mercredi 3 décembre 2014

Noël et Hivernales à Montpellier

Montpellier, ses Hivernales et l'ambiance de Noël 


« Ce que j’aime en décembre », raconte la jeune Anglaise qui vit à Montpellier depuis trois ans, « c’est voir les lumières dans les boutiques, vers cinq, six heures, quand il fait déjà noir. C’est comme si chaque boutique se transforme en théâtre, avec une scène bien illuminée, et la rue est une énorme tribune où les spectateurs peuvent tout observer. »

Ambiance d’hiver à Montpellier, certes - mais les spectateurs dont parle la jeune femme ressentent-ils l’approche de Noël ? - « Non, y a plus de Noël à Montpellier », commente un étudiant qui explique qu’il a grandi dans un village en Dordogne où l’avent se passait sous le régime des crèches, des concerts organisés par les écoles et associations qui chantaient des aires de Noël, des sapins sur les places et devant les boutiques, des décorations…

Bien sûr, la Comédie a son arbre de Noël. Une dame dans la cinquantaine le commente : « Pendant la journée, il a l’air perdu. Si on ne réfléchit pas, c'est-à-dire si on ne se rappelle pas que c’est bientôt Noël, on se demande ce que cet arbre a à faire sur la place. La nuit, c’est différent. On voit deux grandes silhouettes lumineuses sur la Comédie dont une, avec un peu d’imagination, fait penser à un arbre de Noël. L’autre est une grande boule, bizarre quand il fait jour, très belle la nuit. Mais cette boule n’a rien à voir avec Noël. »

Cependant, il y a le marché de Noël, rebaptisé « Les Hivernales ». Ces Hivernales arrivent-ils à prolonger la tradition du marché de Noël à Montpellier ?

« Je préfère les Hivernales à l’ancien marché de Noël », déclare une dame dans la trentaine. « Il y a moins de kitsch, pas ou très peu de petits anges, de petits bonhommes en rouge etc. Tout cela a trop été exploité par le commerce, on en a définitivement marre. »

Un Monsieur dans la quarantaine n’est pas de son avis : « C’est dommage, mais on n’a plus l’impression que c’est Noël. Les Hivernales sont un événement purement commercial, on va toujours les mêmes stands, en hiver comme en été. On s’y promène une seule fois pour constater : ‘Ce stand, je le connais, celui-là aussi, chez tel marchand j’ai acheté un bijou il y a deux ans…’ Il n’y a plus rien qui surprend ou qui fait rêver. »

Les Montpelliérains ont-ils encore envie de rêver de Noël ? « Rêver de Noël ? » La dame dans la quarantaine sourit. « Non, je ne crois pas. Même les enfants ne rêvent plus. Ils commandent leurs cadeaux, et s’ils ne reçoivent pas assez ou ce qu’ils voulaient, ils font la gueule. »

Une jeune dame de 16 ou 17 ans est plus romantique : « J’aimerais bien vivre un Noël comme dans les anciens temps. Avec toute la famille, les grands-parents, les arrière-grands-parents, les tantes, les oncles, les cousins, tout le monde rassemblés autour de la table. On mange ensemble, on rigole, on échange de petits cadeaux. Les grands-mères tricotent des chaussettes, les enfants fabriquent des petites étoiles pour l’arbre de Noël… »

« Si j’aimais retrouver cette ambiance dans les rues de Montpellier ? », répète-t-elle ensuite la question de l’équipe de Montpellier Presse Online. « Oui, ça me plairait. Je veux dire… le marché à part, il n’y a rien qui marque l’époque de l’année. Même le marché - il y en a tant sur l’Esplanade, en été et en hiver, ça n’a rien à voir avec Noël. Pourquoi on ne peut pas regarder les gens dans la rue et voir dans leurs yeux la joie de Noël ? »

Un Monsieur dans la soixantaine ne croit pas à cette « joie de Noël. « On dit que Noël est la fête de la famille. Pour moi et des gens comme moi, Noël est plutôt la fête de la solitude. Pas tout le monde a une famille. »

Plus de petits anges, plus d’ambiance classique de Noël - mais la fête quand même. « Les Hivernales ? » s’enthousiasme un jeune homme, « je les trouves très forts. Demain soir, j’y vais faire la fête avec mes copains. » Une fête typique de l’époque de Noël ? « Non, pourquoi ? On fait la fête, c’est le principal. Peu importe quand. On se fait plaisir, c’est bien, non ? »
Photos et texte : copyright Doris Kneller

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