Clapier, Pitot et le viaduc entre Montpellier et
Saint-Clément-de-Rivière

Toutefois, cette réflexion n'a rien de nouveau. Déjà au milieu du 15ème siècle, les pères de Montpellier essayèrent de résoudre le problème. L'eau du Lez, des puits et des fontaines répartis deci delà dans la ville ne suffisaient plus. Il fallait donc trouver une source assez abondante afin que tous les espaces verts de la ville puissent être arrosés en permanence. Et une telle source existait : à Saint-Clément-de-Rivière, à presque dix kilomètres de Montpellier.

Le roi, comme toujours de bonne volonté, fit tout pour aider Montpellier. Ainsi, Charles VII donna sa permission au maire de Montpellier de lever un impôt supplémentaire, destiné à financer la construction de cet aqueduc. Et, pour le moment, cela fut tout.
Mais l'eau ne se multiplia pas miraculeusement, et deux siècles plus tard, le sujet était de nouveau sur la table. Il fallait se décider : renoncer aux espaces verts ou construire un aqueduc. Un ingénieur du nom de Clapier qui, en 1719, avait déjà soumis un plan d'alimentation d'eau à la ville de Nîmes, proposa ses idées au Conseil de Montpellier. - Et de nouveau, une taxe fut levée : cette fois-ci, on décida qu'une taxe sur la viande serait la plus adéquate pour financer un aqueduc...
Le projet de l'ingénieur Clapier n'était certainement pas sans avantages, mais il n'avait pas de chance. Lorsque l'aqueduc fut enfin construit, c'était un collègue plus expérimenté qui décrocha le contrat. Le nom de cet ingénieur est bien connu aux Montpelliérains qui habitent le quartier du Peyrou : Henri Pitot de Launey qui, entre autres merveilles d'architecture, avait déjà construit ce qu'on appelle le "Nouveau Pont du Gard", le pont qui double l'ancien pont romain.

La légende raconte que le jour de l'inauguration du nouveau château d'eau sur la promenade du Peyrou, toute une foule aurait fait la fête autour de la statue de Louis XIV et se serait baignée dans les premières eaux qui arrivèrent de Saint-Clément-de-Rivière. Or, les Montpelliérains d'aujourd'hui ont du mal à croire à cette histoire - car la fameuse inauguration avait lieu... en décembre.
Quelques 250 années plus tard, le viaduc n'avait plus de sens. Il était réduit à poser comme œuvre d'art, aimée par les Montpelliérains, adorée par les photographes, très belle, certes, mais bon à rien. Un groupe du quartier traça donc un plan qui permettrait la transformation du viaduc en promenade et profita du millénaire pour le soumettre à la ville de Montpellier...
Photos et texte : copyright Doris Kneller
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