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vendredi 16 avril 2010

Montpellier et le climat : l'éruption volcanique en Islande et ses impactes sur le climat

L'éruption de l'Eyjafjöll, a-t-elle un impacte sur le climat à Montpellier ? - Micro-trottoir

Les Montpelliérains et le climatÀ Montpellier, on parle beaucoup du climat, ces jours-ci. Montpellier signe, par exemple, le plan climat de Languedoc-Roussillon, les Montpelliérains manifestent pour le climat, ils organisent un flash mob et font du bruit - aussi pour le climat - ils organisent des cafés à thème sur les enjeux climatiques, et ils participent à l'opération 60 Earth Hour pour sensibiliser leurs concitoyens au réchauffement climatique de notre planète.

Et tout cela, parce que les agissement de l'humain ne sont pas en phase avec la nature : "L'homme", comme disait un des manifestants du "Flash Mob pour Copenhague", "est le seul animal qui détruit son propre habitat." - Or, comment les Montpelliérains réagissent-ils lorsque l'équilibre de la nature n'est pas forcément la suite des méfaits de l'humanité ?

Car, tout à coup, il n'est plus question des actes humains, mais de la nature en état pur : le 20 mars dernier, un volcan d'Islande, l'Eyjafjöll, est entré en éruption, créant des jets de cendre d'une hauteur de onze kilomètres qui perturbent le monde entier. Que les Montpelliérains en pensent-ils ? Se sentent-ils concernés par cet événement si loin dans le Nord ?

enjeu climatique"Oui, cela nous concerne", commente une jeune femme, "cela concerne la terre en général." Et elle ajoute : "C'est fou ce qu'on va voir encore - avec tout ce qu'on a fait à la terre." Ensuite, elle pense au trafic aérien qui est bloqué depuis des jours : "Dans les zones du Nord, les avions ne peuvent pas voler. Mais j'ai entendu que le nuage de cendres se déplace vers la Russie, on ne sera donc pas vraiment concernés par le problème des avions." Elle se rappelle : "Avez-vous vu les morceaux énormes de cendre tout noirs qu'ils ont montrés à la télé ?" - Et la question du climat ? - "Je pense que la température va monter jusqu'à je ne sais pas où. L'été prochain sera infernal."

Un Monsieur dans la cinquantaine explique le problème du nuage de cendres : "La cendre est très fine et profite de la moindre fente pour s'introduire à l'intérieur des avions qui traversent le nuage. Mais cette cendre fine est très trompeuse. Elle étouffe le moteur et l'avion tombe en panne."

Toutefois, il n'est pas d'accord avec la théorie de la jeune femme, selon laquelle les températures vont monter. "On ne sait pas combien de temps le volcan continuera à cracher des cendres. Mais s'il continue pendant des mois - ce qui est bien probable - ou même des années, ou, pire, si le volcan voisin commence aussi à cracher de la lave et des cendres - le soleil sera de plus un plus voilé par la fumée et les cendres. Ainsi, les températures baisseront d'au moins cinq degrés, partout dans le monde."

À Montpellier, cela signifierait un été moins chaud que de l'habitude. "Mais d'un point de vue global, cela serait une catastrophe climatique."

Un autre Monsieur, un peu plus jeune, ne voit pas de scénario si grave. "Oui, j'ai vu ça à la télé. Tout le monde en parle, de ce volcan. Mais je ne crois pas que ce soit si grave que ça. De toute manière, Islande est loin. Non, à Montpellier, nous n'en sommes pas concernés." - Et les voisins de l'Eyjafjöll eux aussi entreront-ils en éruption ? - "Meuh non, c'est des inventions de la presse. Pour le moment, ils se tiennent bien tranquilles, et il n'y a pas de raison pour que ça change."

Et une dame dans la trentaine : "Un volcan en Islande ? Non, j'en ai pas entendu parler. Pourquoi ? En fait, je ne regarde jamais les informations, ça ne m'intéresse pas. - Islande ? C'est une île près de la Norvège, n'est-ce pas ?"

Montpellier, climat et nature
Une autre dame, à peu près du même âge, est fascinée par les événements. "Ce nuage est gigantesque, même gigantesquement beau. Mais ce qui me fait peur, c'est le degré de vulnérabilité de tous ces trucs techniques. Bien, tant que je ne suis pas dans un avion, ça ne me regarde pas outre mesure."

Une troisième dame, elle aussi dans la trentaine, pense surtout aux enjeux économiques. "Les annulations des vols coûteront une fortune. Et on ne sait pas, quand ça cesse. J'ai entendu que le nuage quitterait bientôt la Scandinavie pour envahir le Sud de l'Europe. Nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge."

"Le climat ?" répète une dame d'une cinquantaine d'années. "Je ne sais pas. Il va certainement se dégrader encore plus. Mais c'est notre propre faute - si on fait tout pour détruire la terre, faut pas être étonné, après, qu'elle soit détruite." Toutefois, elle s'inquiète surtout pour la santé des humains. "Dans cette cendre, il y a certainement des éléments nuisibles. C'est certainement dangereux pour la santé, comme à Tchernobyl, il n'y a pas si longtemps."

Un jeune homme, de l'âge d'un étudiant, voit aussi une relation avec Tchernobyl. "En avril 1986, nous avons eu Tchernobyl. En avril 2010, nous avons l'éruption d'un volcan. Ensuite ? Nous jouons avec la terre comme si elle était un élément mort. Mais non, la terre est vivante. Et si nous n'arrivons pas à comprendre que nous n'avons pas le droit de lui faire du mal, le rythme des catastrophes accéléra de plus en plus."

Et une jeune femme : "On peut être consciente de l'écologie, on peut polluer, on peut raser les forêts - peu importe ce que fait l'homme, la nature sera toujours plus forte. Elle aura toujours le dernier mot." Elle hésite pour, finalement, ajouter : "À Montpellier ainsi qu'ailleurs."

Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 7 avril 2010

Montpellier écologique : bouger à pied, à vélo ou prendre le tram

Montpellier et ses transports : les Montpelliérains comptent sur leurs trams et bus

Habiter écologiqueEt Montpellier continue à forger sa réputation de ville écologique. "L'ambition", a déclaré récemment la mairie de Montpellier, "de Montpellier est de devenir une référence nationale et internationale en matière de biodiversité urbaine" : la participation à l'opération "60 Earth Hour" censé" sensibiliser les gens au réchauffement climatique de la terre, l'intention de la ville d'atteindre un maximum des 60 objectifs présentés dans le plan climat de la région Languedoc-Roussillon,...

..., les lumières de la place de la Comédie d'une émission réduite de gaz carbonique, la nouvelle mairie "bourrée" d'installations qui correspondant aux dernières normes écologiques, 18.480 visiteurs à l'exposition "Habiter écologique" à l'Hôtel de Ville... Sans doute, désormais, Montpellier a tout pour gagner et défendre son nouveau titre. Et cela n'est pas tout : les environs de Montpellier, plus précisément le Cap Alpha, hébergent même l'entreprise "Deinove" qui, en ce moment, se prépare à entrer en bourse pour investir encore plus dans ses recherches d'un carburant vert.

biodiversité urbaineIl est vrai que, dans le dernier palmarès des villes étudiantes, Montpellier n'est arrivé qu'au douzième rang pour ses "qualités environnement". Mais ce petit point noir dans l'avenir vert de la ville peut s'effacer jusqu'au jour des prochains sondages...

Toutefois, Habiter écologique, 60 Earth Hour, plan climat, biodiversité urbaine, carburant vert - rien ne vaut les véritables "déplacements écologiques" : laisser la voiture et prendre le tram. Or, selon de plus en plus de Montpelliérains, "le tram n'est plus fiable du tout", comme déclare une dame dans la quarantaine. "À quoi ça sert qu'à Montpellier, nous avons un système de tram fantastique si on s'apprête à aller travailler le matin sans savoir si, ce jour-là, les trams ne sont pas en grève."

C'est surtout la grève spontanée du 19 mars dernier qui a troublé la confiance qu'avaient beaucoup de Montpelliérains dans leur tram. "Il est vrai qu'un des leurs a été agressé", continue la dame, "mais peut-être courraient-ils moins de risque s'ils étaient un peu plus gentils avec leurs clients. Et, surtout, si on pouvait mieux compter sur eux." Ensuite, elle raconte que, le dimanche dernier, elle voulait prendre une des lignes de bus qui, le week-end, ne roulent que toutes les trente minutes : "J'étais à l'arrêt cinq minutes avant le départ officiel. Jusqu'à maintenant, je ne peux pas dire si le bus est parti plus de cinq minutes avant l'heure prévue ou s'il n'est jamais arrivé - de toute manière, j'étais obligée d'aller à pied."

tram à MontpellierBien sûr, aller à pied est bien pour la santé et encore plus écologique que prendre un bus - mais, comme souligne la dame, "faut-il obliger les Montpelliérains fidèles au TAM de renoncer à tout moyen de transport ?"

Les trains, autre moyen de transport écologique, ne trouvent pas non plus tant d'adeptes qu'auparavant. "Ils ont annoncé la grève pour mardi", raconte une étudiante, "ainsi, j'ai pris le train lundi. Et j'aurais pas dû - c'était la galère. Il y avait à peine un train sur deux, tout était bondé, on a attendu deux heures..."

Mais ce qui reste, c'est le vélo. Jamais, dit-on, il n'y avait tant de gens à Montpellier qui se déplaçait en vélo. "Je n'ai pas de vélo", raconte un homme d'une trentaine d'années, "et, surtout, je n'ai pas de place pour le garder. Le système de la Tam est alors idéal pour moi." Le "vélomagg" - vélo Montpellier Agglomération - est une des idées de la région de Montpellier qui a eu ce qu'on peut appeler un plein succès. "Pour une fois, une très bonne idée", commente aussi une dame d'à peu près le même âge. "Pas tout le monde à un vélo, mais tout le monde a envie de faire le vélo. Faire le vélo, c'est quelque chose qu'on n'oublie jamais." Et elle éclate de rire.

Cependant, les idées "écologiques" de Montpellier ne s'y arrêtent pas : il y a encore ce qu'on appelle les "carapattes". Les "carapattes" sont tout simplement, comme le dit la publicité, des "autobus pédestres" consistant dans un groupe d'enfants accompagnés par des parents bénévoles. Ces groupes pédestres suivent un chemin conçu par les services de la mairie, sous les critères d'être les plus sûrs et les plus rapides possible : "...afin que les enfants arrivent à l'heure en classe."

La publicité ajoute qu'un trajet à pied de trente minutes rend l'enfant plus attentif en classe. - Le public n'a jamais mieux accueilli l'idée de faire marcher les enfants sur leur chemin à l'école...

Autres articles sur "Montpellier ville écologique" :

Le plan climat de la région Languedoc-Roussillon
Montpellier et 60 Earth Hour
Biodiversité et écologie à Montpellier
Montpellier et son plan d'aménagement
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Opéra-Comédie : Montpellier, ville écologiste, ville pionnière
Jean Nouvel, George Frêche, Hélène Mandroux et la nouvelle mairie à Montpellier
Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 6 mars 2010

Montpellier, ville écologique : le plan climat de la région Languedoc-Roussillon

Montpellier et l'écologie : la mairie de Montpellier, l'énergie, le tram et l'eau

Montpellier, ville écologiqueDepuis déjà un bon bout de temps, Montpellier fait tout pour sa réputation de ville écologique. Ceci commence avec les lumières sur la place de la Comédie, continue avec quelques premiers essais d'un "manger bio" dans les cantines des écoles et s'exprime par l'objectif d'avoir le moins de voitures possibles à l'intérieur du centre.

Il va de soi que, déjà pour défendre sa nouvelle réputation de "ville écologiste", Montpellier a l'intention d'atteindre un maximum des 60 objectifs présentés dans le plan climat de la région Languedoc-Roussillon. Le premier - informer les gens de l'enjeu de l'énergie et faire en sorte qu'ils apprennent à l'économiser d'une façon "intelligente" - ne sera pas difficile à réaliser, dans une ville où les salles sont "pleines à craquer" dès qu'on annonce une conférence scientifique du genre Agora des Savoirs ou, même si elle n'est pas scientifique, où on peut "apprendre quelque chose".

Mais le plan climat prévoit aussi la formation au sujet de l'économie de l'énergie des personnes responsables de la construction des maisons. Avec sa nouvelle mairie, Montpellier fournit déjà un bel exemple de la volonté d'appliquer les règles de l'écologie dès la construction d'un bâtiment.

Toutefois, un des points les plus importants du plan reste ce qu'il appelle le "transport des voyageurs". On parle surtout des "déplacements doux" - par exemple le vélo - et, bien sûr, du tramway. Mais il est aussi question d'adapter les transports aériens à la nouvelle philosophie des transports en commun.

Aqueduc au Peyrou, MontpellierEt de nouveau - comme si souvent dans l'histoire de Montpellier - on discute de l'eau. On parle d'Aqua Domitia, de ce projet dans lequel la région Languedoc-Roussillon a déjà investi plus de 400 000 euros entre 2004 et 2008, et qui consiste dans une étude très étendue de l'Université "Montpellier Sud de France" sur les possibilités de garantir l'approvisionnement en eau des villes et villages de la région, même au moment d'une consommation élevée et d'un manque de pluie.

De telles études sont bien connues à Montpellier. Elles ont déjà été entamées au 15ème siècle pour aboutir à la construction de l'aqueduc qui joint Montpellier au Peyrou et au projet des 100 fontaines. Mais ce qui est nouveau : il ne s'agit pas seulement de la "gestion durable de la ressource en eau", mais aussi d'établir une liaison entre le changement climatique et l'approvisionnement de la région en eau.

Et qui dit écologie dit évidemment aussi agriculture. De nouveau, on discute des émissions du gaz à effet de serre et parle d'une réduction sérieuse de sa production. Le plan prend position pour un soutien des entreprises qui s'occupent des énergies renouvelables, susceptibles d'aider à diminuer les émissions de ce gaz de plus en plus redouté par les écologistes.

Antigone à MontpellierMais si toutes ces mesures sont bien pour Montpellier et sa région, elles sont aussi utiles pour les autres pays. Et George Frêche et son équipe de la région voient loin dans l'avenir : selon le plan climat de la région Languedoc-Roussillon, la nouvelle philosophie d'écologie ne devrait pas seulement être appliquée devant les portes des Montpelliérains, mais dans toutes les régions de la Méditerranée et, finalement, du monde.

Mais les Montpelliérains dans tout cela ? Il y en a beaucoup, bien sûr, qui sont contents - qui, de nos jours, serait contre un plan intelligent et écologique ? Mais il y a aussi des voix sceptiques comme celle de ce Monsieur d'une soixantaine d'années, assis sur un banc au Peyrou : "Jusqu'à maintenant, ils parlent de l'écologie, mais ils n'agissent pas. Je suis curieux s'ils tiennent ce qu'ils promettent en ce moment. N'oublions pas qu'on est proche des élections."

Et une dame dans la cinquantaine : "L'écologie est certainement une bonne idée. Mais il ne faut pas oublier que, la nuit, nous avons besoin des lumières surtout dans les petites rues de Montpellier. Il ne faut pas nous plonger dans le noir avec l'excuse de l'écologie."
Photos et texte : copyright Doris Kneller