Les restrictions d'eau prévues à Montpellier et le désespoir des agriculteurs
Certes, lorsqu'on est en ville, la vie est moins amusante quand il pleut. Toutefois, la ville n'est pas isolée de ses environs, et ces environs ont besoin d'eau. L'équipe de Montpellier Presse Online a voulu savoir si les Montpelliérains, grands amateurs du soleil, sont conscients du manque d'eau en ce début d'année."Si je trouve qu'il devrait pleuvoir un peu plus ?" La dame sourit. "Bien sûr que non. Je suis ici pour le soleil - de la pluie, j'en avait assez chez moi." La jeune femme raconte qu'elle vient de la Normandie. "C'est fantastique", s'extasie-t-elle et embrasse la Comédie d'un grand geste de bras, "on est toujours en hiver et tout le monde se prélasse sur les terrasses."
De son point de vue, la "nouvelle Montpelliéraine" a certainement raison. Mais pas tout le monde partage son opinion. Les agriculteurs autour de Montpellier et même les amateurs des jardins commencent à désespérer. "Ça fait déjà quatre ans qu'on n'a pas assez d'eau", se plaint un Monsieur qui aime passer son temps dans son jardin dans le quartier Croix d'Argent. Il ajoute que le problème ne le concerne pas vraiment, vu qu'il n'a "que de jolies fleurs" dans son jardin. "Mais ceux qui cultivent des légumes et les agriculteurs ont de plus en plus des problèmes."
Les agriculteurs s'inquiètent effectivement, et les responsables commencent à réfléchir sur des restrictions d'eau pour tout le monde. La préfecture parle de très faibles cumuls pluviométriques pour cet hiver - juste 10 mm entre décembre et février, contre 170 mm dans les années "moyennes" et au moins 30 mm dans les hivers qualifiés comme "très secs" - un phénomène qui n'a plus eu lieu depuis 139 ans.
Tandis que les fleuves et rivières de l'Hérault montrent des débits extrêmement bas pour la saison, on craint pour le niveau des eaux souterraines. Déjà, Montpellier n'a pas été construit dans une zone qui, même les années les plus abondantes, déborde de l'eau - c'est pourquoi, au 18e siècle, le viaduc entre Montpellier et Saint-Clément-de-Rivière a été construit.Ce qui, à l'époque, frôlait le prodige et suffisait à résoudre plus ou moins tous les problèmes d'eau n'a plus rien à voir avec les besoins d'aujourd'hui. "Si j'étais d'accord de restreindre la quantité d'eau que j'utilise ?" répète une dame dans la quarantaine la question de l'équipe de Montpellier Presse Online. "Certainement pas. Car ça signifierait que je n'aurais plus le droit de prendre mes douches. Ou de faire la vaisselle, ou de laver mon linge. Je pense que ces choses font partie des droits de base, aujourd'hui, n'est-ce pas ?"
Un Monsieur dans la cinquantaine pense qu'il ne vaut pas la peine de parler de l'eau utilisée à titre personnel. "Les quantités d'eau dont les gens ont besoin pour leur consommation sont ridicules comparées à la consommation de l'industrie. Où dans le secteur public. Avez-vous une idée combien d'eau est utilisée par les jardiniers de la ville de Montpellier ? Juste pour arroser les espaces verts, les petits jardins de quartier, les carrefours ? Il n'y a même pas assez d'eau pour le Jardin des Plantes - vous l'avez déjà vu en été ? Souvent, il est tout sec..."
Une Montpelliéraine un peu plus jeune que le Monsieur lui donne raison. "On gaspille trop d'eau", constate-t-elle. "En Espagne, par exemple, il est interdit de laver sa voiture en été. À quoi ça rime, laver sa voiture tandis que les agriculteurs ne savent pas comment sauver leur récolte ?"
Jardin ou agriculture, tout ce qui vit de l'eau sera en danger cette année. La préfecture conseille aux particuliers qui aiment les plantes ainsi qu'aux jardins publics ou aux agriculteurs de se préparer à une année de sécheresse extrême. Certains problèmes pourraient être résolus par le choix d'essences qui ont besoin de moins d'eau... Toutefois : "Bonne idée", commente un jeune agriculteur, "pour l'ornement, on peut privilégier les plantes grasses. Elles sont chez elles ici dans la Méditerranée et le manque d'eau ne les dérange pas. Mais pour les agriculteurs, c'est déjà plus difficile : il n'y a pas de légumes qui n'auraient pas besoin d'eau. Pareil pour les fruitiers qui, dans un certain stade, dépendent de l'eau. Et même s'il y avait des essences moins gourmandes en eau - on ne peut pas tout arracher et replanter du jour au lendemain. La gestion de l'eau, c'est une affaire à très long terme."Serait-il temps de s'avouer vaincu par la nature ? "Les gens n'arrivent pas à comprendre", déclare un Monsieur dans la quarantaine, "que la vie proche de la Méditerranée n'est pas une vie en Normandie. Il faudrait vivre différemment. On accepte la différence quand il est question de se faire bronzer à la plage en plein mois de février. Mais notre climat n'a pas que des avantages. Il faut accepter qu'en été, la nature soit sèche. Et il faut accepter que nous ne puissions pas avoir une flore du Midi et du Nord en même temps. Celui qui veut des pelouses vertes dans son jardin se trompe du paysage."
L'angoisse des agriculteurs ne se restreint pas à l'arrosage des plantes : "Les bêtes ont besoin de l'eau", constate un agriculteur. "L'état aurait peut-être dû interdire l'élevage des bêtes dans le Midi il y a longtemps, ça aurait été plus intelligent. Mais maintenant, il est trop tard, les bêtes sont là et elles réclament leur eau..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller
"En Espagne", répond la première Montpelliéraine à la question où elle aimerait vivre, si elle avait le choix - et cette réponse a tout pour choquer. Car il n'y a que quelques jours, France Soir et Ipsos ont publié un
Il confie aux Gens de Montpellier qu'il est né à Montpellier, mais qu'il est parti après le bac. "Faire des études ailleurs, voir le monde... j'ai travaillé à Paris, à Bruxelles, au Maroc... Finalement, je suis rentré. Et aujourd'hui, je me demande si jamais j'avais dû partir."
"International" est un mot qui caractérise bien la vie dans les rues de Montpellier. "Quand on passe dans la rue de la Loge, on a l'impression de faire un cours de langue. Mais de toutes les langues à la fois", dit un jeune homme. "Et ça, vous ne le trouvez qu'à Montpellier." Sa copine lui donne raison : "Oui, c'est formidable, toutes les nations qu'on rencontre ici. Je veux dire... on peut apprendre beaucoup de ces gens. Moi je ne voudrait jamais vivre dans une ville qui n'est pas internationale." Toutefois, il y a un petit désavantage : "Ce qui est triste, c'est qu'on lie amitié avec des gens et après, il partent après quelques mois. Et nous on reste ici, et ils nous manquent."
Il est vrai qu'avec ses presque un million d'habitants, Louisville est plus grande que Montpellier. Toutefois, il n'y a pas mal de points qui lient la ville au nord de Kentucky à la capital du Languedoc-Roussillon. - Déjà, il y a les "Louis" de Montpellier et de Louisville. Tandis que Montpellier n'oublie jamais la présence de Louis XIII et de
Si l'on demandait leur avis aux scientifiques, ils nous assureraient que Montpellier et Louisville se ressemblent aussi au niveau de l'intérêt qu'évoque leur géologie. Les roches calcaires de Louisville ont une origine comparable à celle de la
Le nouveau printemps n'est âgé que d'une journée, et déjà le jardin des plantes à Montpellier rayonne les jaunes, bleus, blancs et rouges des centaines de fleurs : le week-end de la septième édition de la "Primavera" est arrivé. De nouveau, les universités, les associations et les pépiniéristes collectionneurs de la région Languedoc-Roussillon se sont rassemblés pour présenter et vendre des plantes rares.
Il est vrai que la première destination du jardin des plantes à Montpellier était toujours la culture de plantes médicinales, potagères et aromatiques ainsi que l'enseignement de la botanique. Dès ses débuts, il était lié à la faculté de Paris, et il y avait des moments dans son histoire où seuls les scientifiques et les étudiants avaient le droit de le fréquenter. Mais Pierre Richer de Belleval avait encore un autre objectif - un objectif qui, à l'époque, ne semblait pas "à la mode". Mais de nos jours, il lui ouvrirait toutes les portes : l'écologie. Il a ajouté au jardin des plantes aromatiques et médicinales un coin écologique, la "Montagne" où il voulait montrer aux visiteurs les cercles naturels.
Pour quelques-uns des visiteurs, la date de la "Primavera 2010" était plus significative que celle des autres années : "Il est bizarre", a remarqué un jeune homme, "que tant de gens se déplacent pour les plantes et l'écologie - et que, le même jour, on va à des élections dont les écologistes ont été écartés dès le premier tour." Une dame un peu plus âgée, interrogée si elle voyait un lien entre les résultats du premier tour des régionales et la "Primavera", était plutôt amusée de la coïncidence : "Franchement, je préfère les plantes à la politique. De toute manière, nous ne pouvons rien changer à la politique. Mais nous pouvons nous réjouir de la vue des plantes et réfléchir à la sauvegarde des espèces."
Que Montpellier met tout en œuvre pour mériter un label du genre "
Il n'y a pas très longtemps, les scientifiques ont constaté qu'ils se sont trompés au sujet de la biodiversité. Jusqu'à lors, on était persuadé que la conversation des espèces se jouait plutôt dans les forêts tropicales ou, encore, dans les parcs ou réserves protégés - ce qui est toujours vrai. Mais ensuite, on a misé sur les zones rurales. Et c'est ici où la réalité ne suit plus la théorie.
Qui dit "ville" pense d'abord aux rues surpeuplées de voitures, aux places goudronnées et aux maisons si hautes qu'elles cachent le ciel. Plus la ville devient "inhumaine", plus les citadins ont envie de nature et plus ils ont tendance de sortir, les week-ends ou pendant les vacances. Mais les villes ont intérêt à garder leurs habitants dans leurs murs : déjà, il y a la question commerciale - celui qui part, dépense ailleurs - mais, surtout, les priorités écologiques. Car celui qui quitte la ville se sert en général de sa voiture. Il devient donc "pollueur" et nuit à cette nature dont, justement, il a tant envie...
La dame réfléchit. Elle a expliqué qu'elle attend son mari qui la joindra dans dix minutes devant la fontaine des trois Grâces sur la place de la Comédie. Elle a alors le temps. "Les hommes connus à Montpellier… Des Montpelliérains, alors, des gens qui sont nés à Montpellier." Et puis, elle sort un nom : "
Une autre dame, plus âgée que la première, dit spontanément : "George Frêche." Et, tout de suite, elle ajoute : "Et
Les hommes et femmes célèbres de Montpellier ne sont donc pas forcément nés dans la ville proche de la Méditerranée, mais ils y ont passé leurs études. L'
"Un week-end ensoleillé à Montpellier - comment je le passe ?" La dame ne réfléchit pas longtemps : "Je vais à la mer. Montpellier est une ville à côté de la Méditerranée - faut en profiter." - Même en hiver ? - "Bien sûr. En été, je vais me baigner et en hiver, je me promène à la plage."
"Les dimanches ensoleillés ? On fait le pique-nique au Jardin du Champ de Mars. En hiver, on reste au soleil, en été, on cherche l'ombre sous les grands arbres. C'est plus beau qu'aller au restau. Et la nourriture est plus saine." Le Monsieur sourit avant d'ajouter : "Et elle a plus de goût, puisque c'est ma femme qui la prépare."
"Marcher" correspond aussi à la philosophie d'un homme d'environ cinquante ans. Mais il préfère le Parc Méric. "Il y a peu des villes du sud de la France qui ont un parc tellement beau. Il est magnifique. Et le champ de coquelicots, je suis sûr qu'il est absolument unique. Et", il lève la main comme s'il voulait être certain qu'on l'écoute attentivement, "saviez-vous qui a habité dans ce parc ? - Frédéric Bazille lui-même !"
Faut-il encore souligner qu'à Montpellier, on s'adresse toujours aux meilleurs lorsqu'il est question d'aménager une partie de la ville ? Dans le cas du Square Planchon, la commande fut donnée à un des meilleurs paysagistes parisiens de son époque.
Toutefois, aux yeux des Montpelliérains, sa création du Square Planchon devrait être son acte le plus impressionnant : car la rue qu'on lui à dédiée, la rue Pagézy, longe les fameux square.
Les employés qui cassent la croûte et les voyageurs qui se reposent au Square Planchon sont toujours là. Le plan d'eau et, avec lui, les oiseaux, par contre, furent victime de guerre, car, comme si souvent au cours de l'histoire montpelliéraine, la résistance et la défense furent plus importantes que les témoins d'un patrimoine ancien. Ainsi, lorsque les besoins de la deuxième guerre mondiale exigèrent un abri militaire, on pensa au Square Planchon, et on le dédia au stockage de sacs de sable. Qui dit sable dit absence d'eau - le plan d'eau fut donc tout simplement vidé.
On écrit le 4 juillet 1776. Les yeux du monde sont dirigés vers une direction qui les éloigne de Montpellier : on regarde l'Amérique. Ce jour-là, qui devrait entrer dans l'histoire comme une date symbole de la liberté, un document est officiellement reconnu - la déclaration d'indépendance des États-Unis. Trois hommes ont rédigé ce document : John Adams, Benjamin Franklin et Thomas Jefferson.
Quatre ans plus tard, sa mission comme ambassadeur terminée, Thomas Jefferson décida qu'il ne rentrerait pas tout de suite aux États-Unis. Avant de partir, il voulait découvrir la France "profonde" et, surtout, ses vins. Et c'est au cours de ce voyage qu'il atterrira à Montpellier
Lorsque, plus tard, Thomas Jefferson était président, il avait des tâches importantes à remplir. Toutefois, on raconte que, au milieu des négociations de haute importance politique, il aurait interrompu la discussion pour parler de son sujet préféré : la baisse des impôts sur l'importation des vins bon marché de l'Europe et, surtout, de la France et, notamment, de Saint-Georges-d'Orques.
Prendre la voiture pour se déplacer à l'intérieur de Montpellier n'est sans doute pas une bonne idée - comme dans toutes les grandes villes du monde. Mieux vaut laisser la voiture et prendre le tram ou le bus. Mais il y a une troisième manière pour traverser la ville : à pied. Montpellier est-ce une ville accueillante pour les piétons ?
Un Monsieur âgé qui se repose sur une des banques sur l'Esplanade Charles de Gaulle, par contre, n'est pas si content. "Je suis handicapé, vous voyez ?" Il lève sa béquille. "Et, comme toujours, la mairie n'a pas pensé aux handicapés. Quand il pleut ou après la pluie, je ne peux jamais sortir au centre ville : le revêtement du sol, sur la place de la Comédie et ailleurs, devient glissant avec la moindre humidité. Ce n'est pas pratique pour les 'gens normaux' et impossible pour des gens comme moi." Et, avec une voie un peu aigrie, il ajoute : "Ils pensent au fric et ils veulent que ça soit 'joli' pour les touristes. Personne ne pense aux handicapés."
"Rues piétonnes ? Vous rêvez", se plainte une dame à peu près du même âge. "Officiellement, oui. Mais c'est là où vous vous faites écraser le plus facilement." Elle raconte une expérience qu'elle aurait eue il y a quelques jours. "Je me promenais dans la Grand'Rue Jean Moulin. Et, tout à coup, quelqu'un, un homme en face de moi, me fait signe de m'écarter. Je regarde derrière moi - et je fais un saut désespéré. Une voiture de livraison, vous savez une de ces voitures électriques ou je sais pas quoi qu'on n'entend pas, était à cinq centimètres derrière moi. Il m'aurait touchée une seconde plus tard. Je me suis fâchée, et le conducteur est sorti. Et vous savez ce qu'il a dit ? Qu'il aurait le droit de circuler dans les rues piétonnes. Ce serait la mairie qui lui aurait donné la permission. Je lui ai demandé s'il avait aussi la permission d'écraser les gens, mais là, il a rigolé. Ensuite, il est parti. "
"Je viens de Paris", dit une autre dame, "et je découvre. Traverser Montpellier à pied ? Mais c'est formidable. Il y a tant de jolies choses à voir..."
Rue de Maréchal de Castries, boulevard Sarrail - y a-t-il d'autres endroits à Montpellier "contre" les piétons ? "N'oubliez pas que Montpellier est une ville très ancienne", dit une femme qui, comme elle explique, à "étudié avec plaisir" l'histoire de Montpellier. "Avec un centre moyenâgeux et tout. Un jour, les voitures sont arrivées. Qu'est-ce qu'on aurait pu faire ? Casser lÉcusson pour faire place à des avenues larges ? - Non, celui qui veut vivre dans une ville ancienne doit accepter que, parfois, il n'y a pas beaucoup de place : ni pour les voitures, ni pour les piétons. Mais en contrepartie, tout reste à une échelle humaine."
Que Montpellier est une ville internationale, que, sur la place de la Comédie, sur l'Esplanade, autour du Corum, à l'Antigone, au Peyrou, au jardin des plantes - bref, que, partout à Montpellier, on entend toutes les langues du monde, cela n'est pas nouveau. Les visiteurs se promènent dans les ruelles de l'Écusson, le long du Lez, au zoo, ils font leur cours au Polygone et à l'Odysseum… mais y a-t-il aussi des Montpelliérains qui se promènent chez les "autres" ?
En fait, Montpellier est jumelé avec sept villes dans quatre continents. Il y a, par exemple, Louisville aux États-Unis qui, en 1955, fut la première ville à se lier à Montpellier. Toujours, les gens de Louisville invitent chaque été vingt étudiants montpelliérains pour travailler et vivre un peu avec eux et, avant tout, pour faire connaissance. Et, bien sûr, vingt jeunes de Louisville viennent tous les ans à Montpellier.
Tlemcen en Algérie, la "ville d'art et d'histoire", est la dernière en date à s'être liée à Montpellier. Jusqu'à maintenant, les échanges n'ont pas encore trouvé de rythme, mais ils tourneront certainement autour du tourisme et de la culture.


Magnol n'était évidemment pas le seul directeur à mériter qu'une plante éternise son nom. Mais les autres idées de Linné s'orientèrent plutôt vers la ville de Montpellier elle-même. Grâce à lui, on peut dire que le nom de Montpellier est connu par les botanistes du monde entier. Il y a, par exemple, la Chrysanthème de Montpellier - Chysanthemum monspeliense en latin - une des plus belles Chrysanthème qui proclame l'amour de Linné pour notre ville. Ou la Ciste de Montpellier ou le petit Œillet de Montpellier ou, parmi les arbres, l'Érable et l'Euphorbe de Montpellier... la liste est énorme.
Il est certainement dommage que Boissier de Sauvages et Carl von Linné ne se rencontrèrent jamais - ils étaient nés pour être amis. Mais leur correspondance comprend une bonne cinquantaine de lettres dont, comme on peut facilement imaginer, la plupart parle de leur passion commune, la classification des plantes. Ils n'étaient peut-être pas toujours d'accord : un jour, Carl von Linné, éternel sceptique, aurait écrit : "Il est certain que la méthode de M. Sauvage est nulle." Mais cela ne veut pas dire que l'un ne respecta pas les connaissances de l'autre, et, en général, la passion domina les différences d'opinion.
Edward Young, un poète anglais du 17ème siècle, était connu pour son ironie. Dans ses "satires morales sur la passion universelle" il se moquait des grands et des riches de son époque. Mais il savait aussi s'assurer leur bienveillance et, grâce à eux, il ne souffrait jamais du manque de luxe et d'argent.
Toutefois, l'œuvre qui a fait durer sa gloire, en Angleterre et ailleurs, n'a rien en commun ni avec ses glorifications des rois et des courtisans ni avec ses poèmes sarcastiques. "La Plainte", des pensées nocturnes sur la vie, la mort et l'immortalité, est, comme disent les critiques, un cri de tristesse, une grosse larme qu'il pleure pour la fille de sa femme, Elisabeth Lee-Temple, morte loin de chez elle - et enterrée, comme dit la légende, au Jardin des Plantes à Montpellier, au Tombeau de Narcisses.
Déjà les noms des lieux sonnent romantiques : tombeau de Narcisse, arbre à messages, lac aux Nélombos,... Ce n'était qu'au 19ème siècle que Charles Martins fit ajouter au Jardin des Plantes ce petit bassin pour les Lotus. Mais depuis le jour de la création du jardin, Montpellier est devenu refuge pour beaucoup d'espèces rares qui, sans lui, n'auraient pas pu survivre. Mais ce qui, surtout, a bâti sa réputation est l'idée de Pierre Richer de Belleval, d'en faire une véritable "pharmacie naturelle".
L'aspiration du roi Henri IV qui, initialement, soutenait le projet de Richer de Belleval était la création d'un jardin des simples. Mais Richer en voulait plus - il voulait un Jardin botanique. Et c'est pourquoi il a pu attirer tout ceux qui, à l'époque, avaient un nom dans la botanique. C'était grâce aux plantes médicinales que Pierre Magnol a, finalement, pu travailler au Jardin des plantes, et c'était elles qui ont attiré Guillaume Rondelet, François de la Peyronie…