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mardi 31 mars 2015

Montpellier : Journée internationale des forêts

Montpellier, l'Hérault, les arbres et les forêts

Pour la troisième fois, Montpellier participe activement à la « Journée internationale des forêts » proclamée par l’ONU. De diverses manifestations ont été programmées, étalées entre le 21 mars - la journée officielle - et le 28 mars 2015. Certainement une « démonstration de la bonne volonté du côté de la municipalité », comme l’exprime un Monsieur dans la trentaine - mais qui, selon la critique de plusieurs Montpelliérains, n’aurait « rien à voir avec l’écologie et l’amour des arbres et de la nature. »

L’équipe de Montpellier Presse Online a voulu savoir, si les Montpelliérains sont au courant de la nouvelle institution d’une « Journée internationale des forêts » et ce qu’ils en pensent. Une des premières réponses qu’elle a reçue - et, en même temps, une des plus fréquentes - cible les « journées internationales » en général : « Journée de la femme, journée de l’artisanat, journée de l’enfant, journée de l’arbre… et quoi encore ? », se fâche par exemple une dame dans la quarantaine. « Ils nous bombardent avec des ‘journée de…’, mais ça ne donne pas de sens. »

Une dame dans la cinquantaine est encore plus amère : « Ils ont inventé la journée de la femme pour avoir une raison de ne pas penser aux droits des femmes qu’une seule fois par année. Pareil pour la journée mondiale de la paix ou celle de la terre. Maintenant, ils cherchent un alibi pour ne plus penser aux arbres, 364 jours par an. » Et un Monsieur d’à peu près le même âge ironise : « Saviez-vous qu’il y a déjà une ‘Journée mondiale sans Facebook’ ? Oui, oui, je ne blague pas, c’est le 28 février… »

Il y a peu de Montpelliérains qui sont prêts à prendre au sérieux les Journées nationales, internationales ou mondiales. « Le 27 mars, on a fêté la ‘Journée nationale du Sommeil’. J’imagine que beaucoup de gens l’ont prolongé jusqu’au 29 - ça expliquerait le nombre des Français qui n’ont pas voté », rigole un Monsieur dans la trentaine en faisant allusion au taux élevé des abstention pendant les élections départementales 2015, tandis qu’une dame d’à peu près le même âge rappelle : « N’oubliez surtout pas que, demain, le premier avril, on a la journée de la blague. » Une dame dans la quarantaine, par contre, montre un humour particulier : « Oui, bien sûr, mon chien participe toujours à la journée des forêts. Il s’arrête à chaque arbre. »

Mais blague de bon ou mauvais goût, il y a aussi beaucoup de Montpelliérains qui trouvent que l’arbre est essentiel pour la vie. « Ici, en ville, » dit par exemple une dame « née à Montpellier » il y a une soixantaine d’années, « on oublie facilement l’impact de la nature sur notre vie et notre santé. On pense qu’on peut tout régler avec les machines. Mais quand on tombe malade, on se rend vite compte que l’environnement joue un rôle existentiel. »

Une étudiante de quelque 25 ans est assez bien informée. « Oui, j’ai entendu parler de la journée de la forêt ou de l’arbre, je ne me rappelle plus bien du titre. Je crois que les médiathèques de Montpellier ont fait une exposition sur le sujet. Et quelques villages organisent des activités pour les enfants. »

Une autre Montpelliéraine, plus âgée de quelques 10 ans et mère de deux enfants n’est pas contente des activités qu’on a proposées à sa fille : « Avec l’école, ils sont allés dans la nature pour jouer. Ils ont ramassé des feuilles et des brins d’herbe pour les coller dans leurs cahiers. Ensuite, ils avaient le droit de jouer, et ils ont mangé dehors. Pour moi, ce n’est pas une manière d’expliquer la forêt aux enfants. Ils n’ont rien appris sur les arbres et leur signification pour l’écologie. »

« Oui, je suis au courant », répond aussi une dame dans la cinquantaine. « J’ai étudié la liste entière des manifestations qui ont été organisées à Montpellier et aux environs. Mais je n’appelle pas cela une Journée de la Forêt ou, de toute manière, pas dans mon sens. Parce que pour moi, la forêt est un endroit de paix et de santé mentale et physique. Mais les organisateurs des manifestations pensent à son exploitation, l’utilité du bois pour ce qu’ils appellent la ‘civilisation’ et la façon la moins chère de détruire les quelques forêts qui nous restent. »

La plupart des Montpelliérains interrogés n’était cependant pas au courant de l’existence d’une Journée internationale de la Forêt. « La presse est pleine d’histoires sur les catastrophes et de politique. Mais on est beaucoup moins informé sur les événements culturels ou, dans ce cas, écologiques », se plainte un Monsieur dans la cinquantaine. Et une dame un peu plus jeune que lui va dans le même sens : « Qui s’intéresse à une journée de la forêt au milieu des élections ? »

Toutefois, en général, les habitants de Montpellier sont pour le maintien de la journée, bien que certains pensent qu’il faudrait plus en parler pour que les gens sachent qu’elle existe. « Nos enfants ne savent plus rien de la nature », commente une dame dans la quarantaine. « Il est temps que nous recommençons à leur montrer sa beauté. Chaque enfant devrait avoir le droit de grandir sous de vrais arbres, je veux dire des arbres dans leur milieu naturel. Ou, pour ceux qui sont obligés de grandir en ville, y passer le plus de week-ends et de vacances possibles. »

« J’ai visité l’exposition à la médiathèque Federico Garcia Lorca, et je sais qu’il y a des clubs photo qui ont également travaillé sur ce sujet », se rappelle une dame dans la trentaine. « Mais, franchement, je préfère me promener dans la nature que visiter des expos sur la nature. » Un Monsieur d’à peu près le même âge est d’accord avec elle : « Les arbres ne se contemplent pas sur des photos. Pour les connaître, il faut les toucher, sentir leur écorce, se délasser dans leur ombre. Observer les animaux qui y habitent. » Et une dame dans la cinquantaine : « J’ai vu un groupe d’enfants dans la médiathèque. Les photos des arbres ne les ont pas fascinés du tout. J’avais envie de les prendre par leurs mains et partir avec eux - dans une véritable forêt. »  
Photos et texte : copyright Doris Kneller

dimanche 23 mai 2010

Fête de la biodiversité à Montpellier - édition 2010

Montpellier fête la biodiversité : les plantes, les animaux, l'homme et la planète

Biodiversité à Montpellier"Fête de la biodiversité", répète le Monsieur d'une soixantaine d'années. "Non, je ne connais pas. Jamais entendu. Bien que je sois Montpelliérain. Mais je pense que c'est encore une de ces inventions des politiciens. Ils veulent nous faire croire qu'ils s'occupent vraiment de la nature. Si vous me demandez, c'est juste 'pseudo'. De la poudre aux yeux des électeurs."

Peu importe qui aurait "inventé" la Fête de la biodiversité à Montpellier, il ne s'agissait pas "de la poudre aux yeux", mais d'une manifestation très sérieuse avec une quarantaine d'associations écologistes, elles aussi passionnées et sérieuses.

insectes à MontpellierL'idée centrale de cette deuxième édition de la Fête de la biodiversité - organisée dans le cadre de l’Année internationale de la biodiversité - était l'observation et la connaissance de la nature. Il est vrai que l'animation s'adressait surtout, "officiellement", aux enfants - mais cette programmation permettait aux adultes, sans avoir à avouer leur esprit ludique, de profiter des installations de la ville et des associations de la nature, toutes d'une qualité excellente au niveau de leur valeur scientifique et pédagogique et qui, en plus, faisaient plaisir aux petits (et aux grands).

Toutefois, bien que les adultes se soient également régalés, la Fête de la biodiversité à Montpellier a réussi à attirer un millier d'enfants juste le premier jour. Leur émerveillement lorsqu'ils étaient confrontés aux informations sur la nature était éloquent : si, de nos jours, un enfant élevé dans une ville si proche de la campagne et de la nature comme Montpellier peut s'extasier devant une petite graine, cela fait réfléchir les représentants des écoles et les responsables de l'éducation.

Comédie de la Biodiversité, MontpellierDe toute manière, ces graines ont été présentées avec beaucoup d'amour pour la matière. Les enfants - et adultes - pouvaient se rendre compte de la diversité de ces objets minuscules qui portent en eux la vie des fleurs, des légumes, des arbres...

Mais aussi d'autres êtres minuscules étaient à l'honneur : les insectes. L'association SPIPOLL - Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs - fait tout pour chasser le "berk" presque automatique des enfants de la ville quand il est question des insectes. Ses photos montraient la beauté par exemple d'une "petite abeille" dans toute sa splendeur, et des membres de l'association, passionnés par leur sujet, savaient fasciner les visiteurs avec leurs explications par exemple sur les différences entre une guêpe et d'autres insectes, piqueurs ou non, qui ressemblent aux guêpes uniquement pour ceux qui n'ont pas appris à les regarder.

Ainsi, on pouvait apprendre qu'il y a des syrphes, des insectes qui, en vérité, appartiennent à la famille des mouches, dont l'abdomen ressemble à celui d'une guêpe ou d'une abeille. Toutefois, ces syrphes "déguisés" en insecte piquant n'ont pas de dard - ils sont dont entièrement inoffensifs... et, par conséquent, sans défense. C'est pourquoi, la nature faisant bien les choses, l'évolution leur a offert cette ressemblance avec les guêpes ou les abeilles, plus "respectées" par les prédateurs. Ce "cadeau" de l'évolution, s'appelle mimétisme.

L'association SPIPOLL présente un site Internet avec plein d'informations sur les insectes, présentées avec passion et exactitude scientifique. Ce site incite également à prendre en photo ces petits êtres. Il explique, où les "capter" avec l'appareil photo, et il aide à les identifier.

Montpellier et la biodiversité en villePour quelques jeunes Montpelliérains, l'occasion de discuter sur les insectes au cours de la Fête de la biodiversité était aussi leur première occasion de réfléchir à la vie de ces petits syrphes et, en même temps, du "génie" de l'évolution et de la biodiversité.

Mais il n'était pas seulement question des "petits" - les "grands" animaux avaient aussi leur défenseurs. Ainsi, l'association Kalaweit informait sur le menace d'extinction de douce espèces de gibbons par la destruction de leur habitat, les forêts intertropicales. Il est vrai que ces grands singes sont protégés par la convention de Washington de 1973 - mais cela ne sert à rien tant que leur habitat peut librement être détruit.

Un autre stand était consacré non seulement à la protection de la nature, mais aussi à celle de l'homme. Car même si, parfois, il a tendance à l'oublier, il fait toujours partie de cette nature dont il est le pire ennemi. Ainsi, le stand présentait une liste des aliments et des cosmétiques sans huile de palme.

Bref, à travers les stands, le visiteur pouvait se rendre compte non seulement de la biodiversité à Montpellier, mais de la richesse de la nature en général - une richesse que beaucoup des enfants de ville ne connaissent plus. Pour les aider, il y a aussi la Radio Terra one, une station installée à Montpellier, entièrement consacrée à l'écologie, à l'homme et à la planète.

Pour ceux qui n'ont pas pu profiter de la Fête de la biodiversité pour visiter les installation de la ville de Montpellier, rien n'est perdu : elles resteront visibles dans les divers parcs montpelliérains.

Autres articles sur la biodiversité :
Biodiversité et écologie à Montpellier
Printemps de la démocratie à Montpellier
Fête de l'écologie en Avignon
Montpellier écologique
Photos et texte : copyright Doris Kneller

lundi 10 mai 2010

L'abolition de l'esclavage - marche de commémoration à Montpellier

L'esclavage et son l'abolition, la loi Taubira et l'écosystème des Caraïbes...

Montpelliercontre l'esclavageL'esclavage en France a été aboli en 1848. Mais ceux qui se sentaient concernés par tout ce qui a été fait dans le nom de la célébration d'être "blanc" ont dû attendre jusqu'à 2001pour voir apparaître la loi Taubira - la déclaration officielle que l'esclavage était un crime contre l'humanité.

Cette déclaration a été publiée un 10 mai. Et c'est la raison pour laquelle, en 2006, le 10 mai a été déclaré journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.

Toutefois, de nos jours, dans une ville moderne et ouverte comme Montpellier, pourquoi penserait-on encore à l'esclavage ? - "Il y a beaucoup de raisons", explique un participant à la marche en souvenir de l'esclavage qui, traversant le centre de Montpellier, comblait la journée de la commémoration, remplie par des conférences, des discussions et un marché artisanal.

"Je ne veux pas parler du racisme qui, de nos jours, est toujours actuel", poursuit le jeune homme. "Bien que tout le monde sache que, même à Montpellier, un noir a beaucoup plus du mal à trouver un job qu'un blanc. Combien de temps il nous est arrivé, à mes amis ou à moi, d'avoir une promesse de travail au téléphone qui se transfère en 'erreur' dès qu'on se présente en personne."

Montpellier : commémoration de l'esclavageUn autre homme, un peu plus âgé, se mêle de la conversation. "Tout le monde parle d'écologie. Aussi à Montpellier. Mais tout le monde a oublié que, quand les blancs sont arrivés aux Caraïbes, la nature était intacte. L'homme et la nature vivaient en harmonie."

En effet, l'arrivée des Espagnols au 15ème siècle, plus tard celle des Français, a entraîné des changements importants dans l'écosystème des îles. Les conquérants ont transformé un système d'abondance naturelle en exploitation immense où l'homme et la nature n'avaient plus les mêmes objectifs. "L'exploitation de la nature, produire de plus en plus, faire de l'argent avec la nature, c'était tout ce l'homme blanc avait en tête", commente une jeune femme qui, elle aussi, participe à la marche en souvenir de l'esclavage.

La destruction d'un écosystème naturel - et les souvenirs d'un peuple qui a souffert - est-ce cela qui nous reste aujourd'hui de l'esclavage ? - "L'esclavage n'est pas terminé", intervient un homme dans la quarantaine qui ne participe pas à la marche, mais qui se joint aux participants au moment où ils font la pause sur la place de la Comédie. "L'esclavage, ça signifie être la victime d'un tyran. Et des victimes de tyrans, il y en a toujours pleines."

"Il y a toujours des pays où, quand vous avez des dettes, vous êtes obligé de travailler pour votre créancier. Et dans ces pays-là, il n'y a n'y loi ni syndicat pour aider. Votre 'chef' fait de vous ce qu'il veut - il vous fait travailler jusqu'à ce que vous êtes au bout."

Une jeune femme préfère changer de sujet : "Oui, l'esclavage pour dettes, c'est connu. Ça existe même en France." - Plusieurs personnes éclatent de rire. - "Mais l'esclavage des enfants est beaucoup plus important. Le 'tourisme sex'. Combien de ces hommes présents ici sur la place", avec un geste de la main elle indique la place de la Comédie, "sont déjà allé dans des pays 'exotiques' pour abuser des enfants ? - Je ne souhaite même pas le savoir. Je ne pourrais pas regarder un tel homme sans devenir agressive."

Montpellier : marche contre l'esclavage"Et l'esclavage des femmes ?" intervient une autre jeune femme. "C'est un problème qui se passe ici, devant nos portes. Ou, plutôt, derrière les portes fermées. Combien des hommes frappent leurs femmes - combien de femmes ne peuvent pas quitter leurs maris parce qu'elles n'ont pas un centime à elles ? Elles doivent souffrir, toute leur vie."

"Tout cela n'est pas comparable à ce qui s'est passé dans l'histoire", reprend un homme plus âgé que les autres. "La soumission d'un peuple entier - de plusieurs peuples. Des hommes blancs qui attaquent des villages paisibles, quelque part en Afrique. Des gens qui les ont accueillis avec toute leur gentillesse, avec une hospitalité comme on ne l'a jamais connue en Europe. Et au lieu de se contenter de cette gentillesse, ils enlèvent les hommes et les enfants pour les tasser dans des négriers et les vendre. Combien d'hommes sont morts pendant les trajets, frappés et torturés ? Combien de familles ont été séparées, pour toujours ?

"Si, encore, on pouvais tirer des leçons de l'histoire", commente une femme dans la cinquantaine. "Mais ce n'était jamais le cas. Nous n'avons pas appris à garder la paix après les guerres, et nous n'avons pas compris que l'esclavage, de toute forme, est contre la dignité humaine. Et je ne parle pas de la dignité de la victime - une victime reste toujours digne, peu importe ce qui lui arrive. Je parle de la dignité des criminels. Torturer un être humain, c'est perdre toute sa dignité."

"De toute manière", dit un homme à peu près dans le même âge, "on ne risque pas d'oublier les esclaves. Tant qu'il y a des Montpelliérains qui marchent dans la ville pour nous les rappeler."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 22 avril 2010

Fête de l'écologie - Avignon, Montpellier et les "petits gestes quotidiens"

L'écologie au quotidien - un sujet qui fait réfléchir les Montpelliérain

L'eau à MontpellierLe 8 et 9 mai prochains, le Montpelliérain qui se sent l'âme d'un écologiste - ou qui, tout simplement, s'intéresse à l'écologie au quotidien - aura plusieurs raisons de se déplacer à Montfavet près d'Avignon. La première est déjà assez tentante : passer un week-end agréable et découvrir plein d'informations et de produits issus des idées de l'écologie. Mais la deuxième est peut-être encore plus intéressante : comprendre ce qui signifie le concept de vivre l'écologie au quotidien.

Car l'écologie au quotidien est le sujet de la quinzième édition de la fête de l'écologie organisée par l'association A.V.E.N.I.R - l'Association Vauclusienne d'Éducation aux Énergies Non-polluantes, Indépendantes et Renouvelables - près d'Avignon. Pour les organisateurs de la fête, l'écologie au quotidien ne consiste pas seulement dans les petits gestes qui devraient faire partie des "automatismes" de tout le monde, mais aussi dans tout ce qui concerne la santé, les conditions de l'habitat, les produits qu'on utilise tous les jours, la nourriture, le bien-être et, à ne pas oublier, la solidarité...

...cette solidarité qui, justement, comme le souligne une jeune femme qui attend le tram au Corum, "ne fait plus partie de notre quotidien. On ne s'intéresse plus à ce qui arrive à notre voisin, et proposer son aide à quelqu'un qu'on ne connaît pas est souvent considéré comme insulte." - Et que, tout cela, a-t-il à voir avec l'écologie ? - "Ce constat concerne tous les aspects de la vie", continue-t-elle, "dont la solidarité du partage. On n'a plus l'idée de partager une voiture, un ascenseur ou un chauffage en hiver. Chacun vit dans son coin et ferme les yeux et les oreilles pour ne rien savoir des autres."

Montpellier, PeyrouLa base de la fête est constituée par un marché de quelque 250 exposants, du producteur bio à l'artisanat naturel, du "carrefour du commerce équitable" aux professionnels de l'économie des énergies. Mais cela n'est pas tout. Déjà, la fête de l'écologie propose un nombre immense de conférence sur la santé (comme, par exemple, les médecines quantiques ou la santé des intestins), des questions techniques (l'autoconstruction d'une éolienne domestique), l'agriculture, le climat et, bien sûr, l'écologie au quotidien considérée comme urgence citoyenne…

Ensuite, il y a des ateliers pour adultes et enfants. On parlera du bien-être, des finances, de l'eau, de l'énergie, des couleurs des vêtements ou de la construction d'une maison.

Toutefois, celui qui dit fête dit aussi musique. Ainsi, Marc-Antoine Stauffenegger, un musicien qui, d'habitude, régale son public avec des chansons de Piaf, Brel, Nougaro ou Brassens présentera des "chansons pour la planète". Mais aussi l'association planète bleue, Calypsud Steelband, Jean-Yves Chetail et plein d'autres musiciens mettent leur art à la disposition de l'écologie.

Tout cela pour notre planète. - Une telle fête peut-elle aider à sauver la vie de la Terre ou, du moins, à prolonger un peu l'existence d'un air respirable, d'une eau buvable et d'une qualité de vie dans le sens de la santé et du bien-être ? - Selon les annonces des organisateurs, la réponse est dans la sensibilisation. Ils parlent de l'urgence pour deux millions d'habitants des pays où le minimum ne fait pas partie du quotidien, pour le gaz ou le pétrole dont les réserves seraient épuisées dans 60 et 40 ans respectivement, pour les forêts primaires en voie de disparition, la biodiversité et la santé de l'homme. Ils accusent "ceux qui nous bernent quotidiennement sous couvert de démocratie" de ne pas prendre soin de notre héritage naturel et demandent aux habitants de la planète de prendre leur destin en main. Ils évoquent les déchets d'une civilisation consommatrice qui polluent les sols et les eaux, les bouteilles plastiques qui devraient disparaître des commerces et la responsabilité des consommateurs.

Reste la question si un consommateur peut vraiment améliorer le bien-être de notre planète et de ses habitants. "Oui, sûrement," dit une dame dans la cinquantaine. Chaque bout de papier que nous ne jetons pas inconsciemment peut contribuer au sauvetage d'un arbre. Chaque bouteille de plastique qui n'est pas produite prolonge la durée de la réserve du pétrole. Chaque chauffage éteint empêche la production de quelques déchets nucléaire..."

Montpellier écologieUn jeune homme qui, comme la dame, fait ses cours au Polygone, n'est pas d'accord. "Vous voulez rire ?" demande-t-il avec un sourire provocateur. "Les gestes quotidiens des citoyens ? À quoi ça servirait ? Imaginez cent Montpelliérains qui éteignent leurs lampes une heure plus tôt pendant une semaine. Ou un mois, si vous préférez. Ça sonne comme beaucoup d'économie d'énergie. Mais si vous comparez ce gain d'énergie à la consommation d'une toute petite usine de… tout ce que vous voulez, de papier, par exemple, ou de nourriture pour chien, ce n'est strictement rien. On nous dit de ne pas utiliser la voiture - mais tant qu'il y a des avions, la pollution par les voitures reste ridicule. On nous dit aussi de ne pas gaspiller le papier. Mais pensez-vous vraiment que c'est pour le papier qu'ils coupent les forêts en Amazonie et dans les Pyrénées ? Regardez une seule fois les listes des subventions accordées par l'Europe - c'est là le 'secret' de l'écologie. Un propriétaire de forêt gagne son argent par le biais des subventions qui l'incitent à couper ses arbres et pas par le prix ridicule payé par les fabricants de papier."

"Oui", assure un autre homme, un peu plus âgé, "il est bien de sensibiliser les gens à l'écologie. La plupart des gens ne sont ni méchants ni pollueurs - le problème est tout simplement qu'ils ne réfléchissent pas. Une fête est un excellent moyen de les réveiller et de les faire réfléchir un peu."

"Je ne sais pas", commente une dame dans la quarantaine, "ils parlent tout le temps de l'écologie, c'est à la mode, maintenant. Je pense qu'ils ont raison, mais je ne m'y connais pas vraiment. De toute manière, il faudrait faire en sorte que les gens se sentent mieux. Le bien-être, c'est ce qui est important, n'est-ce pas ?"
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 11 mars 2010

Biodiversité et écologie à Montpellier

Montpellier, ville écologique : la biodiversité en milieu urbain Languedoc-Roussillon

Peyrou, MontpellierQue Montpellier met tout en œuvre pour mériter un label du genre "Ville écologique" est déjà connu. Or, maintenant, les ambitions vont beaucoup plus loin : dans un communiqué de presse, la mairie a annoncé que, aujourd'hui, "l’ambition de Montpellier est de devenir une référence nationale et internationale en matière de biodiversité urbaine, en s’appuyant sur la richesse d’un pôle scientifique de premier plan."

Ainsi, Montpellier a pu profiter de l'année mondiale de la biodiversité et des organismes qui se sont créés pour entamer le chemin de l'écologie. Ainsi, la ville fait maintenant partie du Global partnership on cities and biodiversity, un réseau de communes qui défendent la biodiversité dans l'environnement urbain. En plus, Montpellier est une des rares villes qui, jusqu'à maintenant, ont signé la convention sur la diversité biologique de l'ONU et prévoit sa présence au sommet sur la biodiversité au Japon en octobre prochain. Ici, les Montpelliérains rencontreront les écologistes internationaux, par exemple ceux de Nagoya, leur ville hôtesse, Singapour, Montréal, Bonn et Curitiba.

Mais d'ici là, il est question d'entamer la réalisation pratique du plan ambitieux. L'aménagement de l'espace public dans un sens écologique à long terme se trouve évidemment tout en haut de la liste des actions prévues. Ensuite, il y a l'information et l'éducation qui ne doivent pas être négligées. La ville de Montpellier prévoit donc des mesures de sensibilisation dans le milieu scolaire, mais aussi des interventions qui ciblent les adultes. On commence à parler des "sciences éco-citoyennes". Après le succès sensationnel de l'Agora des Savoirs, on peut partir du principe que les Montpelliérains accueillerions de telles actions avec enthousiasme.

Montpellier, Champ de Mars Il n'y a pas très longtemps, les scientifiques ont constaté qu'ils se sont trompés au sujet de la biodiversité. Jusqu'à lors, on était persuadé que la conversation des espèces se jouait plutôt dans les forêts tropicales ou, encore, dans les parcs ou réserves protégés - ce qui est toujours vrai. Mais ensuite, on a misé sur les zones rurales. Et c'est ici où la réalité ne suit plus la théorie.

Le problème : l'exploitation de la terre et des autres ressources naturelles par une agriculture qui se veut "moderne". Initialement, les zones rurales étaient considérées comme espaces où l'homme vivait en harmonie avec la nature. Or, petit à petit, elles se sont transformées en victimes de l'intensification de l'agriculture l'industrialisation où beaucoup des espèces - animaux et plantes - ne trouvent plus leur place. Une sorte de "migration" dans les milieux urbains a donc commencé où un petit nombre des espèces "chassées" de la zone rurale a trouvé un nouveau territoire.

Montpellier, Jardin des plantesQui dit "ville" pense d'abord aux rues surpeuplées de voitures, aux places goudronnées et aux maisons si hautes qu'elles cachent le ciel. Plus la ville devient "inhumaine", plus les citadins ont envie de nature et plus ils ont tendance de sortir, les week-ends ou pendant les vacances. Mais les villes ont intérêt à garder leurs habitants dans leurs murs : déjà, il y a la question commerciale - celui qui part, dépense ailleurs - mais, surtout, les priorités écologiques. Car celui qui quitte la ville se sert en général de sa voiture. Il devient donc "pollueur" et nuit à cette nature dont, justement, il a tant envie...
Ainsi, au lieu de laisser leurs habitants aller "dehors", les villes font de plus en plus d'efforts pour qu'ils restent chez eux : elles "invitent" la nature à s'installer à proximité. Montpellier est un très bon exemple d'une ville qui se veut écologique - elle offre aux habitants et visiteurs 741 hectares d'espace vert, dont le jardin des plantes, connus depuis Louis XIV, le parc zoologique, la réserve naturelle du Lez, le Champ de Mars ou des petites places comme le square Planchon.

La valeur écologique des institutions du genre parc zoologique ou serre amazonienne a longtemps été discutée. Il y avait des voix qui parlaient de milieu inadapté à la nature et aux besoins des animaux. D'autres ont répondu que ceci serait bien vrai, mais que la sauvegarde des espèces - et ceci est un des résultats les plus beaux du travail des zoos - est plus importante que les idées sur un milieu naturel qui n'existe plus... Sans doute, des parcs zoologiques comme celui de Montpellier où le milieu des animaux s'approche le plus possible de leurs habitats naturels ont fait taire la plupart des voix sceptiques.

Pour le moment, Montpellier a signé un partenariat avec le paysagiste Gilles Clément qui s'est lancé dans une étude sur la biodiversité en milieu urbain. Il a promis de présenter ses résultats aux Montpelliérains le 10 mai prochain.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 10 février 2010

Circulation à Montpellier, Jeu de Paume, périphérique et ligne 3...

Un plan pour repenser les transports à Montpellier

Bus et tram à MontpellierBonne nouvelle pour beaucoup de Montpelliérains : le boulevard du Jeu de Paume restera ouvert à la circulation pendant la construction de la ligne 3 du tram. Il est vrai qu'il sera réduit à une voie, mais personne ne sera obligé de tourner en rond dans les petites rues pour trouver son chemin.

Actuellement, il n'est pas possible d'entrer ou de sortir de Montpellier sans tomber sur un chantier qui promet que "le tramway avance". Tout le monde parle donc de la future ligne 3 dont l'inauguration sera un des grands événements de l'année 2012. Or, ce n'est pas seulement le réseau de tram qui, actuellement avec la ligne 3, plus tard avec la ligne 4, sera modifié. La ville de Montpellier veut aller beaucoup plus loin : tout le système de circulation, les routes, les transport en commun, les rues piétonnes, les parkings - tout ce qui est en relation avec le transport doit être revu.

Avec son plan qui, selon la mairie, doit régler la question de la circulation pour les vingt ans à venir, la municipalité poursuit deux objectifs : devenir ville "modèle", c'est-à-dire organiser un système de circulation qui frotte l'idéal, en est le premier. L'autre est une question d'écologie.

Le tram, Place de la ComédieLe premier objectif part du principe que tous les usagers doivent être satisfaits du système de circulation, peu importe s'ils se servent d'un moyen de transport en commun ou individuel, au point que d'autres villes aient envie de l'imiter et de profiter du savoir-faire montpelliérain - comme déjà Brasilia qui se fait conseiller par des experts de la TaM pour l'élargissement de leur réseau de tramway.

Mais Montpellier n'a pas seulement l'ambition de devenir une ville modèle pour le trafic à l'intérieur et à l'extérieur du centre et de la périphérie : Hélène Mandroux et son équipe sont aussi décidés de transformer Montpellier en une "ville écologique".

Ainsi, la mairie prévoit de se tenir aux indications données aux communes européennes : dans dix ans, les émissions de gaz carbonique, du fameux "gaz de serre", seraient réduites de 20 pour cent. Il n'est alors pas seulement question de rendre contents les Montpelliérains et les visiteurs de la ville, mais aussi de diminuer la circulation en voiture et celle d'autres moyens de transport polluant. Il faut faire en sorte d'être à la hauteur des deux priorités à la fois.

Comment affronter ce défi ? - D'abord, évidemment, il y a le tram. Le tramway de Montpellier doit devenir si attractif que même les fans les plus assidus du volant aient envie de laisser leur voiture chez eux ou sur un des parkings situés aux arrêts à l'extérieur du centre. La mairie prévoit évidemment d'augmenter le nombre de ces parkings. Avec la ligne 3 et, encore plus, avec la ligne 4, augmente aussi le nombre des quartiers de Montpellier et des villages de l'agglomération qui seront desservis. La question de la sécurité - ou, plutôt, la peur de beaucoup d'usagers des groupes plus ou moins ivres et bruyants qui, la nuit, fréquentent le tram - ainsi que le problème des grèves ne sont, jusqu'à maintenant, pas résolus.

Tram ligne 3, MontpellierMais il va de soi que les Montpelliérains et leurs visiteurs doivent aussi être en mesure de joindre par voiture les quartiers de la ville et, bien sûr, le centre. Il y a peu de villes en France où tant d'automobilistes se plaignent que le réseau des routes ne serait pas clair et qu'on se perdrait facilement. Le nouveau plan prévoit alors une sorte de périphérique autour de la vieille ville, d'où des routes partent, en forme "d'étoile", dans toutes les directions. Ce système améliorerait la liaison avec les villes et villages autour de Montpellier, mais aussi le trafic entre les quartiers. En plus, la municipalité promet la construction de plus de parkings proches des habitations - une mesure qui sera certainement bien accueillie, surtout en ce moment, où un nombre important des parkings du centre ville a été éliminé pour faire place à la construction de la ligne 3 du tram.

Parallèlement, les zones piétonnes seraient élargies pour garantir une circulation sécurisée à ceux qui pratiquent ce que le plan appelle les "modes de transport doux", alors aux piétons et vélos. Toutefois, ici, il y a également deux questions qui restent ouvertes : le problème des voitures, pour la plupart en service de la ville, qui circulent dans les rues piétonnes sans faire attention aux gens qui ne sont pas capables de se sauver "en sautant" quand ils arrivent, et celui de l'agressivité de quelques cyclistes qui considèrent les rues piétonnes comme terrain de course.

Selon la mairie, les premières mesures de ce nouveau plan seraient appliquées dès cet été. Mais auparavant, on cherche encore de bonnes idées supplémentaires en donnant la parole aux Montpelliérains. Le printemps de la démocratie, avril prochain, sera une bonne occasion pour récolter les commentaires des usagers des transports à Montpellier.

Photos et texte : copyright Doris Kneller

lundi 18 janvier 2010

Hélène Mandroux, maire de Montpellier :
micro-trottoir

Politique à Montpellier : Qui est Hélène Mandroux ?

Hélène Mandroux, maire de MontpellierL'Odysseum, un après-midi ensoleillé au milieu de la semaine. Ceux qui se promènent parmi les boutiques, se prennent le temps. Ils flânent, ils regardent les vitrines, ils profitent du soleil. D'où viennent-ils ? Habitent-ils tous à Montpellier ?

"Oui, j'habite au centre", répond une dame d'une quarantaine d'années qui, comme elle dit, est venue "pour faire les soldes. Mais je n'ai rien trouvé." Elle a le temps pour une petite "causette".

"Si je sais qui est Hélène Mandroux ? Bien sûr, c'est le maire de Montpellier." Elle explique de bien aimer son maire. "Elle fait plein de bonnes choses. Et elle est plus sympa que George Frêche." - Quelles sont ces "bonnes choses" ? - La dame réfléchit. "Voyons. Le tram, n'est-ce pas ? Bientôt, on aura une nouvelle ligne." - Aimeriez-vous voir Madame Mandroux en tête de l'Agglo ? - "Pourquoi pas ? Mais surtout, elle devrait rester maire. Elle est un bon maire."

Montpellier et sa mairie : Hélène Mandroux"Le maire de Montpellier ?", répète un jeune homme. "C'est une femme, non ? Je sais pas, son nom m'est échappé." - "Mandroux", s'en mêle sa copine. "Je la trouve sympa." - Qu'est-ce que vous savez d'elle ? - "Je crois qu'elle est médecin. Je la trouve très ouverte. Elle soutient les gais, enfin, elle n'a rien contre leur mariage. J'ai un ami qui est gai, et il la trouve bien."

"Mandroux, Hélène ?" Le Monsieur âgé fait une grimace dédaigneuse. "Qu'est-ce que vous pouvez attendre d'une femme en politique. Elle suit le premier qui lui sourit." Il s'énerve un peu. "Vous savez quelque chose ? Je vais vous dire la vérité. Je l'aimais bien, au début, la Mandroux. Il était temps que quelqu'un s'oppose à Frêche. Mais depuis qu'elle a soutenu la Royal, c'est fini pour moi. Les femmes entre elles, ça se soutient sans réfléchir."

"Hélène Mandroux, bien sûr. C'est normal qu'on connaît son maire." La dame, la vingtaine avancée, sourit. "Suffit de lire la presse. Avant, elle était médecin. Avec beaucoup de succès, si je me rappelle bien. N'a-t-elle pas créé une association des femmes médecins ou quelque chose comme ça ? - Mais depuis qu'elle fait la politique, elle ne devrait plus exercer. Elle était déjà adjointe au maire sous Frêche, elle s'est occupée de la santé ou des finances, je ne sais plus exactement."

C'est de nouveau un Monsieur, d'une quarantaine d'années, qui prend position contre Hélène Mandroux. "Sans George Frêche, elle ne serait jamais devenue maire. Il l'a soutenue, et s'il n'avait pas démissionné, il serait toujours maire, et il le resterait. Au lieu de lui remercier, elle s'oppose à lui. Si elle avait quelque chose à dire, Montpellier aurait déjà fait faillite." - Pourquoi ? - "Elle veut tout en même temps. La nouvelle mairie, plusieurs lignes de tram, de nouveaux quartiers, Port Marianne, ..." - Tout cela sont des projets initiés par Hélène Mandroux ? - "Non, par Frêche. Mais Mandroux en profite..."

Hélène Mandroux, Montpellier"C'est formidable que notre maire est une femme. Cela montre l'ouverture d'esprit des Montpelliérains." De nouveau un homme, une cinquantaine d'années, vêtu d'un costume bleu foncé. "Et tout ce qu'elle fait aide la cause des femmes. Elle était brillante comme médecin, elle n'a pas hésité de travailler à la Paillade. Elle était aussi présidente de l'association des femmes médecines. Maintenant elle est présidente de l'Association des maires - ou peut-être vice-présidente ? - D'où je sais tout cela ?" Il sourit. "On se tient au courant, n'est-ce pas, on doit savoir ce qui se passe dans sa ville..."

"Mandroux ? Bien sûr que je sais qui est Mandroux. La maire de Montpellier." - "La" maire ? - La jeune femme hoche la tête. "Oui, je dis la maire. C'est une femme, n'est-ce pas ? Pourquoi je dirais 'le' maire si je parle d'une femme ? Ce ne serait pas logique. On est dirigés par les hommes qui se permettent de former la langue comme ça leur convient. Ils n'ont rien à faire avec des réflexions logiques. - Savez-vous seulement, combien de villes françaises ont des femmes maires ? Six ! Vous imaginez ? Six femmes élues maire."

"Non, je sais pas", dit une dame dans la trentaine. "Je ne m'intéresse pas à la politique." - Habitez-vous à Montpellier ? - "Oui." - Et connaissez-vous le maire de Montpellier ? - "Non, ça m'intéresse pas. Frêche, je crois..."

"Je l'aime bien", explique un homme également d'une trentaine d'années. "Elle pense à la planète. Quand elle planifie un projet, elle n'oublie pas l'aspect écologique." - "Si je connais un tel projet ? Voyons. C'est elle qui a initié le marché au miel. Et elle est pour le bio." - Que pense-t-il de la nouvelle mairie de Montpellier ? - "Oui, la mairie fait partie des projets écologiques." - Et les lumières de la Comédie ? Il hausse les épaules. - "Je ne sais pas. Elles ont quoi, les lumières de la Comédie ?"

"Si je suis contente de ce que fait notre maire ? Bien sûr. Je trouve que c'est une femme très raisonnable." Ceci est la voie d'une fille d'environ seize ans. "Son nom ? Je sais plus, non. Son prénom est Hélène. Ma mère l'appelle toujours Hélène. Elle dit qu'elle est bien pour Montpellier. Elle dit que les femmes connaissent mieux la vie et savent de quoi les gens ont besoin..."

La flamme de la paix à Montpellier
Montpellier Marché aux Fleurs : un concert pour Montpellier
Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 19 décembre 2009

Opéra-Comédie : Montpellier, ville écologiste, ville pionnière

Place de la Comédie à Montpellier : l'esprit écologique fait école

"L'éclairage de l'Opéra-Comédie vous semble-t-il différent des autres années ?" Oui, sans doute, ils l'ont tous remarqué, les flâneurs sur la Place de la Comédie : "Il y a quelque chose de différent - mais je ne sais pas… si, les lumières sont plus douces, plus jolies…"

Montpellier, place de la ComédieQue l'éclairage soit plus joli, ceci est certainement appréciable. Mais ce qui est plus important : il est aussi plus économique et, surtout, écologique. Non seulement que la consommation d'énergie est diminuée, ce qui fait certainement du bien au portefeuille de la ville, il y a aussi moins d'émission de gaz - de ce gaz qui provoque le fameux effet de serre et le changement climatique tant discuté ces jours-ci.

Déjà l'année dernière - et les années auparavant - les Montpelliérains et leurs visiteurs étaient d'accord que l'éclairage de l'Opéra-Comédie et de la place de la Comédie en général était très agréable : 600 lampes halogènes, cela fait effet. Mais si on remplace ces 600 lampes avides d'énergie par des lumières "fluo compactes", l'idée des bienfaits écologiques les rend encore plus appréciable.

Montpellier écologieLa mairie a fait ses calculs : si, selon elle, on allume ces lumières pendant cinq heures par jour, sur la base de 200 jours par an, on ne dépense que 12.460 KWh au lieu des 48.840 KWh consommés par l'ancien système d'éclairage. Ces chiffres sont déjà impressionnants. Mais ils vont encore plus loin : tandis que les anciennes lumières ont diffusé 43,956 tonnes de gaz à effet de serre, cette production si nuisible pour notre atmosphère est maintenant réduite à 16,356 tonnes pour le même temps d'éclairage, c'est-à-dire pour 200 fois cinq heures par an.

Toutefois, l'idée est aussi d'épargner de l'argent - peut-être au contribuable, mais de toute manière à la ville. Ainsi, une ampoule du nouveau type aurait une espérance de vie 15 fois plus longue que l'ancienne. Ceci signifie non seulement que, tout compte fait, les nouvelles ampoules sont moins chères - bien qu'au moment de l'achat, elles coûtent deux fois et demi plus cher que les ampoules "classiques" - mais on a aussi besoin de beaucoup moins de main d'œuvre pour les changer. Alors moins d'employés à payer... et moins d'emplois à Montpellier... Serait-ce possible que l'idée de l'écologie rimerait à - chômage ?

Le projet de l'Opéra-Comédie représente la première réponse à l'appel - renouvelé lors du sommet de Copenhague - de diminuer la production des gaz à effet de serre et, bien évidemment, d'utiliser moins d'énergie. Avec cette initiative - entamée déjà fin 2008 -, Montpellier s'est fait pionnier du concept général récemment conçu qui a été baptisé le PCET : Plan Climat Énergie territorial. Il concerne les collectivités, c'est-à-dire les villes et villages français de toutes les tailles, censés participer activement à la diminution des effets de serre et, par conséquent, à la lutte contre le changement climatique.

Montpellier, Opéra-ComédiePour Montpellier, le sigle PCET se traduit par PCT, Plan climat territorial, qui a vu le jour à Castelnau le Lez et représente un partenariat entre Montpellier et Castelnau. Avec ce projet, les deux communes sont les premières en France à réagir au concept du Plan Climat Énergie territorial.

Le Plan climat territorial de Montpellier et Castelnau le Lez part du principe que beaucoup de communes pourraient se joindre à la lutte contre le changement climatique si elles avaient le "savoir faire" et les moyens nécessaires. Ainsi, le PCT représente une sorte d'appel à projet pour donner de l'aide financière et des conseils techniques aux communes qui ont envie de s'engager dans la course contre les gaz à effet de serre.

Le concept est mis en forme, la base pratique établie. Ce qui manque, maintenant, ce sont les bonnes idées - affaire à suivre.

En attendant : "Oui, bien sûr, la ville a encore eu une idée sympa. La comédie est plus belle que jamais. Et tout ça pour Noël..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller