Plan d'aménagement, plan local de déplacement, biodiversité... le Printemps de la démocratie est arrivé
Le temps passe et le printemps arrive. Et avec lui, la deuxième édition du "Printemps de la démocratie" à Montpellier. Cette année-ci, les points d'actualité sont la biodiversité, le plan local de déplacement et les priorités de l'aménagement. L'idée de ce nouveau printemps de la démocratie est de donner aux Montpelliérains la possibilité de s'exprimer auprès des responsables de la ville, de prendre la parole, de discuter et d'échanger pour, peut-être, arriver à une meilleure compréhension entre les responsables de la mairie et les gens de Montpellier...Un sujet qui, on ne pourrait pas le cacher, est d'une actualité brûlante : le plan local de déplacement. Actuellement, les Montpelliérains souffrent des travaux partout dans la ville qui provoquent des embouteillages dans les rues et des perturbations majeures dans les transports publics. Or, le mécontentement des habitants de Montpellier et de leurs visiteurs n'est qu'un côté de la situation - l'autre est l'avenir de la ville. Depuis des années, Montpellier ne cesse pas de croître. Dans une vitesse époustouflante, une petite ville de province s'est transformée en lieu de culture et de rencontre internationales. Mais physiquement, la structure de Montpellier n'a pas suivi ces développements : selon la mairie, cela fait une trentaine d'années que Montpellier n'a plus constitué de plan d'aménagement. Il était donc temps de "bouger".
Toutefois, plan d'aménagement ou non, il y a un élément qui a changé la circulation dans la ville : le tram. Et, selon la mairie de Montpellier, ce changement sera encore plus remarquable - et utile - avec la finition de la nouvelle ligne 3 en 1012 et, quatre ans plus tard, de la quatrième ligne. La mairie parle même d'un "virage historique".Or, pour pouvoir vivre ce virage historique, il y a d'abord le moment de la "souffrance" : les participants au trafic de la ville qui s'énervent, qui "contaminent" les autres de leur mauvais humeur, les usagers des bus qui râlent et les conducteurs qui, face à tant de clients mécontents, deviennent de moins en moins gentils... Bref, Montpellier vit un "cercle infernal" de mauvais humeur qui doit être interrompu. - Et, sans doute, il n'y a rien de plus utile pour régler une telle situation que - discuter.
C'est pourquoi Montpellier a instauré le Printemps de la démocratie. À l'affiche cette semaine : mardi à 18 heures, à la Croix d'Argent, Maison pour tous Michel Colucci, le Conseil Consultatif des Comités de Quartiers organise un débat sur "l'utilisation de l'espace public par tous et pour tous". Vaut-il la peine d'assister à un tel débat ? "Bien sûr", décide une dame d'une cinquantaine d'années qui a déjà participé au Printemps de la démocratie de l'année dernière. "Ce sommes nous, les Montpelliérains, qui payons pour les espaces publics. C'est alors à nous, aussi, de décider de ce qu'on fait. Mais si on se contente de râler, au lieu de participer, les gens 'là haut' font ce qu'ils veulent."
Un autre débat a lieu vendredi prochain, 18 heures, à la Maison pour tous Marie Curie sur l'Esplanade de Celleneuve qui traite, justement, du Plan local de déplacement. Et le même sujet est discuté samedi à 9.30 heures à la Maison pour tous Escoutaïre du quartier du Prés d'Arènes et, à la même heure, à la Maison pour tous Paul-Emile Victor au quartier Cévennes.
Mais ces rencontres ne servent pas uniquement aux explications que la mairie doit aux Montpelliérains - elles sont aussi programmés pour trouver de nouvelles idées. Les habitants de Montpellier ont forcément d'autres idées que les gens qui gouvernent la ville - et ce sont ces idées qui rendent une ville humaine. De toute manière, la mairie a compris qu'elle ne devrait pas se priver des idées de ceux qui vivent le quotidien de la ville.Et, comme si souvent ce dernier temps, on revient à la biodiversité - 2010, année mondiale de la biodiversité, oblige. La biodiversité n'est évidemment pas un enjeu "général", mais une question qui concerne les quartiers. L'idée de la mairie est d'instaurer une sorte de surveillance partout dans la ville pour sensibiliser les Montpelliérains à la richesse de la nature qui vit au milieu des leurs rues.
Un autre sujet qui fait partie de la question de la biodiversité est la gestion des friches urbaines. Ces friches ont certainement besoin d'être aménagées - mais comment ? Le Printemps de la démocratie pourrait amener une solution dans le cadre de l'aménagement des territoires, susceptible de plaire à tout le monde...
Mais celui qui dit rencontre dit aussi fête - c'est comme cela à Montpellier. Ainsi, le Conseil consultatif du quartier de Port Marianne a eu l'idée de proclamer une journée de convivialité autour de la biodiversité... qui vaut certainement la peine d'être découverte dans un quartier qui inclut les bords du Lez. Ce jour de convivialité et de la découverte est programmé pour le 29 mai.
On parle de l'aménagement, du plan local de déplacement, de la biodiversité, de la nature en ville - mais le Printemps de la démocratie est aussi là pour parler des habitants de Montpellier. Ainsi, on discute aussi sur les "différences" qui ne sont pas si différentes que cela, on parle des enfants et leur besoin de bien vivre dans une ville qui, par sa position si proche de la Méditerranée, devrait ressembler à un petit paradis, on n'oublie pas la vie des seniors et, surtout, on parle du fameux "vivre ensemble"...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

Une dame qui elle aussi attend le tram à la place Carnot n'a pas besoin de réfléchir. "Ce que je changerais ?" demande-t-elle pour répondre immédiatement : "Les grèves. Interdire les grèves." La réponse semble normale, vu qu'on est samedi et que le prochain tram n'est prévu que dans plus de 30 minutes. "Y en a marre des grèves. Je commence à croire qu'ils ne font pas la grève pour revendiquer quoi que ce soit, mais pour avoir plus de loisir. Et peut-être aussi pour se rendre intéressants."
Un Monsieur dans la cinquantaine critique les zones piétonnes. "Bien sûr, c'est très agréable de se promener dans une rue piétonne. Mais où est-ce qu'on laisse la voiture ? Mon appartement se trouve dans la Grand'Rue Jean Moulin, je dois garer ma voiture dans le parking de la Comédie. Quand ma femme fait des courses, elle doit tout porter du parking jusqu'à la maison. Parfois, c'est vraiment trop demandé - pour elle et pour nos voisines aussi. Si on veut faire des rues piétonnes, il faut faire en sorte que personne n'y habite."
Le
En même temps, on a commencé à réaliser un point important du réaménagement de Montpellier : l'élargissement des trottoirs pour que les
Ceux qui fréquentent la Comédie pendant la nuit - entre 1.30 et 7 heures, ne seront pas trop tranquilles non plus - bien que la mairie promet que les travaux seront le moins bruyants possibles : on profitera de ces heures avec beaucoup moins de trafic pour changer l'illumination des façades.