mardi 16 mars 2010

Créatrice à Montpellier : Nicesse Tassot et Tropic Délices

Une bonne idée pour Montpellier - traiteur halal, oriental et antillais

Nicesse Tassot et Tropic Délices"Si je sais ce qui veut dire 'manger halal' ? - Bien sûr." La jeune femme rit, puis elle s'arrête pour consulter le panneau d'indication des trams de l'arrêt de la Place de la Comédie. "Ça va, j'ai encore du temps. Oui, manger halal, ça veut dire ne pas manger du porc. Et les animaux sont tués d'une certaine manière. Ce sont les Musulmans qui mangent halal."

Une autre dame, dans la quarantaine, qui, elle aussi, attend le tram se mêle de la conversation. "Je ne suis pas Musulman, mais ça m'arrive d'acheter chez les bouchers halal, autour du Plan de Cabane. C'est moins cher, et je n'ai jamais pu me plaindre. La qualité était toujours bonne."

La dame n'est pas la seule à acheter de la viande halal, sans arrière-plan religieux. "Les commerçants ici sont toujours gentils", dit une dame qui, justement, a fait ses courses dans une des boucheries près du Plan de Cabanes. "Et leurs produits sont bons et bon marché."

Nicesse Tassot, une jeune femme rayonnante qui adore sa vie qu'elle partage entre sa petite famille et son entreprise de traiteur oriental et antillais, a eu le déclic le jour où, avec son compagnon, elle avait envie de manger au restaurant, sans forcément manger la cuisine orientale. Elle raconte que les gens comme elle qui mangent strictement halal n'ont pas toujours envie de déguster la cuisine marocaine ou autres cuisines orientales. C'est là où l'idée d'un traiteur halal, oriental et antillais l'a frappée.

Nicesse Tassot à MontpellierLa combinaison entre oriental et antillais est "naturelle" pour Nicesse Tassot. La cuisine orientale, elle l'a apprise par sa belle-famille et par ses amies. La cuisine antillaise est un très bon souvenir de son enfance dans les Antilles. Elle adore faire la cuisine - surtout pour beaucoup de gens - et, lorsqu'elle a appris à préparer des "petits plats" - des couscous, des tajines - et, aussi, à faire du bon thé (un "héritage" de son beau-père), elle s'est sentie de plus en plus "riche" : "Ma culture culinaire s'est enrichie de plus en plus - sans que je m'en rende compte", explique-elle, et ses beaux yeux brillent.

Mais pourquoi est-elle devenue traiteur ? - Cette idée a un peu à faire avec ses origines. Aux Antilles, les gens adorent s'inviter. Les jours de fête, ou tout simplement les jours où on en a envie, les tantes et oncles, cousines et cousins, les amis, les amis des amis,… débarquent et on mange ensemble, en tout simplicité. Et tout le monde se régale. Pendant ses premières années en France, cet état d'esprit - chacun invite chacun - a manqué à Nicesse Tassot. Mais maintenant, elle a découvert que faire la cuisine pour les fêtes des autres, c'est presque comme faire la fête avec la propre famille.

C'est d'ailleurs sa famille et ses amies qui lui servent comme "cobaye" pour ses bons plats. Ils goûtent toute nouvelle recette, et ils sont très stricts. "Ils ne laissent rien passer. Ils ne permettent pas que je livre une cuisine de qualité moyenne - ils veulent que mes clients ne connaissent que le meilleur de la cuisine orientale et antillaise."

Pourquoi vaut-il la peine de parler de Nicesse Tassot et de son Tropic Délices ? Déjà, il s'agit de deux noms dont les Montpelliérains entendront encore parler. Nicesse est jeune, mais elle est courageuse - un exemple pour beaucoup de jeunes femmes - et de jeunes hommes - qui ont envie de réaliser leurs idées, mais qui ne l'osent pas. Elle a eu une idée nouvelle - combiner le halal non seulement avec la cuisine orientale, mais aussi avec la cuisine antillaise - et elle la réalise avec toute sa passion et un enthousiasme énorme...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

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