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lundi 6 juin 2011

Ménage à Montpellier : aide à domicile dans une forme nouvelle

"Aide Family" - les créatrices d'emploi et la lutte contre le chômage

Faire des courses à montpellierIl y a certainement beaucoup de raisons pour créer un projet professionnel. De nos jours, toutefois, la première raison est souvent l'envie d'éviter le chômage - pour soi-même et, bien sûr, aussi pour d'autres personnes. Ceci est au moins l'avis de Caroline Lacaze, la fondatrice d'Aide Family qui, pour le moment, fonctionne encore en association. "Aider les gens et, en même temps, aider nous-mêmes contre le chômage, c'est idéal, n'est-ce pas ?

Ainsi, Caroline Lacaze a trouvé la formule qui convient à tout le monde. Son contrat avec ses clients : avec ses collègues, elle aide les gens à s'acquitter de toutes ces tâches ménagères, des courses, des travaux de bricolage ou de jardinage pour lesquelles ils n'ont pas le temps ou la force ou que, tout simplement, ils n'ont pas envie d'accomplir eux-mêmes - et, en contrepartie, ils "sauvent" du chômage l'équipe d'Aide Family.

Aide à domicile à Montpellier et dans l'HéraultPourquoi avoir choisi le nom "Aide Family" ? a voulu savoir l'équipe des Gens de Montpellier. L'association n'aide-t-elle que les familles ? - "Bien sûr que non", était la réponse spontanée de Caroline Lacaze. "Nous sommes là pour tout le monde." Toutefois, le plus souvent, ce sont les familles ou, plutôt, les mères ou pères de famille qui ont le plus besoin d'aide. En effet, on parle souvent des personnes âgées qui ont besoin des coups de main - et, bien sûr, ces coups de main, l'équipe de Ménage-famille Montpellier les donne avec plaisir. "Les tâches lourdes ne nous dérangent pas", explique Caroline Lacaze. S'il est question de porter des sacs à provision ou des packs d'eau, de changer une bouteille de gaz ou une ampoule sur une lampe suspendue si haut qu'il faut faire de "gymnastique" pour l'atteindre, il y a toujours quelqu'un chez Aide Family qui est capable de réussir le travail.

Toutefois, le pourcentage des gens au-dessus de la soixantaine qui ont besoin d'aide est moins élevé qu'on ne pense. Ceux qui souffrent le plus d'un manque de coups de main, ce sont les mères ou pères qui vivent seuls avec leurs enfants. "Souvent, ces gens-là aurait besoin d'être à deux endroits en même temps." Ils ont besoin de récupérer leurs enfants après l'école ou un cours d'après-midi à l'heure où ils travaillent encore. Ou ils doivent aller à la banque avant qu'elle ne ferme et, en même temps, chercher au pressing une robe dont ils ont absolument besoin le soir même. Ou leur enfant, affamé, attend le dîner, mais la mère ou le père doivent d'abord faire des courses parce qu'avant, ils avaient mille autres choses à faire...

Bref, les mères ou pères qui célibataires sont souvent totalement dépassés. Et c'est là ou Aide Family peut intervenir : Caroline Lacaze et ses collègue font les ménages à Montpellier ou ailleurs dans l'Hérault, ils font les cours, les petits travaux de bricolage, ils soignent les plantes du jardin, ils s'occupent des enfants, ils sortent avec les chiens, ils donnent à manger aux chats... Avec leur idée de "Ménage-famille" à Montpellier, ils ne veulent pas remplacer les mères et les pères, mais les soutenir pour qu'ils réussissent mieux les tâches quotidiennes.

Montpellier : informatique, bricolage, jardinage...Ainsi, l'équipe montpelliéraine peut, par exemple, faire des courses tandis que la mère est encore au travail. Elle peut donc rentrer directement, sans perdre son temps dans une queue au supermarché. Et en attendant qu'elle rentre, Aide Family s'occupe des devoirs de l'enfant et, pourquoi pas ?, trie le linge et met déjà une première machine en route ou repasse les chemises du dernier lavage. En partant, lorsque la mère ou le père sera rentré, on peut encore se charger de la veste qui attend à être portée au pressing.

Mais si Caroline Lacaze dit "famille", elle ne pense pas seulement aux mères et pères célibataires. "Il y a tant de familles ou les parents travaillent tous les deux, et les tâches de ménage se transforment en véritable stress." Ce stress peut être si grand que l'ambiance dans la famille en souffre : les enfants ont l'impression que les parents ne s'occupent pas d'eux, les parents sont nerveux et se fâchent plus facilement que nécessaire. Les aides ménagères montpelliéraines se retrouvent-elles alors dans le rôle de "sauveurs" de la bonne ambiance dans les familles ? Pourquoi pas. Finalement, créer un projet professionnel peut s'avérer utile à plus d'un niveau...

Les créatrices d'emploi :
Claudine Vergaert, secrétaire et assistante de direction à Montpellier
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 1 juin 2011

Les indignés de Montpellier : la révolte des jeunes Montpelliérains

La résistance pacifique a atteint Montpellier - l'occupation de la place de la Comédie

Montpellier en révolteAprès-midi dans un immeuble à Montpellier. Dans l'escalier, une jeune femme croise une dame dans la cinquantaine. L'aînée lance un "bonjour" rapide. Pas de réponse. Elle s'arrête, se retourne vers la jeune femme et demande : "Vous ne voulez pas me souhaiter un 'bon jour' ?" - La jeune dame hésite, réfléchit et, finalement, elle sourit : "Mais je ne vous connais pas." - "Et alors ?", réagit l'aînée. "Ça change quoi ?"

Mardi soir, sur la place de la Comédie. La Comédie est occupée par quelques centaines de jeunes et moins jeunes qui ont envie de vivre "autre chose" : "La politesse n'est plus à la mode - mais ce qui est pire : la gentillesse est un phénomène oublié." Toutefois, ce n'est pas seulement la politesse ou la gentillesse que cherchent ces gens qui, assis sur le sol, rêvent d'une société où tout le monde respecte tout le monde. "C'est le côté humain qui manque au système", explique une dame dans la trentaine. "Mais nous ne croyons pas que ce côté humain soit définitivement perdu."

Révolution à MontpellierCe qu'ils veulent ? "On ne veut plus lutter pour le droit de travailler - on a ras-le-bol du chômage", explique un jeune homme. "Mais on ne veut pas non plus être obligés aux travaux d'intérêt généraux. C'est comme du travail forcé. C'est comme si on était des criminels qui ont une peine à purger. Notre crime est de ne pas avoir trouvé du travail." - "Nous ne sommes pas des SDF. Nous avons fait des études et appris un métier. Pourquoi l'état nous a encouragé à faire des études si, après, on est traités comme des prisonniers ?" - "C'est comme si tu es marqué", s'en mêle un autre jeune, la voix triste, "tu es pauvre, tu dois faire ce qu'ils veulent."

"Le chômage des jeunes n'est pas la seule raison pour laquelle nous sommes ici", explique une autre dame, elle aussi dans la trentaine. "C'est l'indignation en général. On décide sur nous sans nous demander notre avis - sans même nous informer. On n'a même plus le droit de savoir ce qui se passe." - Initialement, elle est venue à la Comédie avec ses deux enfants pour soutenir la manifestation de la fonction publique. "Je suis absolument avec les gens qui protestent contre la réduction du budget. Cela nous concerne tous."

À Barcelone et à Paris, ils sont des milliers à se révolter. "Des jeunes en Angleterre, Islande, Grèce, Espagne, Tunisie et Libye ont commencé la révolution." À Montpellier, il y a entre trois et cinq cents... "jusqu'à maintenant. Le mouvement a juste commencé. Mais il ne s'inscrit pas dans le mouvement espagnol - nous sommes ici parce que nous vivons en France. Et c'est en France, où ça ne va pas."

La révolte des Montpelliérains sur la ComédieQuel est exactement le problème qui tracasse ces jeunes à Paris, Lyon ou Montpellier ? Le chômage ? - "Tous les gouvernements disent qu'ils veulent faire quelque chose. Mais il n'arrivent jamais." - Certes. Mais ce n'est pas tout. "Notre génération pense que nos parents ont fait des erreurs. Nous avons envie de les corriger pour que nos enfants puissent vivre dans un monde plus sympa. Un monde où la différence n'attire pas la haine, mais l'amitié. Nous voulons cultiver la différence."

"L'évolution de l'homme est dans la tête", déclare une jeune femme, "et pas dans les i-phones. Où est le côté humain ? Nous voulons parler et manger ensemble..."

Pour "parler et manger ensemble", ils avaient créé un camp sur l'Esplanade où jusqu'à 300 jeunes ont passé leurs journées et leurs nuits - jusqu'à mercredi matin où la police est venue pour lever le camp. Les témoins, toutefois, ne sont pas tous d'accord sur le déroulement de l'action. Les uns parlent d'une intervention "un peu brutale" contre des gens "passifs qui n'ont pas résisté", les autres ont vécu une action "dans le calme et la compréhension."

"Ils nous ont tout pris", raconte une jeune dame, "nos draps, nos tentes... Quand ils sont arrivés, nous leur avons montré des roses, pour signaler que nous ne voulons pas de violence. Mais les policiers ont arrêté ceux qui avaient les roses dans les mains. - À Paris, la police a également réagi avec violence", continue-t-elle. "Ils ont même blessé un jeune. Quand les Espagnoles ont vu la violence à Paris et à Lyon, ils ont investi les ambassades de France, par solidarité."

Une autre dame a vu l'action différemment. "Les flics étaient gentils et hypercalmes. Ils ont tout fait pour que ça se passe bien", rapporte-t-elle, "Ils ont patiemment attendu jusqu'à ce que les gens ramassent leurs affaires. Puis le noyau dur a occupé la Comédie et quelques-uns ont un peu agressé les flics. Ils ont été embarqués. Mais les flics ont gardé le sourire, tout le temps. - Ce n'est pas mon premier combat", ajoute-t-elle, "et c'est rare que j'ai vu des flics aussi corrects."

La "violence" est un mot clé qui surgit dans presque tous les discours. "Nous exigeons un gouvernement sans violence", déclare un jeune homme. "Je souhaite construire sans être obligé de me battre. Et je veux laisser à mes enfants le choix de vivre sans violence." Et une jeune dame : "Si on se respecte deux fois plus, il y a deux fois plus d'amour." - "Nous vivons", explique une autre dame, "une révolution de conscience. Notre camp a fonctionné. Il a montré que nous sommes capables de renoncer aux artifices."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 25 décembre 2010

Père Noël à Montpellier : retraites, analphabétisme, conditions de travail...

...et si le père Noël se révoltait ? - L'intersyndicale de Noël pousse à la révolte

Père Noël à MontpellierIls ont tous des bonnets rouges, et ils ont l'air de vrais pères Noël. Mais il y a une chose qui les distingue du vieux bonhomme plein de bonté : ils ne sont pas d'accord. Ils refusent de continuer à prendre leur mal avec philosophie, à pardonner tout et à tous. Bref, les pères Noël de Montpellier, pas si gentils "que ça", se révoltent.

Leur nouveau leitmotiv : "Trop de boulot" et "faites moins de marmots !" - Des pères Noël qui souhaitent moins d'enfants ? N'aurait-on pas dit que c'est, justement, le père Noël qui aime tous les enfants et ne peux pas en avoir assez ?

Montpellier : Père Noël en révolteMais non. La bonté fabuleuse du père Noël traditionnel n'est plus à l'affiche. Trop est trop : "On a les boules." Si on regarde de près les conditions de travail de ce vieux messager de paix et porteur des sacs innombrables de cadeau, on commence à comprendre : "Cadences infernales, conditions de travail dégradées, températures de plus en plus basses." Et pire : les cheminées sont de plus en plus pourries, mais la natalité est en hausse, alors encore plus de cheminées pourries à traverser. Puis, avec toute la bonne volonté de pères Noël plus ou moins sages, ils ne supportent plus ce qu'il appellent les "enfants analphabètes" : "Marre de l'analphabétisme !" Y a-t-il un remède ? - Probablement non, mais, au moins, "Correction des lettres d'enfant !"...

Tout le monde parle des retraites ? Les pères Noël de Montpellier n'en font pas exception. Selon eux, la "retraite à 167 ans" n'est plus supportable. Le père Noël moderne exige la "retraite à 150 ans sans décote", car : "Nous ne cotiserons pas 107 ans !" Voilà....

À propos messager de paix - cette paix elle aussi fait partie des revendications des pères Noël montpelliérains. Ils se plaignent des "agressions quotidiennes pour un iPad ou iPhone". Et, si on en parle déjà : la "concurrence d'Halloween et d'Internet"... cela non plus ne doit pas durer.

Père Noël à Montpellier : les retraitesQuoi encore ? Au lieu de réduire les effectifs du père Noël - eh oui, lui aussi est concerné par la crise - il revendique le "contrôle global de la natalité" ce qui, selon les représentants montpelliérains de la profession, serait beaucoup plus logique. Et, finalement, "une véritable couverture sociale", la "pleine reconnaissance du métier et de sa pénibilité" et, pourquoi pas ? "Noël mieux reparti dans l'année", car "nous aussi avons une famille à retrouver !"

Une blague de fin d'année de la "Ligue Nationale des Père Noël", manigancée par "canal Historique" à l'appel de "l'Intersyndicale de Noël" ? - Certes. Mais, peut-être, pas si rigolote que ça...

"La 'colère unitaire' des pères Noël, c'est bien beau," dit un passant d'une cinquantaine d'années. "Nous sommes tous d'accord de rire de leurs revendications, d'accord. Mais quand on les considère plus sérieusement, le rire devient jaune."

Une dame d'une trentaine d'années ne rit pas non plus. "Les pères Noël expriment le mal qui nous tracasse tous. En ce moment, on nage dans le soi-disant bonheur, on dit qu'il est Noël et que tout le monde doit être heureux. Imaginez-vous, combien de gens ne sont pas du tout heureux ces jours-ci, et là, je ne parle pas que de Noël ?

Une autre dame, plus jeune, rit quand elle aperçoit la manifestation des pères Noël en colère, mais ensuite, elle devient sérieuse. "Le problème des retraites et des conditions de travail, on ne devrait pas l'oublier, même pas au moment où tout le monde ne pense qu'aux cadeaux."

"Y a pas de Noël, cette année-ci", déclare une dame dans la quarantaine. "Pas pour tout le monde. Et je crois pas que les pères Noël auront à se plaindre de trop de travail. Plutôt de trop de chômage", ajoute-t-elle d'un ton amer. "À une époque où les gens ne peuvent plus se payer des cadeaux, on n'a plus besoin de père Noël."

Un Monsieur dans la cinquantaine observe pour un moment les manifestants. Puis, il chuchote quelques mots à l'oreille d'un des pères Noël. L'homme à bonnet rouge sourit et ajoute une nouvelle revendication à sa "liste de colère" : "Nous revendiquons les sapins sans épines !"

Une dame elle aussi dans la cinquantaine acquiesce d'un signe de tête : "Eh oui, un travail sans épines, ce serait un beau cadeau de Noël."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 18 mars 2010

Montpellier et le tourisme : emploi, commerce et festivals

Festival Radio France, festivals de cinéma, cafés et fêtes à la plage : que la ville de Montpellier serait-elle sans le tourisme ?

Montpellier et le tourisme
Que la ville de Montpellier serait-elle sans ses touristes ? - Le Monsieur d'une trentaine d'années rigole : "Une ville agréablement calme. Je me passerait bien des touristes." Mais la dame à ses côtés n'est pas d'accord avec lui : "Ce que tu dis n'a pas de sens. Regarde un peu autour de toi." Elle fait allusion aux cafés de la place de la Canourgue. "Penses-tu vraiment que ces cafés seraient là s'il n'y avait pas de tourisme à Montpellier ?"

Sans doute, la dame pose une question essentielle. "Montpellier serait-elle Montpellier sans les touristes ?" La dame dans la soixantaine réfléchit. "Vous savez, j'ai connu la ville quand elle était encore tout petite, avant tout ce développement délirant." Elle rit. "Vous avez affaire à une espèce devenue rare : je suis une véritable Montpelliéraine." La dame veut sans doute dire qu'elle est née à Montpellier. "Dans ma jeunesse, tout le monde se connaissait à Montpellier. On se promenait dans les rues, et on rencontrait des amis. Aujourd'hui... Mais, bien sûr, la ville n'était pas si jolie, avec les rues piétonnes partout. Je ne sais pas - c'était pas si mal à l'époque."

"Vous posez une question assez difficile." Le Monsieur, un peu plus jeune que la dame, hoche la tête. "D'un côté, tout Montpelliérain déteste les touristes. Par définition. Dès qu'un bon citoyen devient touriste, il oublie sa bonne éducation. Pour lui, c'est les vacances, donc tout le monde doit avoir des vacances. Il ne réfléchit pas, il s'amuse - il a payé pour pouvoir s'amuser. Les gens qui travaillent et qui sont dérangés par son bruit ne l'intéressent pas... ils ne comptent même pas... dans ses idées, le 'rabat-joie' lui fait perdre l'argent qu'il a payé pour être en vacances."

Montpellier et ses plagesUne analyse très pointue qui ne l'empêche pourtant pas d'apprécier certains côtés du tourisme. "Mais il est vrai que, dans le stade actuel, nous ne pourrions plus nous passer du tourisme. Entre-temps, toute une industrie est basée sur ce secteur économique. Sans le tourisme, beaucoup de commerces à Montpellier et aux environs seraient condamnés à la faillite - pour ne pas parler du chômage qui atteindrait des taux encore plus effroyables."

Une jeune dame voit le sujet d'un côté plus léger. "J'aime bien les touristes, surtout les étrangers. Je peux parler anglais avec eux, et ils sont contents, même si je fais des fautes. En plus, la ville serait morte en été, sans les touristes, vous ne pensez pas ?"

Une autre jeune dame sourit : "S'il y a pas de touristes, y aurait pas de bars sur la plage, les nuits d'été. Et s'il y avait pas de bars sur la plage, on pourrait pas faire la fête nous non plus."

Sa copine rit, mais puis, elle devient sérieuse : "Nous n'avons pas besoin des bars pour faire la fête sur la plage, on peut faire ça tout seuls. On prend notre pique-nique, de la musique, et c'est parti... Imagine", s'adresse-t-elle à son amie, "si on avait la plage pour nous tout seuls, pendant l'été. Juste les habitants de Montpellier et des villages autour. Ça serait le paradis."

Un jeune homme qui prend une bière sur la terrasse d'un café de la place de la Canourgue est plus généreux. "On a cette région formidable, tout ce soleil, la mer... pourquoi pas partager un peu ? Laisse-les venir, les touristes. Ils sont dans la pluie toute l'année, ils ont besoin d'un peu de soleil. Regarde", son regard se tourne vers le ciel d'un bleu éclatant, "on est en mars, et il fait déjà si chaud qu'on se croirait en plein été. Les pauvres Parisiens, ils souffrent toujours du froid." Et il lève son verre et boit, comme il dit, "au partage du soleil et du bon temps."

Emploi, commerce, exercer ses connaissances de langues étrangères - y a-t-il d'autres raisons pour apprécier le tourisme à Montpellier ? - "L'ouverture", explique une dame dans la quarantaine. "Imaginez une ville fermée où, tous les jours, on ne rencontrerait que les habitants. Toujours les mêmes. Le soir, on irait dans un des deux ou trois bars qui auraient survécu sans le tourisme où on connaîtrait tout le monde et où on saurait en avance de quoi on parlera. On connaîtrait l'opinion de toutes les personnes, pour qui elles votent, ce qu'elles pensent du divorce de telles voisine..."

"Le tourisme ?", réponds une autre dame d'à près peu le même âge. "Je ne sais pas. Pas trop utile, n'est-ce pas ? Mais ce qui est bien, c'est les hommes d'affaires qui viennent pour les congrès. Ils ont des sous, et ils les dépensent à Montpellier. Et les jeunes qui viennent ici pour faire des études. Ou pour apprendre le français. Ils restent ici pour quelques mois, et ça nous amène une bouffée d'air..."

"J'ai des voisins qui ne viennent que pendant les vacances. Et je peux vous dire qu'avec mon mari, on a appris à détester les vacances. Ils font la fête tous les soirs et quand on leur demande de faire moins de bruit, ils nous insultent", explique une dame un peu plus âgée.

Congrès à Montpellier"Le tourisme ? c'est la meilleurs chose qui puisse nous arriver !" Le Monsieur dans la quarantaine rigole. "Vous n'êtes pas à la bonne adresse. Mon opinion ne devrait pas être très typique... je suis le propriétaire d'un hôtel. Sans les touristes, je serais en chômage depuis longtemps. Et mes quatre employés aussi."

"Le tourisme est un cercle - non, je ne dirait pas infernal." Cette fois-ci, c'est une dame d'une trentaine d'années qui s'apprête à analyser la question. "Les étés à Montpellier sont très actifs. Nous avons le festival de Radio France, des festivals de cinéma, bref, plein de manifestations qui attirent les touristes. Grâce à eux, toutes les manifestations sont une réussite, au niveau du nombre des entrées vendues. On dirait que, sans les touristes, une bonne partie des festivals n'existerait plus - et sans les festivals, on aurait moins de touristes. Si les Montpelliérains ne veulent pas de touristes, il faut alors arrêter les festivals. Et s'ils veulent des festivals, faut accepter le tourisme. C'est clair, n'est-ce pas ?

Photos et texte : copyright Doris Kneller