vendredi 26 décembre 2014

Gare de Montpellier : la nouvelle gare à l’Odysseum

Les gares de Montpellier dans la discussion : les pour et les contre

Les Montpelliérains sont rarement d’accord - heureusement, car c’est la multitude des opinions qui entretient le mouvement et rend la vie dans une ville intéressante. Mais en ce qui concerne la nouvelle gare TVG de Montpellier, il y a plus ou moins conformité d’avis : presque tous les Montpelliérains la jugent superflue…

Toutefois, personne ne nie qu’elle implique beaucoup d’avantages pour la ville. Déjà, elle amènera à Montpellier encore plus de trains à grande vitesse, ce qui sera un plus pour l’industrie et le tourisme. Montpellier pourrait accueillir encore plus de congrès - la ville figurera parmi les plus accessibles en France. Le temps du trajet Paris-Montpellier, par exemple, sera réduit à trois heures.

Pour favoriser encore plus la vie économique à Montpellier, on prévoit même un véritable pôle d’affaires autour de la gare, avec lien direct vers l’autoroute, un bus vers l’aéroport et deux trams - la ligne 1 qui sera prolongée et la ligne 3 - qui amèneront les voyageurs en ville. Bref, celui qui arrive à Montpellier ne sera plus immédiatement en ville - comme c’était toujours le cas - mais il pourra tranquillement prendre le tram    

Toutefois, peut-être le voyageur n’aura-t-il même pas envie de se déplacer jusqu’au centre de Montpellier. Car autour de la gare, il trouvera tout ce dont il aura besoin : des appartements qui d’ici-là seront construits, des commerces, des entreprises et, comble de tout, deux cents hectares d’espace nature qui, lui aussi, sera à construire…

Mais ce n’est pas tout : la nouvelle gare aura assez de parkings pour que les voyageurs puissent y laisser leurs voitures, et elle sera même desservie par des voies cyclables. Bref, elle sera plus accessible que jamais une gare à Montpellier.

On ne circulera pas uniquement à l’extérieur de la gare, mais aussi à l’intérieur : les huit voies destinées aux trains grande vitesse seront placées dans un espace de dix mille mètres carrés. Et le commerce ne sera pas oublié non plus : à lui, les décideurs ont réservés mille cinq cents mètres carrés - le voyageur aura de quoi acheter.

Les Montpelliérains pourraient donc être contents - pense la Municipalité. Toutefois, il y a mêmes des élus qui ne sont pas d’accord : les écologistes rappellent gentiment que la gare sera placée en zone inondable.

« Ce que je pense de la nouvelle gare ? », répète une dame dans la quarantaine la question de Montpellier Presse Online. « Je ne l’aime pas, tout simplement. Elle a l’air pompeux, en été on étouffe sous la coupole en verre, et elle n’est pas agréable. J’aimais bien l’ancienne gare, il faisait partie de Montpellier. »

La dame parle de la nouvelle gare au centre de Montpellier. Et la toute nouvelle gare planifiée près de l’Odysseum ? En est-elle au courant ? « Bien sûr. Encore un projet de prestige qui ne sert à personne, mais qui coûte notre argent. »

Un Monsieur dans la trentaine parle également de l’argent pour payer la construction de la nouvelle gare TGV. « J’ai lu qu’elle coûtera 350 millions d’euros », explique-t-il. « Imaginez ce que ça signifie. Une somme qui, pour nous, est totalement virtuelle. Qu’est-ce qu’on ne pourrait pas faire pour les Montpelliérains, avec tout cet argent. Mais non, il faut qu’on la mette dans une nouvelle gare qui ne servira qu’à enrichir les riches. »

Un autre Monsieur, beaucoup plus âgé que le précédent, pense plutôt à sa commodité. « Je vais souvent à Paris, pour mon travail », raconte-t-il, « et je prends le TGV. Parfois, je pars très tôt et j’ai besoin de prendre le premier tram pour le capter. Ou je rends très tard le soir. Si je suis obligé d’aller jusqu’à l’Odysseum pour le prendre, j'ai besoin d'un taxi, le matin. Parce que le voyage en tram sera plus long pour moi, et le premier tram partira trop tard. Mais mon employeur ne me payera pas de taxi, c’est pas son problème. Je dois payer, moi. Monsieur le Maire ne me remboursera pas non plus, la ville est là pour encaisser », il commence à se mettre en colère, « pas pour rembourser les victimes de sa politique. Pourquoi on ne laisse pas la gare au centre-ville ? C’est plus commode pour tout le monde et plus logique. »

En autre Monsieur évoque également ses voyages professionnels à Paris qui, pour lui aussi, seraient moins commodes. « Heureusement je serai bientôt en retraite, j’aurai pas besoin d’utiliser la nouvelle gare. » Et il ajoute : « Montpellier n’est plus ce qu’il était. »

Cette notion nostalgique revient dans plusieurs réponses. « Les nouvelles gares sont certainement bien pour l’économie », avoue une dame dans la trentaine, « mais j’ai bien aimé l’ancienne. » Ou une dame une dizaine d’années plus âgée qu’elle : « On ne reconnaît plus le centre-ville. L’ancienne gare nous servait bien, la terrasse du ‘Lezard’ était agréable. On n’a pas eu besoin d’une nouvelle gare et on n’a pas non plus besoin de deux gares. »

Un Monsieur dans la cinquantaine, en revanche, est contre la nostalgie. « La ville de Montpellier s’est développée est se développera encore plus. Que veulent les gens ? Un petit bled dans le Sud où personne ne trouve du travail ? Une ville de retraités ? Si ils veulent que Montpellier soit une ville avec avenir, postes de travail, moderne et internationale, il faut accepter qu’elle grandisse. Et les nouvelles gares la lancent dans cette direction. On ne peut pas grandir avec une petite gare qui date encore de… », il hésite ne connaissant pas la date, mais il se rattrape rapidement, « d’une époque où Montpellier n’était qu’un village. »
Photos et texte : copyright Doris Kneller

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