilleux."
Photos et texte : copyright Doris Kneller


samedi 1 octobre 2011

Hélène Mandroux et les Barracudas de Montpellier

Les dernières nouvelles de Montpellier

Hélène Mandroux, maire de Montpellier, a de quoi être fière : les Barracudas se sont qualifiés pour la coupe d'Europe 2012 en baseball et, en même temps, ils entrent dans la finale du championnat de France.

Jean-Michel Mayeur, manager des Barracudas, sourit quand il dit que c'est le chiffre 11 qui leur porte chance - on est en 2011, et le club s'est qualifié pour son 11ème finale. On dirait qu'à Montpellier, le 11 ne joue pas seulement un rôle dans la vie du Monstre du Loch Lez...

Le suspens ne sera pas long : les deux premiers matchs de cette finale seront déjà disputés ce week-end et, en plus, ici, à Montpellier, au baseball park du domaine de Veyrassi. Ce samedi, Montpelier recevra les Huskies de Rouen. Hélène Mandroux a déclaré qu'elle assistera elle-même à un de ces matchs pour soutenir les Barracudas, et elle invite les Montpelliérains à l'imiter - l'entrée au domaine sera libre. Jean-Michel Mayeur ne peut évidemment pas promettre la victoire, mais il promet à sa ville une grande fête.
Photos et texte : copyright Doris Kneller


jeudi 29 septembre 2011

Montpellier, le ZAT et le Monstre du Loch Lez

Zone Artistique Temporaire et inauguration du nouvel Hôtel de Ville : le Monstre du Loch Lez hante les Montpelliérains

Zone Artistique Temporaire à MontpellierNostradamus, étudiant à la faculté de médecine de Montpellier, l'avait prévu - le 11 novembre 2011 à 11 heures 11 et 1 seconde, le Monstre du Loch Lez se réveillerait de son sommeil qui aurait duré plusieurs siècles. Toutefois, on ne sait pas si le monstre souffre d'insomnie ou s'il a juste eu un cauchemar : mais il semble qu'on l'aurait déjà aperçu en septembre... enfin, peut-être pas lui-même, mais ses traces sur les bords du Lez, près du nouvel Hôtel de Ville.

La mairie de Montpellier, toujours occupée et préoccupée du bien des Montpelliérains, a vite réagi. La nouvelle sur l'apparition d'un monstre marin - ou plutôt fluvial - en plein Montpellier avait à peine percée, elle a déjà créé une cellule de crise - avec un monstrologue, un mythologue et un psychanalyste urbain - et, qui plus est, organisé une conférence de presse qui, évidemment a eu lieu à 11 heures 11.

En ce moment, la situation est peut-être sérieuse, mais loin d'être désespérée. Bien que personne ne connaisse les vraies intentions de ce monstre des profondeurs du Lez, il y a forte chance qu'il soit paisible et ne se nourrisse pas des Montpelliérains. Toutefois, retournera-t-il à son lit ? Ou cherchera-t-il la compagnie des étudiants de Montpellier ? Ferait-il la fête sur la place Jean Jaurès ou participera-t-il aux cours ? Assistera-t-il aux conseils municipaux ou en demandera-t-il la présidence ? Suspens...

Pour le moment, une cellule d'enquête a été mise en place par la mairie qui renforce la cellule de crise. Et les Montpelliérains ne seront pas seuls avec leurs angoisses - cette semaine-ci, certainement à 11 heures 11, deux représentants de l'ANPU, de l'Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine, arriveront dans la ville depuis peu tenue en haleine par le monstre.

Le Monstre du Loch Lez à MontpellierMais cela n'est pas tout. À cette époque, où seule la solidarité entre les Montpelliérains peut donner de l'espoir, la mairie de Montpellier demande de l'aide à tous les habitants de la ville - appel auquel se joint, cela va de soi, l'équipe de Montpellier Presse Online : si vous apercevez la moindre trace, si vous avez des connaissances en matière du comportement des monstres fluviaux comme celui du Loch Lez, faites le savoir. Prenez des photos, réalisez des vidéos, dessinez, composez des haïkus, des bandes dessinées, des mangas ou, tout simplement, témoignez...

Pour servir au mieux sa ville, l'équipe de Montpellier Presse Online a entamé une première enquête auprès des gens qui s'aventurent entre le Polygone et la place Jean Jaurès. Toutefois, pas tous les Montpelliérains ne sont au courant de la situation. À la question si elle avait vu des traces du monstre de Montpellier, une dame dans la trentaine a répondu : "Oui, bien sûr, pas plus tard qu'hier soir. Je suis mariée avec lui."

D'autres personnes, refusant la menace de l'inconnu, ont rigolé. Ils sont allés jusqu'à ne pas croire aux traces aperçues et confirmées, tout de même, par les autorités municipales. D'autres, par contre, sont informés et prennent au sérieux l'appel au secours de la mairie de Montpellier. "Personne ne connaît les profondeurs de la vie", constate un Monsieur dans la cinquantaine, "et encore moins celles du Lez." Une dame d'une quarantaine d'années, mise au courant de la situation par Montpellier Presse Online, a promis d'être vigilante. "Le petit copain de ma fille a une caméra vidéo. Je lui dirai de la tenir prête pour filmer les traces du monstre." Une bande d'étudiants, par contre, est sans pitié. "Nous nous ferons un devoir de chasser le Monstre du Loch Lez et de l'éliminer. Nous sauverons notre ville."

Le ZAT à MontpellierCe qui, probablement, plaît moins au Monsieur dans la trentaine, un biologiste d'Oxford en Angleterre qui restera à Montpellier pendant une année pour étudier la faune de la Méditerranée. "Aucun scientifique", répond-il spontanément à la question de l'équipe de Montpellier Presse Online, "ne peut se vanter de connaître toutes les espèces. Chaque année, des espèces disparaissent de la terre, mais d'autres sont découverts. Pour la science et notre respect de l'humanité, de la nature et de Dieu, nous devons donner une chance à tout être vivant."

Les Montpelliérains, cela va de soi, seront tenus au courant de l'enquête des cellules mises en place par la mairie de Montpellier et des résultats apportés par les habitants de la ville. La mairie promet de les publier le vendredi 11 novembre, lors de la nouvelle édition de la ZAT - Zone Artistique Temporaire - dans le quartier Port Marianne, au moment de l'inauguration du nouveau Hôtel de Ville.
Photos et texte : copyright Doris Kneller


jeudi 22 septembre 2011

Jumelage entre Montpellier et Heidelberg : les fêtes du 50e anniversaire

Les dernières nouvelles de Montpellier

Il y a 50 ans exactement que la ville de Montpellier et celle de Heidelberg ont signé le premier acte de jumelage jamais conclu entre la France et l'Allemagne. Déjà à l'époque, Montpellier, aujourd'hui ville de réputation internationale, était un pionnier de la paix et de l'amitié entre les peuples.

À Montpellier, la Maison de Heidelberg - haut lieu montpelliérain de la culture allemande - fête l'événement avec sa 9e semaine allemande qui commence aujourd'hui avec le vernissage d'une exposition des affiches de Klaus Staeck, l'artiste d'art politique le plus discuté dans l'Allemagne des années 70. Les habitants de Heidelberg, par contre, ne célèbrent pas seulement le 50e anniversaire de jumelage avec Montpellier, mais aussi le 25e anniversaire de la Maison de Montpellier, le pendant de la Maison de Heidelberg en Allemagne.

Invitée d'honneur de la fête en Allemagne sera le maire de Montpellier, Hélène Mandroux. Cet après-midi, elle assistera à l'inauguration des célébrations mise en musique par la Fanfare montpelliéraine "La nouvelle Collection". Demain, la fête continuera avec une déambulation dans les rues de Heidelberg, toujours accompagnée par la Fanfare de Montpellier.

Mais en Allemagne, pas seulement les adultes feront la fête, mais aussi les enfants. Plus spécialement 40 enfants nés en 2001, au moment du 40e anniversaire du jumelage. Ces enfants célébreront leurs dix ans en présence de Hélène Mandroux et auront des cadeaux qui viennent de Montpellier.
Photos et texte : copyright Doris Kneller