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mercredi 7 avril 2010

Montpellier écologique : bouger à pied, à vélo ou prendre le tram

Montpellier et ses transports : les Montpelliérains comptent sur leurs trams et bus

Habiter écologiqueEt Montpellier continue à forger sa réputation de ville écologique. "L'ambition", a déclaré récemment la mairie de Montpellier, "de Montpellier est de devenir une référence nationale et internationale en matière de biodiversité urbaine" : la participation à l'opération "60 Earth Hour" censé" sensibiliser les gens au réchauffement climatique de la terre, l'intention de la ville d'atteindre un maximum des 60 objectifs présentés dans le plan climat de la région Languedoc-Roussillon,...

..., les lumières de la place de la Comédie d'une émission réduite de gaz carbonique, la nouvelle mairie "bourrée" d'installations qui correspondant aux dernières normes écologiques, 18.480 visiteurs à l'exposition "Habiter écologique" à l'Hôtel de Ville... Sans doute, désormais, Montpellier a tout pour gagner et défendre son nouveau titre. Et cela n'est pas tout : les environs de Montpellier, plus précisément le Cap Alpha, hébergent même l'entreprise "Deinove" qui, en ce moment, se prépare à entrer en bourse pour investir encore plus dans ses recherches d'un carburant vert.

biodiversité urbaineIl est vrai que, dans le dernier palmarès des villes étudiantes, Montpellier n'est arrivé qu'au douzième rang pour ses "qualités environnement". Mais ce petit point noir dans l'avenir vert de la ville peut s'effacer jusqu'au jour des prochains sondages...

Toutefois, Habiter écologique, 60 Earth Hour, plan climat, biodiversité urbaine, carburant vert - rien ne vaut les véritables "déplacements écologiques" : laisser la voiture et prendre le tram. Or, selon de plus en plus de Montpelliérains, "le tram n'est plus fiable du tout", comme déclare une dame dans la quarantaine. "À quoi ça sert qu'à Montpellier, nous avons un système de tram fantastique si on s'apprête à aller travailler le matin sans savoir si, ce jour-là, les trams ne sont pas en grève."

C'est surtout la grève spontanée du 19 mars dernier qui a troublé la confiance qu'avaient beaucoup de Montpelliérains dans leur tram. "Il est vrai qu'un des leurs a été agressé", continue la dame, "mais peut-être courraient-ils moins de risque s'ils étaient un peu plus gentils avec leurs clients. Et, surtout, si on pouvait mieux compter sur eux." Ensuite, elle raconte que, le dimanche dernier, elle voulait prendre une des lignes de bus qui, le week-end, ne roulent que toutes les trente minutes : "J'étais à l'arrêt cinq minutes avant le départ officiel. Jusqu'à maintenant, je ne peux pas dire si le bus est parti plus de cinq minutes avant l'heure prévue ou s'il n'est jamais arrivé - de toute manière, j'étais obligée d'aller à pied."

tram à MontpellierBien sûr, aller à pied est bien pour la santé et encore plus écologique que prendre un bus - mais, comme souligne la dame, "faut-il obliger les Montpelliérains fidèles au TAM de renoncer à tout moyen de transport ?"

Les trains, autre moyen de transport écologique, ne trouvent pas non plus tant d'adeptes qu'auparavant. "Ils ont annoncé la grève pour mardi", raconte une étudiante, "ainsi, j'ai pris le train lundi. Et j'aurais pas dû - c'était la galère. Il y avait à peine un train sur deux, tout était bondé, on a attendu deux heures..."

Mais ce qui reste, c'est le vélo. Jamais, dit-on, il n'y avait tant de gens à Montpellier qui se déplaçait en vélo. "Je n'ai pas de vélo", raconte un homme d'une trentaine d'années, "et, surtout, je n'ai pas de place pour le garder. Le système de la Tam est alors idéal pour moi." Le "vélomagg" - vélo Montpellier Agglomération - est une des idées de la région de Montpellier qui a eu ce qu'on peut appeler un plein succès. "Pour une fois, une très bonne idée", commente aussi une dame d'à peu près le même âge. "Pas tout le monde à un vélo, mais tout le monde a envie de faire le vélo. Faire le vélo, c'est quelque chose qu'on n'oublie jamais." Et elle éclate de rire.

Cependant, les idées "écologiques" de Montpellier ne s'y arrêtent pas : il y a encore ce qu'on appelle les "carapattes". Les "carapattes" sont tout simplement, comme le dit la publicité, des "autobus pédestres" consistant dans un groupe d'enfants accompagnés par des parents bénévoles. Ces groupes pédestres suivent un chemin conçu par les services de la mairie, sous les critères d'être les plus sûrs et les plus rapides possible : "...afin que les enfants arrivent à l'heure en classe."

La publicité ajoute qu'un trajet à pied de trente minutes rend l'enfant plus attentif en classe. - Le public n'a jamais mieux accueilli l'idée de faire marcher les enfants sur leur chemin à l'école...

Autres articles sur "Montpellier ville écologique" :

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Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 11 mars 2010

Biodiversité et écologie à Montpellier

Montpellier, ville écologique : la biodiversité en milieu urbain Languedoc-Roussillon

Peyrou, MontpellierQue Montpellier met tout en œuvre pour mériter un label du genre "Ville écologique" est déjà connu. Or, maintenant, les ambitions vont beaucoup plus loin : dans un communiqué de presse, la mairie a annoncé que, aujourd'hui, "l’ambition de Montpellier est de devenir une référence nationale et internationale en matière de biodiversité urbaine, en s’appuyant sur la richesse d’un pôle scientifique de premier plan."

Ainsi, Montpellier a pu profiter de l'année mondiale de la biodiversité et des organismes qui se sont créés pour entamer le chemin de l'écologie. Ainsi, la ville fait maintenant partie du Global partnership on cities and biodiversity, un réseau de communes qui défendent la biodiversité dans l'environnement urbain. En plus, Montpellier est une des rares villes qui, jusqu'à maintenant, ont signé la convention sur la diversité biologique de l'ONU et prévoit sa présence au sommet sur la biodiversité au Japon en octobre prochain. Ici, les Montpelliérains rencontreront les écologistes internationaux, par exemple ceux de Nagoya, leur ville hôtesse, Singapour, Montréal, Bonn et Curitiba.

Mais d'ici là, il est question d'entamer la réalisation pratique du plan ambitieux. L'aménagement de l'espace public dans un sens écologique à long terme se trouve évidemment tout en haut de la liste des actions prévues. Ensuite, il y a l'information et l'éducation qui ne doivent pas être négligées. La ville de Montpellier prévoit donc des mesures de sensibilisation dans le milieu scolaire, mais aussi des interventions qui ciblent les adultes. On commence à parler des "sciences éco-citoyennes". Après le succès sensationnel de l'Agora des Savoirs, on peut partir du principe que les Montpelliérains accueillerions de telles actions avec enthousiasme.

Montpellier, Champ de Mars Il n'y a pas très longtemps, les scientifiques ont constaté qu'ils se sont trompés au sujet de la biodiversité. Jusqu'à lors, on était persuadé que la conversation des espèces se jouait plutôt dans les forêts tropicales ou, encore, dans les parcs ou réserves protégés - ce qui est toujours vrai. Mais ensuite, on a misé sur les zones rurales. Et c'est ici où la réalité ne suit plus la théorie.

Le problème : l'exploitation de la terre et des autres ressources naturelles par une agriculture qui se veut "moderne". Initialement, les zones rurales étaient considérées comme espaces où l'homme vivait en harmonie avec la nature. Or, petit à petit, elles se sont transformées en victimes de l'intensification de l'agriculture l'industrialisation où beaucoup des espèces - animaux et plantes - ne trouvent plus leur place. Une sorte de "migration" dans les milieux urbains a donc commencé où un petit nombre des espèces "chassées" de la zone rurale a trouvé un nouveau territoire.

Montpellier, Jardin des plantesQui dit "ville" pense d'abord aux rues surpeuplées de voitures, aux places goudronnées et aux maisons si hautes qu'elles cachent le ciel. Plus la ville devient "inhumaine", plus les citadins ont envie de nature et plus ils ont tendance de sortir, les week-ends ou pendant les vacances. Mais les villes ont intérêt à garder leurs habitants dans leurs murs : déjà, il y a la question commerciale - celui qui part, dépense ailleurs - mais, surtout, les priorités écologiques. Car celui qui quitte la ville se sert en général de sa voiture. Il devient donc "pollueur" et nuit à cette nature dont, justement, il a tant envie...
Ainsi, au lieu de laisser leurs habitants aller "dehors", les villes font de plus en plus d'efforts pour qu'ils restent chez eux : elles "invitent" la nature à s'installer à proximité. Montpellier est un très bon exemple d'une ville qui se veut écologique - elle offre aux habitants et visiteurs 741 hectares d'espace vert, dont le jardin des plantes, connus depuis Louis XIV, le parc zoologique, la réserve naturelle du Lez, le Champ de Mars ou des petites places comme le square Planchon.

La valeur écologique des institutions du genre parc zoologique ou serre amazonienne a longtemps été discutée. Il y avait des voix qui parlaient de milieu inadapté à la nature et aux besoins des animaux. D'autres ont répondu que ceci serait bien vrai, mais que la sauvegarde des espèces - et ceci est un des résultats les plus beaux du travail des zoos - est plus importante que les idées sur un milieu naturel qui n'existe plus... Sans doute, des parcs zoologiques comme celui de Montpellier où le milieu des animaux s'approche le plus possible de leurs habitats naturels ont fait taire la plupart des voix sceptiques.

Pour le moment, Montpellier a signé un partenariat avec le paysagiste Gilles Clément qui s'est lancé dans une étude sur la biodiversité en milieu urbain. Il a promis de présenter ses résultats aux Montpelliérains le 10 mai prochain.
Photos et texte : copyright Doris Kneller