lundi 7 décembre 2009

Montpellier et son Jardin des Plantes : d'Edward Young à Paul Valéry

"Les jardins de notre charmante cité" - Montpellier, une histoire d'amour

Montpellier et sa natureEdward Young, un poète anglais du 17ème siècle, était connu pour son ironie. Dans ses "satires morales sur la passion universelle" il se moquait des grands et des riches de son époque. Mais il savait aussi s'assurer leur bienveillance et, grâce à eux, il ne souffrait jamais du manque de luxe et d'argent.

Plantes à MontpellierToutefois, l'œuvre qui a fait durer sa gloire, en Angleterre et ailleurs, n'a rien en commun ni avec ses glorifications des rois et des courtisans ni avec ses poèmes sarcastiques. "La Plainte", des pensées nocturnes sur la vie, la mort et l'immortalité, est, comme disent les critiques, un cri de tristesse, une grosse larme qu'il pleure pour la fille de sa femme, Elisabeth Lee-Temple, morte loin de chez elle - et enterrée, comme dit la légende, au Jardin des Plantes à Montpellier, au Tombeau de Narcisses.

Personne ne sait si la légende dit vrai. Mais elle prouve l'attirance romantique de ce jardin botanique qui, à sa création en 1593, était le premier Jardin des Plantes en France. Depuis ce jour, un homme passionné, Pierre Richer de Belleval, y a passé sa vie et perdu sa fortune. Des dizaines de scènes d'amour s'y sont jouées, des jeunes qui, plus tard, sont entres dans les cercles des "grands" y ont arpenté les chemins : Rabelais, Nostradamus, Carl von Linné…

Lac au Nélombos, Jardin des PlantesDéjà les noms des lieux sonnent romantiques : tombeau de Narcisse, arbre à messages, lac aux Nélombos,... Ce n'était qu'au 19ème siècle que Charles Martins fit ajouter au Jardin des Plantes ce petit bassin pour les Lotus. Mais depuis le jour de la création du jardin, Montpellier est devenu refuge pour beaucoup d'espèces rares qui, sans lui, n'auraient pas pu survivre. Mais ce qui, surtout, a bâti sa réputation est l'idée de Pierre Richer de Belleval, d'en faire une véritable "pharmacie naturelle".

jardin des plantes, MontpellierL'aspiration du roi Henri IV qui, initialement, soutenait le projet de Richer de Belleval était la création d'un jardin des simples. Mais Richer en voulait plus - il voulait un Jardin botanique. Et c'est pourquoi il a pu attirer tout ceux qui, à l'époque, avaient un nom dans la botanique. C'était grâce aux plantes médicinales que Pierre Magnol a, finalement, pu travailler au Jardin des plantes, et c'était elles qui ont attiré Guillaume Rondelet, François de la Peyronie…

Et n'oublions pas Paul Valéry, le poète amoureux de Montpellier et ses éloges "des jardins… de notre charmante cité".
Photos et texte : copyright Doris Kneller
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dimanche 6 décembre 2009

De l'aqueduc aux 100 fontaines : Montpellier, une histoire de l'eau

100 fontaines pour une ville : Montpellier et ses eaux

Les villes et villages de la région méditerranéenne ont quelque chose en commun : le risque de manquer d'eau. Au cours de l'histoire, il arriva souvent que les habitants du Midi de la France souffrirent de la sécheresse - il y avait des années où le vin était plus abondant que l'eau - et parfois, ils eurent de bonnes idées pour résoudre leur problème. Mais, année de sécheresse ou non, l'eau était toujours un "thème" - et elle le restera aussi à l'avenir.

Montpellier, fontainesÀ Montpellier, on constate que les pères de la ville firent toujours tout pour assurer l'alimentation en eau. Mais, déjà au 15ème siècle, la question ne tournait plus seulement autour les besoins des habitants. On avait envie d'espaces verts. Et les espaces verts doivent être arrosés - ce qui signifia que Montpellier n'avait pas seulement besoin d'eau, mais des quantités énormes d'eau.

De l'eau pour MontpellierIl est vrai que Montpellier avait toujours deux cours d'eau à sa disposition, le Lez et le Verdanson - une richesse énorme pour une ville du Midi. Mais ce ne suffisait pas. Ainsi, on avait la bonne idée de construire des fontaines un peu partout dans la ville. La première - qui existe toujours - fut la Font-Putanelle qu'on plaça carrément dans le lit du Verdanson à un endroit qui, aujourd'hui, se trouve derrière l'hôpital Saint-Charles. Cette fontaine est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles les Montpelliérains estimèrent toujours beaucoup leur Jacques Cœur qui, dans sa fonction de Grand Argentier du roi Charles VII, vivait à Montpellier. Il fit construire la fontaine, mais non pour, ensuite, - comme les rois et autres politiciens - augmenter les impôts des administrés. Non, la Font-Putanelle fut un cadeau qu'il offrit aux Montpelliérains.

Montpellier, AntigoneUn peu plus tard, la ville construisit une deuxième fontaine au bord du Verdanson, la fontaine du Pila Saint-Gély. Mais elle ne plut pas à tout le monde. Ainsi, un étudiant suisse, un certain Thomas Platter, se plaignait auprès de son journal intime que l'eau de cette fontaine ne serait pas assez fraîche en été.

Toutefois, on se rendit compte que la pression dans les fontaines ne fut pas assez forte pour garantir à Montpellier de l'eau en abondance. Ce fut le moment où l'idée de l'aqueduc prit forme. Après sa finition, la pression dans les fontaines fut si satisfaisante que les pères de la ville pouvaient penser à la construction d'autres fontaines.

Et si, à Montpellier, on s'acharne sur un projet, il doit avoir de l'ampleur. Ainsi, on vota directement pour trois fontaines. Pas des fontaines d'un rendement moyen, évidemment - non, il fallait des fontaines d'une puissance énorme. La première était la fontaine qui, encore de nos jours, est la plus connue de Montpellier : celle des trois Grâces. Après plusieurs déménagements, elle séjourne toujours à la Comédie. Parallèlement, la fontaine de la place Chabaneau fut érigée et, finalement, celle de la Licorne de la place de la Canourgue.

Les fontaines de MontpellierArrosée de ses fontaines, la ville de Montpellier avance jusqu'au 19ème siècle. Et de nouveau, on discute la question de l'eau. Maintenant, les Montpelliérains ne parlent plus seulement de soif et d'espaces verts - le nouveau sujet est l'hygiène.

Maintenant, on demande de l'eau pour prendre des bains et nettoyer les rues et, même chez les pauvres, le standard de vie augmente avec la quantité de l'eau que la ville peut leur offrir. Tout à coup, il est à la mode de se laver. Dans les quartiers riches, de plus en plus des gens entretiennent leurs propres jardins… bref, tout le monde réclame de l'eau.

Plus le temps passe, plus l'eau devient précieuse. De nouvelles techniques sont développées, mais les Montpelliérains - comme les autres habitants de notre hémisphère - en veulent plus. Au début du 20ème siècle, la ville a l'idée d'augmenter le rendement de la prise d'eau à la source du Lez, mais de nouveau, on constate que le liquide précieux ne suffit pas pour contenter tout le monde… jusqu'à ce qu'en 1988, les Montpelliérains décident le "grand coup" : on planifie de nouvelles fontaines.

Toutefois, c'est fois-ci, il n'est pas question de trois fontaines, comme après la construction de l'aqueduc, ni de dix ni de vingt : non, Montpellier devrait devenir la ville des 100 fontaines.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 5 décembre 2009

Flash Mob pour Copenhague : Montpellier fait du bruit pour la planète


Trois minutes de vacarme à Montpellier pour réveiller nos dirigeants

Ils sont tous venus au "Flash Mob" : des représentants des Verts, les membres de Greenpeace avec sa horde de "pingouins mutins, réfugiés climatiques", et ceux des autres neuf associations qui ont organisé cette manifestation "haute et forte" pour l'ultimatum climatique - et, bien sûr, plein de gens qui, tout simplement, plaident pour la santé de notre planète. Les un ont crié, les autres tapé sur tout ce qu'il ont trouvé, de l'instrument de musique jusqu'à la casserole pour, comme disent les Verts "réveiller nos dirigeants et éviter de se diriger vers un accord sans substance".

Les dirigeants devraient prendre les décisions qui s'imposent pour sauver le climat et l'avenir de l'humanité, a expliqué le président de Greenpeace Montpellier lors qu'il a ouvert la manifestation. L'équipe de la mairie de Montpellier, également présente pour montrer son amour pour la planète, lui a donné raison.

Et, sans doute, il est temps de prendre les bonnes décisions. Le réchauffement climatique n'est pas une légende. Si les nations ne signent - et respectent - pas un engagement pour le stabiliser à un maximum de deux degrés, la survie des espèces, et donc de l'humain, ne sera plus assurée. Comme l'a expliqué Thierry Salomon, expert des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, lors du dernier Café vert à Montpellier, il est nécessaire de réduire les émissions CO2 de 80 pour cent - alternativement, l'effet de serre entraînerait des changements climatiques irréversibles d'ici 2050.

Déjà maintenant, 300 000 personnes meurent chaque année : des victimes de la sécheresse, des inondations ou des épidémies, c'est-à-dire des phénomènes qui sont dus au réchauffement climatique. Bien sûr, les nations de notre hémisphère peuvent être "tranquilles" car, jusqu'à maintenant, les grandes catastrophes ne se jouent que dans les pays du Sud. Or, ce calme est trompeur. Déjà, de grosses tempêtes ont dévasté des parties de la France et d'autres pays de notre zone, il pleut plus qu'avant dans les régions du Nord, et l'eau est devenue encore plus rare dans les pays de la Méditerranée.

Selon les diagnostics des scientifiques, cette tendance vers un climat extrême s'intensifiera de plus en plus. Chaque année, elle se fera un peu plus remarquer, à l'hémisphère Sud, mais aussi au Nord… si l'humanité ne fait rien. Le sommet de Copenhague donne une chance sérieuse de stopper la course contre la santé de la planète. Et c'est pourquoi Montpellier a fait du bruit...

Photos et texte : copyright Doris Kneller

vendredi 4 décembre 2009

De l'eau pour Montpellier : le viaduc du Peyrou

Clapier, Pitot et le viaduc entre Montpellier et
Saint-Clément-de-Rivière

l'aqueduc à MontpellierLes Montpelliérains aiment - et aimèrent toujours - se promener dans les espaces verts dont la ville est parsemée. Mais qui dit espace vert dit aussi eau pour l'arrosage. Et l'eau est parfois une denrée rare sous le soleil de la Méditerranée.

Toutefois, cette réflexion n'a rien de nouveau. Déjà au milieu du 15ème siècle, les pères de Montpellier essayèrent de résoudre le problème. L'eau du Lez, des puits et des fontaines répartis deci delà dans la ville ne suffisaient plus. Il fallait donc trouver une source assez abondante afin que tous les espaces verts de la ville puissent être arrosés en permanence. Et une telle source existait : à Saint-Clément-de-Rivière, à presque dix kilomètres de Montpellier.

Montpellier, château d'eauDe nos jours, une telle distance ne pose plus aucun problème. À l'époque, par contre, elle était énorme. L'idée de transporter l'eau jusqu'à Montpellier était donc bonne, mais pas facile à réaliser. - En théorie, la solution était évidente : un aqueduc comme l'ont déjà construit les Romains. Techniquement, on aurait pu relever le défi. En pratique, la ville manquait tout simplement de sous.

Le roi, comme toujours de bonne volonté, fit tout pour aider Montpellier. Ainsi, Charles VII donna sa permission au maire de Montpellier de lever un impôt supplémentaire, destiné à financer la construction de cet aqueduc. Et, pour le moment, cela fut tout.

Mais l'eau ne se multiplia pas miraculeusement, et deux siècles plus tard, le sujet était de nouveau sur la table. Il fallait se décider : renoncer aux espaces verts ou construire un aqueduc. Un ingénieur du nom de Clapier qui, en 1719, avait déjà soumis un plan d'alimentation d'eau à la ville de Nîmes, proposa ses idées au Conseil de Montpellier. - Et de nouveau, une taxe fut levée : cette fois-ci, on décida qu'une taxe sur la viande serait la plus adéquate pour financer un aqueduc...

Le projet de l'ingénieur Clapier n'était certainement pas sans avantages, mais il n'avait pas de chance. Lorsque l'aqueduc fut enfin construit, c'était un collègue plus expérimenté qui décrocha le contrat. Le nom de cet ingénieur est bien connu aux Montpelliérains qui habitent le quartier du Peyrou : Henri Pitot de Launey qui, entre autres merveilles d'architecture, avait déjà construit ce qu'on appelle le "Nouveau Pont du Gard", le pont qui double l'ancien pont romain.

Louis XIV à MontpellierTreize ans plus tard, l'aqueduc de Saint Clément fut terminé. 885 de ses 17478 mètres de longueur furent construit en souterrain, le reste passe par des ponts et des arceaux. La pierre choisie par Pitot pour assurer la stabilité de la construction est souvent citée par les géologues de Montpellier : la fameuse pierre du Midi, composée des coquillages des mers de l'ère tertiaire.

La légende raconte que le jour de l'inauguration du nouveau château d'eau sur la promenade du Peyrou, toute une foule aurait fait la fête autour de la statue de Louis XIV et se serait baignée dans les premières eaux qui arrivèrent de Saint-Clément-de-Rivière. Or, les Montpelliérains d'aujourd'hui ont du mal à croire à cette histoire - car la fameuse inauguration avait lieu... en décembre.

Quelques 250 années plus tard, le viaduc n'avait plus de sens. Il était réduit à poser comme œuvre d'art, aimée par les Montpelliérains, adorée par les photographes, très belle, certes, mais bon à rien. Un groupe du quartier traça donc un plan qui permettrait la transformation du viaduc en promenade et profita du millénaire pour le soumettre à la ville de Montpellier...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 3 décembre 2009

L'Agora des Savoirs à Montpellier : J.-C. Bousquet et le musée naturel

L'Agora des Savoirs, Montpellier : à la découverte
de l'Hérault géologique

Jean-Claude Bousquet à Montpellier"Un voyage dans les temps qui nous a fait rêver", était le commentaire de Michel Séranne, chercheur en biologie à l'université et membre du laboratoire des géosciences de Montpellier, qui présenta la conférence de Jean-Claude Bousquet sur la richesse géologique de l'Hérault. Il rappela au public que "la géologie est présente dans le quotidien - même si on a perdu l'habitude de la voir."

Comme toujours lors d'une conférence dans le cadre de l'Agora des savoirs, cette série de conférences scientifiques grand public qui ont lieu tous les mercredis soirs au Centre Rabelais, la salle était bondée. Beaucoup de personnes devaient se contenter d'observer la conférence sur écran.

Michel SéranneMais le déplacement valait la peine. Jean-Claude Bousquet, géologue universitaire et auteur de livres sur la géologie et la beauté de la région dont Montpellier fait partie, n'amenait son public non seulement à un "voyage dans les temps", mais aussi à un voyage dans les profondeurs de l'Hérault.

Jean-Claude Bousquet avait "trois histoires successives" à raconter. D'abord, il y avait l'histoire hercynienne. Montpellier est situé au cœur de ce que les géologues appellent la chaîne hercynienne, cette chaîne immense de montagne qui commença à se lever il y a quelque 300 millions d'années, à l'époque du Carbonifère et du Permien. Elle doit sa naissance à la collision de deux continents, Gondwana et Laurentia-Baltica, qui, ensemble, formèrent le nouveau super-continent Pangée.

Une des montagnes qui, jadis, faisaient partie de la chaîne, le pic de Vissons, est spécialement intéressante. Jean-Claude Bousquet expliqua qu'elle se forma sur un terrain d'anciens dépôts marins dont certains datent de jusqu'à 540 millions d'années. La montagne est donc un véritable trésor rempli de traces préhistoriques.

Jean-Claude Bousquet, géologie Le conférencier parla aussi de ces terrains rouges, les "ruffes", si répandus dans l'Hérault. Il s'agit d'une roche absolument typique du système géologique du Permien. Mais nous trouvons ce terrain aussi ailleurs : dans les Vosges du Sud, en Russie, en Australie, en Afrique du Sud…

Tout cela nous rappelle la question évoquée par Jean-Claude Bousquet à la fin de l'exposé : pourquoi programmer une conférence sur l'Hérault dans le cadre de l'Agora des savoirs qui, jusqu'à maintenant, traita des thèmes aussi "larges" que la naissance de l'Univers ? - La réponse est évidente. La tectonique des plaques qui est à la base de la richesse géologique de notre région agit sur des milliers de kilomètres. Un mouvement à un point quelconque de notre planète se fait remarquer dans des pays lointains. Ainsi, une conférence sur la géologie de l'Hérault n'est, finalement, rien d'autre qu'une conférence sur notre planète.

Et, n'oublions pas qu'à l'époque de la naissance de la chaîne hercynienne, les terres étaient réunies dans un seul super-continent. Jean-Claude Bousquet traduit ce fait par un constat clair et simple : "On a hérité d'un patrimoine géologique formé par les hasards des tectoniques des plaques"…

Montpellier: Agora des savoirsUn "représentant" typique de ces terres rouges, les ruffes, est le bassin du Salagou. On y trouve des pistes de reptiles, des empreintes plus anciennes que les dinosaures. Ces reptiles donnèrent naissances aux premiers mammifères - ce qui, comme le remarqua Jean-Claude Bousquet, fait d'eux les ancêtres aussi de l'humanité.

Ensuite, le géologue raconta à son public la deuxième histoire des rochers, l'histoire alpine. La structure de cette époque, succédant à celle de l'histoire hercynienne, s'étendait des Pyrénées aux Alpes et même jusqu'à des régions encore plus lointaines. Elle présente des rochers divers en superposition, traversés par le volcanisme : des successions de roches à lire…

Et c'est ici, où les dinosaures sont apparus en masse. Jean-Claude Bousquet faisait partie de groupes d'excursion où de véritables trésors d'os de dinosaures furent trouvés. Toutefois, il ne s'agissait pas de dinosaures quelconques, mais de cette espèce que les scientifiques baptisèrent le "dinosaure héraultais". Bonne nouvelle : la région autour de Montpellier a donc son "propre" dinosaure.

Finalement, le voyage avec Jean-Claude Bousquet aboutit à l'histoire méditerranéenne. C'est dans ces terres qu'on trouva la "pierre du Midi" à partir de laquelle beaucoup de monuments de Montpellier - par exemple l'aqueduc du Peyrou - furent construits. Elle consiste en dépôts sédimentaires des mers de l'ère tertiaire qui, il y a quelques 20 millions d'années, envahirent nos terres. On y trouva des empreintes de grosses huîtres - jusqu'à une quarantaine de centimètres qui, comme expliqua Jean-Claude Bousquet, témoignent de la température assez élevée de la mer de cette époque. Ainsi, la pierre du Midi est formée de coquillages. Il s'agit donc d'une pierre calcaire qui expose cette blancheur si typique de la région de la Méditerranée et qui, une fois exposée à l'air, devient très dure.

C'est également de cette époque que vient le sable sur lequel la ville de Montpellier est construite. Si nous creusions très profondément sous nos maisons, nous trouverions certainement encore les traces des animaux terrestres et marins de l'ère tertiaire.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 2 décembre 2009

Une ville et ses statues : Montpellier, Louis XIV
et le Peyrou

Montpellier dans l'ombre de Louis XIV

statue Louis IVXIl est difficile de ne pas penser à Louis XIV lorsqu'on se promène au Peyrou, cette place pleine de verdure qui domine la ville de Montpellier. Peu importe où l'on regarde, la statue du Roi Soleil reste toujours présente.

Louis XIV, MontpellierEt il est vrai que Louis XIV fut bien accueilli à Montpellier. Pendant que les voisins du Sud, au Roussillon, ont tout fait pour combattre l'envahisseur, les Montpelliérains lui ont ouvert grand leurs portes. Toutefois, sa statue ne fut érigée que trois ans après sa mort. Ce fut Jules Hardouin-Mansart, cet homme qui ne savait pas seulement dessiner des statues, mais qui portait aussi le titre du "premier architecte du roi", qui donna sa forme à cette œuvre en bronze, de six mètres de haut. Et dans le piédestal en marbre, il laissa graver une inscription en latin qui, en français, signifie : "Les États du Languedoc consacrèrent ce monument à Louis Le Grand de son vivant, et il fut érigé après sa mort en 1718".

Il est fort possible que les États du Languedoc aient consacré la statue à Louis XIV. Mais on dirait qu'ils n'avaient pas vraiment le choix : ce fut Louis XIV lui-même qui exigea de Montpellier de construire un monument à sa mémoire. Et il allait jusqu'à décider de son emplacement - rien de plus banal que cette promenade dite de Peyrou qu'il avait construite en prolongement de la Voie Royale comblée par l'Arc de Triomphe. Cet emplacement, il le choisit peut-être pour sa position dominante. Mais peut-être avait-il aussi le sens d'une sorte d'humour "historique" - sa statue est placée juste à l'endroit d'où son ancêtre Louis XIII bombarda la ville de Montpellier…

Arc de Triomphe à MontpellierToutefois, sa qualité fut fatale à la magnifique statue. Déjà 74 ans plus tard - un rien comparé à la durée de l'Histoire - les révolutionnaires de Montpellier cassèrent "leur Louis XIV" et échangèrent le bronze contre huit canons qui aidaient la milice à se battre.

Mais la Révolution ne sonna pas le glas de la monarchie et, en 1838, une autre statue fut construite, identique à la première - sur un socle différent. Car l'ancien socle, la seule partie du Roi Soleil qui ne fut pas détruite par les révolutionnaires, est occupé "ailleurs" : sur la place de la Comédie. Le socle qui, jadis, était occupé par Louis XIV fut offert aux… Trois Grâces.

Ce détail ne devrait cependant pas choquer Louis XIV. Si, aujourd'hui, on pouvait lui demander ce qui l'intéresse, il parlerait probablement de l'obéissance de la ville de Montpellier. Il serait content de constater que les Montpelliérains se soumettent toujours à l'ordre qui lui tenait tant au cœur : il voulait rester le point culminant de Montpellier. Il déclara qu'aucun bâtiment n'aurait le droit d'être plus haut que sa statue. Et ainsi fut-il. L'épée de Louis XIV forme toujours le point culminant de Montpellier.
Photos et texte : copyright Doris Kneller, "Gens de Montpellier" et SudDesign

mardi 1 décembre 2009

Le marché de Noël à Montpellier prend forme...

Marché de Noël : Montpellier se prépare

Montpellier, marché de NoëlTerminé ce moment où le calme régnait sur la place de la Comédie. Encore, les foules ne sont pas arrivées, tous ces Montpelliérains et visiteurs de la ville qui flânent autour des stands du marché de Noël. Mais la place est déjà envahie des voitures des exposants qui préparent leurs stands.

Et l'ambiance est joyeuse. "Crise ou pas", dit un exposant, "je suis sûr qu'on fera de bonnes affaires." Un autre ajoute : "Le marché de Noël à Montpellier, c'est toujours fun."

Bijoux à Montpellier, sur le marché de NoëlEncore, les stands ne révèlent pas leur destination. "Bijoux", répondent plusieurs exposants quand on leur demande ce qu'ils ont l'intention de vendre au marché. "Bijoux" est aussi la réponse de pas mal de Montpelliérains qui passent sur la Comédie, lorsqu'on leur demande le premier produit auquel ils pensent par rapport au marché de Noël. On le sait alors : dans les semaines prochaines, Montpellier aura beaucoup de bijoux a contempler…

Mais cela n'est évidemment pas tout. Qui pourrait oublier, par exemple, le vin chaud ? Ou les jouets ? Ou les petits anges et autres ornements "typiques" de cette époque de l'année ? Ou les diverses spécialités de Noël ? "Ce qui évoque Noël pour moi ?", réfléchit une Montpelliéraine âgée. "Beaucoup de sucreries. Des sucreries de partout…" Elle sourit et, espiègle, elle se lèche les lèvres.

Noël à MontpellierToutefois, il y en a aussi qui voient le marché de Noël d'un mauvais œil. "Consommation, rien que consommation", se plaint un jeune homme. "À Noël, on n'a que ça en tête, à Montpellier et ailleurs." Sa copine semble d'accord : "Le marché de Noël, ça signifie des masses sur la Comédie et l'Esplanade, on ne peut plus passer, ça vous bouscule de partout."

Des masses sur la Comédie ? "Oui", confirme un exposant, "il est vrai, parfois, il y a vraiment la foule, surtout le week-end. Mais ça ne veut pas dire que tout le monde à l'intention d'acheter. Plus il y a de foule, moins on vend. Les gens viennent surtout pour regarder, par curiosité." Son collègue lui donne raison : "Les affaires se font plutôt au cours de la semaine. Ceux qui veulent acheter quelque chose reviennent au moment où il y a moins de monde."

Mais est-ce vrai que le marché de Noël n'est rien que le symbole de la consommation pour les uns et de la vente pour les autres ? - "Symbole ?" répond une dame dans la trentaine qui affirme d'avoir "vu passer beaucoup de marchés de Noël" à Montpellier et ailleurs. "Oui, bien sûr, un marché est toujours le symbole de la consommation, parce qu'il y a des marchandises à vendre. Mais il y a aussi les lumières, l'ambiance de fête et de chaleur, l'idée de partager un bon moment avec les autres…"
Photos et texte : copyright Doris Kneller, "Gens de Montpellier" et SudDesign