Montpellier et son trafic : le plan d'aménagement de la voirie est-il parfait ? - Micro-trottoir

Cours Gambetta
Théoriquement, le plan d'aménagement de Montpellier est établi. Il indique les modifications dans la voirie de Montpellier censées garantir une circulation optimale et écologique entre Montpellier et ses environs - et entre les divers quartiers de Montpellier - pendant les prochains vingt années à venir.Mais avant de déclarer le plan définitivement valable, Hélène Mandroux et son équipe ont décidé de prêter l'oreille à la voix des Montpelliérains, pour mieux connaître leurs besoins et pour faire profiter le plan de leurs bonnes idées. Pour entendre cette voix, la mairie organisera des rencontres avec des associations, des comités des quartiers et autres groupes qui s'intéressent à la structure de leur ville. Le point fort, pourtant, de ces rencontres sera le printemps de la démocratie, avril et mai prochains, où les Montpelliérains seront sérieusement appelés à donner leur avis.
Toutefois, plus tôt la mairie connaît les opinions des Montpelliérains - et plus elle a des avis différents - plus vite elle peut réagir et intégrer ces opinions dans son plan… "Vous souhaitez savoir ce que je changerais à Montpellier au niveau de la circulation et des moyens de transport ?", répond le jeune homme qui attend le tram à la place Carnot. Il réfléchit. "Avec les nouveaux trams, une grande partie de la ville sera desservie", poursuivit-il. "Mais toujours pas la ville entière. Il reste des quartiers où les gens dépendent de leur voiture ou d'un bus. Les bus, ça concerne surtout les jeunes qui ne peuvent pas encore se payer une voiture. Mais beaucoup de bus s'arrêtent vers 20 heures. Les gens qui habitent ces quartiers-là sont donc obligés d'avoir une voiture ou de rester chez eux, le soir. Oui, c'est un problème important à Montpellier. Si j'avais le pouvoir, je changerais tout d'abord les horaires des bus."
Une dame qui elle aussi attend le tram à la place Carnot n'a pas besoin de réfléchir. "Ce que je changerais ?" demande-t-elle pour répondre immédiatement : "Les grèves. Interdire les grèves." La réponse semble normale, vu qu'on est samedi et que le prochain tram n'est prévu que dans plus de 30 minutes. "Y en a marre des grèves. Je commence à croire qu'ils ne font pas la grève pour revendiquer quoi que ce soit, mais pour avoir plus de loisir. Et peut-être aussi pour se rendre intéressants.""Il faut faire quelque chose contre les embouteillages permanents", déclare un homme dans la quarantaine. "Les voitures bloquent les routes et personne ne passe plus. Et ces voitures polluent énormément. On parle sans cesse de l'écologie à Montpellier, mais avec cette masse de voitures et des moteurs en marche même si elles sont coincées dans un bouchon, ça n'a rien à voir avec l'écologie. C'est carrément contradictoire."
Un autre Monsieur exprime des soucis tout à fait différents. "Les travaux. Les travaux sur le Cours Gambetta, par exemple, me dérangent énormément. Je sais que c'est pour le nouveau tram et qu'ils nous demandent patience. Mais c'est facile de parler de patience quand on n'a pas besoin de prendre ces routes tous les matins. Et patience est un mot bien gros si on sait que le nouveau tram ne sera pas fini avant 1012. Nous avons donc encore deux ans de galère devant nous, chaque matin, jour par jour."
Une dame de 36 ou 37 ans se plaint de l'avenue Georges Clemenceau. Elle habite à Saint-Jean-de-Védas, mais elle travaille à Montpellier. "Pour rentrer dans la ville, je n'ai pas de problème. Je prends l'avenue George Clemenceau. Il y a parfois des embouteillages, le matin, mais en principe ça va. C'est le soir que ça craint, quand je veux sortir de Montpellier. Comme l'avenue Georges Clemenceau est une rue à sens unique, je dois prendre des rues plus petites. Et là, il y a toujours des problèmes."
Une autre dame pense surtout à son fils. "Tous ses amis font du vélo. Je ne peux donc pas lui interdire de faire du vélo lui aussi. Mais chaque fois, je me fais du souci. Il y a quelques voies pour vélo, mais pas partout. La plupart du temps, les enfants sont obligés de rouler dans les rues, avec les voitures."
Elle revendique alors beaucoup plus de voies cyclables. "Ou, si on ne veut pas faire des voies cyclables pour les enfants, on devrait cesser d'en parler. Ils bourrent le crâne aux enfants avec leurs histoires d'écologie et oublient qu'ils les mettent en danger."
Une autre dame, un peu plus âgée, est d'accord de ne plus parler des vélos. "C'est tellement à la mode, maintenant, que tout le monde veut faire du vélo. À la base, il n'y a pas de mal. Mais les cyclistes sont si imprudents, ils ne respectent aucune règle ni le code de la route - ils sont un danger énorme surtout pour les piétons."
Un Monsieur dans la cinquantaine critique les zones piétonnes. "Bien sûr, c'est très agréable de se promener dans une rue piétonne. Mais où est-ce qu'on laisse la voiture ? Mon appartement se trouve dans la Grand'Rue Jean Moulin, je dois garer ma voiture dans le parking de la Comédie. Quand ma femme fait des courses, elle doit tout porter du parking jusqu'à la maison. Parfois, c'est vraiment trop demandé - pour elle et pour nos voisines aussi. Si on veut faire des rues piétonnes, il faut faire en sorte que personne n'y habite."Une dame, un peu plus jeune, parle également des parkings. "À quoi sert un plan d'aménagement qui règle le trafic si on n'a pas de parking. Trouver un parking dans les rues du centre ville n'est pratiquement pas possible." - Y a-t-il une solution ? - "Plus de parkings, beaucoup plus." - Mais où pourrait-on implanter ces parkings ? - La dame hésite. Puis elle déclare : "Il faut utiliser tous les espaces au centre ville. Au lieu de construire de nouvelles maisons et d'aménager des parcs, il faut faire des parkings. Le parking est devenu essentiel dans la vie des gens. La municipalité devrait donc réagir à ce besoin. Et les parkings devraient aussi être gratuits."
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Photos et texte : copyright Doris Kneller
Le
En même temps, on a commencé à réaliser un point important du réaménagement de Montpellier : l'élargissement des trottoirs pour que les
Ceux qui fréquentent la Comédie pendant la nuit - entre 1.30 et 7 heures, ne seront pas trop tranquilles non plus - bien que la mairie promet que les travaux seront le moins bruyants possibles : on profitera de ces heures avec beaucoup moins de trafic pour changer l'illumination des façades.
Bonne nouvelle pour beaucoup de Montpelliérains : le boulevard du Jeu de Paume restera ouvert à la circulation pendant la construction de la ligne 3 du tram. Il est vrai qu'il sera réduit à une voie, mais personne ne sera obligé de tourner en rond dans les petites rues pour trouver son chemin.
Le premier objectif part du principe que tous les usagers doivent être satisfaits du système de circulation, peu importe s'ils se servent d'un moyen de transport en commun ou individuel, au point que d'autres villes aient envie de l'imiter et de profiter du savoir-faire montpelliérain - comme déjà Brasilia qui se fait conseiller par des experts de la TaM pour l'élargissement de leur réseau de tramway.
Mais il va de soi que les Montpelliérains et leurs visiteurs doivent aussi être en mesure de joindre par voiture les quartiers de la ville et, bien sûr, le centre. Il y a peu de villes en France où tant d'automobilistes se plaignent que le réseau des routes ne serait pas clair et qu'on se perdrait facilement. Le nouveau plan prévoit alors une sorte de périphérique autour de la vieille ville, d'où des routes partent, en forme "d'étoile", dans toutes les directions. Ce système améliorerait la liaison avec les villes et villages autour de Montpellier, mais aussi le trafic entre les quartiers. En plus, la municipalité promet la construction de plus de parkings proches des habitations - une mesure qui sera certainement bien accueillie, surtout en ce moment, où un nombre important des parkings du centre ville a été éliminé pour faire place à la construction de la ligne 3 du tram.
Montpellier a un nouveau projet de tram. À partir de l'année 1014, les visiteurs montpelliérains de Brasilia, la capitale du Brésil, se sentiront chez eux lorsqu'ils prendront le tram : le nouveau tramway de Brasilia sera signé Montpellier.
Ils se comprirent surtout en matière de tramway. Lorsque, en 2007, une délégation brésilienne visita Montpellier, elle aima tout ce qu'elle vit. Mais avant tout, elle aima le tram. Et tout se passait si bien que, finalement, les Brésiliens ne restaient pas les seuls à voyager : en décembre 2009, ce fut aux représentants de l'Agglo de rendre la visite et de découvrir la ville de Brasilia. Et ce qui en sortit, ce n'est pas seulement un renforcement de l'amitié entre deux villes séparées par des milliers de kilomètres, mais une collaboration très concrète.
Ce qui, sans doute, aida à conclure l'affaire, ce fut la déclaration de l'année de la France au Brésil en 2009. Mais ce ne fut pas la première expérience de renforcer les liens entre les deux pays : déjà en 2005, une telle année fut célébrée, et son succès incita les pays à recommencer. Son objectif : montrer aux Brésiliens les multiples talents des Français, leur esprit d'innovation et leur savoir-faire en tout ce qui concerne la création en général et la technique en particulier. La France avait aussi l'idée de guider les yeux du Brésil sur les collectivités territoriales.
Les Montpelliérains qui, ces jours-ci, ouvrent le site de la TaM, peuvent lire les mots : "Perturbations attendues sur le réseau TaM - l’organisation syndicale CFTC de TaM a déposé un préavis de grève samedi 23 janvier 2010."
"On ne connaît même pas la raison de leur grève", renforce une dame d'à peu près le même âge. "J'imagine que c'est pour les sous ou à cause de l'agressivité dont ils sont victime. Il est clair qu'il faut faire quelque chose contre l'agressivité des gens." Et, du même avis, la première dame ajoute : "Si les grèves sont dues au manque de sécurité des chauffeurs de plus en plus agressés ou stressés, je suis avec eux, si c'est pour des problèmes de salaire, je suis aussi avec eux, si elles sont justifiées. Il semblerait que ce soit un peu des deux, en gros : dégradations des conditions de travail."
Beaucoup de Montpelliérains sont d'accord avec la réflexion de la dame dans la cinquantaine : "Je comprends qu'ils ont des revendications." Toutefois, elle doute que la forme de cette grève soit idéale : "Mais est-ce la meilleure solution ?", poursuit-elle, "je ne suis pas sûre."
"…nous sommes bourrés de fric à l’agglomération", déclara George Frêche lui-même lors d'un discours devant l’école d’architecture de Montpellier en avril 2009. Toutefois, s'il est question de commencer la ligne 4 du tram en même temps que la ligne 3, donc en 2010, au lieu d'attendre encore deux ans, l'Agglo est déjà un peu moins "bourrée de fric". Car, comme le chef de l'Agglo l'exprime : "On ne peut pas dépenser l'argent qu'on n'a pas."
Et elle sera magnifique, cette ligne 3. À partir de 2012 ("…une ligne de tramway tous les 6 ans : la première en 2000, la deuxième en 2006, la troisième en 2012 et la quatrième en 2018." Georges Frêche), les Montpelliérains pourront voyager dans des wagons signés Christian Lacroix au lieu d'attendre un samedi sans grève en design Garouste ou d'espérer que le voisin ôte son pied du leur dans un tram dessiné par Bonetti. Ceci est nécessaire car, selon le site de la
Plus tard, pas un mois ou presque ne passe sans qu'on se livre des spéculations sur la ligne 4 qui, tout à coup, semble plus intéressante que la 3 de Lacroix. Tout le monde a des idées sur son trajet, dont George Frêche, qui la voit sur le boulevard du Jeu de Paume, à l'hôpital Saint-Éloi, à la place Albert-1er, l'avenue Georges Clemenceau… Et toujours, la ligne 2 est en construction.