La "grande braderie" à l'Écusson, fête de rue organisée par la Chambre de Commerce
D'abord, il n'y avait que quelques étals un peu perdus à droite et à gauche des rues commerçantes. "Il est encore tôt", disaient les commerçants consultant leurs montres de plus en plus souvent. 14 heures, 14 heures 30, 15 heures - toujours pas grand monde...Et tout à coup, vers 16 heures de ce vendredi, tout avait changé. L'espace entre les stands qui, auparavant, semblait si large, n'était plus assez grand pour accueillir tout ce monde qui se pressait autour de ces tables où, dans la rue devant leurs boutiques, les commerçants exposaient leurs "offres spéciales" de la journée : 20 pour cent, 30 pour cent, jusqu'à 50 pour cent sur les marchandises exposées pendant toute la durée du "Grand Bazar du Printemps".
L'idée vient de la Chambre de Commerce à Montpellier, et la ville s'y est associée avec enthousiasme : deux jours où les Montpelliérains pourront se promener dans les rues du centre, d'un stand à l'autre, d'une offre à l'autre, comme sur un marché immense. Cette année-ci, 400 commerçants ont promis d'y participer - et pour l'édition de l'automne, prévue pour le premier week-end d'octobre, Marc Dufour de la Chambre de Commerce espère même la participation de 500 commerçants montpelliérains.
Le principe est simple : une grand "braderie" partout dans lÉcusson dont peuvent profiter tous les Montpelliérains. Mais la différence entre un marché "ordinaire" et le Grand Bazar du Printemps consiste au fait que ce sont les commerçants de Montpellier eux-mêmes qui proposent les offres et non des marchands venus d'ailleurs qui ont l'habitude de s'installer là où il y a des marchés. Pour une fois, la braderie a lieu entre Montpelliérains (et leurs visiteurs) : les clients peuvent se rapprocher de leurs commerçants, faire connaissance, lier des relations qui, pourquoi pas, peuvent influer sur les affaires de l'année entière. Les commerçants de Montpellier peuvent découvrir leurs clients, dans une ambiance de fête de rue, et les Montpelliérains peuvent découvrir des commerçants que, auparavant, ils n'ont peut-être même pas remarqués."À Montpellier, il se passe toujours quelque chose", s'exclame une étudiante avec un grand sourire. Elle raconte aux Gens de Montpellier qu'elle serait anglaise et venue en ville pour améliorer son français. "Il suffit de descendre dans la rue, et déjà on est en pleine fête. Surtout les week-ends." Sa copine française se montre moins enthousiaste, mais les paquets dans sa main témoignent de ce qu'elle aussi aime le Grand Bazar du Printemps. "Une très bonne idée", confirme-t-elle, "dommage qu'ils ne le font pas plus souvent."
Et les commerçants ? "Oui, j'aime bien l'idée de la grande braderie", explique un vendeur de vêtements. "On a l'occasion de parler avec des clientes qui, normalement, n'entrent pas dans la boutique. Je viens d'apprendre qu'il y en a qui pensent que mes vêtements seraient trop chers." Il sourit. "Il faudrait peut-être que je repense le style de ma vitrine."
Un collègue est également content. "Aujourd'hui, je vois surtout des jeunes filles qui profitent d'une journée comme celle-ci pour renouveler leur garde-robe. Les offres spéciales conviennent bien à leur budget." - Ces clientes ne sont-elles pas perdues pour la vente des marchandises à prix régulier ? - "Non, parce que, de toute manière, ces jeunes filles ne viendraient pas dans la boutique. Elles ont l'habitude d'acheter sur les marchés et ailleurs où elles trouvent des offres moins chères."Une conversation devant une boutique de cadeaux montre un vendeur et une cliente moins contents : "Vos offres ne sont pas très intéressantes", remarque la cliente, "comparées aux jolies choses que vous avez à l'intérieur de votre boutique." - Le vendeur hausse les épaules. "Vous comprenez", explique-t-il calmement, "une braderie, c'est bien beau, mais on n'y peut mettre que des fins de série."
Ailleurs, à côté d'un café, un groupe de fanfares s'apprête à égayer l'après-midi de leur musique. Lorsqu'il commence, plusieurs clients du café sourient - la musique leur plaît. Qui serait alors dérangé par la petite conversation entre les musiciens entre-entendue juste par ceux qui, avant que la musique commence, se trouvent directement à côté du groupe ? Doucement, il se moque des Montpelliérains et de leur "manie" de passer les après-midi aux cafés... Petite expression d'envie de ceux qui, venus d'ailleurs, connaissent plutôt le stress généralisé que l'ambiance des fêtes montpelliéraines ?
De toute manière, ni le désir de quelques clients de voir encore plus d'offres ni quelques remarques de musiciens n'arrivent à troubler l'ambiance. "Normalement, je ne travaille pas les samedis", dit une commerçante, "je préfère consacrer les week-ends à ma famille. Mais demain, ça sera autre chose. Je ne vais pas rater une si jolie occasion de voir défiler les gens dans la rue - et de faire des affaires. J'inviterai plutôt mes enfants de se joindre à moi et de profiter de la fête."
Et une jeune vendeuse ajoute : "Ce n'est pas super ? On est en printemps, et on peut passer la journée dehors. Pour deux jours, on n'a pas besoin d'être enfermés dans la boutique. On devrait faire ça tous le printemps et l'été - ça ferait plaisir à tout le monde."
Photos et texte : copyright Doris Kneller
À l'origine, on ne pensait pas encore à des institutions comme la chambre de commerce. Pour les Montpelliérains - ou au moins pour ceux qui avait quelque chose à dire et l'argent pour réaliser leurs idées - tout ce qui comptait, au milieu du 18ème siècle, c'était l'université ou, plus précisément, la fac de médecine.
Mais ce ne fut pas tout. Déjà un peu plus tard, il enseigna la médecine à la faculté de Montpellier, fut déclaré médecin et chirurgien personnel de Louis XV, fonda l'Académie Royal de Chirurgie, devint ce qui peut être considéré comme un pionnier de la médecine moderne - et finit ses jours dans un appartement luxurieux à Paris, dans les Tuileries, un cadeau du roi qui, la générosité déclenchée, en profita pour aussi l'anoblir.
Ainsi, vers la fin du 18ème siècle, les étudiants de médecine pouvaient se rendre à Saint-Côme pour les démonstrations anatomiques. Mais cette idée ne suffisait pas à Lapeyronie lorsqu'il planifia le cadeau destiné à ses étudiants : Georges Frêche, lorsqu'il fit construire le