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samedi 10 avril 2010

Le Printemps de la démocratie à Montpellier

Plan d'aménagement, plan local de déplacement, biodiversité... le Printemps de la démocratie est arrivé

Printemps de la démocratie à MontpellierLe temps passe et le printemps arrive. Et avec lui, la deuxième édition du "Printemps de la démocratie" à Montpellier. Cette année-ci, les points d'actualité sont la biodiversité, le plan local de déplacement et les priorités de l'aménagement. L'idée de ce nouveau printemps de la démocratie est de donner aux Montpelliérains la possibilité de s'exprimer auprès des responsables de la ville, de prendre la parole, de discuter et d'échanger pour, peut-être, arriver à une meilleure compréhension entre les responsables de la mairie et les gens de Montpellier...

Un sujet qui, on ne pourrait pas le cacher, est d'une actualité brûlante : le plan local de déplacement. Actuellement, les Montpelliérains souffrent des travaux partout dans la ville qui provoquent des embouteillages dans les rues et des perturbations majeures dans les transports publics. Or, le mécontentement des habitants de Montpellier et de leurs visiteurs n'est qu'un côté de la situation - l'autre est l'avenir de la ville. Depuis des années, Montpellier ne cesse pas de croître. Dans une vitesse époustouflante, une petite ville de province s'est transformée en lieu de culture et de rencontre internationales. Mais physiquement, la structure de Montpellier n'a pas suivi ces développements : selon la mairie, cela fait une trentaine d'années que Montpellier n'a plus constitué de plan d'aménagement. Il était donc temps de "bouger".

Biodiversité à MontpellierToutefois, plan d'aménagement ou non, il y a un élément qui a changé la circulation dans la ville : le tram. Et, selon la mairie de Montpellier, ce changement sera encore plus remarquable - et utile - avec la finition de la nouvelle ligne 3 en 1012 et, quatre ans plus tard, de la quatrième ligne. La mairie parle même d'un "virage historique".

Or, pour pouvoir vivre ce virage historique, il y a d'abord le moment de la "souffrance" : les participants au trafic de la ville qui s'énervent, qui "contaminent" les autres de leur mauvais humeur, les usagers des bus qui râlent et les conducteurs qui, face à tant de clients mécontents, deviennent de moins en moins gentils... Bref, Montpellier vit un "cercle infernal" de mauvais humeur qui doit être interrompu. - Et, sans doute, il n'y a rien de plus utile pour régler une telle situation que - discuter.

C'est pourquoi Montpellier a instauré le Printemps de la démocratie. À l'affiche cette semaine : mardi à 18 heures, à la Croix d'Argent, Maison pour tous Michel Colucci, le Conseil Consultatif des Comités de Quartiers organise un débat sur "l'utilisation de l'espace public par tous et pour tous". Vaut-il la peine d'assister à un tel débat ? "Bien sûr", décide une dame d'une cinquantaine d'années qui a déjà participé au Printemps de la démocratie de l'année dernière. "Ce sommes nous, les Montpelliérains, qui payons pour les espaces publics. C'est alors à nous, aussi, de décider de ce qu'on fait. Mais si on se contente de râler, au lieu de participer, les gens 'là haut' font ce qu'ils veulent."

Un autre débat a lieu vendredi prochain, 18 heures, à la Maison pour tous Marie Curie sur l'Esplanade de Celleneuve qui traite, justement, du Plan local de déplacement. Et le même sujet est discuté samedi à 9.30 heures à la Maison pour tous Escoutaïre du quartier du Prés d'Arènes et, à la même heure, à la Maison pour tous Paul-Emile Victor au quartier Cévennes.

Nature à MotnpellierMais ces rencontres ne servent pas uniquement aux explications que la mairie doit aux Montpelliérains - elles sont aussi programmés pour trouver de nouvelles idées. Les habitants de Montpellier ont forcément d'autres idées que les gens qui gouvernent la ville - et ce sont ces idées qui rendent une ville humaine. De toute manière, la mairie a compris qu'elle ne devrait pas se priver des idées de ceux qui vivent le quotidien de la ville.

Et, comme si souvent ce dernier temps, on revient à la biodiversité - 2010, année mondiale de la biodiversité, oblige. La biodiversité n'est évidemment pas un enjeu "général", mais une question qui concerne les quartiers. L'idée de la mairie est d'instaurer une sorte de surveillance partout dans la ville pour sensibiliser les Montpelliérains à la richesse de la nature qui vit au milieu des leurs rues.

Un autre sujet qui fait partie de la question de la biodiversité est la gestion des friches urbaines. Ces friches ont certainement besoin d'être aménagées - mais comment ? Le Printemps de la démocratie pourrait amener une solution dans le cadre de l'aménagement des territoires, susceptible de plaire à tout le monde...

Mais celui qui dit rencontre dit aussi fête - c'est comme cela à Montpellier. Ainsi, le Conseil consultatif du quartier de Port Marianne a eu l'idée de proclamer une journée de convivialité autour de la biodiversité... qui vaut certainement la peine d'être découverte dans un quartier qui inclut les bords du Lez. Ce jour de convivialité et de la découverte est programmé pour le 29 mai.

On parle de l'aménagement, du plan local de déplacement, de la biodiversité, de la nature en ville - mais le Printemps de la démocratie est aussi là pour parler des habitants de Montpellier. Ainsi, on discute aussi sur les "différences" qui ne sont pas si différentes que cela, on parle des enfants et leur besoin de bien vivre dans une ville qui, par sa position si proche de la Méditerranée, devrait ressembler à un petit paradis, on n'oublie pas la vie des seniors et, surtout, on parle du fameux "vivre ensemble"...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 13 février 2010

Tramway, bus, vélo : Montpellier et son plan d'aménagement

Montpellier et son trafic : le plan d'aménagement de la voirie est-il parfait ? - Micro-trottoir

Cours Gambetta, Montpellier
Cours Gambetta
Théoriquement, le plan d'aménagement de Montpellier est établi. Il indique les modifications dans la voirie de Montpellier censées garantir une circulation optimale et écologique entre Montpellier et ses environs - et entre les divers quartiers de Montpellier - pendant les prochains vingt années à venir.

Mais avant de déclarer le plan définitivement valable, Hélène Mandroux et son équipe ont décidé de prêter l'oreille à la voix des Montpelliérains, pour mieux connaître leurs besoins et pour faire profiter le plan de leurs bonnes idées. Pour entendre cette voix, la mairie organisera des rencontres avec des associations, des comités des quartiers et autres groupes qui s'intéressent à la structure de leur ville. Le point fort, pourtant, de ces rencontres sera le printemps de la démocratie, avril et mai prochains, où les Montpelliérains seront sérieusement appelés à donner leur avis.

Toutefois, plus tôt la mairie connaît les opinions des Montpelliérains - et plus elle a des avis différents - plus vite elle peut réagir et intégrer ces opinions dans son plan… "Vous souhaitez savoir ce que je changerais à Montpellier au niveau de la circulation et des moyens de transport ?", répond le jeune homme qui attend le tram à la place Carnot. Il réfléchit. "Avec les nouveaux trams, une grande partie de la ville sera desservie", poursuivit-il. "Mais toujours pas la ville entière. Il reste des quartiers où les gens dépendent de leur voiture ou d'un bus. Les bus, ça concerne surtout les jeunes qui ne peuvent pas encore se payer une voiture. Mais beaucoup de bus s'arrêtent vers 20 heures. Les gens qui habitent ces quartiers-là sont donc obligés d'avoir une voiture ou de rester chez eux, le soir. Oui, c'est un problème important à Montpellier. Si j'avais le pouvoir, je changerais tout d'abord les horaires des bus."

Trafic à MontpellierUne dame qui elle aussi attend le tram à la place Carnot n'a pas besoin de réfléchir. "Ce que je changerais ?" demande-t-elle pour répondre immédiatement : "Les grèves. Interdire les grèves." La réponse semble normale, vu qu'on est samedi et que le prochain tram n'est prévu que dans plus de 30 minutes. "Y en a marre des grèves. Je commence à croire qu'ils ne font pas la grève pour revendiquer quoi que ce soit, mais pour avoir plus de loisir. Et peut-être aussi pour se rendre intéressants."

"Il faut faire quelque chose contre les embouteillages permanents", déclare un homme dans la quarantaine. "Les voitures bloquent les routes et personne ne passe plus. Et ces voitures polluent énormément. On parle sans cesse de l'écologie à Montpellier, mais avec cette masse de voitures et des moteurs en marche même si elles sont coincées dans un bouchon, ça n'a rien à voir avec l'écologie. C'est carrément contradictoire."

Un autre Monsieur exprime des soucis tout à fait différents. "Les travaux. Les travaux sur le Cours Gambetta, par exemple, me dérangent énormément. Je sais que c'est pour le nouveau tram et qu'ils nous demandent patience. Mais c'est facile de parler de patience quand on n'a pas besoin de prendre ces routes tous les matins. Et patience est un mot bien gros si on sait que le nouveau tram ne sera pas fini avant 1012. Nous avons donc encore deux ans de galère devant nous, chaque matin, jour par jour."

Une dame de 36 ou 37 ans se plaint de l'avenue Georges Clemenceau. Elle habite à Saint-Jean-de-Védas, mais elle travaille à Montpellier. "Pour rentrer dans la ville, je n'ai pas de problème. Je prends l'avenue George Clemenceau. Il y a parfois des embouteillages, le matin, mais en principe ça va. C'est le soir que ça craint, quand je veux sortir de Montpellier. Comme l'avenue Georges Clemenceau est une rue à sens unique, je dois prendre des rues plus petites. Et là, il y a toujours des problèmes."

Une autre dame pense surtout à son fils. "Tous ses amis font du vélo. Je ne peux donc pas lui interdire de faire du vélo lui aussi. Mais chaque fois, je me fais du souci. Il y a quelques voies pour vélo, mais pas partout. La plupart du temps, les enfants sont obligés de rouler dans les rues, avec les voitures."

Elle revendique alors beaucoup plus de voies cyclables. "Ou, si on ne veut pas faire des voies cyclables pour les enfants, on devrait cesser d'en parler. Ils bourrent le crâne aux enfants avec leurs histoires d'écologie et oublient qu'ils les mettent en danger."

Une autre dame, un peu plus âgée, est d'accord de ne plus parler des vélos. "C'est tellement à la mode, maintenant, que tout le monde veut faire du vélo. À la base, il n'y a pas de mal. Mais les cyclistes sont si imprudents, ils ne respectent aucune règle ni le code de la route - ils sont un danger énorme surtout pour les piétons."

Le tramway entre la gare et la Comédie Un Monsieur dans la cinquantaine critique les zones piétonnes. "Bien sûr, c'est très agréable de se promener dans une rue piétonne. Mais où est-ce qu'on laisse la voiture ? Mon appartement se trouve dans la Grand'Rue Jean Moulin, je dois garer ma voiture dans le parking de la Comédie. Quand ma femme fait des courses, elle doit tout porter du parking jusqu'à la maison. Parfois, c'est vraiment trop demandé - pour elle et pour nos voisines aussi. Si on veut faire des rues piétonnes, il faut faire en sorte que personne n'y habite."

Une dame, un peu plus jeune, parle également des parkings. "À quoi sert un plan d'aménagement qui règle le trafic si on n'a pas de parking. Trouver un parking dans les rues du centre ville n'est pratiquement pas possible." - Y a-t-il une solution ? - "Plus de parkings, beaucoup plus." - Mais où pourrait-on implanter ces parkings ? - La dame hésite. Puis elle déclare : "Il faut utiliser tous les espaces au centre ville. Au lieu de construire de nouvelles maisons et d'aménager des parcs, il faut faire des parkings. Le parking est devenu essentiel dans la vie des gens. La municipalité devrait donc réagir à ce besoin. Et les parkings devraient aussi être gratuits."

Photos et texte : copyright Doris Kneller

vendredi 12 février 2010

Travaux à Montpellier : un nouveau sol pour l'Œuf de la Place de la Comédie

Les travaux à Montpellier : Georges Clemenceau, lycée Joffre, Polygone, Vert Bois et "l'Œuf"

Plan d'aménagement à MontpellierLe plan pour "repenser" la structure de Montpellier et faire de sa voirie le modèle d'une ville où tous les habitants et visiteurs se peuvent déplacer sans problème et où, en même temps, le respect de l'écologie est garanti, fut lancé il n'y a pas longtemps.

Il est vrai que les travaux sur la ligne 3 du tramway gênent déjà assez les Montpelliérains. Avec ceux du plan d'amélioration du trafic, les problèmes de circulation seront encore plus lourds. 2010 sera donc une année où les Montpelliérains seront forcés, s'ils veulent où non, de "souffrir" pour un meilleur avenir. De toute manière, les travaux ont déjà commencé.

Ces nouveaux travaux concernent, par exemple, l'avenue Georges Clemenceau, à l'angle de la rue de Belfort. Ici, la voirie doit être remise à neuf pour améliorer la sécurité sur le carrefour. Si la météo le permet, les travaux commenceront immédiatement au début des vacances, c'est-à-dire le 15 février - ainsi, au moins les enfants et les parents qui les amènent à l'école n'en seront pas concernés. Si tout va bien, les travaux ne dureront que quelques jours.

Mais une partie des travaux à Montpellier est déjà réalisée. Ainsi, dans le coin du collège Joffre et le parking du Polygone, à l'Allée de Montmorency, des travaux plus longs et importants sont terminés, et le nouveau visage du site correspond absolument à l'idée du grand plan d'aménagement de Montpellier. On créa donc un espace plus ouvert à côté du lycée et du collège Joffre pour, surtout, augmenter la sécurité des élèves. Cet espace a la forme d'un large plateau piétonnier qui sert aussi aux parents à mieux se garer quand il déposent leurs enfants. Dans ce sens, on s'est aussi occupé des routes que les élèves doivent traverser et de l'accès au parking du Polygone : le carrefour de l'avenue de Nîmes fut transformé en giratoire, et pour accéder au parking du Polygone, on a maintenant la possibilité de tourner directement à gauche.

Esplanade Charles de Gaulle, MontpellierEn même temps, on a commencé à réaliser un point important du réaménagement de Montpellier : l'élargissement des trottoirs pour que les piétons circulent plus facilement en ville. Plus tard, on partagera le trottoir entre piétons et cyclistes pour que chacun aurait sa propre partie sécurisée. De cette façon, les Montpelliérains à vélo pourront emprunter l'avenue Jean Mermoz et joindre le centre ville sans quitter les voies cyclables.

D'autres travaux dans le sens de sécurité des élèves ont été réalisés autour du groupe scolaire Vert Bois. Cette amélioration du quartier a été prévue depuis plusieurs années, mais la ville a bloqué ces travaux pour, d'abord, finir le bassin de rétention des eaux pluviales au stade Jeannot Véga - les deux travaux en même temps auraient causés trop de gêne à la circulation. Entre-temps, on a élargi le trottoir devant les écoles, et la rue est devenue zone à 30 kilomètres/heure. Ainsi, la question de sécurité se pose déjà moins. En plus, on a construit des plateaux surélevés devant l'école Jules Ferry, et l'école maternelle Térésa a même eu droit à un parvis ombragé. Pour combler le tout, l'éclairage public a été renforcé pour que les élèves circuleront plus facilement les matins ou après-midi en hiver.

Mais pour les Montpelliérains, les travaux les plus spectaculaires seront ceux de la Place de la Comédie : à partir du 15 février, on refera le sol autour du fameux Œuf. Toutefois, à la déception de pas mal de Montpelliérains, les matériaux resteront les mêmes : aucun espoir, alors, de ne plus glisser les jours de pluie. Peu d'espoir, aussi, de s'installer tranquillement sur une des terrasses des cafés de la Comédie pendant les trois mois prévus pour la première tranche des travaux. Mais il est vrai que ces terrasses sont beaucoup plus fréquentées en été - surtout par les visiteurs de Montpellier. Et en été, on pourra profiter de nouveau des cafés sans être entouré du bruit des travaux.

Montpellier, place de la ComédieCeux qui fréquentent la Comédie pendant la nuit - entre 1.30 et 7 heures, ne seront pas trop tranquilles non plus - bien que la mairie promet que les travaux seront le moins bruyants possibles : on profitera de ces heures avec beaucoup moins de trafic pour changer l'illumination des façades.

On a compris - ces travaux sur la Comédie ne correspondront pas à un "petit bricolage" : leur budget est fixé à 683 000 euros.

Toutefois, il y a aussi des travaux à Montpellier qui ne gênent personne et qui font plaisir : l'Esplanade a reçue un nouveau Ginkgo Biloba, cet arbre qui, comme on dit, vit pendant 1000 ans et qui est devenu le symbole de la longévité. Il a été offert à Montpellier par le Club des Lions, par ces gens qui ont pour objectif la préservation de la planète. Et cette préservation commence, bien sûr, par les arbres...
Photos et texte : copyright Doris Kneller