"Aide Family" - les créatrices d'emploi et la lutte contre le chômage
Il y a certainement beaucoup de raisons pour créer un projet professionnel. De nos jours, toutefois, la première raison est souvent l'envie d'éviter le chômage - pour soi-même et, bien sûr, aussi pour d'autres personnes. Ceci est au moins l'avis de Caroline Lacaze, la fondatrice d'Aide Family qui, pour le moment, fonctionne encore en association. "Aider les gens et, en même temps, aider nous-mêmes contre le chômage, c'est idéal, n'est-ce pas ?Ainsi, Caroline Lacaze a trouvé la formule qui convient à tout le monde. Son contrat avec ses clients : avec ses collègues, elle aide les gens à s'acquitter de toutes ces tâches ménagères, des courses, des travaux de bricolage ou de jardinage pour lesquelles ils n'ont pas le temps ou la force ou que, tout simplement, ils n'ont pas envie d'accomplir eux-mêmes - et, en contrepartie, ils "sauvent" du chômage l'équipe d'Aide Family.
Pourquoi avoir choisi le nom "Aide Family" ? a voulu savoir l'équipe des Gens de Montpellier. L'association n'aide-t-elle que les familles ? - "Bien sûr que non", était la réponse spontanée de Caroline Lacaze. "Nous sommes là pour tout le monde." Toutefois, le plus souvent, ce sont les familles ou, plutôt, les mères ou pères de famille qui ont le plus besoin d'aide. En effet, on parle souvent des personnes âgées qui ont besoin des coups de main - et, bien sûr, ces coups de main, l'équipe de Ménage-famille Montpellier les donne avec plaisir. "Les tâches lourdes ne nous dérangent pas", explique Caroline Lacaze. S'il est question de porter des sacs à provision ou des packs d'eau, de changer une bouteille de gaz ou une ampoule sur une lampe suspendue si haut qu'il faut faire de "gymnastique" pour l'atteindre, il y a toujours quelqu'un chez Aide Family qui est capable de réussir le travail.Toutefois, le pourcentage des gens au-dessus de la soixantaine qui ont besoin d'aide est moins élevé qu'on ne pense. Ceux qui souffrent le plus d'un manque de coups de main, ce sont les mères ou pères qui vivent seuls avec leurs enfants. "Souvent, ces gens-là aurait besoin d'être à deux endroits en même temps." Ils ont besoin de récupérer leurs enfants après l'école ou un cours d'après-midi à l'heure où ils travaillent encore. Ou ils doivent aller à la banque avant qu'elle ne ferme et, en même temps, chercher au pressing une robe dont ils ont absolument besoin le soir même. Ou leur enfant, affamé, attend le dîner, mais la mère ou le père doivent d'abord faire des courses parce qu'avant, ils avaient mille autres choses à faire...
Bref, les mères ou pères qui célibataires sont souvent totalement dépassés. Et c'est là ou Aide Family peut intervenir : Caroline Lacaze et ses collègue font les ménages à Montpellier ou ailleurs dans l'Hérault, ils font les cours, les petits travaux de bricolage, ils soignent les plantes du jardin, ils s'occupent des enfants, ils sortent avec les chiens, ils donnent à manger aux chats... Avec leur idée de "Ménage-famille" à Montpellier, ils ne veulent pas remplacer les mères et les pères, mais les soutenir pour qu'ils réussissent mieux les tâches quotidiennes.
Ainsi, l'équipe montpelliéraine peut, par exemple, faire des courses tandis que la mère est encore au travail. Elle peut donc rentrer directement, sans perdre son temps dans une queue au supermarché. Et en attendant qu'elle rentre, Aide Family s'occupe des devoirs de l'enfant et, pourquoi pas ?, trie le linge et met déjà une première machine en route ou repasse les chemises du dernier lavage. En partant, lorsque la mère ou le père sera rentré, on peut encore se charger de la veste qui attend à être portée au pressing.Mais si Caroline Lacaze dit "famille", elle ne pense pas seulement aux mères et pères célibataires. "Il y a tant de familles ou les parents travaillent tous les deux, et les tâches de ménage se transforment en véritable stress." Ce stress peut être si grand que l'ambiance dans la famille en souffre : les enfants ont l'impression que les parents ne s'occupent pas d'eux, les parents sont nerveux et se fâchent plus facilement que nécessaire. Les aides ménagères montpelliéraines se retrouvent-elles alors dans le rôle de "sauveurs" de la bonne ambiance dans les familles ? Pourquoi pas. Finalement, créer un projet professionnel peut s'avérer utile à plus d'un niveau...
Les créatrices d'emploi :
Claudine Vergaert, secrétaire et assistante de direction à Montpellier
Photos et texte : copyright Doris Kneller
Après-midi dans un immeuble à Montpellier. Dans l'escalier, une jeune femme croise une dame dans la cinquantaine. L'aînée lance un "bonjour" rapide. Pas de réponse. Elle s'arrête, se retourne vers la jeune femme et demande : "Vous ne voulez pas me souhaiter un 'bon jour' ?" - La jeune dame hésite, réfléchit et, finalement, elle sourit : "Mais je ne vous connais pas." - "Et alors ?", réagit l'aînée. "Ça change quoi ?"
Ce qu'ils veulent ? "On ne veut plus lutter pour le droit de travailler - on a ras-le-bol du chômage", explique un jeune homme. "Mais on ne veut pas non plus être obligés aux travaux d'intérêt généraux. C'est comme du travail forcé. C'est comme si on était des criminels qui ont une peine à purger. Notre crime est de ne pas avoir trouvé du travail." - "Nous ne sommes pas des SDF. Nous avons fait des études et appris un métier. Pourquoi l'état nous a encouragé à faire des études si, après, on est traités comme des prisonniers ?" - "C'est comme si tu es marqué", s'en mêle un autre jeune, la voix triste, "tu es pauvre, tu dois faire ce qu'ils veulent."
Quel est exactement le problème qui tracasse ces jeunes à Paris, Lyon ou Montpellier ? Le chômage ? - "Tous les gouvernements disent qu'ils veulent faire quelque chose. Mais il n'arrivent jamais." - Certes. Mais ce n'est pas tout. "Notre génération pense que nos parents ont fait des erreurs. Nous avons envie de les corriger pour que nos enfants puissent vivre dans un monde plus sympa. Un monde où la différence n'attire pas la haine, mais l'amitié. Nous voulons cultiver la différence."
Ils ont tous des bonnets rouges, et ils ont l'air de vrais pères Noël. Mais il y a une chose qui les distingue du vieux bonhomme plein de bonté : ils ne sont pas d'accord. Ils refusent de continuer à prendre leur mal avec philosophie, à pardonner tout et à tous. Bref, les pères Noël de Montpellier, pas si gentils "que ça", se révoltent.
Mais non. La bonté fabuleuse du père Noël traditionnel n'est plus à l'affiche. Trop est trop : "On a les boules." Si on regarde de près les conditions de travail de ce vieux messager de paix et porteur des sacs innombrables de cadeau, on commence à comprendre : "Cadences infernales, conditions de travail dégradées, températures de plus en plus basses." Et pire : les cheminées sont de plus en plus pourries, mais la natalité est en hausse, alors encore plus de cheminées pourries à traverser. Puis, avec toute la bonne volonté de pères Noël plus ou moins sages, ils ne supportent plus ce qu'il appellent les "enfants analphabètes" : "Marre de l'analphabétisme !" Y a-t-il un remède ? - Probablement non, mais, au moins, "Correction des lettres d'enfant !"...
Quoi encore ? Au lieu de réduire les effectifs du père Noël - eh oui, lui aussi est concerné par la crise - il revendique le "contrôle global de la natalité" ce qui, selon les représentants montpelliérains de la profession, serait beaucoup plus logique. Et, finalement, "une véritable couverture sociale", la "pleine reconnaissance du métier et de sa pénibilité" et, pourquoi pas ? "Noël mieux reparti dans l'année", car "nous aussi avons une famille à retrouver !"
Une analyse très pointue qui ne l'empêche pourtant pas d'apprécier certains côtés du tourisme. "Mais il est vrai que, dans le stade actuel, nous ne pourrions plus nous passer du tourisme. Entre-temps, toute une industrie est basée sur ce secteur économique. Sans le tourisme, beaucoup de commerces à Montpellier et aux environs seraient condamnés à la faillite - pour ne pas parler du chômage qui atteindrait des taux encore plus effroyables."
"Le tourisme ? c'est la meilleurs chose qui puisse nous arriver !" Le Monsieur dans la quarantaine rigole. "Vous n'êtes pas à la bonne adresse. Mon opinion ne devrait pas être très typique... je suis le propriétaire d'un hôtel. Sans les touristes, je serais en chômage depuis longtemps. Et mes quatre employés aussi."