Montpellier : égalité et droits de la femme

Pour un des membres d'Amnesty International qui sont très actifs ce jour-là sur la place de la Comédie, rien n'a changé. Il y aurait toujours trop de pays où une femme ne peut même pas penser à ses droits. "La journée internationale des droits de la femme, c'est un jour où il faut être visible, montrer nos revendications et informer les gens sur la situation des femmes. Il est vrai qu'il faut lutter tous les jours - mais c'est aujourd'hui que nous avons une chance d'être écouté."

Le ciel est gris, ce 8 mars, aussi gris que l'ambiance qui, à 15 heures, au début de la manifestation, règne sur la place de la Comédie. Au contraire des espoirs des femmes engagées - et aussi des hommes -, il n'y a que trois stands et très peu de gens qui se rassemblent autour Amnesty International et les autres associations qui luttent pour l'égalité et les droits des femmes. La journée est marquée par la neige qui est tombée la veille, il fait froid et humide - une journée où les Montpelliérains préfèrent rester à la maison. Toutefois, un peu plus tard, plus de gens arrivent et se groupent pour écouter des discours qui parlent des problèmes des femmes dans le monde et, pour détendre l'atmosphère, de la musique internationale.
Au moment, où la marche - symbole pour la présence à Montpellier des femmes et des hommes qui luttent pour l'égalité dans le monde - commence, il y a pas mal de Montpelliérains qui sont prêt à soutenir la manifestation. "Il ne suffit pas de parler d'une journée de femme", rappelle Jean-Louis Roumégas, candidat des Verts pour les Régionales, "mais de la journée des droits de la femme. Car ce sont les droits qui doivent enfin être atteints."

Si l'on parle des années 68 et de la tradition - selon une histoire dont personne ne sait si elle est légende ou vérité - la journée internationale des droits de la femme de 2010 est plus "symbolique" que les autres : on dit que ce serait exactement la centième fois que des femmes se rassemblent pour revendiquer leurs droits plus fortement que les autres jours. La première journée internationale de ce genre aurait eu lieu aux États-Unis, où il était question de l'égalité entre les femmes et les hommes dans la vie quotidienne : le même salaire pour le même travail sous les mêmes conditions, le droit de vote, le droit de signer les contrats et le droit de se faire écouter. Elle aurait été inventée par une Allemande, Clara Zetkin, réputée pour avoir été une des premières féministes de l'histoire.
En 1977, la journée a enfin été reconnue par les Nations Unies. Mais a-t-elle déjà porté des résultats ? - "Je ne sais pas si la journée internationale des droits de la femme a porté des résultats, d'une manière directe, je veux dire. Mais elle a certainement aidé", explique une femme qui se déclare "militante pour le droit de tous les humains". "Et si on se rappelle que les femmes d'un pays voisin à celui de la France, c'est-à-dire la Suisse, devaient attendre 1972 pour recevoir le droit de voter, cela fait réfléchir."
"Vous demandez si la journée internationale de la femme doit être maintenue ?", répète une autre femme qui fait partie du public rassemblé autour des stands. "Mais oui, bien sûr. Je trouve très impressionnant l'idée que, aujourd'hui - et chaque 8 mars - il y a partout dans le monde des femmes en train de manifester. Cela donne espoir : tant qu'il y a des femmes qui n'ont pas peur d'ouvrir leur bouche, personne n'est seule et la cause n'est perdue...
Photos et texte : copyright Doris Kneller
Cela fait penser à une journée consacrée à une espèce en voie de disparition.
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