lundi 14 décembre 2009

Claude Vasconi et le Corum de Montpellier

Au Corum de Montpellier, la musique reste pure…

Le Corum à Montpellier10 novembre 1990. À Montpellier, tout ce qui a une fonction, tout ce qui appartient à la ville, à l'administration, tout ce qui aime sourire au public est sur pied. Parmi tous ces hommes et femmes importants, se trouve un Alsacien qui, ce jour-ci, fête un triomphe : Claude Vasconi, architecte, grand prix national d'architecture en 1982. Son œuvre l'a immortalisé. Mais ce qui l'a immortalisé à Montpellier c'est le Corum.

Montpellier internationalLe Corum domine toujours l'Esplanade et la vue imprenable sur le toits de Montpellier. Mais Claude Vasconi ne l'admirera plus : le 8 décembre, il est décédé - un homme admiré, parfois aimé mais souvent envié, toujours élégant, toujours sûr de lui. Si quelque chose ne lui plaisait pas, il n'avait pas peur de le dire, de "gueuler" même : Claude Vasconi, une institution, presque, de l'architecture d'abord en France et, finalement, en Europe.

Nous le savons, les pères de Montpellier ont toujours su choisir leur projet : l'aqueduc du Peyrou, l'Opéra-Comédie, le Polygone, - toujours le plus beau, le plus cher, les architectes les plus connus… Lorsque George Frêche et son équipe ont choisi Claude Vasconi, ils ne renonçaient pas à la "tradition".

Ce jour-là, le fameux 10 novembre 1990, le Corum était la une de la presse du pays. Un opéra, ont dit les uns. Un palais de congrès, les autres. Ou : un projet monumental. Et encore d'autres ont proclamé: une cathédrale.

Corum, la CathédraleCathédrale de la musique, cathédrale d'un public international, déclaration de foi d'une ville qui s'étend vers le monde. George Frêche, poursuivant le projet entamé par François Delmas, son prédécesseur à la mairie de Montpellier et, bien sûr, par des générations des hommes à la tête de Montpellier, a vu "grand". Les pierres de la façade, un granit baptisé "Carmen red", viennent directement de la Finlande. Le salon du Belvédère, cette petite salle tout en haut du bâtiment, dont la vue sur Montpellier tient ce que son nom promet, qui n'accueille que peu de gens, mais tous émerveillés après la promenade sur les toits de Montpellier qui mène à la salle, est ornée d'une véritable fresque murale. Elle est une œuvre de Herve di Rosa, cet "éternel voyageur" né à Sète dont on dit qu'il aurait inventé l'Art Modeste. De la moquette, du parquet dans les loges, des panneaux de bois dans la fosse d'orchestre…

Le CorumMais ceux qui fréquentent le Corum ne viennent généralement pas pour admirer le "Carmen red", les fresques murales et les panneaux de bois. Amateurs des concerts, de l'opéra, des congrès, du festival de Radio France, les visiteurs de ce "navire" au bout de l'Esplanade attendent d'être gâtés. Et le Corum, tout simplement, est fait pour cela : 1884 personnes peuvent profiter d'une présentation théâtrale, 2010 d'un concert, 1927 d'une soirée lyrique.

Corum, EsplanadeEt le plafond : en trois volumes, il peut se déplacer verticalement, relevé pour les concerts, mis en position basse pour les opéras, en intermédiaire quand il y a des ballets. Tout est possible au Corum, aucune œuvre musicale n'est trop belle pour y être jouée. Ce sont les "autres" qui restent dehors. À l'intérieur est loin du monde et de son bruit, car le Corum n'est pas placé sur le même sol que le "reste" de la ville de Montpellier : il est monté sur un système antivibratoire, sur des boîtes à ressorts qui évitent tout dérangement. Dehors, les trams, les voitures, la vie quotidienne peut faire trembler la terre, la musique du Corum reste pure.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

dimanche 13 décembre 2009

Rassemblement sur la Comédie : Montpellier manifeste pour le climat

Dernier défilé des écologistes à Montpellier avant la fin du sommet à Copenhague

Rappeler encore une fois aux dirigeants ce que les peuples attendent d'eux - ceci était l'objectif du dernier défilement des associations et partis écologistes à Montpellier avant la fin du sommet de Copenhague. La date de ce défilé n'était pas choisi par hasard : elle tomba juste la veille du "grand jour de la forêt" de dimanche.

La discussion eut lieu dans l'hôtel de congrès le plus grand de Copenhague - mais l'intérêt des écologistes et curieux qui voulait y assister était si immense que l'entrée fut refusée à beaucoup de gens. Ceux qui, avant tout, attiraient tout ce monde étaient Ellinor Ostrom, la première femme à recevoir le prix Nobel en économie, et Rajendra Pachauri, prix Nobel de la paix et directeur de l' Institut de l'énergie et des ressources indiennes.

Montpellier-CopenhagueL'importance de la forêt dans le cadre d'un sommet sur le climat mondial est évidente - même l'ancien président des États-Unis, Bill Clinton, aurait dit que ce qu'ils feraient "serait important" et qu'il faudrait "continuer le travail"... - Toutefois, selon les écologistes de Montpellier, il ne suffit pas de "continuer", mais il faut être concret - et cela très rapidement. Mais ils ne pensent pas seulement au "monde", c'est-à-dire aux endroits un peu vagues, loin d'ici. "C'est dans la région même qu'il faut commencer, à Montpellier."

écologistes à MontpellierPlus ou moins tout le monde est d'accord que Montpellier est privilégié par rapport à ses transports publics. "Mais cela ne suffit pas", se fâche un membre du public "sans parti, mais particulier", "à quoi bon d'avoir deux ou trois trams à Montpellier si, ailleurs, il n'y a rien ?" Et un autre confirme : "Même à Montpellier, le tram n'est pas là pour tout le monde. Ceux qui habitent en dehors du trajet doivent toujours prendre leur voiture, surtout le soir."

Autre exigence : arrêter l'utilisation des autoroutes en faveur du développement du ferroutage. Puis, il faudrait stopper le financement des compagnies aériennes "low cost" par les collectivités. Et, bien sûr, développer les énergies renouvelables. Il fut évidemment aussi question de l'implantation de l'Agrexco dans le port de Sète : "L'Agrexco", commente une jeune femme, "c'est un crime contre l'écologie et contre la justice entre les peuples"…

Comme toujours, la manifestation partit de la place de la Comédie pour, ensuite, faire le tour du centre de Montpellier, passer par le marché de Noël et, finalement, revenir sur la place de la Comédie. On portait des masques blancs, amenait des planètes symboliques en papier et un ours en peluche qui, gentiment, demandait aux humains de lui rendre sa banquise. Lorsque, à la fin de la manifestation, on brûlait symboliquement une "planète" en papier et, en même temps, allumait des bougies, la bonne humeur se transforma en ambiance pensive. "Ouais", l'exprima un homme âgé qui se joignit au public au dernier acte de la manifestation, "encore, vous rigolez. Mais dans vingt ans, ça sera peut-être trop tard pour attendre les résultats des sommets politiques…"
Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 12 décembre 2009

Festival d'Hiver Cité au Peyrou : les Montpelliérains apprivoisent les différences

L'association Saudade à Montpellier lutte contre tristesse et nostalgie

Marthe-Hélène ChoukrounÀ Montpellier, il suffit de regarder et d'ouvrir les oreilles pour être témoin de l'ouverture de la ville vers l'extérieur, vers les autres pays de la planète. Tout a l'air international : le Corum avec ses plus de 2000 sièges pour les congressistes, l'Antigone et l'Odysseum dont l'esprit international saute aux yeux, et le "Babel" de langues qui s'entend partout autour de la Comédie, surtout maintenant, à la saison du marché de Noël. Mais il est vrai que cette ouverture ne s'est pas encore incrustée dans tous les secteurs de la vie quotidienne de Montpellier.

"…que les Montpelliérains apprivoisent leurs différences et apprennent à s'en enrichir", ceci est donc un des objectifs de l'association Saudade qui a organisé le festival d'Hiver Cité au Peyrou. Mais si Marthe-Hélène Choukroun, présidente de l'association, parle des différences, elle ne pense pas forcément au Corum ou à l'Antigone. Elle parle de ces étrangers qui n'auront jamais leur place au Corum, mais qui luttent pour en avoir une dans la société française. Elle parle des handicapés et des artistes dont l'art enrichit la culture de Montpellier, mais dont le nom ne sera jamais connu...

Montpellier, le PeyrouLa Saudade est une association qui porte l'espoir. Bien que son nom suggère plutôt "tristesse" et "nostalgie" en galicien et portugais, elle a été créée pour aider les gens, ceux qui sont considérés comme des "autres", à perdre cette nostalgie - la nostalgie d'une vie qu'ils auraient pu avoir, si la société les avait accueillies "autrement".

Festival d'Hiver CitéBien que le projet de la Saudade n'ait rien à voir avec sa vie privée, ses expériences personnelles ne sont certainement pas pour rien dans sa décision de s'engager pour les buts de la Saudade. De l'origine algérienne, de passeport français, Marthe-Hélène Choukroun a vécu en Amérique de Sud pendant trente ans. Lorsqu'elle est rentrée en France, avec ses cinq enfants, elle pensait, plein d'espoir, à sa fille handicapée. Elle avait lu des textes sur l'éducation des enfants handicapés en France, et elle croyait fortement à l'acceptation de la différence dans sa patrie.

Festival d'Hiver Cité"J'ai été déçue", dit-elle, le visage triste. Les textes qu'elle avait consultés étaient corrects. Mais la réalisation de leurs promesses n'était pas évidente. Malgré les lois sur l'intégration des handicapés, sa fille n'a pas été acceptée à une classe d'intégration qu'après une attente de plus d'un an. Il est vrai qu'elle a été acceptée à une autre école où, deux fois par semaine, elle pouvait essayer d'apprendre le français. Mais ce n'était que la "bonne volonté de la directrice" qui comprenait le problème de Marthe-Hélène. "Elle aussi avait un enfant handicapé."

Mais Marthe-Hélène n'est pas seule. Il y a, par exemple, son fils Yacine Ortiz-Choukroun qui a organisé le côté artistique du festival au Peyrou et acheté les boissons. Et elle a les autres membres de l'association. "Avec ce projet", dit-elle avec sa voix douce, "je suis prête d'aller jusqu'au bout."

Saudade MontpellierLe projet, c'est alors intégrer ceux qui sont "différents". Comment ? Par la création d'une Maison Artistique et Culturelle du Respect de la Différence. C'est pour ceci que se battent Marthe-Hélène et ses amis. Il faut rompre "avec une approche élitiste des arts", proclament-ils. L'art doit être accessible à tout le monde, et tout le monde doit avoir le droit et la possibilité d'enrichir par ses œuvres la culture de notre pays. Il y a donc les artistes et, bien sûr, les handicapés. Qui, dans notre situation, souffrirait plus d'une manque d'intégration injuste qu'eux, c'est-à-dire que ceux qui sont nés "différents" des "autres" ? La Saudade ne demande pas beaucoup : juste "offrir un travail décent, utile et valorisant à des personnes souffrant de handicap." Le public ne veut pas entendre parler des handicaps dans des termes de "problème". Un handicap, selon les membres de la Daurade, est un problème uniquement si la société souhaite en faire un.

Et comment "apprivoiser" les différences ? Selon Marthe-Hélène Choukroun et ses amis de la Saudade, il faut apprendre "à connaître la différence par un renversement de l'approche à l'autre."

Une telle approche était le festival au Peyrou, où les gens pouvaient se rencontrer, mais qui servait aussi à trouver des fonds pour le projet de l'association. Et, comme leur présidente, les organisateurs étaient fermes : "Le projet est important." Oui, ils iront "jusqu'au bout".
Photos et texte : copyright Doris Kneller

vendredi 11 décembre 2009

Le Polygone de Montpellier : la croissance époustouflante d'une ville au Midi de la France

Un centre commercial qui fait histoire : Montpellier et son Polygone

Montpellier, PolygoneQui dit Noël dit aussi commerce. Et qui dit commerce, à Montpellier, pense, entre autres, au Polygone. Mais combien de Montpelliérains savent que le nom de leur Polygone actuel n'est pas une invention des maires récents qui, comme tout le monde le sait, ont toujours adoré l'ambiance grecque ? Si le nom du Polygone a donné à George Frêche l'idée de créer un "Antigone" et si, à Montpellier, on a maintenant un parking "Circé" (qui ne connaîtrait pas la fameuse magicienne de la mythologie grecque ?), il est, malgré tout, plus ancien que le centre commercial lui-même.

Il n'y a que quelque mois, on l'aurait certainement encore traité en "plus grand centre commercial de la région". Or, avec l'ouverture de l'Odysseum, il a perdu une partie de sa magie. Mais les commerçants ne baissent pas les bras. "Je suis sûr que le Polygone restera le centre commercial le plus important de Montpellier", prévoit un visiteur. "Odysseum ou non - les gens ne changent pas leurs habitudes."

Noël à MontpellierPour le moment, personne ne sait si ses prédictions se réaliseront. François Delmas, prédécesseur de George Frêche à la mairie de Montpellier, de toute manière, ne pensait certainement pas que "son" centre commercial aurait jamais de concurrence.

Lorsque, en 1977, François Delmas décida d'élargir le centre ville en construisant à la place du stade du Parc-à-Ballons ce qui, à l'époque, était un des plus grands centres commerciaux en France, il voyait disparaître les dernières traces d'un ancien champ militaire qui, il n'y a pas si longtemps, occupait encore l'espace du Polygone actuel. Toutefois, bien que les restes d'un champ militaire n'avaient plus la place dans sa ville moderne, il en garda le souvenir - car ce champ se nommait… le Polygone.

Mais, comme George Frêche plus tard qui continuait l'œuvre que son prédécesseur avait entamée, François Delmas voyait plus grand. En même temps que le Polygone, il a fait construire les premiers parkings souterrains de Montpellier. L'Esplanade s'est transformée en espace vert, prêt à accueillir les fêtes d'été, les marchés et les canards qui, toujours, se prélassent sur le petit point d'eau du Jardin du Champ de Mars (un autre souvenir de l'ancien champ militaire). La Paillade est devenue zone à urbaniser et, avec IBM, les premières sociétés internationales se sont installées à Montpellier.

Le Polygone ne fut donc qu'un début dont l'inauguration annonça une croissance qui s'est poursuivie avec une vitesse époustouflante - au point que, aujourd'hui, Anne, artiste-peintre à Londres, ne reconnaît plus sa ville natale : "Lorsque j'ai quitté Montpellier il y a 30 ans, c'était encore une petite ville où tout le monde connaissait tout le monde. On était entre nous, le monde restait dehors. Maintenant, les nations se réunissent à Montpellier, et je me perds dans ma propre ville. Tout est devenu si grand..."

Centre commercial à MontpellierDe toute manière, "Odysseum ou non", comme l'exprime ce visiteur du Polygone, le plus grand espace commercial du centre ville n'a pas encore dit son dernier mot. Face à la modernité de l'Odysseum, il fait peut-être déjà partie de l'histoire de Montpellier, mais il est toujours bien vivant. Dans ces jours avant Noël, il attire les clients avec des offres spéciales à tous les niveaux. Le niveau de base est rénové, la porte d'entrée modernisée. Les nouvelles couleurs sont censées plaire aux femmes - car, n'oublions pas, comme suggère la publicité, quelque 70 pour cent des boutiques sont consacrées à la mode. Tout, comme promet le gérant des lieux, sera plus "aéré" - surtout au moment où la mairie déménagera à Port Marianne et le Polygone pourra occuper son espace.

Mais la modernisation, l'espace plus aéré, les couleurs qui plaisent aux femmes - cela n'est pas tout. Le Polygone misera aussi sur une nouvelle clientèle, la "grande", les riches de la ville : déjà un parking VIP de 2000 places est aménagé, plus proche des boutiques et, évidemment, plus cher que le parking "normal". Son but ? La sécurité des beaux véhicules qui, surtout, ne doivent subir aucun dommage pendant que leurs propriétaires font leurs cours dans le centre.

"Ce que je pense du parking VIP ?" répète un homme qui, selon son explication, ne possède pas "de voiture digne à être accueillie sur le parking VIP", mais qui "bien que je sois peut-être pas la clientèle dont rêvent les responsable du Polygone", y fait ses cours. "Ce que j'en pense ? Je vais vous le dire. Je pense que, tout gentiment, ils veulent nous suggérer que les voitures des petits gens comme nous ne seront plus en sécurité. Et qu'on prenne sa voiture pour se faire voler ailleurs…"

Sans doute, l'idée du parking VIP n'est pas bien accueillie par tout le monde. Toutefois, si elle aide à faire survivre l'œuvre de François Delmas et à conserver les commerces du centre ville, les Montpelliérains seront contents.
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 10 décembre 2009

Noël à Montpellier : bonne ambiance sur la Comédie et l'Esplanade

Les premiers bilans du marché de Noël à Montpellier

Marché de Noël, MontpellierEt voilà, la fin de l'année s'approche de plus en plus rapidement. Déjà, le deuxième week-end du marché de Noël de Montpellier est devant la porte. Les Montpelliérains commencent à se soucier sérieusement de leurs cadeaux, et on n'a plus le temps de réfléchir - maintenant, il faut acheter. C'est le moment où les commerçants du marché de Noël commencent à faire les premiers bilans. Le début du marché a-t-il apporté ce qu'on a espéré ? Leur offre correspond-elle aux attentes des Montpelliérains ? Arrivera-t-on à vendre ses marchandises ?

Miel à MontpellierEncore, les commerçants de Montpellier et des environs ne perdent pas l'espoir. Or, "le marché démarre timidement", remarque Nathalie du "Rucher de nos Aïeuls" qui vient des hauts cantons de l"Hérault, de Saint Julien d'Olargues, où elle a son exploitation. Elle craint un peu que les gens dépensent moins que l'année dernière où la plupart des ventes s'est faite dans les premières deux semaines. Selon son expérience de 2008, les gens achèteraient l'alimentaire au début du marché. Plus tard, lorsque Noël s'approcherait, ils penseraient plutôt aux cadeaux.

"C'est peut-être à cause de l'Odysseum ?" réfléchit-elle pour, tout de suite, se corriger : "Non, il fait trop beau…" Avec ce merveilleux temps, les gens auraient l'impression que Noël serait plutôt loin. "Ils n'ont pas encore l'esprit de Noël, il fait trop chaud à Montpellier." Mais si elle dit "trop chaud", elle blague un peu, car, bien sûr, elle apprécie le beau temps : "Le soleil est au rendez-vous, c'est le principal..."

Pain d'épice au marché de NoëlCe qu'elle trouve excellent cette année, c'est la disposition du marché. "Il est plus large, plus spacieux, les gens ont plus de place." Nicolas des "Pains d'épices" est d'accord avec Nathalie : "Cette année-ci, le marché est vraiment bien arrangé, mieux que les autres années."

Nicolas connaît bien le marché de Noël à Montpellier. "Cela fait six ou sept ans que je viens." L'artisan a l'habitude des marchés spécialisés. Il sait donc de quoi il parle quand il dit qu'il aime Montpellier : "L'ambiance est bien, ici." Mais il a quand même une critique : "On ne dirait pas qu'on est sur un marché de Noël." Il aimerait bien un peu plus de décoration pour que "ça fasse plus Noël".

Montpellier 2009Hélène Masserot du Tarn donne raison à Nicolas - elle aussi apprécie beaucoup l'ambiance. C'est la première fois qu'elle a un stand à Montpellier. Mais elle est contente. Le marché lui permet de lier de bons contacts et de se faire connaître auprès d'un public nouveau. Toutefois, en tant que créatrice, il y a une chose qui la dérange : "Le mélange de créateurs et boutiques n'est pas toujours judicieux." Dans ses yeux, il y a un peu trop de vendeurs qui achètent leurs marchandises à l'étranger pour la revendre à Montpellier.

Toutefois, et là, Hélène est d'accord avec tous les créateurs, les Montpelliérains savent faire la différence et apprécient les véritables créations, peu importe si elles viennent de Montpellier, du "reste" de la France ou d'ailleurs. Or, comme dit un visiteur du marché, "il fait plaisir de voir qu'ici, à Montpellier, nous avons toujours des artisans qui font de belles choses."

Marché de Noël : Montpellier se prépare
La ville de Montpellier à l'ère "avant"... le marché de Noël
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 9 décembre 2009

Place de la Comédie, Montpellier : les Montpelliérains et leur cœur de ville

Trois Grâces, cyclistes, tram et petit train - elle vit, la Comédie à Montpellier

Montpellier, les trois grâcesLa place piétonne la plus grande d'Europe, la place la plus belle de la France ou, peut-être, même du monde - les superlatifs ne manquent pas pour décrire la place de la Comédie à Montpellier. Qu'est-ce qu'elle a de si spécial, cette place au cœur de Montpellier, au point que, même à Paris ou Barcelone, les gens font son éloge ?

Fontaine Place de la Comédie"Elle n'a rien de spécial", dit une jeune femme qui traverse la place, "mais elle est très belle." Et un homme un peu plus âgé qui, selon ses explications, a passé presque toute sa vie à Montpellier, ajoute : "Quand je rentre d'un voyage, ma première sortie me mène à la place de la Comédie. Et c'est le moment où je sais que je suis chez moi." Un étudiant répond plus logiquement : "C'est une place comme une autre. Mais elle marque le centre vivant d'une ville vivante."

Et elle vit, cette Comédie. À n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit, les hommes et les femmes se tiennent debout autour de la fontaine des Trois Grâces, en attente de leurs amis, de leurs partenaires d'affaire, de leurs fils, leurs filles, leurs parents… bref, les Trois Grâces sont devenues le point de rencontre principal de Montpellier. Une femme âgée qui attend sa fille se souvient : "C'est ici que j'ai fait connaissance de mon mari. J'avais rendez-vous avec une copine qui a amené son frère…" Et elle indique un jeune homme qui, debout devant la fontaine, observe nerveusement sa montre : "Mais je ne veux même pas savoir, combien d'amoureux déçus la place a déjà vus…"

Hélène Mandroux, maire de MontpellierIl n'y a rien qui ne se passe pas dans l'ombre de l'Opéra-Comédie, ce bâtiment dont les prédécesseurs ont tous disparus dans des flammes, et de cette fameuse statue, les Trois Grâces. Il est vrai que la statue des Trois Grâces qu'on voit sur la Comédie n'est qu'une copie - l'originale a été mise en sécurité en 1989 dans le musée Fabre. Lorsque, plus tard, le musée a été rénové, la statue a emménagé dans le hall de l'Opéra-Comédie où elle attend toujours son prochain déménagement.

Mais originale ou non, ce qui compte, c'est la magie qui émane de cette statue au milieu de la partie de la place qui, il n'y a pas longtemps, a été appelé "l'œuf". C'était l'époque qui, par beaucoup de Montpelliérains, est appelé "l'ère avant le tram". La statue était placée sur une espèce d'île dans la mer d'une circulation dense de centre ville qui - comme dit son nom - avait la forme d'un œuf. Les traces de cet œuf sont toujours visible : on les a conservées sur le sol par une ceinture de pavés en marbre.

Fête à MontpellierAujourd'hui, il n'y a plus de circulation qui entoure les Trois Grâces - la place appartient aux piétons. Mais ce ne veut pas dire que personne ne roule sur cette place. D'abord, les cyclistes - on les voit partout. Et cela non seulement les jours où l'un ou l'autre association ou parti écologiste proclame le jour du vélo, mais toujours. Montpellier, la ville des étudiants, adore se déplacer sans polluer.

Non polluant était aussi le fameux "petit train" de Montpellier, vénéré par le dessinateur Albert Dubout, qui liait la Comédie à Palavas-les-Flots. Ou le prédécesseur du tram actuel, celui qui, à partir de 1897, menait les Montpelliérains à Castelnau-le-Lez.

Toutefois, bien qu'on dise que les piétons, le tram et les cyclistes ne font pas beaucoup de vacarme, il y a toujours de bruit sur la Comédie - non seulement au moment des ses Flash Mobs. Ça crie quand les matchs importants sont diffusés sur grand écran, ça chante quand il y a des festivals, des concerts ou, tout simplement, les musiciens de rue, ça bavarde les jours de marché, c'est plein de monde les jours où les Montpelliérains fêtent le printemps avec leur "Comédie des livres" ou l'hiver avec les "Hivernales" et le marché de Noël...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mardi 8 décembre 2009

Étudier à Montpellier : l'université dans le
Midi de la France

Le troisième rang dans le palmarès des villes étudiantes : Montpellier et son université

études à MontpellierCe n'est pas un secret : Montpellier est fier de sa tradition étudiante. C'est avec plaisir que les Montpelliérains citent les noms de ces hommes qui ont fait leurs études dans leur ville et dont, aujourd'hui, on se rappelle toujours : Auguste Comte, Joseph Blayac, François de la Peyronie, Paul Valéry...

Or, cet enthousiasme des "anciens" étudiants ne révèle évidemment rien sur ce que Montpellier offre à ses étudiants d'aujourd'hui. Ce plaisir de faire des études dans notre ville, persiste-t-il ?

Montpellier, quartier étudiantSi l'on fait un petit sondage auprès les étudiants, les réponses sont satisfaisantes. "Pour moi, Montpellier est la capitale de la culture. Il y a tout - théâtre, opéra, des conférences, des fêtes..." Et le plus important : "Même si on n'a pas beaucoup d'argent, on trouve toujours des occupations sympas." Selon les étudiants, personne ne reste seul à Montpellier : "Cela fait deux mois que je suis ici, mais j'ai déjà plein d'amis. Il est facile de se faire des connaissances ici, dans le Midi."

Ceci compte pour les étudiants que l'on rencontre dans les rues de la ville... Mais les autres ? Sont-ils aussi contents ? - Une étude récemment publiée par le magazine "L'étudiant" nous donne la réponse : pour les étudiants, Montpellier est troisième dans l'éventail des villes universitaires de France. Il n'y a que Toulouse et Grenoble qui la devancent.

centre de MontpellierL'étude a appliqué 38 critères différents, dont la culture, le logement, la qualité des études etc. En ce qui concerne la culture, Montpellier est clairement la première des villes de taille moyenne : aucune ville française comparable ne propose un choix culturel aussi large que Montpellier. Les étudiants interrogés parlent du quartier Saint Anne, avec ses petites rues agréables et son grand choix de restaurants et bars dont beaucoup qui sont accessibles même aux budgets restreints. Mais ils citent aussi les films - par exemple le Festival international du cinéma méditerranéen -, le festival ANIMaSUD ou les discothèques et d'autres Mecques de la musique.

Côté logement, par contre, Montpellier laisse à souhaiter. Les chambres et appartements sont rares et généralement trop chers. Ceux qui sont moins chers offrent souvent une qualité inacceptable. Si Montpellier n'est que troisième sur la liste des villes préférées des étudiants, la situation du logement y joue certainement un rôle essentiel. Il est vrai qu'il y a des appartements en dehors de la ville - mais comment y accéder si l'on n'a pas de voiture...?

Les étudiants à MontpellierMais le "rayonnement international", comme l'appelle l'étude, est excellent à Montpellier qui, dans ce point, est devenu huitième. "C'est fabuleux", s'exclame une étudiante. "Quand on se promène dans les rues, on a l'impression d'être dans un véritable Babel : on entend toutes les langues du monde..."

Toutefois, les qualités "environnement" de Montpellier n'arrivent pas à persuader les étudiants. Sous l'aspect "écolo", la ville n'atteint que le douzième rang. Lorsque, dans les rues, on pose la question si Montpellier est une ville écologique, on ne reçoit que des haussements d'épaules ou des "Je ne crois pas".

Et pourtant, Montpellier a son tram, un moyen de transport écologique et pratique en même temps. C'est la raison pour laquelle la ville est troisième en France pour les transports. C'est uniquement le comportement des conducteurs des bus qui est souvent critiqué : "Quand on traverse une rue et un bus tourne le coin, on doit courir pour sauver sa vie. Un chauffeur de bus à Montpellier ne s'arrête jamais pour si peu qu'un homme qui traverse une rue..." Et quand on court pour attraper un bus ? "Il y a des chauffeurs qui sont gentils. Mais d'autres se font un plaisir d'attendre jusqu'à ce qu'on arrive devant la porte pour la fermer à la dernière seconde."

Il est certainement vrai que les grandes industries ne sont pas situées à Montpellier - ce qui, d'ailleurs, ajoute certainement à sa qualité de vie. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas des jobs en ville : sur la liste des villes avec les meilleures possibilités de travail, Montpellier figure à la sixième place.
Photos et texte : copyright Doris Kneller