Ruelles et rues piétonnes : marcher à Montpellier

La dame dans la quarantaine qui, juste, traverse la place de la Comédie, se sont concernée : "Je vais toujours à pied. J'habite à l'Antigone, près de la Place du Nombre d'Or, je suis alors proche du Polygone et du centre ville. Je n'aime pas prendre la voiture, et c'est rare que je prenne le tram. Et", elle rit, "marcher est bien pour la santé, n'est-ce pas ?"
Une autre dame, à peu près du même âge, est d'accord. "Le centre de Montpellier est idéal pour les piétons. De grandes rues piétonnes, des boutiques qui invitent à flâner, des avenues larges. Après, il y a les petites ruelles des quartiers Saint Roch et Sainte Anne où il fait plaisir de se promener. On y est en sécurité des voitures, enfin, il n'y a que très peu, c'est très agréable."

"Traverser Montpellier à pied ?" répète une dame d'une cinquantaine d'années, accompagnée par un petit chien. "Pendant la journée, à la limite, oui. Tant qu'on reste sur les grandes axes, comme la Comédie ou la rue de la Loge. Mais le soir ou quand vous quittez ces grandes rues, c'est trop dangereux. Il y a des SDF partout, avec leurs grands chiens, des jeunes qui se battent et qui importunent les gens. Parfois", poursuit-elle, "on voit la police. Mais on ne la voit jamais dans des rues comme la rue de Verdun, où les jeunes se battent. Ou dans les petites rues autour de la gare. Ils restent tranquillement dans leur voiture sur la Comédie."

Une jeune fille se plaint également. "C'est très beau, toutes ces rues piétonnes", explique-t-elle. "Mais on n'y est pas tranquille. Sur la comédie, par exemple, il faut faire attention aux voitures de nettoyage qui font n'importe quoi. J'ai une copine qui a été touchée par une telle voiture il y a presque un an : et jusqu'à aujourd'hui, elle ne toujours pas capable de marcher."
Un Monsieur d'une soixantaine d'années se joint aux plaintes : "Sans les vélos, les rues piétonnes seraient parfait", proclame-t-il. "Mais quelle idée d'installer un point vélo en plein rue piétonne, devant les halles de la rue de la Loge. Les jeunes qui y louent des vélos embêtent tout le monde dans la rue de la Loge et sur la Comédie. Ils n'ont même pas assez de respect pour pousser leur vélo jusqu'à la fin de la rue piétonne. Ils préfèrent importuner les gens."

"Traverser Montpellier à pied", répète un Monsieur dans la trentaine. "ça dépend où. Ici, près du Polygone, il n'y a pas de problème. Mais connaissez-vous la Rue du Maréchal de Castries ? C'est une toute petite rue près des Arceaux. Le trottoir y est si étroit qu'une personne passe à peine. Deux personnes, impossible. S'il y a deux personnes qui se croisent, une doit descendre dans la rue. Et c'est très dangereux, parce que, à cause des travaux sur le Cours Gambetta, il y a beaucoup de trafic. En plus, ils utilisent le trottoir pour y poser leurs poubelles. Les poubelles, à Montpellier, ne bloquent jamais les voitures, mais les piétons."
Le boulevard Sarrail est un autre endroit où les piétons se sentent molestés. "Il y a un chantier qui bloque le trottoir depuis des siècles", exagère un Monsieur dans la quarantaine. "Il veulent que les piétons passent en face - mais en face, on ne peut pas passer. Il y a la voie pour les voitures et puis, les terrasses des cafés. On pense à tout le monde, mais pas aux piétons."

Photos et texte : copyright Doris Kneller
Surtout surtout qu'on ne change plus rien dans le vieux Montpellier !
RépondreSupprimerQu'est-ce que les Français peuvent être râleurs, tout de même !