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samedi 8 mai 2010

Comédie du Livre 2010 : écrivains à Montpellier

Terre d'accueil pour les écrivains - François Rabelais, Paul Valéry, André Gide, Léo Malet... et les autres

Comedie du Livre, Montpellier"Montpellier terre d'accueil pour les écrivains", est un des messages publicitaires employés par la mairie de Montpellier pour faire connaître la Comédie du Livre 2010, une manifestation autour de la littérature et de l'écrivain. Entre-temps, la Comédie du Livre de Montpellier tient sa place à côté des grandes foires du livre européennes comme celle de Barcelone ou de Francfort. Sa conception, certes, est différente - et sa taille n'est pas comparable à celle de, par exemple, Francfort qui compte pour la plus grande foire du livre du monde. Mais c'est juste cette conception qui la rend si attractive aux yeux des Montpelliérains et de leurs visiteurs d'un "peu partout dans le monde".

Message publicitaire ou non, la mairie n'a pas tort. Montpellier a effectivement toujours attiré des écrivains. Il y a, par exemple, François Rabelais. Bien qu'il soit beaucoup plus connu comme médecin - médecin qui a "révolutionné" la science de son époque - il fut aussi écrivain. Qui n'aurait pas lu son "Gargantua" et le "Pantagruel" qu'il publia sous le pseudonyme d'Alcofribas Nasier, nom fantaisiste qui est, tout simplement, l'anagramme de François Rabelais.

Le livre à Montpellier, la ComédieCe qui est moins connu : pendant ses études, François Rabelais logea chez son ami, un certain Monsieur Rondelet, à l'époque représentant des étudiants, aujourd'hui réputé grâce à la poste nommée d'après lui. Chez Rabelais l'écrivain, Rondelet est devenu "Rondibilis".

Ensuite, il y avait évidemment Paul Valéry qui commença ses études à Sète pour, en 1884, s'inscrire à un lycée de Montpellier. Il avait la chance d'être un bon moment à Montpellier - ou plutôt à Palavas-les-Flots, où l'on fêtait pour la sixième fois le centenaire de l'université de Montpellier.

Et, emporté par les grands noms d'écrivains qui coururent les rues de Montpellier, qui pourrait oublier André Gide et son fameux oncle Charles, ce Montpelliérain ? Ce fut son jardin avec ses chênes verts et ses lauriers que son neveu décrivit avec tant d'enthousiasme dans son autobiographie "Si le grain ne meurt".

Puis, n'oublions pas Jean-Jacques Rousseau qui adora le paysage autour de Montpellier et la beauté de la ville, mais qui, après quelques semaines, partit plutôt déçu. Il était venu pour deux raisons : faire soigner sa maladie de cœur et entamer des études de médecine. Or, sa maladie de cœur ne put pas être guérie avec les moyens plus ou moins classiques de son médecin : Docteur Fizes, à l'époque spécialiste des maladies du cœur, ne connaissait pas de remède contre cette sorte de souffrance qui fut infligée à son patient par une dame qui ne partagea pas ses sentiments. Et, quant à ses propres études de médecine, Jean-Jacques Rousseau se rendit compte que "l’horrible puanteur des cadavres qu’on disséquait", comme il l'écrit dans ces Confessions, lui fut "impossible de supporter".

Et qu'en pensent les Montpelliérains d'aujourd'hui ? - "Si je connais un écrivain qui a passé son temps à Montpellier ?" Le jeune homme réfléchit. Ensuite, un grand sourire gagne son visage. "Mais bien sûr : Léo Malet." - Que peut-il dire sur cet écrivain ? - "Il a écrit des policiers. Nestor Burma."

Montpellier et sa ComédieUne jeune femme sait un peu plus au sujet de Léo Malet et son héro Nestor Burma. "Il l'a créé à une époque où le policier américain était interdit en France. Et il avait envie d'écrire un véritable roman policier français." - Nestor Burma a-t-il donc le caractère typique d'un policier français ? - La jeune dame éclat de rire. "Peut-être, je ne sais pas. Mais Léo Malet l'a créé selon sa propre image... On dit qu'il était toujours de mauvaise humeur. Et anarchiste en plus."

Lorsque l'équipe des Gens de Montpellier veut savoir si elle a l'intention d'aller à la Comédie du Livre, elle répond immédiatement : "Mais bien sûr. Je ne rate jamais un seul jour de la Comédie du Livre. Les manifestations autour de la Comédie n'ont qu'un seul désavantage : il faut choisir où on va. Il y en a toujours plusieurs en même temps. Et rien de plus fascinant, et dangereux pour ma bourse", nouveau éclat de rire, "que visiter les stands de livres."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 6 février 2010

Montpellier et Léo Malet, George Frêche, Hélène Mandroux ou Jean Moulin...

Micro-trottoir sur les Montpelliérains : les hommes et femmes célèbres de Montpellier

Les Montpelliérain célèbresLa dame réfléchit. Elle a expliqué qu'elle attend son mari qui la joindra dans dix minutes devant la fontaine des trois Grâces sur la place de la Comédie. Elle a alors le temps. "Les hommes connus à Montpellier… Des Montpelliérains, alors, des gens qui sont nés à Montpellier." Et puis, elle sort un nom : "Jean Moulin."

Que sait-elle de Jean Moulin ? - "Il était préfet, n'est-ce pas ? Et il était dans la résistance. Je crois qu'il faisait partie des hommes du Général de Gaulle."

La dame se trompe, Jean Moulin n'est pas né à Montpellier, mais à Béziers. Toutefois, il a passé ses études à Montpellier, il y a fait ses premiers pas vers une carrière comme préfet, et il s'est fait remarquer par son efficacité et son courage au point d'être "adopté" par la ville. Il n'est pas né à Montpellier, certes, mais ses études et son travail ont fait de lui un véritable Montpelliérain.

Les femmes célèbres de MontpellierUne autre dame, plus âgée que la première, dit spontanément : "George Frêche." Et, tout de suite, elle ajoute : "Et Hélène Mandroux. Ou est-ce que vous ne parlez que des hommes de Montpellier ?"

Effectivement, la liste des personnages de Montpellier contient très peu de femmes. Y a-t-il donc si peu de femmes célèbres parmi les Montpelliéraines ? "Une femme célèbre ?" répond une dame dans la cinquantaine. "Je ne sais pas." - "Hélène Mandroux", évoque une autre, un peu plus jeune. Et encore une autre dame : "Hélène Mandroux".

C'est un Monsieur d'une cinquantaine d'années qui, enfin, trouve un autre nom : "Juliette Gréco. Elle est née à Montpellier." Et il fait une petite grimace : "Tout Montpelliérain digne de ce nom devrait en être informé, n'est-ce pas ?"

Un autre Monsieur évoque Élisabeth Guigou et ajoute : "L'ancien Garde des Sceaux. Ses origines sont à Montpellier." - Lui aussi se trompe : Elisabeth Guigou n'est pas née à Montpellier, mais, comme Jean Moulin, elle y a fait ses études. Et c'est également à Montpellier qu'elle a fait connaissance de son mari, Jean-Louis Guigou, qui, plus tard, devrait devenir chargé de mission au cabinet de Michel Rocard et inspecteur général de l'Éducation nationale.

L'université de MontpellierLes hommes et femmes célèbres de Montpellier ne sont donc pas forcément nés dans la ville proche de la Méditerranée, mais ils y ont passé leurs études. L'université de Montpellier est-elle donc, depuis toujours, un berceau de célébrités ?

"Carl von Linné ?" propose une jeune dame, probablement étudiante. - Que sait-elle de Carl von Linné ? - "C'était un biologiste suédois. Il était le premier à entamer la classification des plantes. Et il a travaillé à l'université de Montpellier." - La dame s'y connaît : Carl von Linné a effectivement réalisé une grande partie de son travail au Jardin des Plantes à Montpellier, à cette époque associé à l'université de Montpellier.

Ensuite, il y a de nouveau un nom de femme qui surgit, de nouveau de la part d'un homme. C'est fois-ci, il s'agit d'un homme d'une vingtaine d'années : "Albine-Hélène de Montholon." Puis, il éclate d'un rire sympa. "Je sais, personne ne la connaît, aujourd'hui. Elle était la maîtresse de Napoléon, et on dit qu'elle l'aurait empoisonné. Elle a passé la fin de sa vie à Montpellier, où elle est décédée." Et il ajoute : "Je fais des études d'histoire, et je me suis spécialisé sur Napoléon." - Encore un homme qui fait ses études à Montpellier et qui est susceptible de devenir un des "grands" de la ville.

Son compagnon, qui, jusqu'à ce moment, a écouté en silence, prend la parole : "Je connais un grand homme né à Montpellier." Il sourit. "Le plus grand qui a jamais été né à Montpellier." L'historien se tourne vers lui, puis lui aussi sourit. "Nestor Burma, le plus grand détective du monde." L'historien commence à rigoler. "Et, bien sûr, son père, Léo Malet, le plus grand auteur du monde."

L'historien se mêle de la conversation : "Savais-tu que Léo Malet était même dans la politique ?" - Son ami le regarde, l'air étonné : "Il s'est présenté aux municipales. En tant que candidat antiparlementaire…"

Photos et texte : copyright Doris Kneller