Montpellier et les Montpelliérains - peinture, sculpture, science et philosophie
Ina, d'origine allemande, vit à Montpellier depuis 20 ans. Elle est traductrice, et elle maîtrise le français comme si c'était sa langue maternelle. On peut dire qu'elle est parfaitement bilingue. Montpellier est devenue sa patrie. Or, le jour où elle s'est installée à Montpellier, elle se sentait loin de la France. "J'avais plutôt l'impression d'être en Espagne." Le comportement des gens, l'habitude des jeunes dans les bars de crier "olé", les courses de taureaux dans les rues des villages autour de Montpellier… aux yeux de l'Allemande fraîchement arrivée dans le Sud de la France, tout cela faisait partie de son image de l'Espagne.
Plus tard, après avoir entamé ses études, elle a appris "que Montpellier et sa culture, c'est autre chose." Maintenant, ce sont les musées qu'elle identifie à la culture montpelliéraine. "Parfois, les gens qui arrivent à Montpellier ne connaissent pas la richesse étonnante de nos musées."Ina, traductrice : "Montpellier et sa culture, c'est autre chose."
Yvan, français et également à Montpellier depuis 20 ans, se passionne surtout pour la peinture. "Montpellier et culture, pour moi, c'est la peinture." Il vient de visiter le Corum des Peintres où il a acheté un tableau. "J'adore la peinture." Il considère le Musée Fabre et le Musée Fleury à Lodève comme les "hauts lieux" de la culture montpelliéraine. - Le Musée Fleury fait-il partie de la richesse culturelle de Montpellier ? - "Pour moi, oui. Lodève est si proche, et les deux musées se complètent. D'une certaine manière, le Musée Fleury fait partie de Montpellier"
Yvan, passionné de la peintureDevant le Corum, un petit groupe de jeunes discute sur l'exposition "Corum des Peintres" qu'ils ont juste quittée. "La peinture, franchement, ce n'est pas mon truc", avoue une fille. "Mais j'aime la sculpture. On trouve beaucoup de sculptures à Montpellier." - La sculpture, est-ce cela la richesse culturelle de Montpellier ? - Elle hésite. "Oui, je trouve. Enfin, il y a autre chose, évidemment, mais moi j'aime la sculpture."
Une dame dans la quarantaine qui se promène sur l'Esplanade a des idées complètement différentes. "La culture à Montpellier ?" Elle réfléchit. "Je ne suis pas encore longtemps à Montpellier, juste quatre ans. Mais le plus intéressant, ici, ce sont les conférences. Je suis, par exemple, une participante très fidèle à 'l'Agora des savoirs'. Ou pendant le Festival de Radio France, j'assiste régulièrement aux 'Rencontres de Pétrarque'." Mais il y a aussi les cafés à thèmes à Montpellier. "Parfois, je vais au 'bar des sciences' ou au 'café-géo' ou, aussi, au 'café philo' ou au 'café citoyen'. - Et toutes ces manifestations sont gratuites. C'est cela qui est magnifique à Montpellier."
Montpellier, c'est donc la culture pour des gens qui n'ont pas beaucoup d'argent ? - "J'aime beaucoup l'opéra", déclare un Monsieur âgé en traversant la place de la Comédie. "Le Corum, l'Opéra sur la Comédie… Mais il est vrai qu'ils vendent presque toujours des places bon marché pour les chômeurs. Oui, ici, la culture est ouverte à tout le monde et à tous les budgets."
"Aller au restau", répond un Monsieur dans la trentaine. "Il y a tant de bons restaurants à Montpellier." - Les restaurants représentent-ils la culture de Montpellier ? "Oh oui, sûr." Il réfléchit. "Puis, le Musée Fabre, la peinture."La culture à Montpellier est une chose - la culture montpelliéraine en est une autre : y a-t-il une "culture montpelliéraine" ? "Musée Fabre", est l'avis spontané d'une dame dans la trentaine. "L'opéra, le Corum et les concerts", dit une autre, un peu plus âgée. Et un Monsieur, à peu près du même âge, ajoute : "Le tram. Montpellier, c'est le tram. Pas de culture sans tram…"
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Photos et texte : copyright Doris Kneller
"Cette exposition est une chance sérieuse pour les artistes jeunes et inconnus d'être découverts", commente une visiteuse du "Corum des Peintres" à Montpellier. Et, en effet, c'est déjà la 15ème fois que 120 peintres montpelliérains et de l'Agglo ont la possibilité d'exposer leurs œuvres au
Entre les visiteurs, une discussion s'enflamme sur les fautes de français dans le texte du tableau de Mauricio Oliveira. Les uns pensent qu'elles font partie de la "provocation" - tandis que les autres constatent qu'il n'y a pas beaucoup de fautes : "S'il avait voulu provoquer par des fautes", explique une dame, "il en aurait fait plus. Je crois plutôt qu'il ne sait pas, comment écrire certains mots."
De toute manière, les peintres de Montpellier et de l'Agglo ne peuvent pas se plaindre - les Montpelliérains s'intéressent à l'art : 648 visiteurs le samedi et quelque 200 dimanche matin. L'exposition est donc un succès. - Et le succès des peintres ? "J'ai acheté deux tableaux", témoigne un Monsieur, "je ne pouvais pas résister." Achète-t-il souvent des tableaux ? "Non, vraiment pas. Je suis pas riche, je ne peux pas me le permettre. Mais ici, j'ai carrément craqué."
Et il n'y a aucun visiteur qui n'aime pas au moins l'un ou l'autre tableau. Comme la participation à l'exposition ne dépend ni d'un sujet ni d'une technique, la diversité est extrêmement large. Toutes les techniques courantes sont représentées : l'huile, l'acrylique, l'aquarelle et même le collage. Et les sujets sont aussi diverses que les techniques - on fête la beauté de la région, on fixe des scènes de la vie quotidienne, on rêve des voyages, on se délaisse dans la spiritualité. Le figuratif est accroché à côté de l'abstrait, le "pinceau classique" se tient à côté de la peinture "révolutionnaire", du provocateur, de l'imaginaire.
L'idée d'une telle exposition est-elle bonne ? La ville devrait-elle continuer à aider ses peintres à se présenter au public ? - "Oh oui," s'extasie une dame, "oh oui. Sûr. Je trouve ça formidable. Enfin une possibilité de voir des tableaux que, normalement, on ne voit nulle part. Les musées ne prennent pas des artistes inconnus, et une galerie est obligée de penser à son chiffre d'affaires. Ici, pour une fois, personne ne pense à l'argent. Il n'y a pas de préjugé, pas de critère, pas de règle, pas de contrainte - on vient juste pour contempler ce qui est beau…"