Le Tam de Montpellier, un système inhumain ?

Il y a, par exemple, beaucoup de gens qui se plaignent de l'incompétence des conducteurs des bus. Un d'eux est un homme d'une cinquantaine d'années : "L'autre jour, j'ai pris à la gare un bus numéro six. J'ai demandé au conducteur si c'est bien la bonne direction pour la rue George Brassens - avec tous ces travaux et changements d'arrêts, je m'y connais plus. Et j'ai constaté que le chauffeur ne connaissais même pas les stations de sa propre ligne."
Malheureusement, le récit de ce Monsieur ne constitue pas d'exception. Mais il y a pire - une dame, âgée d'une trentaine d'années qui, elle aussi, se plaint du manque d'information du côté d'un chauffeur de bus, ajoute : "Si, encore, il avait dit 'je suis désolée, Madame' ou quelque chose dans ce style. Mais non, il a rigolé. Ma confusion l'a amusé. J'étais obligée de m'adresser à d'autres passagers, plus gentils que lui, qui m'ont finalement aidée."
Un groupe où le Tam est plutôt mal vu : les jeunes. "Ouais, c'est vrai", dit un jeune homme, "les transports à Montpellier sont très bien, vous avez raison. Y a des bus de nuit, les trams roulent assez tard. Rien à dire. En théorie. En pratique, ça marche jamais."

Le jeune homme reprend : "Elle a raison. J'ai un travail, mais c'est la galère. Je peux pas faire ce que je veux. Et beaucoup de copains sont au chômage. Pourquoi ils ne font pas la grève pour nous, pour une fois ? Ils ne pensent qu'à eux-mêmes, plus de sous, toujours plus de sous. Et ils exigent de nous qu'on soit 'solidaires'. Mais si on leur demande d'être un peu solidaires avec nous… plus rien."
Pire que les grèves régulières du samedi sont les grèves spontanées, comme celle de vendredi dernier. "Si j'avais su que c'est la grève, j'aurais pu demander à une collègue qu'elle me prenne en voiture", explique une dame d'une trentaine d'années. "Mais comme on nous avait pas informés, je pouvais pas aller travailler. Et qui me paie maintenant l'argent perdu ? Je gagne pas assez pour pouvoir me permettre un jour non payé. Mais mon chef ne veut pas le payer non plus. Eux ils font la grève", elle commence à se fâcher sérieusement, "et nous, on en paie le prix."
Une autre dame d'à peu près le même âge se montre plus compréhensive. "Un des leurs a été agressé, je comprends leur colère. Mais il faudrait peut-être réfléchir, pourquoi cette agression a eu lieu. Toutes ces grèves rendent les gens nerveux, et puis, beaucoup de conducteurs sont si peu aimables. Ils pourraient être un peu plus aimables, n'est-ce pas ?"
"Ils ne veulent pas être agressés, c'est compréhensible", commente une dame plus âgée. "Mais nous non plus. Et qui nous protège de ces jeunes qui font le tapage dans le tram ? On n'ose plus sortir le soir, de peur d'être agressés en tram."
Il semble vrai que les grèves rendent les gens nerveux. Mais non seulement les grèves : "Un jour, j'ai fait des cours et, avec tous mes sacs, je voulais rentrer en tram. Tout le monde a attendu pendant 40 minutes - pas un seul tram. Finalement, je suis rentré à pied, mais ce n'était pas facile. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais, de toute manière, on ne peut pas compter sur le tram."

Le changement des trajets de bus à cause des travaux pour la ligne 3 du tram pose vraisemblablement des problèmes à plusieurs gens. "Je sais qu'ils ne peuvent pas faire autrement", dit une dame d'une quarantaine d'années qui habite une de ces rues, "mais je pense que tout le monde pourrait faire un peu attention. Mais pas les conducteurs de bus : c'est devenu tellement dangereux, ici, que je ne peux plus laisser sortir seuls les enfants. J'ai trop peur qu'un de ces bus fonce dans la rue sans qu'ils le voient. Si, encore, ils roulaient à une vitesse raisonnable. Mais non, ils roulent comme si ils étaient seuls dans la rue."
C'est un Monsieur d'une cinquantaine d'années qui résume le mieux l'ambiance générale. "Montpellier dispose sans doute d'un des meilleurs systèmes de transport public en France, peut-être même du meilleur. Mais c'est un 'système', une entité technique. Sa structuration est excellente, mais elle ne prend pas un compte le facteur humain. Et je pense qu'à ce nivaux, le niveaux humain, les responsables du Tam ont encore beaucoup de travail devant eux."
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Photos et texte : copyright Doris Kneller
Les transports en commun de Montpellier sont assez bien faits, mais peut-être que le métro (comme à Toulouse) aurait été une meilleure option que le tram.
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