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vendredi 11 mars 2011

Journée internationale des Femmes à Montpellier : Françoise Mariotti et la poésie

Elyane Rejony au "Café du Genre" de la psychologue Françoise Mariotti

Les Cafés du genre à MontpellierQue faire lorsque le début du Printemps des Poètes tombe sur un 7 mars, c'est-à-dire 24 heures avant la Journée internationale des Femmes ? - La psychologue de Montpellier et Saint-Gély-du-Fesc, Françoise Mariotti, a trouvé une solution qui unit le sujet du "Féminisme au quotidien" et la poésie : à un de ses "Cafés du Genre", elle a invité une poète...

...féministe ? - Il est vrai qu'à première vue, Elyane Rejony a tout d'une féministe, et son "recueil poétique et pamphlétaire" auquel elle a donné le titre "Femme en quête de dignité" reflète la lutte de toute sa vie. Toutefois, son objectif n'a rien en commun avec l'idée de la "femme au pouvoir". Ce qu'elle vise, c'est l'égalité : la même rémunération pour un même travail, les mêmes possibilités d'éducation, parité à la tête des entreprises et au gouvernement, donner aux filles le droit de préférer le bleu au rose - et aux garçons de jouer à la poupée...

Bref, les poèmes d'Elyane Rejony dénoncent tout ce qui contredit au principe de l'égalité - et le lecteur comprend que ce chemin est encore loin, surtout pour les femmes. Ou, comme l'exprime Françoise Mariotti, faisant allusion au best-seller de Stéphane Hessel "Indignez-vous" : encore, il ne se passe pas un jour où une femme n'aurait pas besoin de s'indigner.

Toutefois, la lutte pour l'égalité entre femme et homme n'exclue pas l'idée de la "féminité", ni pour la psychologue Françoise Mariotti, ni pour l'enseignante et poète Elyane Rejony. Un commentaire du public est approuvé par tout le monde : la féminité sert, entre autres ou, peut-être, avant tout, à "nous faire plaisir". Selon Elyane Rejony, la lutte contre l'inégalité n'a absolument rien à voir avec l'exclusion de l'homme de la vie de femme. Pour elle, la femme n'est pas seulement "l'avenir de l'homme", mais l'homme est aussi "l'avenir de la femme".

Et elle montre l'exemple. Son mari l'a accompagné à Montpellier, il est présent pendant la lecture de ses poèmes, un sourire sur les lèvres, l'appareil photo dans les mains. Il est le premier à qui Elyane Rejony adresse ses remerciements - c'est grâce à lui et à son encouragement qu'elle a pu faire son chemin. Il la soutient aussi dans les tâches pratiques : complimentée pour ses jolies cartes de visite, Elyane Rejony raconte que ce n'est qu'avec son aide qu'elle a pu les charger sur Internet.

Françoise Mariotti et Elyane RejonyLa lutte pour l'égalité menée par Elyane Rejony concerne plus ou moins tous les secteurs de la vie. Le sujet de la soirée, le féminisme au quotidien, exprime la nécessité non de mener une grande bataille, mais de faire des efforts, jour après jour, toujours de nouveau, jusqu'à ce que, dans un avenir peut-être pas trop lointain, l'égalité entre dans l'esprit de tout le monde. Elyane Rejony parle de la situation de travail, de l'éducation inégale dont ne souffrent pas seulement les femmes mais aussi les hommes, de la sexualité, du corps, du langage... pourquoi, réfléchit une femme dans le public, "poétesse" est-il toujours un mot "péjoratif" ? Et pourquoi les expressions "mairesse" ou "doctoresse" ont-elles toujours le "goût" d'une "femme de", d'une femme appartenant à un maire ou un docteur. Pourquoi est-il toujours si courant que la femme perd son nom, son identité, avec le mariage pour, après un éventuel divorce, se retrouver avec un "nom de jeune fille", un nom qui n'a pas grandit avec elle ?

Certes, la situation a bien évolué depuis les grèves ouvrières de 1857 et 1911 à New York, des dates que beaucoup citent comme "événements clés" de l'invention de la Journée internationale des Femmes. Il est vrai qu'on pense toujours avec horreur à ce jour en 1911, lorsque des travailleuses en révolte ont péri dans un incendie dans leur usine, juste parce que leur employeur les a enfermées à clé pour qu'elles ne quittent pas les lieux avant la fin de la journée. Aujourd'hui, ceci est clair, une telle situation ne serait plus possible. Toutefois, l'horreur des jours pas si anciens ne diminue pas le mal-être d'une femme harcelée à son poste de travail ou, même, non reconnue pour ses compétences uniquement parce qu'elle est... femme.

"Je ne sais jamais si je dois rire ou pleurer", raconte une femme dans la cinquantaine, "quand, au travail, j'explique un détail technique à un client et, au lieu de me répondre, il s'adresse à un collègue aussi présent qui ne connaît pas la technique, mais qui est un homme." Et elle ajoute : "Beaucoup d'hommes sont toujours de l'avis qu'une femme est incapable de comprendre les techniques. C'est pourquoi je préfère travailler avec des femmes - entre femmes, on se reconnaît à sa juste valeur."

Elyane Rejony, poète, à MontpellierEt pourtant. "Si je me connais dans des domaines techniques ? répète une femme dans la quarantaine la question de l'équipe des Gens de Montpellier qui l'interroge sur la Place de la Comédie, le matin de la Journée internationale des Femmes. "Qu'est-ce que vous en entendez ? Ordinateurs ? Internet ? Oui, bien sûr, j'utilise internet. Mais si j'ai un problème, je demande à mon fils de m'aider." Et elle ajoute : "Les hommes sont quand même plus doués pour ça."

Toutefois, pas tout le monde est d'accord. "Internet ?", réagit une autre dame d'à peu près le même âge. "J'adore. J'y suis tout le temps." Et la jeune fille de quelque seize ans qui l'accompagne renforce : "Pourquoi les femmes ne peuvent-elles pas avoir des professions techniques ? Moi, en ce moment, je fais un stage pour réparer les voitures..."

D'autres Cafés du Genre de la psychologue Françoise Mariotti
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 29 septembre 2010

Montpellier ville créative : Françoise Mariotti, psychologue, et les Cafés du Genre

Les Cafés du Genre, une autre manière de voir la société : conférence sur Angela Merkel

Psychologue Saint Gély du Fesc"Angela Merkel, une chancelière à Berlin" n'est qu'un sujet parmi beaucoup d'autres qui ont déjà été traités lors des soirées du "Café du Genre" organisées à Montpellier par Françoise Mariotti. Une soirée de plus consacrée à une politicienne ? - Non. Un sujet traité dans le petit cercle de la psychologue de Saint Gély du Fesc est présenté différemment.

Paule Jeanne Albertini, professeur d'allemand et invitée du Café du Genre de Françoise Mariotti, n'a pas parlé de la "chancelière", mais tout simplement de la femme Angela Merkel. Elle présente l'histoire d'une femme née dans la partie est de l'Allemagne qui, après la chute du mur, a tout fait pour réussir. La jeune Angela Merkel cherche le pouvoir - et elle le prend là où elle le trouve, à gauche, à droite, peu importe...

Ainsi, Paule Jeanne Albertini a entièrement réussi l'analyse de la femme qui veut le pouvoir à tout prix, mais qui, avant tout, est humaine. Qui peut être blessée, qui a besoin de soutien et d'autres humains qui lui donnent du courage. "Angela Merkel la politicienne", explique la conférencière, "est certainement intéressante. Mais ce qui m'a intéressé, ce soir, c'est la femme."

Françoise Mariotti, psychologue rogérienne à Saint-Gély-du-FescLes soirées montpelliéraines de Françoise Mariotti, psychologue humaniste, thérapeute suivant les idées de Carl Rogers et "citoyenne du monde", ne sont pas exclusivement consacrées aux idées féministes - bien que la psychologue souligne qu'elle s'est toujours battue pour les droits des femmes. Si elle a baptisé ses manifestations les "Cafés du Genre", elle pense à "genre" en pluriel...

Selon Françoise Mariotti, il y a effectivement plus de deux genres. D'abord, c'est une question de relations : les relations entre femmes et hommes, entre les femmes et entre les hommes. "On n'est pas des hommes et des femmes, mais des personnes. Nous n'avons pas à être enfermés dans notre sexe, notre âge, notre couleur,..." La psychologue n'aime pas catégoriser : "Catégoriser, c'est un manque de respect, envers nous-mêmes et envers les autres."

C'est de ces relations que traitent les Cafés du Genre. La femme et l'homme ont des positions, des "rôles", dans la société - des positions qui leur ont été imposées par la société, mais aussi des positions qu'ils ont choisies ou qui sont naturelles. Angela Merkel a choisi d'être politicienne - ce qui ne l'empêche pas d'être femme... femme avec tous les attributs innés, mais aussi femme implantée dans une société qui, comme en témoignent les Cafés du Genre à Montpellier, l'oblige à jouer un rôle imposé.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 27 mai 2010

La Comédie du Livre à Montpellier : la littérature de l'Amérique du Nord

L'Amérique du Nord à l'honneur à Montpellier : la 25ème édition de la Comédie du Livre

Comédie du livre, MontpellierCela fait six mois que la place de la Comédie n'a pas vu tant de stands - des stands qui, en ce moment, sont encore vides. Depuis ce jour fin de novembre où on a commencé à monter les stands pour le marché de Noël, la Comédie a vu plein de manifestations : la fête de la biodiversité du week-end dernier, la Comédie de la Santé du précédant, la Comédie des animaux, la Journée internationale des droits de la femme, des manifestations écologiques, politiques,... des gens qui attendent d'autres, au pied de la Fontaine des trois Grâces, heureux, déçus,... Sans doute, la vie sur la place de la Comédie était riche - riche d'émotions comme la joie et la tristesse, riche d'événements, de vie, tout simplement.

Aujourd'hui, la saison s'approche de son terme. Peu importe si l'hiver a été bon ou mauvais, marqué de sécheresse, de pluie, de froid ou de soleil, l'été est arrivé et, avec lui, la Comédie du Livre. Comme toujours depuis 25 ans, la place de la Comédie paraît triste et joyeux en même temps : triste, parce que l'hiver avec toutes ses soirées de concert, ses conférences, ses réunions et ses sorties au cinéma est terminé ; joyeux, parce que la Comédie du Livre commence.

"Si je vais à la Comédie du Livre ?", répète la dame d'une trentaine d'années la question de l'équipe de "Gens de Montpellier". "Mais bien sûr. Je l'attends depuis la fin de la dernière Comédie du Livre. Ce week-end est 'sacré' pour moi : si mes amis veulent me voir, ils n'ont qu'à venir sur la place de la Comédie."

Littérature américaine à MontpellierLa 25ème édition de la Comédie du Livre est consacrée à la littérature de l'Amérique du Nord. Et ceux qui croient toujours que les feuilletons made in USA représentent la culture des États-Unis seront étonnés : la littérature nord-américaine est aussi riche que celle de l'Europe.

Comme chaque année, on n'entend qu'une seule plainte : l'impossibilité d'être partout. Partout, cela signifie se promener sur la place de la Comédie et l'Esplanade pour fouiller les stands des livres, visiter une exposition, écouter une des conférences, rencontrer un auteur, assister à un des cafés à thème... L'offre, comme disent beaucoup de Montpelliérains, est trop fournie. Et souvent, lorsqu'ils se plaignent de cette manière, un sourire content apparaît sur leur visage...

Le problème commence déjà avec les manifestations d'ouverture : à 16 heures, devrait-on assister aux lectures de Jean Joubert et Eloïse Alibi à la Maison de la poésie ou plutôt se joindre aux Montpelliérains qui préfèrent l'auditorium du musée Fabre et la conversation littéraire avec André Manoukian ? Ou plus tard, vers 18.30 heures, vaut il mieux assister à la lecture de la pièce de Naomi Wallace ou aller au Café du genre de Françoise Mariotti et écouter "l'auteure" féministe Katherine Roussos ?

Le visiteur "philosophe" de la Comédie du Livre cesse de regarder le programme dès qu'il l'aura étudié - trop de décisions à prendre - et se laisse aller de salle en salle, de manifestation en manifestation, sans choisir, parce qu'il sait que toutes sont captivantes. Parfois il suit la foule, parfois un ami, mais il ne court pas le risque de s'ennuyer. Peut-être marque-t-il dans son agenda les "Grandes rencontres de Philippe Lapousterle" - l'écrivain académicien Éric Orsenna, le philosophe Éric Emmanuel Schmitt, Marie Rouanet et "La mémoire de nos temps", Katherine Pancol et, de nouveau à Montpellier, Max Gallo et sa "passion de l'histoire". Et, bien sûr, la rencontre avec Jean-Louis Bourlanges, François Léotard, Philippe Meyer et Edvy Plenel à la salle Rabelais où ils discutent les rôles du pouvoir, des journalistes et des sondages : Peut-on fabriquer l'opinion ?"

La Comédie du livre sur l'Esplanade Général de Gaulle"La Comédie du Livre ? Non, ça m'intéresse pas", déclare un Monsieur dans la cinquantaine. Mais il a l'air malheureux. "Je n'aime pas les foules et les touristes", ajoute-t-il. Il n'est évidemment pas le seul Montpelliérain qui n'est pas tenté par les livres. Mais il appartient à une minorité.

"À quoi je pense quand j'entends le nom de la ville de Montpellier ?" La dame dans la quarantaine est anglaise et, comme elle explique, touriste à Montpellier. "À la mer, au soleil... mais en ce moment, bien sûr, à la Comédie du Livre. Car c'est pour elle que je suis venue."
Photos et texte : copyright Doris Kneller