samedi 30 octobre 2010

Montpellier soutient Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière

Montpellier, place de la Comédie : "304 ballons pour nos amis."

Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière"Surtout, il ne faut pas les oublier." Lorsque Nacera parle de ses amis Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, sa voix est triste. Mais elle n'est pas prête à désespérer. "Pour le moment, nous ne savons pas quand ils vont rentrer", explique-t-elle. "Nous avons donc besoin que les gens se mobilisent."

Nacera fait partie du Comité de soutien à Hervé et Stéphane. Ce comité n'a rien d'un "organisme officiel". "Nous sommes juste des amis qui veulent que Stéphane et Hervé rentrent sains et saufs."

Cela fait une dizaine d'années que la jeune femme connaît Stéphane Taponier dont la famille vit à Montpellier. "J'ai fait un stage à l'époque, et Stéphane m'a hébergée. Ensuite, nous sommes devenus des amis très proches." Elle n'a jamais rencontré Hervé Ghesquière, mais elle est persuadée que, bientôt, lui aussi sera son ami. "Je ferai sa connaissance lorsqu'ils rentreront." Et qu'ils rentrent, ceci ne fait aucun doute pour elle.

Comité de soutien, Montpellier
Deux ballons pour deux amis
Le jour où la ville de Montpellier a lancé 304 ballons bleus, chaque ballon un symbole pour une journée de captivité, il était question de rappeler aux Montpelliérains qu'on pense toujours à leurs amis. "La mairie de Montpellier était la première en France à afficher leurs portraits", informe Nacera. Pendant les premiers trois mois, personne n'avait le droit de publier les noms des deux otages - "mais dès que possible, Montpellier a fait connaître leurs noms."

Le pire, disent d'autres amis de Stéphane Taponier et d'Hervé Ghesquière, est que personne ne sait ce qui s'est vraiment passé. Les deux journalistes étaient en reportage en Afghanistan, accompagnés par trois Afghans, pour le magazine "Pièces à conviction" de France 3. Le 29 décembre 2009, ils ont été enlevés par un groupe taliban armé. La revendication : la libération de prisonniers talibans contre celle des deux Français et de leurs accompagnateurs.

Un Monsieur dans la cinquantaine s'adresse aux gens autour de lui. "Des reporteurs pour 'Pièce à conviction', ça laisse réfléchir. Qui nous dit qu'ils n'ont pas découvert quelque chose que les gouvernements préfèrent cacher ? On sait qu'il y a des militaires français en Afghanistan, et on sait qu'on ne nous révèle pas le vrai nombre de morts. Et, en fait, que fait Sarkozy pour la libération des otages ?" Personne ne lui répond.

Montpellier, Stéphane Taponier et Hervé GhesquièreEn attendant, le "Comité de soutien à Hervé et Stéphane" ne peut qu'espérer. "À Montpellier, nous sommes une trentaine d'amis qui continuent à se rencontrer pour parler des deux." On se raconte des scènes que l'on ou l'autre a vécu avec les journalistes, on échange des souvenirs, les amis de Stéphane Taponier parlent de lui aux autres, et ceux d'Hervé Ghesquière le présentent à ceux qui ne le connaissent pas encore. "On m'a tant parlé d'Hervé", dit Nacera, "que j'ai l'impression de l'avoir rencontré il y a longtemps."

"Attendre, c'est difficile", constatent les membres du comité dont aussi Thierry Taponier, le frère de Stéphane, fait partie. Mais tant qu'ils ne sont pas seuls, l'attente est un peu moins lourde. Et à Montpellier, ils sont bien entourés. "À Paris, on fait aussi des action et à Lille..." Lors du lâcher des ballons le 304ème jour de la captivité des deux journalistes, non seulement le maire de Montpellier, Hélène Mandroux, les a assuré de son soutien. Il y avait aussi le président de la chambre de commerce, le club de la presse, les "journalistes sans frontières", l'ordre des avocats... "Ils vont les libérer !", murmure une femme pendant que ses yeux suivent les ballons, et on comprend qu'elle parle à une personne qui est loin d'elle. Ensuite, elle se penche sur un petit garçon : "Regarde les ballons, ne sont-ils pas beaux ?
Photos et texte : copyright Doris Kneller

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