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mercredi 24 mars 2010

Montpellier et Louisville : Thomas Jefferson et les trois "Louis"

55 ans de jumelage : les points communs entre Montpellier et Louisville

Jumelage : Montpellier et Louisville

Ça y est, le 55ème anniversaire tant attendu du jumelage de Montpellier et Louisville est arrivé. La plaque commémorative de la visite de Thomas Jefferson, président des États-Unis et un des "pères" de la déclaration de l'indépendance, est enfin posée.

Tous les Montpelliérains connaissent l'histoire de la visite de Thomas Jefferson à Montpellier et chez Paul Joseph Barthez, à l'époque directeur du jardin des plantes, où il est tombé amoureux du bon vin de la région et, notamment, de Saint-Georges-d'Orques. Mais sa ville, Louisville, est plutôt peu connu à Montpellier.

Louis XIV à MontpellierIl est vrai qu'avec ses presque un million d'habitants, Louisville est plus grande que Montpellier. Toutefois, il n'y a pas mal de points qui lient la ville au nord de Kentucky à la capital du Languedoc-Roussillon. - Déjà, il y a les "Louis" de Montpellier et de Louisville. Tandis que Montpellier n'oublie jamais la présence de Louis XIII et de Louis XIV dans ses murs, Louisville rend toujours hommage à Louis XVI qui l'a secouée pendant la guerre d'indépendance.

Ceux qui font toujours en sorte que Montpellier et Louisville restent de bons amis, ce sont les étudiants. Montpellier et Louisville sont toutes les deux des villes dont l'image est étroitement liée aux universités. Depuis les débuts du jumelage entre les deux villes, les étudiants montpelliérains rendent visite à leurs collègues louisvillians et, parallèlement, ils accueillent leurs amis de Kentucky à Montpellier.

Et, autre point que Louisville a en commun avec Montpellier, la ville américaine compte beaucoup de "grands noms" parmi ses fils. Il n'y a déjà Thomas Jefferson, mais aussi Louis Brandeis, le premier juge de la Cour suprême des États-Unis qui était juif - à l'époque un signe d'ouverture. Ceux qui apprécient la littérature américaine savent évidemment que Hunter S. Thompson est né à Louisville. Mais les amateurs du sport y trouvent aussi leur compte : non seulement que Louisville héberge une des courses de chevaux les plus renommées, le Kentucky Derby, mais elle est aussi la patrie de Mohamed Ali.

Toutefois, comme à Montpellier, les grands hommes qui ont fréquenté les rues de Louisville n'étaient pas tous nés sur place. Il y avait par exemple Thomas Edison, le pionnier de l'électricité et du téléphone qui, pendant deux ans, a vécu à Louisville. Et c'était ici que, en 1883, sa lampe à incandescence a été présentée au grand public pour la première fois.

Encore un autre point qui rapproche Louisville de Montpellier est l'eau. Tandis que l'histoire de Montpellier montre des liens étroits avec la mer, Louisville a toujours vécu avec sa rivière, l'Ohio, et les chutes de l'Ohio. C'est en fait à l'Ohio ou, plutôt, à ses chutes que Louisville doit sa richesse : pendant des siècles, les bateaux étaient obligés de décharger leurs marchandises à Louisville afin d'être assez légers pour passer les chutes. Ensuite, les bateaux ont été rechargés à l'autre côté des chutes. Or, il est clair que les équipes des bateaux n'étaient jamais assez nombreuses pour charger et recharger efficacement : les Louisvillians sont donc devenus des porteurs de marchandises.

Cette tâche, très petite à première vue, a permis à Louisville de se développer à une bonne vitesse : le travail était assuré pour tout le monde. Ainsi, le nombre d'habitants de la Louisville du début du 19ème siècle a carrément "explosé" - autant que celui des habitants de la ville de Montpellier actuelle. Malheureusement, ce bonheur de l'emploi pour tout le monde était terminé en 1830 : à ce moment, on construisit des écluses et des canaux. Les marins n'avaient plus besoin de décharger leurs marchandises, et la profession du "porteur" pour les bateaux était condamnée à disparaître pour toujours.

Montpellier et la géologieSi l'on demandait leur avis aux scientifiques, ils nous assureraient que Montpellier et Louisville se ressemblent aussi au niveau de l'intérêt qu'évoque leur géologie. Les roches calcaires de Louisville ont une origine comparable à celle de la terre calcaire de Montpellier - les coquillages.

Toutefois, il y a un aspect qui distingue Louisville de Montpellier : le climat. Tandis que le moindre flocon est une sensation à Montpellier, les Louisvilians ont l'habitude de quelques 40 centimètres de neige - chaque année.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

lundi 25 janvier 2010

Thomas Jefferson, Montpellier, le jardin des plantes et le vin du Languedoc

Thomas Jefferson et le jardin des plantes à Montpellier : l'amateur de la liberté et du
vin du Languedoc

Thomas Jefferson à MontpellierOn écrit le 4 juillet 1776. Les yeux du monde sont dirigés vers une direction qui les éloigne de Montpellier : on regarde l'Amérique. Ce jour-là, qui devrait entrer dans l'histoire comme une date symbole de la liberté, un document est officiellement reconnu - la déclaration d'indépendance des États-Unis. Trois hommes ont rédigé ce document : John Adams, Benjamin Franklin et Thomas Jefferson.

L'un des trois, Thomas Jefferson, n'a que 33 ans. À cette époque, il entame ses premiers pas en tant qu'avocat et politicien : un mois après la signature de la déclaration d'indépendance, il est élu à la chambre des délégués de Virginie. Encore, il n'est que ce que, aujourd'hui, on appellerait un élu local. Mais plus tard, il serait le troisième président des États-Unis.

Une position certainement importante. On peut dire que, à plusieurs niveaux, Thomas Jefferson changea la face du monde. Il se battait pour la liberté, l'égalité et contre l'esclavage. Ses succès firent de lui un des hommes les plus importants de son époque. Or, ce que fit de lui un homme important pour Montpellier, c'était son amour du vin.

Lorsque, en 1785, Jefferson devint ambassadeur en France, il s'était déjà fait un nom pour son engagement dans la révolution américaine. En Amérique, il avait appris à se battre. À Paris, il découvrit un style de vie qui lui plut. Il commença à fréquenter les salons littéraires, on le vit au théâtre, et il acheta des livres français. Officiellement, sa mission consista à établir des liens commerciaux entre l'Europe - et notamment la France - et les États-Unis. Ses supérieurs exigèrent aussi qu'il améliore un peu l'image des Américains aux yeux des Français, et il est évident qu'il remplit ses tâches avec brio. Mais avant tout, son regard se fixa sur le vin français.

Thomas Jefferson au jardin des plantes à MontpellierQuatre ans plus tard, sa mission comme ambassadeur terminée, Thomas Jefferson décida qu'il ne rentrerait pas tout de suite aux États-Unis. Avant de partir, il voulait découvrir la France "profonde" et, surtout, ses vins. Et c'est au cours de ce voyage qu'il atterrira à Montpellier

En homme cultivé et curieux de la culture française, Thomas Jefferson avait envie de faire la connaissance des artistes et des scientifiques les plus connus en France. Ainsi, arrivé à Montpellier, il accepta certainement sans hésiter l'invitation du directeur du jardin des plantes. En 1787, l'année où son grand voyage en France amena Jefferson dans la ville près de la Méditerranée, les problèmes que le jardin des plantes avait connu sous son créateur, Pierre Richer de Belleval étaient oubliés depuis longtemps. Des grands noms succédèrent à Belleval, et des scientifiques comme Pierre Magnol avaient vécu, accompli leurs œuvres et étaient partis. Jean François Imbert qui avait dirigé le jardin pendant 26 ans était juste décédé. Ainsi, Thomas Jefferson fut accueilli par le nouvel intendant, Paul Joseph Barthez.

Lorsque Paul Joseph Barthez entra en fonction au jardin des plantes, son nom de scientifique était déjà bien établi. Né à Montpellier, il avait étudié la médecine, fut déclaré médecin traitant du Roi de France, membre de l'Académie royale des sciences et, en 1801, il devrait devenir le médecin de Napoléon Bonaparte.

Le jour où Paul Joseph Barthez et Thomas Jefferson lièrent connaissance, le Montpelliérain avait déjà 51 an et plein d'expériences scientifiques, et il était juste devenu intendant de son jardin des plantes bien aimé. La petite histoire dit que ce fut lui qui aurait conseillé le futur président des États-Unis sur les vins du Languedoc. Il paraît que Thomas Jefferson aurait proclamé que tout le monde, même les pauvres, devraient pouvoir boire du bon vin. Il aurait dit que moins cher le vin et plus grand sa qualité, moins les gens auraient tendance à s'enivrer. Et le bon vin, au contraire des alcools "ordinaires", affinerait l'esprit. Pour Jefferson, le vin aurait fait, tout simplement, partie des choses essentielles de la vie.

La petite histoire dit aussi que, ce soir mémorable du 11 mai que Thomas Jefferson passa avec Paul Joseph Barthez, ils auraient dégusté un vin de Saint-Georges-d'Orques, pas loin de Montpellier. Et ce serait ici que le futur président des États-Unis seraient tombé amoureux de ce vin.

Thomas Jefferson, Montpellier et le vinLorsque, plus tard, Thomas Jefferson était président, il avait des tâches importantes à remplir. Toutefois, on raconte que, au milieu des négociations de haute importance politique, il aurait interrompu la discussion pour parler de son sujet préféré : la baisse des impôts sur l'importation des vins bon marché de l'Europe et, surtout, de la France et, notamment, de Saint-Georges-d'Orques.

Le reste est histoire. Celui qui veut mesurer le succès du vin de Saint-Georges-d'Orques aux États-Unis n'a qu'à goûter aux "Cuvées Jefferson" - car les meilleurs vins du coin portent toujours son nom. Et, comme si cela n'était pas assez, on trouve à Saint-Georges-d'Orques une Maison des Anciens "Thomas Jefferson".

C'est dans cette maison où, demain, on fêtera encore une fois le bicentenaire de la révolution et, en même temps, les 230 ans du commerce du vin avec les Américains. Dans une action au nom des "Ponts du Cœur", quarante villes et villages français, dont Saint-Georges-d'Orques, inaugureront des plaques commémoratives à l'honneur du président amateur du vin. 230 ans après la visite de ce grand défendeur de la liberté qui amenait l'esprit du vin du Languedoc aux États-Unis, le vin de Saint-Gorges-d'Orques et la cuvée Jefferson seront de nouveau à l'honneur.
Photos et texte : copyright Doris Kneller