Affichage des articles dont le libellé est Brasilia. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Brasilia. Afficher tous les articles

mercredi 10 février 2010

Circulation à Montpellier, Jeu de Paume, périphérique et ligne 3...

Un plan pour repenser les transports à Montpellier

Bus et tram à MontpellierBonne nouvelle pour beaucoup de Montpelliérains : le boulevard du Jeu de Paume restera ouvert à la circulation pendant la construction de la ligne 3 du tram. Il est vrai qu'il sera réduit à une voie, mais personne ne sera obligé de tourner en rond dans les petites rues pour trouver son chemin.

Actuellement, il n'est pas possible d'entrer ou de sortir de Montpellier sans tomber sur un chantier qui promet que "le tramway avance". Tout le monde parle donc de la future ligne 3 dont l'inauguration sera un des grands événements de l'année 2012. Or, ce n'est pas seulement le réseau de tram qui, actuellement avec la ligne 3, plus tard avec la ligne 4, sera modifié. La ville de Montpellier veut aller beaucoup plus loin : tout le système de circulation, les routes, les transport en commun, les rues piétonnes, les parkings - tout ce qui est en relation avec le transport doit être revu.

Avec son plan qui, selon la mairie, doit régler la question de la circulation pour les vingt ans à venir, la municipalité poursuit deux objectifs : devenir ville "modèle", c'est-à-dire organiser un système de circulation qui frotte l'idéal, en est le premier. L'autre est une question d'écologie.

Le tram, Place de la ComédieLe premier objectif part du principe que tous les usagers doivent être satisfaits du système de circulation, peu importe s'ils se servent d'un moyen de transport en commun ou individuel, au point que d'autres villes aient envie de l'imiter et de profiter du savoir-faire montpelliérain - comme déjà Brasilia qui se fait conseiller par des experts de la TaM pour l'élargissement de leur réseau de tramway.

Mais Montpellier n'a pas seulement l'ambition de devenir une ville modèle pour le trafic à l'intérieur et à l'extérieur du centre et de la périphérie : Hélène Mandroux et son équipe sont aussi décidés de transformer Montpellier en une "ville écologique".

Ainsi, la mairie prévoit de se tenir aux indications données aux communes européennes : dans dix ans, les émissions de gaz carbonique, du fameux "gaz de serre", seraient réduites de 20 pour cent. Il n'est alors pas seulement question de rendre contents les Montpelliérains et les visiteurs de la ville, mais aussi de diminuer la circulation en voiture et celle d'autres moyens de transport polluant. Il faut faire en sorte d'être à la hauteur des deux priorités à la fois.

Comment affronter ce défi ? - D'abord, évidemment, il y a le tram. Le tramway de Montpellier doit devenir si attractif que même les fans les plus assidus du volant aient envie de laisser leur voiture chez eux ou sur un des parkings situés aux arrêts à l'extérieur du centre. La mairie prévoit évidemment d'augmenter le nombre de ces parkings. Avec la ligne 3 et, encore plus, avec la ligne 4, augmente aussi le nombre des quartiers de Montpellier et des villages de l'agglomération qui seront desservis. La question de la sécurité - ou, plutôt, la peur de beaucoup d'usagers des groupes plus ou moins ivres et bruyants qui, la nuit, fréquentent le tram - ainsi que le problème des grèves ne sont, jusqu'à maintenant, pas résolus.

Tram ligne 3, MontpellierMais il va de soi que les Montpelliérains et leurs visiteurs doivent aussi être en mesure de joindre par voiture les quartiers de la ville et, bien sûr, le centre. Il y a peu de villes en France où tant d'automobilistes se plaignent que le réseau des routes ne serait pas clair et qu'on se perdrait facilement. Le nouveau plan prévoit alors une sorte de périphérique autour de la vieille ville, d'où des routes partent, en forme "d'étoile", dans toutes les directions. Ce système améliorerait la liaison avec les villes et villages autour de Montpellier, mais aussi le trafic entre les quartiers. En plus, la municipalité promet la construction de plus de parkings proches des habitations - une mesure qui sera certainement bien accueillie, surtout en ce moment, où un nombre important des parkings du centre ville a été éliminé pour faire place à la construction de la ligne 3 du tram.

Parallèlement, les zones piétonnes seraient élargies pour garantir une circulation sécurisée à ceux qui pratiquent ce que le plan appelle les "modes de transport doux", alors aux piétons et vélos. Toutefois, ici, il y a également deux questions qui restent ouvertes : le problème des voitures, pour la plupart en service de la ville, qui circulent dans les rues piétonnes sans faire attention aux gens qui ne sont pas capables de se sauver "en sautant" quand ils arrivent, et celui de l'agressivité de quelques cyclistes qui considèrent les rues piétonnes comme terrain de course.

Selon la mairie, les premières mesures de ce nouveau plan seraient appliquées dès cet été. Mais auparavant, on cherche encore de bonnes idées supplémentaires en donnant la parole aux Montpelliérains. Le printemps de la démocratie, avril prochain, sera une bonne occasion pour récolter les commentaires des usagers des transports à Montpellier.

Photos et texte : copyright Doris Kneller

vendredi 29 janvier 2010

Frêche, Montpellier, Arruda et le tram au Brésil

Marc Letourneur, directeur de TaM à Montpellier, aidera à la construction du tram à Brasilia

Le tram à MontpellierMontpellier a un nouveau projet de tram. À partir de l'année 1014, les visiteurs montpelliérains de Brasilia, la capitale du Brésil, se sentiront chez eux lorsqu'ils prendront le tram : le nouveau tramway de Brasilia sera signé Montpellier.

Toutefois, il n'y a rien d'étonnant dans cette collaboration. Déjà avec sa ligne 2, Montpellier commença à devenir une référence en matière de transport urbain. Avec sa ligne 3, enfin, Montpellier ne disposera pas seulement du réseau de tram le plus long en France, mais la réputation de ses experts sera définitivement assurée. Ainsi, un contrat fut signé entre George Frêche, dans sa fonction de président de l'Agglo et José Roberto Arruda, le gouverneur du district de Brasilia, une fonction, alors, qui correspond plus ou moins à celle de George Frêche - avec la différence que Monsieur Arruda n'a pas à discuter ses idées avec un maire : dans la ville de Brasilia toutes les décisions sont prises par le gouverneur - il n'y a pas de mairie. Deux présidents qui veulent le bien pour leurs districts. Deux présidents qui se comprennent.

Tramway Montpellier ligne 2Ils se comprirent surtout en matière de tramway. Lorsque, en 2007, une délégation brésilienne visita Montpellier, elle aima tout ce qu'elle vit. Mais avant tout, elle aima le tram. Et tout se passait si bien que, finalement, les Brésiliens ne restaient pas les seuls à voyager : en décembre 2009, ce fut aux représentants de l'Agglo de rendre la visite et de découvrir la ville de Brasilia. Et ce qui en sortit, ce n'est pas seulement un renforcement de l'amitié entre deux villes séparées par des milliers de kilomètres, mais une collaboration très concrète.

Il est clair que Brasilia, une ville de presque 2,5 millions d'habitants, dispose déjà d'un système de transport urbain, notamment d'un métro. Mais l'idée que le gouverneur a en tête vise beaucoup plus : un système qui combine les transports publics avec les transports particuliers, qui fait en sorte que les habitants de sa ville prennent le vélo et laissent la voiture sur des parkings à l'extérieur. Bref, le système qui, depuis l'année 2000, a tant de succès à Montpellier.

Tramway Montpellier bientôt au BrésilCe qui, sans doute, aida à conclure l'affaire, ce fut la déclaration de l'année de la France au Brésil en 2009. Mais ce ne fut pas la première expérience de renforcer les liens entre les deux pays : déjà en 2005, une telle année fut célébrée, et son succès incita les pays à recommencer. Son objectif : montrer aux Brésiliens les multiples talents des Français, leur esprit d'innovation et leur savoir-faire en tout ce qui concerne la création en général et la technique en particulier. La France avait aussi l'idée de guider les yeux du Brésil sur les collectivités territoriales.

Et cette idée fut comblée : Brasilia découvrit Montpellier et son tramway. Et comme, en même temps, on célébra l'année de la France au Brésil, la France était prête à aider : l'Agence Française de Développement ne décida pas seulement de financer la moitié de la première tranche du nouveau tram (134 millions d'euros), mais aussi les 350 000 euros qui coûteront au Brésil les conseils d'une équipe spécialisée qui aidera à planifier et à construire les premiers huit kilomètres du nouveau réseau utilisable par 120 000 à 200 000 passagers par jour. Et cette équipe vient de Montpellier.

Bientôt, six experts montpelliérains commenceront alors à faire l'aller-retour entre Montpellier et Brésil. Parmi eux, l'homme connu par peu des gens qui utilisent le tram : Marc Letourneur, l'homme sans lequel le tramway ne serait pas ce qu'il est. Officiellement, il est directeur de TaM. En pratique, il est le spécialiste le plus expérimenté du tram en France. C'était lui qui dirigea déjà la construction de la ligne 2, qui est responsable de la ligne 3 et qui, avant de venir à Montpellier, créa déjà des lignes de tram à Grenoble et à Strasbourg.

Et la collaboration entre Montpellier et Brasilia ne restera peut-être pas la seule : déjà des délégations de Madrid et de Valence, de Jérusalem et de Melbourne, d'Édimbourg et de plusieurs villes néerlandaises visitèrent le réseau montpelliérain du tram...

Micros-trottoirs sur le tram à Montpellier :
Micro-trottoir sur les grèves des trams et bus
Micro-trottoir : Montpellier et son réseau TaM
Photos et texte : copyright Doris Kneller